1946
JANVIER :
A la fin du
mois, Jim repartit dans la
Pacifique où la Marine marchande transportait des hommes et du matériel en
Amérique et en Europe après la victoire des Alliés.
Son couple
étant dans une impasse, Norma Jeane décida de demander le divorce.
Grace McKee-Goddard invita Norma Jeane à déjeuner à Van Nuys, ou à
passer le week-end si elle le souhaitait.
Elle
déclina l’offre, par désir d’affirmer son indépendance par rapport au passé et
surtout car Grace était devenue alcoolique ; elle avait parfois des
vertiges et parlait à tort et à travers, ou bien elle devenait lointaine,
lugubre. Tout comme Gladys,
Grace était désormais imprévisible.
Norma Jeane
habitait toujours dans l’appartement d’Ana
Lower, sur Nebraska Avenue.
FEVRIER :
Côté
travail, Norma Jeane était très demandée.
Elle
travailla avec le photographe écossais William Burnside (
,
,
) lequel fut frappé par son
regard perdu au milieu d’un sourire et comme Conover et De Dienes, il fut séduit par
son esprit de coopération et son désir de plaire. Mais elle n’était pas comme
ces starlettes qui se vendaient pour réussir ; Burnside se souvient de sa
timidité et de son manque de confiance en elle. Il était hors de question de la
conquérir de force.
Elle
travailla aussi avec le photographe Richard
Miller (
,
,
,
,
,
,
,
).
Norma Jeane
était en train de se transformer ; si sa maladresse, son besoin de se
faire accepter, son bégaiement étaient toujours là, maintenant elle se donnait
simplement, visuellement à l’appareil.
Elle
posa également pour l’illustrateur Earl Moran (
) qui la paya 10$ de
l'heure.
Ces clichés
lui servaient ensuite pour réaliser des dessins au fusain et à la craie (ou au
pastel), dont certains furent utilisés entre autres pour le fameux calendrier
de la société Brown et Bigelow, la plus importante fabrique de calendriers
d’art en Amérique.
Elle commença
à émettre l’idée de vouloir être actrice. Elle en parla avec Emmeline Snively.
Les différents photographes avec qui elle a
travaillé, l’avaient eux aussi encouragé, pensant qu’elle avait le tempérament
nécessaire pour prétendre au titre de starlette dans les « viviers »
des studios.
Chaque
année des centaines de filles faisaient des bouts d’essai et signaient pour des
petits rôles ; on en préparait une poignée à des rôles parlants et
quelques rares élues parvenaient finalement au statut d’actrice. Parmi ces postulantes, très peu devenaient
stars. Les studios savaient les goûts changeants du public et le succès
éphémère. Les producteurs voulaient avoir sous la main un vivier de talents
dans lequel puiser les stars de demain. Une jeune femme célibataire avait bien plus de chances de réussir. Une grossesse
pouvait coûter très cher s’il fallait interrompre un tournage ou refaire une
distribution. En résumé, une apprentie starlette devait être prête à toute
sorte de sacrifices,
MARS :
Le dimanche 10 mars : elle fit une séance de
photos avec le photographe Joseph
Jasgur.
A la
demande d'Emmeline Snively, ce photographe patenté des célébrités accepta de
faire des photos de Norma Jeane.
Il était
connu pour sa collaboration avec des magazines comme Silver Screen,
Photoplay et Hollywood Citizen
News.
Il fut
surpris de trouver devant la porte de son studio de Hollywood, une jeune fille
timide, qui n’avait rien du mannequin classique, anxieuse et haletante. Elle
avait aussi plus d’une heure de retard, ce qui l’étonna, car cela lui semblait
incompatible avec le sérieux avec lequel elle abordait sa carrière.
Ils
continuèrent les séances photo pendant tout le mois de mars, à Zuma Beach.
Il fit des
photos en couleurs et en noir et blanc, fixant sur la pellicule sa spontanéité
tandis qu’elle dessinait des cœurs sur le sable mouillé (
,
,
).
Le lundi 11 mars en prévision d’un engagement au
cinéma, Emmeline Snively avait conseillé à Norma Jeane de signer un contrat
avec la National Concerts Artists
Corporation d’Helen Ainsworth
qui était une de ses amies.
