Ici s'achève mon chemin...


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1951

JANVIER :

Le bail de l’appartement de Natasha Lytess sur Harper Avenue () prit fin le vendredi 5 janvier.

Natasha décida d’acheter une petite villa à Hollywood.

Sous prétexte de jouir d’un peu d’intimité et de se rapprocher de la Fox, Marilyn retourna vivre au Beverly Carlton Hotel.

Mais Natasha se retrouva bientôt à court d’argent. Au moment de signer la promesse de vente, elle réalisa qu’il lui manquait 1 000$.

Marilyn le sut et le lendemain, elle débarqua chez Natasha avec la somme d’argent manquante. Elle avait vendu l’étole en vison, cadeau de Johnny Hyde.

 

Marilyn tourna dans « As young as you feel » (« Rendez-moi ma femme »), réalisé par Harmon Jones, pour la Fox.

C’était son douzième film.

Mais sa participation au film ne lui réserva aucune satisfaction.

Cette comédie sans prétentions mettait en scène les tribulations d’un businessman de soixante-cinq ans, forcé de partir en retraite. Marilyn jouait une fois encore le rôle d’une ravissante secrétaire prénommée Harriet (,,).

Malgré son rôle mineur et quelconque, Marilyn figura en haut de l’affiche pour permettre au film de profiter de son succès. Mais son moral était au plus bas, car la fadeur de son rôle n’avait d’égal que celle de l’intrigue, et elle était encore très affectée par la mort de son protecteur.

 

Sur le tournage elle rencontra Elia Kazan (), ami d'Harmon Jones, le réalisateur. La renommée de Kazan n’avait cessé de croître. Célèbre metteur en scène de théâtre et cofondateur de l’Actors Studio, cet immigrant grec avait su s’imposer face aux superproductions d’Hollywood.

Voué corps et âme à son œuvre, Kazan, pourtant marié, n’avait rien contre les escapades sentimentales. Il avait déjà croisé Marilyn brièvement, au bras de Hyde, en août 1950. Marilyn accepta une invitation à dîner ; leur idylle dura tout le long du tournage et jusqu’à l’été.

Au début ils se retrouvaient dans la chambre de Marilyn au Beverly Carlton Hotel. Puis ils passèrent leurs nuits chez Charles Feldman (), l’imprésario de Kazan, et son épouse Joan Howard, actrice et photographe de renom.

 

C’est au cours ce même tournage qu’elle rencontra Arthur Miller ( ) pour la première fois, en ce mois de janvier.

Celui-ci, ami de Kazan, venait de terminer « The hook » (« Le piège »), scénario original que Kazan espérait réaliser. Tout comme Kazan, Miller fut subjugué par la beauté sensuelle de Marilyn.

Le lendemain de cette rencontre,  Miller et Kazan se rendirent au bureau d'Harry Cohn (), directeur de la Columbia. Celui-ci envisageait de produire le scénario de Miller.

Cohn insista pour que le scénario soit envoyé à Roy Brewer, patron des syndicats d’Hollywood et ami personnel de Joe Ryan, lui-même à la tête de l’International Longshoremen’s Association (syndicat des dockers). Peu de temps après, Brewer annonça à Cohn qu’il avait demandé au FBI (Federal Bureau of Investigation) de lire « The hook » et que le texte avait aussitôt été jugé incendiaire et dangereusement anti-américain (et qu’il constituait même peut-être un acte de haute trahison). Brewer annonça aussi qu’à moins que Miller ne modifie son scénario pour faire des communistes les méchants et de l’anti-communisme le thème principal, tous les cinémas qui recevraient une copie de « The hook » verraient leurs projectionnistes renvoyés. Miller préféra reprendre son scénario plutôt que de se conformer à des exigences aussi stupides, et par ce seul acte d’intégrité artistique, il gagna l’admiration de Marilyn. Il devint dès lors le champion des opprimés, de tous ceux qui n’avaient pas voix au chapitre et pour ça, il gagna son estime.

 

Dans les semaines suivantes, Miller se joindra souvent à Elia Kazan et Marilyn lors de visites à un auteur ou à un compositeur. Ils fouinaient dans les librairies (où elle acheta des recueils de poésie de Frost, E.E.Cummings et Whitman), partaient en pique-nique sur la côte ou dans les canyons.

