1952
JANVIER :
Le lundi 7 janvier : elle enregistra la chanson
« Do it again » écrite par B. G.DeSylva et composée par George
Gershwin, qu'elle interpréta ensuite devant 10 000 marines, à Camp Pendleton
(camp des Marines, entre Los Angeles et San Diego). Ce jour là, elle chanta
également « Somebody loves you ».
A
cette époque elle briguait le rôle de Lorelei Lee dans « Gentlemen prefer
blonds » (« Les hommes préfèrent les blondes ») et on peut
penser qu’elle donna cette représentation pour convaincre Darryl Zanuck, le directeur
de la Fox, qu’elle savait chanter.
Le
vendredi 11 janvier, essayage des costumes pour « We’re not married »
(
,
,
,
), qu’elle tournera en mai.
Elle
engagea Inez Melson comme
conseillère financière et administratrice de ses affaires et lui demanda de se
charger également de la tutelle de Gladys.
Une
somme était prélevée régulièrement sur les revenus de Marilyn pour pourvoir aux
soins de sa mère, qu’Inez Melson allait voir plusieurs fois tous les mois.
La
mère et la fille ne s’étaient pas vu une seule fois en cinq ans et n’avaient
échangé ni lettres, ni appels téléphoniques.
FEVRIER :
Elle
tourna « Monkey business »
(« Chérie, je me sens rajeunir ») avec Cary Grant (
,
,
,
), réalisé par Howard Hawks (
).
Dans
cette comédie légère elle interprétait le
rôle d’une secrétaire purement décorative.
La
Fox s’efforça d’employer sa nouvelle jeune star au mieux de ses possibilités,
mais ce fut là le dernier rôle de secrétaire de Marilyn.
Sur
le tournage Marilyn rencontra l’écrivain-scénariste Ben Hecht (
), avec qui elle commencera à
écrire son autobiographie, en 1954.
Le vendredi 8 février, elle reçut le prix de « La plus jeune personnalité du box-office » par les Henrietta Awards
La
cérémonie eut lieu au Del Mar Club
situé 1910 Ocean Front avenue à Santa Monica :
.
Début février :
Elle
rencontra Joe DiMaggio, la vedette du base-ball (
), au
restaurant Villa Nova
(
), sur Sunset Boulevard.
Celui-ci voulut la rencontrer après avoir vu une photo de 1951 où Marilyn posait avec deux
joueurs de base-ball des Chicago White
Sox (
).
Il
demanda à l'un de ses amis, David
March (un ami du bar Toots
Shor’s à New York) de lui faire rencontrer Marilyn.
DiMaggio
se rendit compte qu’elle n’avait jamais assisté à un match de base-ball de sa
vie et qu’elle n’y connaissait rien au sport. Et lui qui se méfiait d'Hollywood
et de la fascination pour ce qui n’était, à ses yeux, que pacotille, lui fit
comprendre qu’il ne s’intéressait absolument pas au cinéma.
Cette
indifférence mutuelle aurait pu à elle seule nuire à toute éventuelle histoire
d’amour, mais l’alchimie accomplit ce que la conversation ne put atteindre.
Marilyn apprécia cet homme séduisant, grand et calme, déférent et courtois.
Après
ce premier rendez-vous, il appela Marilyn tous les jours et elle accepta de
ressortir avec lui.
Ils
apparaîtront bientôt comme le couple le plus célèbre, dont le roman d’amour fut
alimenté par les paparazzis qui les traquaient dans tous les endroits où ils
allaient.
Elle
trouva en Joe un défenseur solide et silencieux, un homme prêt à la protéger et
à l’aimer coûte que coûte. Tout aussi important, en s’associant avec lui, héros
national, elle voyait le cercle de ses adeptes s’élargir au-delà des
cinéphiles.
Un
manque de confiance aigu face à l’amour les caractérisait tous les deux. Joe
mettait constamment Marilyn en garde contre le danger d’être exploitée, et elle
ne perdit pas de temps pour réagir. Ils étaient convaincus l’un et l’autre
qu’ils ne devaient leur valeur qu’au succès public. Cependant leur similarité
apparente ne laissait rien présager de bon : les triomphes de Joe appartenaient
au passé et il vivait sur eux, alors que Marilyn n’avait pas encore atteint le
point culminant de sa carrière.
