1953
Marilyn
emménagea dans un nouvel appartement situé au 882 North Doheny Drive à Beverly
Hills (
,
,
,
).
JANVIER:
Le jeudi
1er janvier, Marilyn assista à
la Cinémascope party, donnée au Cocoanut
Grove (
) de l'Ambassador Hotel
de Los Angeles. Donald O’Connor, son futur partenaire de
« There’s no business like show business », la journaliste Louella Parsons (
), le compositeur Cole
Porter (
,
) et Joe DiMaggio (
,
) assistèrent également à la soirée
(
,
,
).
Marilyn
et Joe firent un pacte : elle s'engageait à ne plus porter en publique ses
robes décolletées qui le gênaient tant, et il essayerait de se montrer plus
patient avec elle et plus poli avec Natasha
Lytess, pour qui il éprouvait toujours une antipathie égale sans doute à
celle qu’elle-même éprouvait à son égard.
Le
vendredi 2 janvier, essayage des costumes pour « Gentlemen prefer
blonds » (
,
).
Le mercredi 21 janvier : sortie de « Niagara » (
,
,
,
). Les critiques furent
partagées.
Les
gains du film seront de 6 millions $, pour un investissement au départ de 1,5
millions $, et ce malgré les menaces de boycott de certains groupes déclarant
que le film était indécent. Marilyn se révéla alors être l’une des grandes
attractions du pays.
Le
lundi 26 janvier, Marilyn reçut le prix de « L'actrice la plus populaire de
l'Arkansas » (
), remis par l'Académie des propriétaires de théâtres
indépendants d'Arkansas (
,
).
Elle
fit la couverture du magazine NAS (Naval Air Station) pour avoir été élue Miss
NAS 1952 (
,
,
).
FEVRIER:
Le lundi 9 février : sur les conseils de Grace McKee-Goddard, Gladys fut à nouveau hospitalisée,
dans une institution privée plus confortable, le Rockhaven Sanatorium, à
Verdugo City, district de Glendale. Marilyn payera 250$ par mois pour les frais
d'hospitalisation.
Le lundi 9 février : le magazine Photoplay organisa la remise du prix de « L’étoile qui est montée le plus
vite dans le ciel d’Hollywood en 1952 » (
), en l’honneur de Marilyn (
,
,
,
,
).
La
réception eut lieu dans le Crystal Room du Beverly Hills Hotel. Le
maître de cérémonie était ce soir-là Jerry Lewis.
Marilyn
était accompagnée de son ami le journaliste Sidney Skolsky (
). DiMaggio, voulant éviter les
apparitions en public, était absent.
Sa
jalousie le poussera même à faire des apparitions surprises sur les tournages
de Marilyn.
Elle
portait une robe en lamé or créée spécialement pour elle par William Travilla (
,
,
) et qu’elle arborait dans « Gentlemen prefer
blonds ». Elle fut le point de mire quand elle fit son entrée, vêtue de
cette robe « qui donnait l’impression d’avoir été peinte sur elle » (
,
), comme le rapporta le lendemain
la journaliste Florabel Muir dans son article « Florabel Muir
reporting » du 10 février paru dans le Los Angeles Mirror.
« Il suffit d’un mouvement du derrière pour que Marilyn Monroe vole la
vedette…Tous les invités se mirent à l’applaudir (tandis que) deux autres stars
du cinéma, Joan Crawford et Lana Turner, étaient à peine regardées. A côté de
Marilyn, toutes les autres paraissaient bien ternes ».
Le samedi
14 février : elle fit une
séance photo avec André De Dienes
(
,
), et assista, avec Sidney
Skolsky (
,
), au mariage de la journaliste
Sheila Graham (
,
,
).
Le jeudi 19 février : Marilyn se rendit chez Charles Feldman, afin de
discuter d'un éventuel contrat entre eux, l'agence de Feldman la représentant
et Feldman souhaitant devenir son agent. Mais le contrat ne fut pas signé ce
jour là. Néanmoins, Feldman continuera de travailler gratuitement pour elle, en
espérant qu'elle signerait un jour, le dit contrat.