Harry Lipton (
), membre de la National
Concerts Artists Corporation, devint son agent. Afin qu'elle puisse réussir plus
facilement, il lui conseilla de divorcer d'avec Jim Dougherty.
Dans sa
boite aux lettres elle trouvait tous les jours des lettres pitoyables de Gladys
la suppliant de la prendre avec elle, lui promettant de ne pas la gêner, et
qu'elle trouverait du travail.
Norma Jeane
envoya de l’argent à Gladys, à Portland (Oregon) où celle-ci vivait, pour
qu’elle revienne à Los Angeles.
Elles
logèrent toutes les deux dans l’appartement au-dessus de chez Ana Lower, au
11348 Nebraska Avenue, West Hollywood. Ana Lower trouva un emploi à Gladys,
dans un grand magasin.
Ce sera la
dernière tentative de Norma Jeane pour renouer une relation avec sa mère.
Quand Jim
revint pour une courte permission, il trouva Gladys le regard perdu dans le
vague.
Il était
clair qu’elle n’était pas en état de s’assumer et Norma Jeane n’était pas
capable non plus d’endosser une telle responsabilité.
On
ne
connaît pas exactement la nature des troubles mentaux qui
affectaient Gladys,
car les rapports médicaux retrouvés dans la famille
restent vagues. D’un côte
elle était alerte, consciente de son environnement et de son
identité, ne
souffrait pas d’hallucinations, de paranoïa, ni de
schizophrénie, et d’un autre
côté, elle était comme retirée à
l’intérieur d’elle-même, sans prise directe
sur le cours des choses. Elle ne semblait pas capable
d’entretenir des
relations avec son entourage, et encore moins à garder un emploi
stable :
on aurait dit qu’elle souffrait d’une perte de
l’affect.
Le samedi 16 mars, Norma Jeane et Jim Dougherty déjeunèrent au Cocoanut Grove
de l’Ambassador Hotel de
Los Angeles:
.
Il n’y
avait pas de place dans le minuscule appartement, et Jim passa ses deux jours
de permission chez sa mère, Ethel.
A la
lumière de leurs précédentes disputes, il interprétait la présence de Gladys
comme un moyen commode pour Norma Jeane de le préparer à une séparation.
Il n’était
pas au courant de la première requête de Gladys à Portland; pour lui Gladys
était une femme insensible, pour ne pas dire une intruse.
Il reprit
son service dans la Marine marchande sans avoir revu Norma Jeane.
Norma Jeane
rencontra Grace qui lui confirma les exigences requises pour être starlette, et
qu'il lui faudrait divorcer si elle nourrissait quelque espoir de devenir un
jour une star.
Grace
s’était occupée de la première hospitalisation de Gladys, avait obtenu la garde
de Norma Jeane, puis décidé de la faire entrer à l’orphelinat. Elle avait arrangé le
mariage avec Jim, et maintenant elle approuvait son divorce. Comme disait Jim,
Grace se mêlait de tout.
AVRIL :
Une des photos prises par André De Dienes (
),
en décembre 1945 fit la couverture du
magazine Family Circle:
.
Elle
participa à un défilé de mode à l’Ambassador
Hotel (
,
,
;
,
,
,
).
PRINTEMPS :
Sa photo
commença à apparaître sur de nombreuses couvertures de magazines et elle acquit
une certaine notoriété comme l'un des mannequins les plus demandés de la côte
ouest.
Elle apparut sur la couverture
de pas moins de trente-trois magazines (
, comme Swank, Sir (
), U.S, Camera, Parade (
), Glamorous Models (
), Personal Romances (
), Pageant
MAI:
A partir du
mardi 14
mai, elle résida à Las Vegas, au Nevada où elle vivait
chez une tante de Grace McKee, Minnie Willette (604 South 3rd Street
),
afin de pouvoir être résidante du Nevada et obtenir ainsi le divorce
rapidement.
Elle
conserva cette adresse pendant quatre mois.
A cette
époque, Las Vegas n'était pas encore la ville du jeu et son fameux « Strip »
(boulevard principal très illuminé) n'était même pas encore construit.
JUILLET :
Le vendredi 5 juillet : Norma Jeane déposa une demande de
divorce (
,
).