Dès
le début il y eut des disparités évidentes entre eux, mais rien sur quoi on
puisse faire l’impasse. Joe avait une vision très « vieux Monde » des
femmes, elles devaient être réservées et cela allait de soi, obéir à l’homme de
leur vie. Fier de la beauté de Marilyn, il aimait qu’on l’admire, mais de loin,
et dès qu’il soupçonnait la moindre attirance, même amicale, entre un homme et
Marilyn, il devenait fou de jalousie. Aussi, selon lui, il n’y avait pas de
meilleure carrière pour une femme que d’être mère : ne voulait-elle pas
réfléchir à l’idée de prendre sa retraite, elle aussi, pour qu’ils puissent
avoir une vraie vie de famille ? Marilyn refusa de promettre quoi que ce
soit, se contenant de répondre qu'effectivement, fonder une famille était son
vœu le plus cher.
Le samedi 2 février, elle assista à une soirée donnée pour la sortie du film « The african queen » au restaurant Romanoff
Elle
assista à la Junior Prom à l’UCLA (University of California Los Angeles) (
,
,
,
) et fit des photos publicitaires
dans cette université (
,
,
,
,
,
).
MARS :
Le samedi 1er mars :
Le
Dr Elliott Corday que Marilyn
consulta pour des douleurs abdominales et une fièvre persistante, diagnostiqua
une crise d’appendicite. Elle le supplia de retarder l’opération et pendant
quelques jours, elle resta hospitalisée au Cedars of Lebanon
Hospital sous antibiotiques.
Au
bout d’une semaine, elle reprit le travail sans avoir été opérée.
Le
service de presse de la Fox apprit que la photo d’une femme nue sur le
calendrier de 1951de
la société John Baumgarth avait été
réimprimée à la demande générale
pour l’année 1952.
A
présent qu’on voyait plus souvent Marilyn dans des films, des magazines et des
journaux, il ne fallut pas beaucoup de temps pour la reconnaître sur le
calendrier.
Malgré
les rumeurs habituelles, on n’avait jamais réussi à prouver qu’une actrice de
cinéma fut allée aussi loin.
Elle
fut convoquée à la Fox où on lui demanda si la rumeur était fondée ou
non ; elle répondit oui sans hésiter, que c'était bien elle sur le
calendrier.
Le jeudi 13 mars :
Marilyn
révéla la vérité sur le calendrier
Baumgarth (
: photos prises par Tom
Kelley) avec l’aide de son ami le journaliste Sidney Skolsky, à Aline Mosby,
une journaliste de United Press.
L’interview
exclusive de Marilyn parut sous le titre « Marilyn Monroe reconnaît
qu’elle est la blonde qui pose nue pour un calendrier » dans le Herald
Examiner de Los Angeles.
En
quelques jours, l’article fut repris par toutes les agences de presse, tous les
magazines et les journaux des Etats-Unis et en Europe.
Marilyn
transforma ainsi ce qui s’annonçait comme un désastre en triomphe, gagnant par
ce seul acte une ouverture sans précédent sur la presse et une notoriété des
plus favorables pour elle-même et pour la Fox, notoriété que ni l’une ni
l’autre n’auraient jamais pu acquérir autrement.
A
la stupéfaction de la direction de la Fox, cela lui valut une affluence
importante dans les salles de cinéma.
Le lundi 17 mars : Marilyn vit pour la première fois DiMaggio jouer au base-ball, lors d’un match des Hollywood Stars contre les All-Stars de première division, au bénéfice du Kiwanis Club For Children
Le mercredi 19 mars : elle dîna à nouveau en tête à tête, avec
DiMaggio.
Joe
n’approuvait pas la photo du calendrier que l’on voyait partout ; il n’en
parla apparemment pas avec elle, mais entre la fin du mois de mars et le début
du mois d’avril (alors qu’il préparait l’enregistrement de son émission
télévisée avec les Yankees), il ne l’appela plus aussi fréquemment.