MARS :
Le lundi 2 mars : une interview de
l’actrice Joan Crawford fut publiée dans l’article de l’Associated Press de Bob
Thomas, du Hollywood Citizen-News. Elle dénonçait publiquement le
« show grotesque » de Marilyn, rappelant que « le public aime
bien les personnalités féminines provocantes, mais qu’il aime bien aussi savoir
qu’en dessous, les actrices sont des dames….Les jeunes n’aiment pas
(Marilyn)…parce qu’ils n’aiment pas voir que l’on exploite le sexe. Et
n’oubliez pas les femmes. Elles ne traînent pas leur famille au cinéma si le
film ne convient pas à leur mari et à leurs enfants. »
Marilyn
choisit la chronique de Louella
Parsons dans le Herald Examinerpour
répondre à l’actrice Joan Crawford, qui
s’était déchaînée contre sa tenue
suggestive à la cérémonie des récompenses
de Photoplay, en désarmant avec calme son ennemie : « Ce qui
me blesse le plus dans ce qu’a dit Miss Crawford, c’est que je l’ai toujours
admirée d’être une mère si merveilleuse – d’avoir adopté quatre enfants et de
leur avoir donné un foyer. Je suis mieux placée que quiconque pour savoir ce
que ça signifie de ne pas avoir de maison quand on est petit ».
Une nouvelle fois Marilyn triompha en se servant,
avec finesse, des malheurs de son passé.
Le vendredi 6 mars : le tournage de
« Gentlemen prefer blonds » se termina.
Marilyn étudiait toujours avec Michael Tchekhov, qui l'aide à
préparer les scènes de son prochain film, « How to
marry a millionaire ». Tchekhov l’envoya également prendre des
cours d’art dramatique avec Lotte
Goslar, qui s'occupait du Turnabout
Theater à Hollywood.
Le lundi 9 mars : début du
tournage de « How to marry a millionaire », réalisé par Jean Negulesco (
), avec Betty Grable et Lauren
Bacall (
,
,
).
Trois aventurières
mettaient en commun leurs fonds, louaient un appartement à Manhattan et
partaient à la chasse aux riches maris.
Le tournage débuta quelques jours seulement après
que Marilyn eut terminé « Gentlemen prefer blonds ».
La
Fox
était fière de son premier film en
Cinémascope, procédé censé évincer
la télévision, avec trois stars en tête
d’affiche.
Le
scénariste Nunnally Johnson
(
) précisa qu’il avait crée les
personnages en les adaptant à la personnalité des trois actrices.
Malgré
les efforts des studios pour « vendre » à la presse une guerre entre
Marilyn et Betty Grable, les deux actrices s’entendirent fort bien.
Au
départ Marilyn revendiqua le rôle de Loco, attribué à Betty Grable car elle
n’aimait pas son propre personnage, Pola, affublée de lunettes (
,
). Jean Negulesco, le
réalisateur, la persuada d’accepter, faisant valoir que c’était le
meilleur rôle. Et il avait raison : la drôlerie engendrée par la myopie
valut à Marilyn des critiques positives sur ses talents comiques.
Pourtant
elle ne considérait pas son interprétation comme l’une des meilleures.
Sur
le tournage, Jean Negulesco, exaspéré par les interventions incessantes de
Natasha Lytess, perdit patience et la renvoya, le
lundi 13 avril. Le lendemain, Marilyn ne se présenta pas sur le
plateau, prétextant une bronchite. Charles Feldman, l’agent de Marilyn, annonça
qu'elle ne pouvait tourner sans son professeur d’art dramatique, et Natasha
Lytess fut réengagée.
Jean
Negulesco fit partie du petit groupe de réalisateurs qui refusèrent de
commenter en public les problèmes de tournage avec Marilyn.
Courant
mars, elle reçut le prix de « La
meilleure jeune personnalité du box-office »(
) par le magazine Redbook
(
,
,
). Dean Martin et Jerry Lewis
participèrent à cette soirée
Elle
se retrouva face à sa solitude quand Joe DiMaggio se mit à voyager de plus en
plus pour affaires. Elle s’était habituée à ses critiques paternalistes et à
son côté protecteur légèrement condescendant, et son absence semblait faire
renaître le sentiment d’abandon qu’elle avait connu auparavant (dans sa
jeunesse et quand Jim Dougherty
était parti à la guerre).
Marilyn
se tourna alors vers son substitut de père, son ami Sidney Skolsky, pourvoyeur
de réconfort et d’amitié.
AVRIL
Le
samedi 11 avril,
essayage des costumes pour
« River of no return » (« Rivière sans retour »):
.