Jim était
de retour en Californie. Ana Lower lui donna le numéro de Minnie, à Las Vegas,
mais Norma Jeane était hospitalisée au Las Vegas General
Hospital pour une infection buccale secondaire à l’extraction d’une dent de
sagesse, puis pour un accès de rougeole (le lendemain de sa sortie pour
l’infection buccale).
Lorsqu’elle
dit à Jim qu’elle ne voulait pas le perdre, qu’ils pourraient toujours se voir
et qu’elle avait pris cette décision uniquement pour sa carrière, Jim se montra
intraitable. Son avenir étant incertain, Norma Jeane essayait de trouver un
compromis.
Elle ne
reviendra à Las Vegas que le vendredi 13 septembre, pour l’annonce du
divorce.
En fait,
elle passa la plupart de son temps en Californie, pour faire des séances photos
alors qu’elle devait, légalement, résider dans le Nevada, jusqu’à ce que le
divorce soit prononcé.
Elle fit la
couverture de magazines, dont Laff, où Howard Hughes (directeur du
studio RKO) la vit en couverture :
.
Le mercredi 17 juillet
à 10 heures 30 du matin :
Helen Ainsworth avait obtenu un rendez-vous pour Norma Jeane à la Twentieth Century Fox, dans les studios de
Pico Boulevard, à l’ouest de Los Angeles.
Elle
rencontra le directeur de casting, Ben
Lyon (
), qui lui demanda
de lire quelques lignes extraites d’un rôle tenu par Judy Holliday dans
« Winged victory », un mélodrame de 1944 sur la guerre.
L’enthousiasme
de Ben Lyon fut tel qu’il voulut lui faire tourner un bout d’essai, deux jours
après.
Le vendredi 19 juillet :
Norma Jeane
fut emmenée sur le décor du nouveau film de Betty Grable « Mother wore
tights » (« Maman était new-look »).
Ben Lyon
avait réuni quatre des meilleurs techniciens du studio pour le bout d’essai.
On la
présenta au grand réalisateur Leon
Shamroy (qui avait obtenu des Academy Awards pour « The black
swan », « Wilson » et « Leave her to heaven »), au
maquilleur Allan
« Whitey »Snyder (qui s’occupait des stars de la Fox comme Betty
Grable, Gene Tierney, Linda Darnell et Alice Faye et qui deviendra par la suite
son maquilleur attitré et un ami intime), au metteur en scène Walter Lang et au
chef costumier Charles
LeMaire.
Norma Jeane
transpirait et se mit à bégayer. A son grand soulagement on lui dit que l‘essai
était muet : elle serait présentée au directeur de la production Darryl F.Zanuck sur la foi de
sa seule apparence physique.
On lui
donna quelques instructions simples, et toute l’équipe de techniciens se mit en
place, une énorme bobine de pellicule Technicolor fut chargée dans la caméra,
et Lang demanda le silence.
En
crinoline, Norma Jeane marcha de long en large, s’asseya sur un tabouret,
alluma une cigarette, l’écrasa, alla vers la fenêtre (
,
).
Dès que le
moteur de la caméra se mit à tourner, une véritable métamorphose s’opéra en
elle. Ses mains ne tremblaient plus, ses mouvements furent moins hésitants,
elle avait l’air sûre d’elle.
Dans les
jours qui suivirent, Darryl Zanuck, dont l’accord était nécessaire pour signer
un contrat, visionna le film.
D’emblée,
il ne se montra pas enthousiaste : elle n’avait jamais joué la comédie et
n’avait jamais pris de cours d’art dramatique.
Zanuck,
dont le goût personnel allait plutôt vers les brunes, avait déjà Betty Grable
comme blonde sulfureuse. En tous cas, il ne vit pas chez Norma Jeane, le même
rayonnement que ses collègues.
Mais en
faisant confiance à Ben Lyon et Leonard Shamroy, il ne prenait pas un grand
risque financier.
Le
département juridique de la Fox reçut donc l’ordre d’établir un contrat.
Le mardi 23 juillet :
Helen
Ainsworth envoya Harry Lipton, l'agent de Norma Jeane, à la Fox pour présenter
sa nouvelle cliente.