AVRIL :
Le lundi 7 avril : elle fit la couverture du magazine
Life, photographiée par Philip
Halsman.
L’une
des séances photo avait eut lieu chez elle, en janvier, au Beverly Carlton Hotel (
,
,
,
,
,
,
;
,
,
,
).
Halsman,
qui l’avait déjà photographiée
en 1949 (
),
la trouva bien moins timide qu’avant ; elle travaillait et s’était
entourée de photos, de livres sérieux
(ouvrages de la Fabian Society, un mouvement intellectuel socialiste anglais,
de George Bernard Shaw, Steinbeck, Ibsen, Wilde, Zola et les romanciers russes)
et de traités de l’art (les œuvres de Goya, Botticelli et Léonard de Vinci).
Une
autre séance eut lieu au Publicity department de la Fox (
,
,
,
,
,
,
).
La
couverture de Life (
) proclamait : « Marilyn Monroe :
le sujet de conversation de tout Hollywood » ; l’article, à
l’intérieur était accompagné d’une petite reproduction de la photo du
calendrier à côté d’une autre photo où on la voyait chez elle, en train
d’écouter d’un air rêveur, un disque classique.
Ainsi,
le magazine le plus traditionnellement américain approuvait Marilyn Monroe (
,
,
,
,
,
).
Elle
fit d’autres séances photos au Beverly Carlton Hotel (
,
,
), avec André De Dienes
DiMaggio
vint lui rendre visite sur le plateau de « Monkey business », le
dernier jour du tournage (
,
,
).
Natasha Lytess considéra d'emblée
DiMaggio comme un ennemi, celui-ci lui rendant bien son animosité. Marilyn, qui
tenait énormément aux deux, tenta de les réconcilier.
Joe
ne se gêna pas pour donner quelques conseils que Marilyn écouta
attentivement ; elle devait se méfier des charlatans d’Hollywood et de
tout ce que cette ville avait de faux. Elle devait se méfier des
journalistes ; elle devait gagner le plus d’argent et économiser le plus
possible. Marilyn l’écouta mais rien ne lui parut plus important que son calme,
son air paternel et son physique attirant.
Le vendredi 18 avril : la Fox renouvela son option sur
Marilyn en lui prolongeant son contrat.
Son
salaire fut augmenté à 750$ par semaine, à partir du 11 mai.
C’était
l’un des salaires les plus bas versés alors à n’importe quel acteur en vue.
Elle n’avait pas encore officiellement signé avec Charles Feldman (
) et son agence, la Famous Artists Agency; son statut à l’agence William Morris était encore
flou. Néanmoins, Marilyn en profita pour demander à la Fox d’engager Natasha
Lytess comme principal professeur de la compagnie (elle avait déjà été engagée
comme professeur de Marilyn en 1951). Cette requête fut acceptée et Natasha
Lytess signa un contrat de deux ans avec la Fox, le studio étant à la fois prêt
à tout pour satisfaire Marilyn et trop heureux que son mentor, occupée à
d’autres tâches, ne soit pas toujours présente sur les tournages de Marilyn.
Les
journalistes apprirent que contrairement aux récits de Marilyn faisant croire
qu’elle était orpheline, sa mère était bien en vie.
Gladys
était sortie de l’hôpital de l’Etat d’Agnew et travaillait à temps partiel dans
une maison de santé privée, dans le quartier d’Eagle Rock, près de Pasadena au
nord-est de Los Angeles.
Le mercredi 23 avril, le mari de Gladys,
John Stewart Eley, mourut d’une crise cardiaque à l’âge de soixante-deux ans.
C'est
peu après que Gladys écrivit à sa fille :
« Chère
Marilyn,
Je
t'en prie ma chère fille j'aimerais avoir de tes nouvelles. Je n'ai que des
soucis ici, et j'aimerais bien partir le plus vite possible. Je préfèrerais
avoir l'amour de mon enfant que sa haine.