Le
jeudi 16 avril,
elle reçut le prix « Halo for
a saintly sinner » (
) pour son
aide dans la fourniture de lait aux enfants scolarisés
MAI :
DiMaggio
souhaitait toujours qu'elle renonce à son métier, mais puisqu'elle refusait de
quitter le cinéma, il faisait tout ce qu'il pouvait pour l'aider et la
conseiller. Le salaire de Marilyn passa à 1 250$ par semaine. Cette somme était
bien insignifiante en regard du succès de « Niagara ».
Pour
DiMaggio, Lloyd Wright, le
nouvel avocat de Marilyn et Charles Feldman, son agent, il ne faisait pas de
doutes que son contrat avec la Fox devait être renégocié. A cette époque,
Feldman n'était toujours pas payé pour la représenter, car l'actuel contrat
qu'elle avait, avait été négocié par Johnny
Hyde et la commission due à l'agent sur chaque salaire de Marilyn,
continuait à être versée à la William
Morris Agency.
Le mercredi
20 mai,
elle participa au Parsons Radio Show (
,
). Louella Parsons lui
avait rendu visite sur le
tournage de « Gentlemen prefer blonds » :
.
JUIN :
Le
samedi 6 juin, essayage
des costumes pour le film « River of no return » (
,
).
Le
lundi 8 juin :
nouvel essayage des costumes
pour « River of no return » (
).
La
Fox lui avait proposé le rôle d'une chanteuse de saloon dans ce western.
Un
fermier, ancien prisonnier, retrouvait le petit garçon qu’il avait perdu,
vivant avec une chanteuse dans un camp de mineurs. Trompé par la cupidité de
son petit ami, le trio (Marilyn, Robert Mitchum et le petit Tommy Rettig (
,
,
))
finissait au milieu d’un
paysage magnifique (les montagnes Rocheuses) où il devait
combattre les
dangereux rapides de la rivière qui donnait son titre au film,
une bande
d’Indiens avides de compter un nouveau scalp de Blanc, un lynx
affamé et des chercheuurs d’or qui surgissaient de nulle
part et qui les menaçaient avec leurs
fusils. Après avoir descendu tant bien que mal la
dernière partie de la rivière
sur un fragile radeau, ils arrivaient en ville où ils
étaient confrontés à une
dernière fusillade dont ils se sortaient sains et saufs avant de
fonder une
heureuse petite famille.
C’était
le vingt-deuxième film de Marilyn et son cinquième grand rôle.
Mais
elle se plaignit auprès de la Fox de cette histoire qui n’allait pas. Bien
qu’elle s’y opposât, elle dut se plier aux clauses de son contrat et se lança à
fond dans toutes les répétitions musicales.
Pour
le rôle de Kay, elle devait chanter quatre chansons : une
chanson
sentimentale populaire « One silver dollar », une
chanson leste
« I’m gonna file my claim », une chanson
pour amuser le garçon
« Down in the meadow », et la chanson qui donna
son titre au film « River of no return » :
.
Un
autre problème du film était le choix du réalisateur, Otto Preminger (
,
).
Celui-ci
avait la réputation de se comporter en juge et en bourreau à l’égard des
comédiens et des techniciens, un homme autoritaire qui pouvait faire pleurer le
plus blindé des acteurs.
Si
Marilyn n’était pas enchantée de tourner ce film, pour Preminger ce n’était pas
du tout le genre de film dans lequel il se sentait culturellement à l’aise et
son humeur s’en ressentit dès le début du tournage.
Le
mercredi 17 juin,
une soirée fut donnée pour l’anniversaire de Charles Coburn (
,
,
,
), à laquelle assistaient
également Jane Russell et Ronald Reagan,
alors acteur
Le
Masquers Rib & Roast Dinner eut lieu au Beverly Hills Hotel.
Elle
donna ensuite une interview au journaliste Earl Wilson (
,
,
).
Le vendredi 26 juin : pendant la campagne publicitaire de
« Gentlemen prefer blonds », elle marqua ses empreintes dans le ciment (
), avec
Jane Russell, devant le Grauman’s
Chinese Theater, au 6774 Hollywood Boulevard, faisant suite à une tradition
créée par Mary Pickford et Douglas Fairbanks dans les années 20 (
,
,
,
,
,
).
DiMaggio
n’y assista pas mais la rejoignit au restaurant Chasen’s (
,
,
).
JUILLET :
Le
mercredi 8 juillet : à l’occasion de la sortie de
« Gentlemen prefer blonds »,
Marilyn reçut le prix de «
The best friend a diamond ever had » (« La meilleure amie des diamants »)
(
) par l’Académie de joaillerie (
,
,
,
,
).