 

Le lundi 22 janvier, elle réalisa d’autres essayages de costumes pour « As young as you feel » (,,).

FEVRIER :

Le jeudi 15 février : avec Elia Kazan, ils allèrent à Santa Barbara, voir une avant-première de  « A streetcar named Desire »: 

Le vendredi 23 février : Kazan repartit pour New York.

 

MARS:

Le jeudi 29 mars Marilyn apparut à la cérémonie des Oscars au Pantages Theater (6233 Hollywood Boulevard, Hollywood), où elle remit le prix de la meilleure prise de son à Thomas Moulton () pour sa prestation dans «All about Eve » (1950).

Elle portait une robe décolletée en mousseline de soie, empruntée aux vestiaires du studio (,, ;,).

« All about Eve » était nominé dans la catégorie du meilleur film avec « Born yesterday », « Father of the bride », « King Solomon's mines » et « Sunset Boulevard ».

Joseph Mankiewicz remporta l'Oscar du meilleur réalisateur pour « All about Eve ».

 

Grâce aux recommandations de Joe Schenck, la Fox proposa à Marilyn le contrat tant convoité.

Les associés de Johnny Hyde à l’agence William Morris négocièrent le contrat à la Fox sans trop d’enthousiasme (Johnny Hyde se les étaient mis à dos en se consacrant uniquement à Marilyn aux dépens des autres clients).
Ils laissèrent passer trois semaines avant de faire signer à Marilyn les papiers envoyés par la Fox ; écoeurée par leurs manières, Marilyn voulut changer d’agent.

Par l’intermédiaire d’Elia Kazan, elle avait connu Charles Feldman qui dirigeait la Famous Artists Agency, en association avec Hugh French. Les deux hommes géreront les intérêts de Marilyn pendant trois ans, ce qui n’empêcha pas l’agence William Morris de percevoir une partie des commissions.

(Trois années seront nécessaires pour régler l’accord William Morris/Marilyn. Elle ne fut officiellement représentée par Famous Artists qu’à partir du 12 mars 1953, ne signa le contrat qu’en mars 1954, peu de temps avant de rompre leur alliance).

 

AVRIL:

Les termes en sa faveur furent hélas réduits au minimum, mais c’était néanmoins un vrai contrat.

La Fox lui garantissait un salaire de 500$ par semaine, qu’elle joua ou pas. Le studio se réservait le droit de reconduire le contrat l’année suivante, auquel cas son salaire s’élèverait à 750$ par semaine. La troisième année, elle percevrait 1 250$ par semaine, la quatrième année 1 500$, la cinquième année 2 000$ et 2 500$ la sixième année.

Si elle travaillait toujours pour la Fox en 1957, elle recevrait 3 500$ par semaine. Une clause d’exclusivité la liait à la Fox pour une durée de sept ans.

Les dirigeants du studio avaient le droit de la renvoyer à la fin de chaque année sans aucune explication, mais ils s’octroyaient également le droit de lui imposer les rôles de leur seul choix.

Aussi pouvaient-ils la « louer »  au prix de leur convenance à une autre compagnie, en lui versant uniquement son cachet hebdomadaire.

Par ailleurs, Marilyn devait s’engager à refuser toutes proposition venue de l’extérieur (y compris la télévision, le théâtre ou la chanson), même si elle ne jouait dans aucun film de la Fox. Ce genre de conventions mettait les acteurs sous contrat à la merci des grandes compagnies du cinéma.

Le procédé perdurera jusqu’au démantèlement du système lui-même, auquel Marilyn apportera largement sa contribution.

Quand elle signa son contrat (qui ne prendra effet que le 11 mai 1951), Marilyn obtint que son professeur d’art dramatique, Natasha Lytess soit aussi engagée. Celle-ci touchait 500$ par semaine de la Fox, plus 250$ que Marilyn lui versait pour des cours particuliers.

En conséquence, la première année où Marilyn fut à la Fox, Natasha Lytess gagna plus d’argent qu’elle.

 

Mais Marilyn fut à nouveau précipitée dans la ronde des rôles stéréotypés et inintéressants.

 

Le jeudi 5 avril, essayage des costumes pour « Love nest » (,,,,,).

 

Le jeudi 12 avril, essayage des costumes pour « Love nest » :.