Tendrement,
ta mère. »
Cette
lettre que Marilyn conservera toute sa vie la blessa profondément ; elle
n’en voulait pas à Gladys, bien sûr,
mais elle refusait de lui rendre visite, bien que Gladys l’en ait supplié par
l’intermédiaire d’Inez Melson.
Sa
mère lui rappelait trop le passé malheureux, une histoire de famille qui, selon
Grace McKee-Goddard, portait en
elle nombre de maladies sombres et dangereuses dont elle pouvait hériter.
Inez
Melson persuada Marilyn de la déclarer comme tutrice légale de Gladys.
Le lundi 28 avril Marilyn fut hospitalisée au Cedars of
Lebanon Hospital de Los Angeles pour une crise d’appendicite, après des
semaines de douleurs intermittentes (
,
,
,
,
).
Elle
fut opérée par le Docteur Marcus Rabwin, assisté de son gynécologue, le Docteur
Leon Krohn.
Avant
l’intervention, Marilyn qui était persuadée que cette opération pourrait
compromettre sa capacité à avoir des enfants, se colla sur le ventre, avec du
ruban adhésif un message pathétique où elle lui demandait d’être extrêmement
prudent (dans le texte, la ponctuation est respectée) :
« Très
important à lire avant l’opération. Cher Docteur, coupez le moins
possible. Cela peut sembler futile je sais mais ce n’est pas de cela qu’il
s’agit vraiment-le fait que je sois une femme est important et signifie
beaucoup pour moi. Epargnez s’il vous plait (je ne saurais trop vous le
demander) ce que vous pouvez-je suis dans vos mains. Vous avez des enfants et
vous devez savoir ce que cela veut dire-je vous en prie Docteur-je pense
je sais que vous comprendrez ! merci -merci- pour l’amour du ciel cher
Docteur pas d’ablation d’ovaires-je vous en prie encore une fois de faire tout
votre possible pour limiter les cicatrices - En vous remerciant de tout
cœur. Marilyn Monroe ».
Joe
DiMaggio lui fit envoyer des dizaines de roses, alors qu'il était en
déplacement à New York.
Allan « Whitey » Snyder,
son maquilleur et ami, arriva à l’hôpital et la rendit radieuse pour sa sortie,
où la presse l’attendait. C’est à cette occasion qu'en plaisantant, Marilyn lui avait demandé
de s’occuper de son maquillage, même après sa mort ; pour qu’il s’en
souvienne, elle lui offrit une pince à billets en or de chez Tiffany, portant
l’inscription « Whitey
Dear, while I'm still warm, Marilyn » (« Cher Whitey – tant
que je suis encore chaude, Marilyn ») :
.
A
partir de ce moment, Marilyn consultera le Dr Leon Krohn, pour des problèmes de
fécondité.
MAI :
A
présent que l’on savait que sa mère était en vie, les studios durent trouver un
moyen de s’arranger avec la presse et l’opinion publique. Marilyn fut de
nouveau convoquée à la Fox et elle donna une interview exclusive au journaliste
Erskine Johnson : « A mon insu, alors que j’étais une enfant, ma mère
passa de nombreuses années à l’hôpital. Par l’intermédiaire du comté de Los
Angeles, ma tutrice m’a placé dans plusieurs familles nourricières, et j’ai
passé plus d’un an à l’orphelinat de Los Angeles. Je n’ai jamais connu ma mère
intimement, et depuis que je suis adulte et à même de lui venir en aide, je
suis entrée en contact avec elle. Je l’aide à présent, et je veux continuer à
l’aider tant qu’elle aura besoin de moi ».
L’article
« Marilyn Monroe confesses mother alone, living here » parut le samedi 3 mai dans le Los Angeles
Daily News.
Le mardi 6 mai : Marilyn se reposa dans son appartement
du Beverly Carlton Hotel. DiMaggio vint souvent la voir.
Mais
des admirateurs avaient découvert son adresse et l’assaillir de lettres et de
visites ; avant la fin du mois de mai, elle prendra une suite luxueuse au Bel Air Hotel (
,
), avec piscine et jardin en
terrasse, pour le somme de 750$ par mois, qu’elle paya grâce au salaire de « Don't bother to
knock».