Le vendredi 10 ou samedi 11 juillet,
elle participa à un gala organisé par l'acteur Danny Thomas (
,
) pour la création du Jude's
Hospital, à Memphis, Tennessee. Le gala eut lieu au Hollywood Bowl et Jane
Russell, Robert Mitchum (
) et Danny Kaye (
) , entre autres (
,
,
), y participèrent.
Le
samedi 11 juillet, elle fit des achats au magasin Beverly Silks and Woolens :
.
Le mercredi 15 juillet : sortie de « Gentlemen prefer blonds » (
;
,
,
,
,
,
,
,
).
Darryl
Zanuck, le directeur de la Fox réfuta un article de Dorothy Kilgallen, dans
lequel la journaliste new-yorkaise écrivait que Marilyn ne chantait pas elle-même
dans « Gentlemen prefer blonds », en envoyant un démenti sous serment.
A
partir de ce moment là, Dorothy Kilgallen se répandit en louanges sur les
talents de chanteuse de Marilyn.
Louella
Parsons, journaliste et chroniqueuse au Herald
Examiner, grande alliée de Marilyn,
prit fait et cause pour elle, afin de jeter un voile sur les rumeurs et
donner, en général, un tour positif à des événements peu flatteurs à l’origine.
Le
samedi 25 juillet :
elle partit pour le Canada, pour
le tournage de « River
of no return » :
.
Elle
fit une escale à Vancouver (
,
), avant de se rendre à Jasper
(
,
,
,
).
AOUT:
Début
du tournage de « River of no return » au Canada. Marilyn logea au Banff Springs Hotel (
,
).
Les
prises de vue eurent lieu dans les parcs nationaux de Banff et de Jasper, dans
l'Alberta, au cœur des montagnes rocheuses canadiennes (
,
,
,
,
;
).
Le
tournage fut physiquement très éprouvant pour Marilyn : les exigences
physiques qui lui étaient imposées en extérieur comme en studio (elle devait se
battre contre des rapides réels et simulés), n’aidèrent pas non plus à calmer
la tension qui régnait sur le plateau. On exigea beaucoup d’elle durant ce
tournage et jamais on ne l’entendit se plaindre. Elle n’ignorait pas les
contraintes du cinéma, et une fois sur le plateau, elle se comportait en
véritable professionnelle (
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
).
Elle
entra en conflit avec le réalisateur Otto Preminger. Celui-ci lui fit
clairement comprendre qu’il travaillait sur ce film uniquement parce qu’il en
était redevable par contrat avec la Fox. Darryl Zanuck lui avait fait miroiter
la technologie du nouveau Cinémascope.
Preminger
était lui aussi très irrité par l’omniprésence de Natasha Lytess (
,
,
) et réussit à
la suspendre.
Marilyn
appela Feldman pour régler au plus vite la situation. Celui-ci contacta Zanuck,
qui sachant pertinemment que Marilyn était la valeur qui montait, la soutint
contre Preminger, qui dû alors accepter la présence de Natasha Lytess sur le
plateau.
Preminger
insista pour que ses vedettes fassent elles-mêmes leurs cascades, ce qui ne fut
pas sans conséquences pour Marilyn qui resta coincée avec Robert Mitchum, son partenaire,
dans les rapides d’où il fallut les secourir.
Le mercredi 19 août : Marilyn se blessa à
la cheville en tombant du radeau sur lequel elle se tenait pour le tournage.
Un
médecin local diagnostiqua une possible entorse et les médecins du studio ne
virent là rien de sérieux, mais Marilyn insista pour porter un plâtre, et
pendant quelques jours, elle boitilla sur ses béquilles, posant pour la presse
(
,
,
;
,
,
,
).
La
prestation de Marilyn fut d’autant plus remarquable qu’on ne lui permit que
très rarement de disposer d’un moment de tranquillité, que ce soit au Canada ou
aux studios de la Fox à Los Angeles.
Les
attachés de presse avaient organisé un véritable ballet de journalistes pour
récolter d’innombrables interviews ; Zanuck ou l’un de ses sbires lui
téléphonait quotidiennement pour lui faire part des récriminations de Preminger
contre Natasha Lytess.
Les
deux dernières semaines de tournage, DiMaggio arriva, accompagné de son ami
new-yorkais, George Solotaire.
Pendant
que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans
leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute
l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au Mount Royal Hotel à Banff
lorsque la production émigra vers un nouveau décor (
,
,
,
).