AU PRINTEMPS elle tourna « Love nest » (,) (« Nid d’amour »), une comédie légère, écrite sur mesure. Elle jouait le rôle d’une blonde provocante, ex-membre du WAC (Women’s Army Corps), qui louait un appartement dans un immeuble à Manhattan dont le propriétaire, un ancien militaire, était marié.

La présence de Marilyn dans ce film, purement décorative (on l’avait casée là pour rehausser un scénario sans grand intérêt) fit néanmoins du bruit.

 

MAI :

Sortie du film « Hometown story » (;,,).

 

Le mercredi 2 mai :

Sidney Skolsky,  dans sa rubrique, célébra la prestation de Marilyn dans « Love nest » et raconta que lorsque Marilyn avait retiré sa robe pour une scène où elle devait prendre une douche (), le plateau était si bondé et si calme « qu’on pouvait palper l’électricité ». Pour une autre scène, elle se présenta dans le deux-pièces qu'on lui avait choisi, un maillot de bain à pois. : 

La vedette principale du film, June Haver, se souvient que « toute l’équipe se tut, ouvrit grand la bouche, comme pétrifiée ».

Le journaliste Ezra Goodman fit lui aussi l’éloge de Marilyn, « l’une des plus brillantes futures vedettes ».

Elle fut d’ailleurs élue star féminine du mois à la Fox, la star masculine était Robert Wagner.

Le lundi 7 mai : Marilyn accompagna Elia Kazan à un dîner chez Charles Feldman. Kazan était de retour à Hollywood pour le tournage de son prochain film, « Viva Zapata! ».

 

JUILLET :

Elle fit une interview avec Robert Cahn, le premier à faire son portrait pour un magazine national.

Elle arriva avec plus d’une heure de retard au rendez-vous, mais l’article, publié dans la magazine Collier’s en septembre 1951 (), fut élogieux et d’une analyse pénétrante, grâce à l’influence de Harry Brand, le publicitaire de la Fox. Mais Cohn contribua aussi à l’élaboration du mythe Marilyn en gobant les histoires exagérées que lui rapportèrent la Fox et Marilyn elle-même. D’après Sidney Skolsky, qui aida Marilyn et Harry Brand à créer la légende, la vérité était plus plate. Comme Skolsky l’avait bien compris, Marilyn ne savait pas qui elle était, mais elle savait ce qu’elle devait être. Elle connaissait les ingrédients nécessaires pour faire un bon film. L’année suivante, cela prendrait la forme d’un exercice littéraire dont elle fournira le contenu, et Skolsky et l’écrivain Ben Hecht, la forme.

Robert Cahn écrivit en détail l’arrivée renversante de Marilyn à un dîner du studio où elle fut placée à la droite de Spyros Skouras, le président de la Fox. Il ne manqua pas bien sûr de noter ses proportions puis aborda ensuite la question de son enfance avant de rappeler à quel point le public était impatient de la voir davantage.

Après avoir visité son appartement, Cahn déclara aussi que cette blonde platine s’intéressait vraiment à la littérature (et les studios n’avaient rien à voir là dedans) : sur ses étagères il vit des ouvrages de Whitman, Rilke, Tolstoï, Carl Sandburg et Arthur Miller, avec des signets et des notes qui dépassaient des pages.

 

Depuis « The asphalt jungle » et « All about Eve », la Fox recevait toutes les semaines 2 000 à 3 000 lettres de fans de Marilyn (bien plus que pour des stars comme Susan Hayward, Linda Darnell, Betty Grable, June Haver, Gregory Peck ou Tyrone Power), et depuis le mois de janvier, le service de presse avait envoyé plus de 3 000 photos d’elle.

 

Elle commença le tournage de « Let’s make it legal » (« Chéri, divorçons ») :.

La Fox s’efforçait alors de glisser un second rôle pour sa nouvelle bombe sexuelle dans chacune de ses productions.

C’était peut-être le film le plus ingrat et le moins drôle de toute sa carrière, bien que présenté comme une comédie.

Dans le rôle à la fois bref et inutile d’une aventurière blonde, on la voyait moins de deux minutes, même si elle figurait en troisième position dans le générique (,,,).

Les retards de Marilyn provoquèrent une scène avec le réalisateur du film, Richard Sale ; il exigea des excuses devant toute l’équipe ; Marilyn quitta vivement le plateau mais revint, penaude.