Elle
tourna un nouveau film « We’re not married » (
,
,
,
) (« Cinq mariages à
l’essai ») et répéta les numéros musicaux de son prochain film,
« Niagara », avec un nouveau professeur de chant, Phil Moore
Le mercredi 21 mai : Marilyn se présenta au studio pour les
essais de costumes et de couleurs pour son prochain film, « Niagara »
(
,
,
,
,
,
,
,
,
,
).
Le
vendredi 23 mai,
nouvel essayage des costumes
pour « Niagara » :
.
Le
mardi 27 mai,
nouvel essayage des costumes
pour « Niagara » :
.
JUIN :
Le dimanche 1er juin : Marilyn
fêta son anniversaire au Bel Air Hotel de Los Angeles. Elle apprit qu’elle
avait décroché le rôle de Lorelei Lee de « Gentlemen prefer
blonds », dont le tournage était prévu en octobre. C’était son premier
rôle dans une comédie musicale.
Darryl
Zanuck, producteur de la Fox, l’avait préféré à Betty Grable, après avoir
entendu l’enregistrement non commercialisé de Marilyn chantant « Do it
again », qu’elle avait interprété au début de cette année, à Camp
Pendleton.
En
réalité, Marilyn avait obtenu le rôle car sa côte de popularité était
incroyable, elle coûtait en effet dix fois moins cher et était dix ans plus
jeune que Betty Grable, et que Jane Russell, sa partenaire dans « Gentlemen
prefer blonds ».
Elle
rencontra Hal Schaefer,
professeur de chant à la Fox, avec qui elle prendra des cours pour préparer son
rôle dans « Gentlemen prefer blonds».
Le dimanche 8 juin : elle laissa une note d’adieu à Sidney Skolsky chez Schwab’s et prit l’avion pour New York.
Elle y retrouva Joe DiMaggio, avec qui elle passa du
temps au Toot's Shor et
au Stork Club (
), les endroits favoris de Joe.
Le mardi 10 juin : Sidney Skolsky lui
consacra une rubrique entière en faisant un résumé de sa vie et de sa carrière.
Elle
commença le tournage de
« Niagara » à Buffalo (Etat de New York), en décors
naturels. C’était la deuxième fois qu’elle tenait le rôle principal dans un
film. Elle logea au General
Broke Hotel (
) à Niagara
Falls, durant le tournage
Henry Hathaway, le réalisateur de « Niagara » n’avait pas la réputation d’être un metteur en scène facile avec les comédiens. Pourtant, à la surprise générale, Marilyn et Hathaway travaillèrent ensemble sérieusement et dans la bonne humeur
Ce
fut son ami Allan Snyder qui la maquilla une nouvelle fois durant le tournage (
,
,
,
).
Les week-ends de juin et de juillet, Marilyn partait
pour Manhattan retrouver Joe DiMaggio, qui enregistrait l’émission télévisée
des Yankees dont il était le commentateur. Sur le stade ou en studio, il était
nerveux et peu sûr de lui face aux caméras, maladroit quand il interviewait des
joueurs ou quand il lisait son texte ou une annonce publicitaire. Il
n’acceptait cependant aucun conseil de Marilyn qui connaissait pourtant
quelques astuces qui lui venaient de ses professeurs d’art dramatique (comment
apprendre à poser sa respiration ou se concentrer). Ils logèrent au Drake
Hotel; par respect des convenances, ils
prirent deux chambres mais vivaient en fait dans une seule.
A
cette époque elle lisait « The thinking body » de Mabel Ellsworth
Todd (recommandé par Michael
Tchekhov), « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke et
« Le prophète » de Khalil Gibran.
Le photographe canadien Jock Carroll la prit en photo
durant le tournage (
,
,
,
,
).
Le mercredi 18 juin : sortie de « Clash by night » (
,
,
,
,
).
Dans sa publicité précédant
la sortie du film, la RKO se servit
largement de l’anecdote de la petite fille abandonnée regardant les studios par
la fenêtre de l’orphelinat, en rêvant à des jours meilleurs.