DiMaggio
initia Marilyn au golf :
.
Ce
fut son ami Allan Whitey Snyder
(
,
) qui la maquilla sur le
tournage et la coiffeuse Gladys
Rasmussen qui la coiffa (
,
).
Les
photographes John Florea (
,
) et John Vachon (
,
,
,
) la photographièrent durant le
tournage.
Marilyn
commença à se sentir frustrée des rôles qu’on lui attribuait et des maigres
sommes d’argent qu’elle gagnait, comparées au succès de ses films.
Durant
cet été là, la RCA vendit, en trois semaines seulement, plus de 75 000
disques de « I’m gonna file my claim », chanson que Marilyn interprétait
dans « River of no return ».
Fin août : le tournage des extérieurs canadiens s’acheva (
,
,
,
,
,
).
SEPTEMBRE :
Le mardi 1er septembre : Marilyn quitta Seattle (
) pour Los
Angeles (
,
) : elle devait encore
tourner les scènes d’intérieur dans les studios de la Fox.
A
son arrivée à l’aéroport, un essaim de plus de cent reporters et photographes
se bousculèrent pour l’approcher, la mitrailler de flashs, lui poser mille
questions en vociférant et pour l’applaudir.
Au
retour du tournage, à Hollywood, DiMaggio s’installa chez Marilyn au 882 North Doheny Drive.
Durant
le tournage elle reçut la visite de son amie l’actrice Shelley Winters (
,
).
Le dimanche 13 septembre : elle fit ses débuts à la
télévision avec l’animateur Jack
Benny dans le Jack Benny Show, enregistré au Shrine Auditorium (
). Les
répétitions avaient eu lieu le jeudi 10
septembre (
,
,
,
).
Ce
jour là, Natasha Lytess
était présente (
), et ce fut la coiffeuse Gladys Rasmussen qui la coiffa
(
) et son ami Whitey Snyder qui
la maquilla (
).
Marilyn
jouait un sketch avec lui, « Honolulu Trip » (
,
,
) et interpréta « Bye, bye,
baby », chanson extraite de « Gentlemen prefer blonds ». L’émission
fut diffusée sur CBS.
Son contrat avec la Fox lui interdisait de toucher le moindre cachet pour ce genre de prestation, mais elle pouvait parfaitement accepter un cadeau en nature, comme la Cadillac décapotable noire avec intérieur en cuir rouge qu’elle reçut
Le lundi 28 septembre Grace McKee-Goddard fut découverte
inanimée sur le lit de son petit bungalow de Van Nuys, décédée (
) d’une overdose de barbituriques (
),
après des années d’alcoolisme qui
l’avaient diminuée (
).
Marilyn
s’occupa des formalités, mais n’assista pas à l’enterrement qui eut lieu le jeudi 1er octobre au Westwood Memorial Park (
).
L’absence
de Marilyn à l’enterrement n’était pas tant
liée à sa timidité face à la foule
qu’au fait que durant des années les deux femmes
n’avaient pratiquement
entretenu aucune relation. Grace, qui avait effectivement
été à l’origine de la
carrière de Marilyn, avait été exclue du cercle
magique au moment du succès et
de fait, on ne la vit jamais dans les galas et les manifestations de
prestige
de Hollywood. Au fil des années, leur contact s’effilocha
et leur
correspondance ne concernait que les besoins matériels ou les
problèmes
d’hébergement de Gladys. L’éloignement de
Marilyn était, au moins en partie, dû
au fait que Grace avait plongé dans la dépendance des
médicaments et de
l’alcool, une vision qui avait terrifié Marilyn au cours
des deux visites
qu’elle lui avait rendues en 1949 et en 1951; elle avait ainsi évité toute
nouvelle rencontre par la suite.
A cet égard, Grace ne pouvait que lui rappeler
la lente dégradation de Gladys.
La Fox préparait « Pink tights » (remake
de « Coney Island » de 1943), un autre rôle stéréotypé que le studio
réservait à Marilyn. Mais son agent Charles Feldman annonça à la Fox que
Marilyn ne souhaitait pas faire ce film.
Elle réalisa une interview chez elle, à Doheny
Drive, avec Sidney Skolsky (
,
,
,
), pour le magazine Modern Screen (
,
,
), qui sortira en octobre.
Ce fut le photographe Bob Beerman qui la prit en photo, pour accompagner l’article de Skolsky
OCTOBRE:
Le photographe Milton Greene (que Marilyn avait
rencontré en 1949) arriva à Los
Angeles avec sa nouvelle épouse, Amy,
un ancien modèle du photographe Richard
Avedon, qui travaillait à présent comme conseillère de mode.