En fait, il
n’y avait rien à négocier, car Norma Jeane eut un contrat type, sans avenant ni
amendements (
,
).
Voici les termes
de son contrat :
Les six
premiers mois : 75$/semaine
Les six
mois suivants : 100$/semaine
Les six
mois suivants : 125$/semaine
Les six
mois suivants : 150$/semaine.
Elle avait
un salaire garanti (qu’elle travaille ou non) de 75$ par semaine pour six mois,
le studio étant libre de renouveler cette période avec un salaire deux fois
plus élevé.
Son destin
serait fixé non tant par son talent que par l’intérêt qu’elle pourrait susciter
chez les quatre-vingt-dix personnes de l’équipe de presse et de publicité du
studio.
Ces agents
de presse éveillaient la curiosité du public sur les acteurs, plaçaient des
anecdotes dans les journaux et les magazines, et captaient l’attention des
éditorialistes les plus influents de l’époque : Hedda Hopper (
), Louella Parsons (
), Walter Winchell (
) et Sidney Skolsky.
Tous ces
chroniqueurs, de même que des publications comme Photoplay, Modern Screen,
Silver Screen et autres magazines avaient un pouvoir énorme : ils étaient
courtisés et cajolés, pour faire avancer la carrière des acteurs.
Le lundi 29 juillet :
Le nom de
Norma Jeane Dougherty apparut pour la
première fois dans les échos d’Hollywood. Dans sa chronique, Hedda Hopper écrivit
« Howard Hughes est en voie de guérison ». En effet, le dimanche 7
juillet, le producteur Howard Hughes avait eu un accident d’avion à
Beverly Hills et s’était sérieusement blessé. « Séduit par la photo d’une
cover-girl sur un magazine, il a aussitôt donné des instructions pour qu’on lui
fasse signer un contrat pour le cinéma. Il s’agit de Norma Jeane Dougherty, un
mannequin ».
AOUT : Jim Dougherty était en
mission près de Shanghai lorsqu' il reçut une lettre du Nevada : un avocat
du nom de C.Norman Cornwall lui annonçait que Norma Jeane avait demandé le
divorce (
,
,
).
Il
télégraphia immédiatement à Los Angeles au bureau du Gouvernement concerné, et
suspendit les versements qu’il lui adressait chaque mois.
Quelques
jours avant de signer son contrat, Ben Lyon, le directeur de casting de la Fox,
convoqua Norma Jeane pour lui choisir un pseudonyme. Lyon lui demanda si elle a
une préférence : Norma Jeane n’hésita pas une seconde et choisit Monroe, le nom
de jeune fille de sa mère, la seule famille authentique qu’elle ait eût (tout
comme Jean Harlow qui avait
choisi le nom de sa mère).
Lyon
approuva : Monroe, c’était bref, et cela sonnait bien. Un vrai nom
américain (comme le président). Il fallait aussi trouver un prénom. Norma Jeane
Monroe était lourd, Norma Monroe quasiment imprononçable ; ils choisirent
d’abord Jean Monroe, mais Norma Jeane n’aimait pas la sonorité du nom.
Elle
voulait changer de prénom, et elle lui raconta un peu son histoire.
Ben Lyon
trouva Marilyn, car elle lui faisait penser à l’actrice Marilyn Miller. En
effet tout comme Marilyn Miller, Norma Jeane avait les cheveux blonds et les
yeux bleu-vert.
Ben
Lyon
avait été auparavant amoureux de Marilyn Miller et avait
été fiancé avec elle,
peu avant sa rencontre avec sa femme, Bebe Daniels. Enfant, Marilyn
Miller
avait été abandonnée par un père
tyrannique. Lyon avait été frappé par la
similitude de leur parcours. Elle était devenue une star de
comédies musicales
de Broadway dans les années 20 (« Sally and
Sunny »), et avait eu un bref
succès au cinéma. Après trois mariages et des
échecs professionnels, sa santé
s’était détériorée et elle
était morte en 1936, à l’âge de trente-sept
ans.
Norma Jeane
ne fut pas immédiatement convaincue : Marilyn lui semblait bizarre,
artificiel.