Les
critiques furent favorables à Marilyn.
Le jeudi 26 juin : elle fut appelée à témoigner devant
le juge Kenneth Holaday dans le procès contre Jerry Kaupman et Morie Kaplen,
accusés de vendre des photos de nus par correspondance et d’avoir utilisé à
cette occasion le nom de Marilyn pour leur publicité (
,
,
,
,
,
).
Roy Craft, publicitaire à la Fox était à ses côtés (
,
).
Joe
DiMaggio la soutient à cette occasion qui lui valut encore plus la sympathie du
public.
La
rumeur d’un mariage imminent entre eux commença à courir dans tout Hollywood.
JUILLET :
De
retour à Hollywood pour les scènes de « Niagara » tournées en
intérieur (Joe était resté à New York avec les Yankees), Henry Hathaway poussa
Marilyn à abandonner ses cours avec Natasha Lytess qui selon lui, et beaucoup
d’autres, ne lui apportait qu’un sentiment d’infériorité et ne la rendait que
plus timide.
Pour
quelques scènes, Hathaway lui demanda de porter ses propres vêtements ;
Marilyn lui répondit sans la moindre gêne qu’elle ne possédait que quelques
vieux pantalons, des pulls et un tailleur noir, acheté pour l’enterrement de Johnny Hyde. C’est pour cela que
lorsqu’elle sortait, elle empruntait des vêtements au studio.
La
raison était simplement financière. De ses 750$ par semaine, il ne lui restait
après impôts que 500$, desquels elle déduisait 10% qu’elle versait à l’agence
William Morris. Ensuite elle devait payer presque 200$ par semaine pour ses
cours de chant, de diction et d’art dramatique, et donnait tous les mois au
moins 50 ou 60$ à Inez Melson et plus pour Gladys.
Elle loua pour six mois une petite maison sur les collines d'Hollywood, 1121 Hilldale Avenue, West Hollywood :
Mais
elle finit par déclarer qu'elle n'était pas prête pour ce genre de vie à un
moment où elle avait tant à faire et emménagea dans une suite du Bel Air Hotel.
Le samedi 12 juillet : sortie du film « We're not married »
(
;
) ; ce fut l’un des
principaux films dans lesquels on glissa Marilyn pour profiter de sa popularité
grandissante, alors que la Fox n’était pas prête à lui confier son premier
rôle.
Le vendredi 18 juillet : sortie de « Don’t bother to knock »
(
;
,
,
).
Joe,
de retour en Californie, et quatre mois après leur rencontre, la présenta à sa
famille à San Francisco.
Marilyn
fut probablement très sensible à l’atmosphère familiale chaleureuse qui régnait
chez les DiMaggio, mais compris également ce qu’on attendait d’elle en tant
qu’épouse : la cuisine, le repassage, le ménage et la couture.
Avant
la fin de l’été Joe lui demandera de
réfléchir à l’idée d’abandonner
le cinéma.
Dans le courant du mois, elle fit une séance photo pour le magazine Leatherneck, avec le photographe J.W.Richardson
AOUT :
Elle
apparut à une réception organisée par la Fox chez le chef d’orchestre Ray
Anthony (
,
) pour l’enregistrement de
la chanson « Marilyn » par Ervin Drake et Jimmy Shirl. Marilyn,
arrivée par hélicoptère (
,
), ravit les invités en
jouant des percussions sous la direction de Mickey Rooney (
;
,
,
,
).
Le jeudi 21 août : elle fit ses débuts à la radio (après la première expérience de 1946)
en interprétant une meurtrière dans « Statement in full » pour
l’émission « Hollywood Star Playhouse ». L’enregistrement fut réalisé
aux studios NBC (1500 Vine Street, Hollywood) (
,
,
,
,
,
).
Le mardi
26 août :
Marilyn s’apprêtait à partir pour la tournée promotionnelle de « Monkey
business », mais elle rata son train, et le studio lui offrit le voyage en
avion (
,
).
Le dimanche 31 août : l’é