Marilyn
fit une séance photo avec lui pour le magazine Look (
; il fit plusieurs portraits de Marilyn
Les
photos paraîtront dans le magazine daté du 17 novembre 1953.
Milton avait été témoin des récriminations de
Marilyn contre le système des grands studios, son salaire ridiculement bas
(1 500$ par semaine) comparé aux sommes fabuleuses que ses films faisaient
rentrer dans les caisses de la Fox et sa lassitude des rôles la cantonnant
toujours au même rôles.
Milton lui suggéra qu’ils pourraient créer leur
propre maison de production, trouver eux-mêmes les financements, choisir les
sujets et les metteurs en scène, et miser tous leurs efforts sur la carrière de
Marilyn. Ainsi fut donné un tournant crucial à la vie professionnelle de
Marilyn, et en même temps qu’elle et Milton commençaient à discuter avec leurs
avocats respectifs, elle se lança dans une tâche complexe qui allait
bouleverser son existence, l’obliger à quitter Hollywood plus d’un an et faire
évoluer la tradition des contrats à long terme pour les acteurs de studio.
Autrement dit, Milton lui prodiguait non seulement conseils, considération et
attention, mais aussi une offre pour la représenter qui dépassait de loin tout
ce que les imprésarios avaient pu proposer depuis la mort de Johnny Hyde.
Durant cette période, Marilyn et les Greene
devinrent amis intimes, surtout parce que (d’après Amy), Milton percevait
parfaitement le fabuleux potentiel qui sommeillait en Marilyn, et Marilyn de
son côté commençait à se reposer sur lui.
Il avait su la rendre sublime sur quelques simples
photos.
Le
samedi 10 octobre : Marilyn et Joe DiMaggio allèrent à San Francisco. Ils habitèrent dans
la maison de Joe, à Beach Street.
DiMaggio
représentait le mari idéal, et les tabloïds publiaient joyeusement, et avec
force détails, tous les épisodes de la romance : le couple vivait à San
Francisco dans une maison modeste, allait à la pêche, Mamma DiMaggio et Marie,
la sœur célibataire de Joe, apprenaient à Marilyn la recette de la sauce de
spaghettis préférée de Joe…
Le dimanche 11 octobre, ils
assistèrent à un match de base–ball (
,
).
Elle assista à la première de « 5 000 fingers for mister T » avec Tommy Rettig, son jeune partenaire de « River of no return »
Courant octobre, Marilyn assista à une soirée donnée pour le bénéfice de ka Damon Runyon Cancer Fund au Ciro’s.
,
,
), Jane Russell, Jimmy McHugh (
,
), les journalistes Sheila
Graham (
,
), Walter Winchell (
,
,
,
,
) et Louella Parsons (
,
,
,
), Darryl Zanuck et Joe Schenck (
,
).
NOVEMBRE:
Le mercredi 4 novembre, première
de « How to marry a millionaire ? » (
,
,
,
,
,
), au Fox-Wilshire
Theater, où elle put prendre toute la mesure de la qualité de son
interprétation.
Son
ami le maquilleur Whitey Snyder
(
) et la coiffeuse Gladys Rasmussen
(
) l’aidèrent à se préparer pour cette soirée (
,
). Son amie l’actrice Shelley Winters était également
présente à cette soirée (
).
Au
cocktail précédent la première (qui eut lieu chez le scénariste Nunnally
Johnson avec sa femme Doris, et Humphrey Bogart et Lauren Bacall), Marilyn,
tendue, avait bu plusieurs bourbon-soda et était visiblement éméchée quand elle
traversa la foule hurlante pour entrer dans le théâtre.
Pour
Marilyn, cette soirée fut un triomphe : « C’est la plus belle soirée
de ma vie. C’est comme lorsque j’étais petite et que je rêvais qu’il m’arrivait
des choses merveilleuses. A présent, elles sont arrivées. Mais c’est drôle
comme le succès peut attirer sur vous la haine des gens. Je souhaite que cela
ne se produise pas. Ce serait formidable de profiter du succès sans lire la
jalousie dans les yeux de ceux qui vous entourent. ».