AOUT :

Le jeudi 2 août : sortie du film « As young as you feel » (;,).

 

Le samedi 4 août : Marilyn, « Miss Cheesecake 1952 » par le magazine Stars ans Stripes (un journal de l’armée), participa à une soirée donnée en l’honneur de Michael Gaszynski, un diplomate polonais qui fêtait ce soir là son obtention de la citoyenneté américaine.

A cette occasion, elle fut photographiée au magasin Farmer’s Market à Hollywood (,,,,).

AUTOMNE :

Grâce à des amis de Natasha Lytess, Marilyn se mit à suivre des cours d’art dramatique avec l’acteur et professeur de théâtre Michael Tchekhov (), neveu du dramaturge russe Anton Tchekhov et ancien collègue de Konstantin Stanislavski () au Théâtre d’art de Moscou. Il la raccrochait à la tradition russe si prisée par l’Actors Laboratory et par Natasha Lytess.

Ce fut l'acteur Jack Palance, rencontré lorsqu'elle tourna « All about Eve » en 1950, qui lui avait parlé de Tchekhov, avec qui il prenait lui-même des cours.

Quand elle le rencontra, Michael Tchekhov mettait la touche finale à son livre « To the actor : on the technique of acting », qui allait être la Bible de Marilyn et de nombreux autres acteurs dans les années suivantes.

Certaines des idées de Tchekhov rappelaient sans doute à Marilyn la façon un peu étouffante avec laquelle Natasha Lytess mettait l’accent sur le fait de sentir avec le corps ce que l’on sentait avec l’esprit.

Tchekhov préférait travailler sur des pièces classiques comme « King Lear », « Twelfth night » et « Hamlet ».

Cependant, il différait de Natasha sur un point : alors qu’elle se montrait constamment impatiente avec Marilyn, Tchekhov lui, prenait son temps et lui faisait faire toute une série d’exercices qui n’avaient rien à voir avec l’atmosphère d’un tournage ou d’un cours avec Natasha. Le corps, disait-il devait se transformer pour devenir une membrane sensible, un convoyeur d’images nuancées, de sentiments et d’impulsions de la volonté. La leçon la plus importante peut-être que Tchekhov donna à Marilyn fut de la faire sortir de son cadre de référence. Il lui conseilla d’élargir son cercle d’intérêt ; ainsi elle serait plus à même d’adopter la psychologie d’autres personnages sans leur imposer son point de vue à elle. C’était là la base de la philosophie du Théâtre d’art de Moscou, même si Lee Strasberg () devait en faire quelque chose d’assez différent quelques années plus tard. Les exercices qu’il lui demandait de faire étaient suivis d’étirements, du travail du souffle qu’elle apprenait à moduler, tous conçus pour accroître son sens de la liberté que Tchekhov sentait étouffé en elle. Au travers de cette liberté, Marilyn finirait par se vider d’elle-même, par se transformer, par être « possédée » par son personnage.

Mais le sérieux des intentions de travail de Marilyn se mit à avoir des effets secondaires malheureux sur elle, car si la quête inlassable de la perfection chez Natasha Lytess avait transformé sa manière naturelle de s’exprimer en une diction timide et exagérée, les cours de Tchekhov la terrifièrent encore plus tant elle redoutait de ne pas être valable.

De plus, leur relation de travail souffrit du manque de ponctualité de Marilyn.

C'est à  cette période que Marilyn commença à acquérir la réputation d'être toujours en retard.

 

Ainsi donc, ces efforts rendirent Marilyn encore plus timide, encore plus gênée par son jeu, et la paralysèrent en quelque sorte. Au lieu de chercher le personnage en elle, elle se voyait poussée par ses professeurs à se rechercher dans le personnage, et par là même retournait à ses propres insécurité et ses propres insuffisances.

D’une certaine façon elle trouva la force de passer de l’inexpérience à la simple aptitude, de la simple aptitude à la compétence raffinée. Mais elle eut  peu l’occasion  de le prouver, à cause du fonctionnement des studios, à cause de ses conseillers souvent bien intentionnés mais par trop académiques, et à cause enfin de sa propre fragilité émotionnelle et de sa mauvaise santé.

