Ici s'achève mon chemin...


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1943

Début de l’année :

Jim et Norma Jeane quittèrent leur appartement de Sherman Oaks () et s’installèrent pour quelques mois au 14747 Archwood Street à Van Nuys, l'ancienne maison des Dougherty.

Ceux-ci avaient déménagé pour une maison plus grande de style mexicain, à North Hollywood.

 

A cette époque, Jim travaillait toujours à la Lockheed Aircraft (construction de bombardiers à Burbank).

 

Eté :

Lorsque la maison d'Archwood Street fut mise en location, Jim et Norma Jeane s’installèrent dans une maison de Bessemer Street, à Van Nuys.

Pour la première fois, ils eurent ensemble des relations amicales : un jeune artiste et sa fiancée, un comptable et deux étudiants en médecine avec leurs épouses. Norma Jeane proposa à ses nouveaux amis de se réunir pour des soirées dansantes, chacun apportant ses disques.

Au grand étonnement de Jim, Norma Jeane changea du tout au tout ; de modeste ménagère, elle se métamorphosa  instantanément en vedette. Elle adorait danser, se mêlait aux conversations, poussait de petits rires et virevoltait, passant d’un homme à l’autre. Jim devint jaloux de ses invités masculins, subjugués par la vitalité et le charme de sa femme.

 

Pendant l’été ils allèrent souvent à la plage, à Santa Monica ou à Venice, où Norma Jeane était le point de mire de l’attention masculine.

 

Elle adopta un colley abandonné, appelé Muggsy (), auquel elle s’attacha énormément, passant des heures à le soigner, à le baigner et à le faire courir.

Elle consacrait parallèlement  une grande partie de sa journée à s’occuper d’elle-même, essayant de nouveaux maquillages, prenant des bains interminables, se lavant sans cesse le visage à l’eau et au savon, pour effacer la moindre imperfection et stimuler la circulation du sang.

 

Norma Jeane n’avait guère d’amies à se confier et les seuls compagnons avec qui elle se sentait vraiment à l’aise étaient les neveux et nièces de Jim, des petits qu’elle adorait garder, prenant plaisir à les baigner, à laver leur vêtements, à jouer avec eux et à leur lire des histoires.

 

Le travail de Jim à la Lockheed était considéré comme essentiel à la Défense Nationale et aurait pu lui éviter le service actif mais celui-ci rêvait cependant de s’embarquer.

Jim posa sa candidature pour intégrer la Navy, en tant qu'apprenti pompier; Norma Jeane le supplia de ne pas partir.

Il fut finalement engagé par le Selective Service, pour intégrer un contingent d'homme marié et sans enfant.

Un matin, il prit le tramway de Van Nuys à Wilmington, puis le ferry pour l'île de Catalina.

Durant cette période, Norma Jeane alla vivre quelques temps à North Hollywood, chez les parents de Jim.

 

SEPTEMBRE:

L’île de Catalina était située à vingt-sept miles du rivage dans San Pedro Bay.

Jusque là station balnéaire très fréquentée dans les années 30, elle fut interdite au public pendant la Seconde Guerre Mondiale, et transformée en camp d’entraînement militaire.

 

Après quelques semaines au camp d’entraînement des nouvelles recrues, Jim reçu pour affectation le commandement d’une compagnie de « bleus » à la Maritime Service Training Base, sur Santa Catalina Island.

Dépensant la moitié de son salaire dans un loyer, Jim Dougherty emménagea avec armes et bagages, femme et chien, dans un appartement sur le flanc d’une colline à Avalon, où son rôle consistait à entraîner les nouvelles recrues de la Marine 

().

Le corps de la Marine marchande, auquel il était affecté, avait ses quartiers généraux à Avalon. C'était là que les recrues s'entraînaient, escaladant les falaises et les sommets, crapahutant à travers les sous-bois touffus, en vue d'affronter un environnement encore plus hostile de l'autre côté de l'Atlantique.

 

Jim étant considéré comme un membre permanent, était autorisé à y vivre avec sa femme (alors que les militaires qui venaient s'y entraîner, ne pouvait amener leurs épouses).

 

Ils vécurent dans un appartement qui surplombait la baie. Norma Jeane promenait son chien, Muggsy, près du terrain de base-ball (devenu depuis un terrain de golf). Elle visita le zoo (,) et fit des promenades à cheval, aux Catalina Stables.

Ils passèrent du temps ensemble au bord de la mer; Jim faisait de la plongée sous-marine et rapportait des fruits de mer et des homards, qu'ils partageaient ensuite avec des amis lors de dîners.

Ils devinrent ainsi proches de deux autres couples vivant sur la base militaire, les Gaddis et les White. Jim fut désigné parrain du petit James Edward Gaddis (,,).

 

Pendant ces quelques mois ensemble à Catalina, Jim et Norma Jeane devinrent plus proches que jamais (,) mais en même temps, leur relation commença à se détériorer sur certains points ; âgée alors de dix-sept ans, elle commençait à remettre en question à la fois la domination de son mari et sa propre soumission.

Jim lui reprochait ses tenues provocantes : Norma Jeane ne portait pas des bikinis et des sweaters moulants pour séduire les hommes, mais simplement parce qu’elle était consciente de ses charmes et ne voyait pas de mal à les exhiber en toute innocence.

Elle voulait entretenir sa forme, et avec les conseils de Howard Carrington, un instructeur militaire, champion olympique d’haltères, elle suivit un entraînement.

Elle s’astreignit à des exercices sévères avec des appareils de gymnastique ordinairement réservés aux hommes. 

 

DECEMBRE:

La jalousie de Jim fut encore une fois mise à rude épreuve.

Un soir de décembre, le célèbre l’orchestre de Stan Kenton vint sur l’île pour animer une soirée.

Les petites amies et les épouses arrivaient par ferry du continent, et l’immense salle du casino de Catalina résonna alors d’échos joyeux, les couples se pressant sur la piste de danse.

De la loggia, on avait une vue splendide sur la mer et la ville inondées de clair de lune. Il y avait de la bière et des cocktails mais Norma Jeane ne but qu’une boisson au gingembre ; il y avait encore en elle quelque chose de la petite « nièce » de tante Ana, sobre et chrétienne scientiste.

Tout au long des sept heures que dura le gala, Jim ne dansa qu’une fois avec sa femme, qui fut la coqueluche de la soirée. Il resta la plupart du temps sur la touche, entendant les commentaires éloquents des hommes sur sa femme.

 

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