Elle devait penser à Natasha Lytess aussi bien qu’à
toutes les autres actrices qui étaient autant de rivales. Coach attitrée et
habilleuse occasionnelle, Natasha devait se révéler, selon Marilyn,
« complètement cinglée de réclamer à mon avocat 5 000$ pour couvrir
ses frais chirurgicaux. J’en ai vraiment assez et je me rends bien compte que
c’est une femme très rusée. Mais, je ne veux pas qu’elle perde son travail à la
Fox ».
Ce soudain changement d’attitude de Marilyn envers
Natasha s’expliquait. Après plus de vingt films tournés sous sa tutelle, il
était clair qu’aucun collègue de Marilyn n’avait jamais approuvé la tactique de
ce coach ou même apprécié ses interventions. Ensuite, les plaintes s’étaient
tellement accumulées que Marilyn ne pouvait plus les ignorer. De plus, elle
était en train de prendre de l’assurance ; enfin, elle souhaitait faire
plaisir à Joe.
Elle assista ensuite à la soirée donnée chez le
réalisateur Jean Negulesco (
,
,
).
Le mardi 10 novembre : sortie du film « How to marry a
millionaire? » (
;
,
,
,
,
).
Le
samedi 14 novembre, Marilyn était à la Fox où le roi Paul de Grèce et la
reine Frederika, princesse de Hanovre, vinrent visiter les studios (
,
).
Le mardi 17 novembre : sortie du magazine Look (
) comprenant les photos de Marilyn prises par
Milton Greene durant l’automne. Marilyn, pour le remercier du résultat qui lui
plut énormément, lui envoya une douzaine de roses.
Le samedi 21 novembre : Joe quitta Los Angeles pour San Francisco.
Marilyn
apprit qu’il y aurait un dépassement de dix jours pour refaire certaines scènes
de « River of no return » et elle se montra très coopérative.
Cela
repoussait le début du tournage de son prochain film qu'elle ne souhaitait pas
faire, « Pink tights » (« La diablesse en collants roses »),
au 15
décembre.
Même
le fait que Frank Sinatra
partagea la vedette avec elle n’eut aucun effet, d’autant qu’elle apprit qu’il
se faisait payer 5 000$ par semaine, soit trois fois plus qu’elle
(seulement 1500$ pour elle).
Le samedi 21 novembre : Joe rentra à Los Angeles et appela Lloyd Wright, l'avocat de Marilyn,
afin d'organiser une réunion. Joe ne souhaitait pas que Marilyn tourne un autre
film tant qu'elle n'avait pas renégocié son contrat avec la Fox. Marilyn lui
confirma qu'elle refuserait tout film jusqu'en février, après que son contrat
eut été renégocié.
L'avocat
Lloyd Wright transmis les revendications de Marilyn et de DiMaggio à Charles
Feldman, qui se trouvait en Suisse, au chevet de son ex-femme.
Fin
novembre elle passa les fêtes de Thanksgiving à San Francisco avec Joe et sa
famille.
DECEMBRE
Le vendredi 4 décembre : Marilyn, de retour à Los Angeles, assista à une soirée de bienfaisance pour les enfants
(
,
,
,
;
).
Son
maquilleur Whitey Snyder et sa coiffeuse Gladys Rasmussen la préparèrent pour
cet événement (
,
,
).
Le samedi 5 décembre : elle reçut un
appel du directeur de casting de la Fox, qui lui demandait de venir dès le lundi 7 décembre pour les répétitions de « Pink
tights ».
Le lundi 7 décembre : elle ne se présenta pas sur le plateau,
le premier jour du tournage.
Le mardi 8 décembre : Darryl Zanuck lui donna l'ordre de venir
sur le plateau pour post-synchroniser une chanson de « River of no return ».
Après en avoir discuté avec Joe, Marilyn fit savoir qu'elle ne pourrait pas
venir.
Zanuck
alla voir Natasha Lytess et fit pression sur elle pour que Marilyn revienne au
studio.
Natasha
essaya d'appeler Marilyn mais Joe
filtrait les appels et la renvoya vers l'avocat de Marilyn.
Marilyn
fut blessée et furieuse de l’attitude de Natasha qu’elle prit comme une
trahison.
Zanuck
envoya alors Roy Craft, du département de la publicité à la Fox, voir Marilyn
chez elle, à Doheny Drive. Mais Joe ne le laissa pas rentrer.
Frank
Ferguson, l'avocat du studio, était en train de rédiger un document notifiant
officiellement à Marilyn de se présenter au studio (
).
Feldman
pensait qu'en l'état des choses, le fait de vouloir faire revenir Marilyn au
studio était une ruse.