 

SEPTEMBRE :

Le samedi 8 septembre : l'interview réalisée par Robert Cahn fut publiée dans la magazine Collier’s :

 

Marilyn fit une autre interview avec Rupert Allan pour le magazine Look (il en était directeur de rédaction sur la côte ouest). 

Lui aussi nota ses terribles retards. L’article d’Allan eut un énorme  succès ; il le publia, accompagné de quatorze photos de Marilyn (en train de lire (), de soulever des poids, de courir ainsi que des photos de ses films), et déclara qu’elle était « la star la plus prometteuse parmi toutes les blondes depuis Lana Turner ».

 

La presse, depuis le début de sa carrière, la traita plutôt bien. La plupart des critiques étaient plutôt indulgents envers elle, et une certaine forme de protection commença  à apparaître dans leurs commentaires sur ses performances.

 

Une semaine après la publication de l'interview avec Rupert Allan, Sidney Skolsky, dans sa rubrique, reprit la comparaison avec Lana Turner.

 

La Fox n’ayant aucun projet immédiat pour elle, Spyros Skouras, directeur du studio,  la prêta à la RKO pour un second rôle dans une adaptation de « Clash by night » (« Le démon s’éveille la nuit ») de Fritz Lang (), avec Barbara Stanwyck et Robert Ryan. Le transfert fut signé le mardi 21 août.

Ce fut Sidney Skolsky qui persuada le producteur du film, Jerry Wald (,,,), de confier un rôle relativement important à Marilyn.

 

Elle fit une séance de photos publicitaires pour la RKO (,,,).

 

« Clash by night »  s’inspirait d’une pièce de théâtre de Clifford Odets (), que Marilyn avait étudié à l’époque où elle travaillait à l’Actors Laboratory. Pour la première fois, elle allait se détacher des rôles de secrétaires et de blondes dans lesquels on l'avait confiné jusque là.

 

L’action du film se déroulait au milieu des pêcheurs et des conserveries de Monterrey, en Californie (,). Marilyn jouait le rôle de Peggy, une fille qui travaillait à la mise en boîte des sardines et qui était fiancée au frère de l’héroïne (,).

Elle ne réussit pas sans mal car le tournage fut une épreuve pour elle et pour ses collègues. Elle vomissait presque avant chaque scène et ses mains et son visage se couvraient de plaques rouges. Seules l’ambition et une forte détermination finissaient par la traîner sur le plateau.

Marjorie Plecher qui s’occupait des costumes sur le tournage (elle deviendra la future Mme Allan Whitey Snyder), se souvient qu’à cause de sa recherche de la perfection, la  plupart des gens considéraient Marilyn comme quelqu’un de difficile. Marilyn dut faire appel à toute la bonne volonté  qu’elle put trouver en elle. Fritz Lang , ne supportant pas les petites manies des acteurs, résuma en quelques mots Marilyn comme « terrifiée de venir au studio, toujours en retard, incapable de se rappeler de son texte et certainement responsable de la lenteur du tournage ».

Mais surtout, Fritz Lang, ne supportait pas la présence quotidienne de Natasha Lytess et la façon dont celle-ci reprenait ce qu’il disait ; il la renvoya rapidement du plateau  mais comme les autres réalisateurs, il fut obligé, s’il voulait garder Marilyn, de rappeler Natasha Lytess.

 

La vedette du film, Barbara Stanwyck se montra particulièrement gentille avec Marilyn. Actrice déjà confirmée, elle tenait à être patiente envers une nouvelle venue angoissée, vendue comme une future star.

Tous les journalistes et reporters qui vinrent sur le tournage reconnurent que Marilyn était l’objet de leur attention (,,,).

Plus fière que jamais de son corps, Marilyn en voulait néanmoins à la presse de ne chercher à avoir d’elle que des photos et des anecdotes croustillantes sur sa vie : elle préférait beaucoup parler de sa carrière, un sujet que les journalistes évitaient comme s’il était tabou.

 

Sortie du magazine Modern Screen (,,), avec un article sur Marilyn, suite à une party chez Herman Hover, le propriétaire du restaurant Ciro’s (,,,), puis à la soirée qui a suivie au Ciro’s (,,,).

 

OCTOBRE :

Le mercredi 10 octobre : sortie de « Love nest » (;,).