Ben Lyon
lui rappela que c’était le prénom américain le plus populaire depuis la
Première Guerre Mondiale, précisément à cause de Marilyn Miller. Ainsi, Norma
Jeane Baker devint Marilyn Monroe :
.
Le lundi 26 août : accompagnée de Grace McKee-Goddard,
« Marilyn Monroe » signa son contrat avec la Fox. La signature de
Grace était indispensable car Norma Jeane n’avait pas vingt et un ans.
La décision
sera validée en septembre
par la Superior Court of California, Norma Jeane étant encore mineure.
En apposant
sa signature, c’était comme si Grace signait le passeport de Norma Jeane pour
la liberté, aboutissement légitime de son ancienne autorité. Elle donnait à
celle-ci une indépendance qu’elle n’avait pas eu lors de son mariage avec Jim
Dougherty, et elle se retirait elle-même du jeu, acceptant de devenir un acteur
du passé.
Par la
suite, Norma Jeane ne reverra pas beaucoup Grace ; elle était en effet
très affectée par les ravages de l’alcool sur celle-ci et souhaitait tourner le
dos à son ancienne vie.
SEPTEMBRE :
Le jeudi 5 septembre :
Le magazine
Variety cita son nom pour la première fois, sous
la rubrique « Nouveaux contrats » : elle était l’une des deux
nouvelles recrues de la Fox:
.
Le vendredi 13
septembre à 14 heures,
elle obtint le divorce pour « extrême cruauté mentale ayant altéré la
santé de la plaignante ».
Le divorce
fut prononcé par le juge du comté de Las Vegas, Clark A.S. Henderson (
,
).
Jim ne se
présenta pas à l’audition.
Dans le
partage des biens communs, elle obtint la voiture de Jim, un coupé Ford de 1935:
.
Elle fêta
l'événement au restaurant (
,
où elle invita Grace McKee- Goddard, Ana Lower, sa sœur Berniece Miracle et sa
fille Mona Rae (en visite à Los Angeles cet été là) (
;
,
,
), Gladys et Enid Knebelkamp
(sœur de Grace).
Deux
semaines plus tard, Jim Dougherty contresigna l’acte, octroyant à Norma Jeane
sa liberté:
.
Ils ne se
revirent pas, ni ne se parlèrent jamais.
Elle logea
à la résidence Studio Club au
1215 North Lodi Place (hôtel de séjour pour femmes, situé près de la Columbia, crée par Mary
Pickford), chambre n° 307, qu’elle payait 12$ par semaine (
,
,
).
Ayant
désormais un salaire régulier, Norma Jeane ouvrit un compte en banque.
Elle envoiera régulièrement de l’argent à Gladys,
retournée à Portland à la fin de l'été, pour améliorer son quotidien.
AUTOMNE :
Elle effectua sa première expérience radiophonique : elle figurait parmi les starlettes prometteuses interviewées par la station de radio KFI, à l’Ambassador Hotel de Los Angeles ; elle fut à cette occasion photographiée par Leo Caloia
La fin de
l’année passa sans un seul engagement de la Fox, pas même une scène de foule.
Bien
qu’elle n’y fût pas tenue, elle allait au studio tous les jours.
Elle
visitait avec curiosité la réserve de costumes, étudiant aussi bien les
costumes d’époque que les garde-robes contemporaines.
Elle posait
des questions à tous ceux qui étaient susceptibles de lui donner quelques
éléments d’information sur la lumière, les mouvements de caméra ou le jeu et la
diction des acteurs.
Avide de
glaner et d’assimiler tout ce qu’elle pouvait, elle voulait connaître les
différentes techniques de maquillage, pour le noir et blanc et pour la couleur.
Allan Whitey Snyder, connu dans toute la profession pour son habileté à
maquiller les acteurs dans les rôles les plus divers, devint rapidement son
mentor. Elle lui faisait totalement confiance et lui était reconnaissante de
lui consacrer un peu de temps, malgré son emploi du temps surchargé.
Snyder fut
ému par son manque flagrant de confiance en soi, son émerveillement enfantin
devant la magie du cinéma dont elle découvrait les secrets.
Il remarqua
la fermeté avec laquelle elle accueillait le rituel « Il n’y a rien pour vous »
hebdomadaire, tout en continuant à approfondir ses connaissances.
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