Tant
qu'on ne pouvait joindre Marilyn directement, le studio ne pouvait rien contre
elle.
Zanuck
envoya un télégramme à Feldman, toujours
en Suisse, le prévenant que la carrière de Marilyn était terminée si elle ne se
présentait pas au studio.
La
Famous Artists, l'agence représentant
Marilyn, apprit qu'il fallait réellement refaire des scènes de « River of
no return », et demanda donc à Marilyn, de revenir sur le plateau.
Le vendredi 11 décembre : elle arriva au studio. Elle y
travaillera jusqu'au 23 décembre.
Les samedi 12 et dimanche 13 décembre : Charles Feldman
rencontra Spyros Skouras,
président de la Fox, au Plaza Athénée de Paris. Ils discutèrent ensemble des
exigences de Marilyn, à savoir, une rémunération plus importante (DiMaggio lui
avait expliqué que c'était un signe de respect et de reconnaissance), elle
voulait faire moins de films (Feldman l'avait convaincue que cela la rendrait
plus rare et donc plus précieuse) et elle souhaitait pouvoir choisir les scénarios,
les réalisateurs et les chefs opérateurs de tous ses films. Mais Zanuck aimant
croire qu'il prenait seul les décisions, Skouras conseilla à Feldman de
contacter directement Zanuck et de négocier avec lui.
Une
fois le directeur de la Fox ayant donné son accord, Skouras se chargeait de
présenter l'affaire au Conseil d'administration de la Fox, à New York.
Le
dimanche 13 décembre, elle assista, en compagnie de Joe DiMaggio, à une
soirée chez Bob Hope (
,
,
).
Le mercredi 23 décembre : elle partit, à 23h45, dans un
avion de la Western Airlines,
vol 440, sous le nom de Miss Norma Dougherty pour San Francisco (
).
DiMaggio
l’attendait à San Francisco, pour y passer les fêtes de fin d’année en famille.
En
dépit des éclats qui précédèrent leur mariage, Marilyn estima que l’amour et la
loyauté de Joe l’emportaient sur sa jalousie. A ses yeux, il était son
protecteur, son conseiller, son allié contre l’égocentrisme et l’intransigeance
hollywoodiens, il était son « batteur », son « Giuseppe »
admiré de tous, adoré par une famille unie et celui qui se tenait résolument à
ses côtés.
Quelques
jours avant le réveillon du nouvel an, la Fox informa Marilyn que le tournage
de « Pink tights » commencerait le lundi
4 janvier 1954.
En
décembre,
Marilyn participa à la « Toys
for tot campaign » sponsorisée par les US Marines Corps, afin de
récolter des jouets pour les enfants défavorisés (
.
Le premier numéro du magazine Playboy
sortit, avec Marilyn en
couverture :
Cette
année là, elle fut photographiée par Alfred Eisenstaedt (
,
,
,
,
,
,
,
) et Harold Lloyd (
,
;
,
,
,
,
) pour le magazine Life, par John Florea
(
,
,
) , par Bert Reisfield (
,
,
,
,
,
,
,
,
) et fit une séance photos avec le photographe André De Dienes au Bel Air Hotel (
,
) et à Beverly Hills (
,
,
;
,
,
).
Elle
poursuivit ses séances pour des photos
publicitaires pour des produits cosmétiques (
,
) et des meubles de jardin
Avec
Joe DiMaggio (
), elle assista
également à la première de la pièce de théâtre « Call me Madam » (
,
,
,
;
,
,
,
), pièce dans laquelle
jouait Ethel Merman, sa partenaire de « There's
no business like show business ». Son autre partenaire du film Donald O’Connor, était lui
aussi présent à cette soirée (
).
Elle
se rendit avec Sidney Skolsky
(
) à une soirée donnée par un magazine (
,
,
).
Elle
fut élue « Miss Press Club » par le Los Angeles Press Club (
,
,
) , reçut le prix « New Faces Award » (
) du
magazine The Detroit Free Press, qui lui fut remis par la journaliste Hedda Hopper
(
) , le prix de « La fille
qui a fait le plus de pubs dans le monde » par l’Advertising Association
of the West, le « World Film Favourite »
(
) par The International Press of Hollywood et le prix « To the sweetest girl in motion
pictures » par la 20th Century Fox Films Star (
).
Marilyn
fut aussi interviewée par le journaliste Walter Winchell pour ABC Radio (
,
) et photographiée par Ben Ross (
,
,
,
).
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