 

Elle fit une série de photos publicitaires pour le catalogue du magasin de vêtements Sak’s (,,,,,,).

NOVEMBRE :

Le mardi 6 novembre, sortie du film « Let's make it legal » (; ,;).

 

Marilyn alla à Hemet (au sud est de Los Angeles), accompagnée de Natasha Lytess, où vivait son père présumé, Stanley Gifford. Elle l’appela au téléphone, mais celui-ci refusa à nouveau de la voir.

 

Elle vécut seule quelques mois au Beverly Carlton Hotel (;,,), puis partagea un appartement (8573 Holloway Drive, Hollywood) (,) avec Shelley Winters (), une jeune actrice qu’elle avait connu quelques mois auparavant à une partie de base-ball, donnée au profit d’une œuvre de charité.

 

DECEMBRE:

Après le tournage pour la RKO de « Clash by night », Marilyn réintégra les studios de la Fox.

Des directeurs de salles avaient vu une copie du film de Fritz Lang, et très vite, le bruit courut à la Fox que la comédienne prêtée à la RKO ne méritait pas d’être si mal employée. Dans les bureaux de la Fox à New York, les actionnaires du studio demandèrent à Spyros Skouras quand la Fox la ferait travailler de nouveau. Skouras posa à son tour la question à Zanuck ; celui-ci ne pouvait plus reculer.

La Fox lui proposa alors un premier grand rôle dans « Don’t bother to knock » (« Troublez-moi ce soir ») ; c’était un film qui voulait prouver que Marilyn pouvait jouer autre chose que des seconds rôles.

Et c’est ce qu’elle fit, malgré un script truffé de clichés, un budget minime et un metteur en scène (l’anglais Roy Baker) qui traitait Marilyn avec encore plus de mépris que Fritz Lang.

Zanuck, cependant, exigea un bout d’essai avant de lui confier le rôle. Elle travailla beaucoup jour et nuit avec Natasha Lytess. Zanuck, après avoir visionné le bout d’essai, rédigea une petite note élogieuse sur elle.

Le jeudi 6 décembre, elle effectua les essayages de costumes pour « Don’t bother to knock » (,,,).

FIN DE L'ANNEE :

Marilyn alla vivre chez Natasha Lytess, dans sa nouvelle maison au 611 North Crescent Drive, West Hollywood 

()(,, ,;,,,).

 

Elle débuta la tournage de « Don't bother to knock». Le tournage de dura que vingt-huit jours.

Roy Baker, le réalisateur, garda les premières prises de chaque scène, malgré les protestations de Marilyn ; le film, terminé au début de l’année 1952, montrait une Marilyn qui improvisait de manière étonnante.

Marilyn fit de Nell, son personnage, non pas le stéréotype de la folie chez la femme, mais la victime d’une folie de la ville. Une femme psychologiquement blessée par la guerre, émotionnellement brisée par la perte d’un être cher, une femme qui avait fait une tentative de suicide mais qui cherchait profondément une raison de vivre.

Il se passait bel et bien quelque chose  entre l’objectif de la caméra et la bobine, si bien que ses partenaires trouvaient qu’ils n’existaient plus à côté d’elle, tant elle crevait l’écran (,,,,). Face aux louanges de ses collègues, Marilyn afficha une modestie sincère et étonnée : il lui semblait qu’elle aurait pu mieux faire.

 

 

En cette année 1951, elle obtint de nombreuses récompenses :

-« Le cadeau de Noël que tous les GI voudraient trouver dans leur cheminée » (,)

- « La fille la plus apte à dégeler l’Alaska » par les soldats basés dans les îles aléoutiennes (,)

- « La fille qu’ils aimeraient le mieux examiner » par la 7ème division du corps médical

- « La fille qu’ils aimeraient le mieux arrêter » par le All Weather Fighter Squadron 3, basé à San Diego

 

Elle visita également le bateau militaire USS Benham (,,);  elle passa une soirée au El Morocco, en compagnie entre autres de Joe Schenck 
(
,).

 

Elle fit une séance photo au Hollywood Roosevelt Hotel (,,), une autre avec le photographe Larry Barbier Jr  (,,,) ainsi qu’au Beverly Carlton Hotel 

(,,,,,,;,,) ; elle poursuivit également ses séances pour des photos publicitaires 

(,).

 

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