Ici s'achève mon chemin...


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1954

 

JANVIER :

A la Fox, c’était la panique. Les actionnaires et les producteurs de New York ne décollaient plus de leur téléphone, exigeant que cette situation conflictuelle, et surtout potentiellement catastrophique, trouve une solution dans les plus brefs délais.

 

Le vendredi 1er janvier : Marilyn reçut le « Award of Achievement » par le Motion Picture Herald in association with Fame 

(), pour son classement dans le « Top ten money making star » en 1953.

 

Le lundi 4 janvier : la Fox la suspendit pour non présentation sur le tournage de « Pink tights ».

Le lundi 11 janvier : Charles Feldman informa Marilyn qu'elle était suspendue pour une durée d'un mois.

 

Le mardi 12 janvier : lors de la fête d'anniversaire en l'honneur de Tom DiMaggio, le frère de Joe, celui-ci demanda une nouvelle fois à Marilyn de l'épouser et cette fois-ci, elle accepta.

 

Ce fut l'ami de Joe, Reno Barsocchini qui appela son ami le juge Charles S.Perry, du tribunal municipal de San Francisco, pour qu'il célèbre leur mariage.

Le jeudi 14 janvier : elle épousa Joe DiMaggio à l’hôtel de ville de San Francisco.

Ils souhaitaient un mariage aussi discret que possible, et Marilyn ne prévint le studio, par le biais d'Harry Brand, chef de publicité de la Fox, qu’une heure avant la cérémonie. Malgré cela, plus de cent journalistes et reporters envahirent l’entrée et le couloir de l’hôtel de ville.

 

Joe voulait l’épouser religieusement, mais l’archevêque de San Francisco, John Mitty, refusa de reconnaître la validité de son divorce d’avec son ex-épouse, Dorothy Arnolds ().

Il n’y eut donc qu’un mariage civil, célébré par l’officier municipal, le juge Charles S. Perry.

La cérémonie débuta à 13h48 et se termina trois minutes plus tard.

 

Marilyn n’eut pas d’invité personnel ; seuls la famille et les amis de Joe (Jean et Lefty O’Doul, Tom DiMaggio et sa femme Lee, et George Solotaire) assistèrent à la cérémonie.

Le témoin de Joe fut Reno Barsocchini ().

Sur le registre, Joe inscrivit son âge (trente-neuf ans) et signa ; Marilyn donna son nom légal, Norma Jeane Mortensen Dougherty, mais se rajeunit de trois ans et nota qu'elle avait vingt-cinq ans ().

Elle portait un tailleur en drap brun fonce avec un col en hermine et tenait dans sa main trois orchidées (,,).

A leur sortie de l'hôtel de ville, ils furent assaillis par une foule de deux cents photographes et journalistes, et trois cents fans 

(,) ; ils sautèrent dans le Cadillac bleu nuit de Joe (immatriculée Joe D) 

(,,) et passèrent leur premier jour de lune de miel au Clifton Motel (), à Paso Robles (Californie).

Le lendemain Marilyn appela son avocat, Lloyd Wright pour avoir des nouvelles et ses messages ; en guise de compliment pour ce mariage, la Fox l'avait réintégrée dans son statut d’actrice maison.

Darryl Zanuck n'eut pas d'autre choix que de lever sa suspension. Dans le cas contraire, la presse et le public ne le lui auraient pas pardonné.

On allait à nouveau la payer et on la priait respectueusement de revenir le 20 janvier (au plus tard le 25 janvier) sur la plateau de « Pink tights » pour les premières répétitions.

Mais Joe ne l’entendait pas de cette oreille : jamais sa femme n’apparaîtrait dans un film à moitié déshabillée où elle devait camper une créature de petite vertu. Même si elle n’en avait pas fait le serment en se mariant, Marilyn obéit.

 

Joe et Marilyn passèrent les deux semaines suivantes dans une maison en dehors d’Idyllwild, près de Palm Springs, dans la maison appartenant à Lloyd Wright, l’avocat de Marilyn.

Palm Springs était une station touristique située dans le désert, lieu d’escapade favori des grands pontes d’Hollywood.

Ils devaient y rester dix jours, après quoi, Joe devait retourner à New York afin de s'acquitter d'un engagement pour la télévision.

 

Le dimanche 24 janvier : les DiMaggio rentrèrent à Los Angeles. A son arrivée à son appartement de Doheny Drive, Marilyn découvrit un exemplaire du scénario de « Pink tights ». Zanuck le lui avait envoyé avec ses compliments, et avait fait parvenir un autre exemplaire à la Famous Artists Agency.

 

Le mardi 26 janvier : lorsque le studio constata qu’elle ne s’était pas présentée sur le plateau de « Pink tights », on la suspendit à nouveau.

 

Charles Feldman fut heureux d'apprendre que dès que Joe DiMaggio rentrerait de New York (où il était reparti entre temps pour ses affaires), il avait l'intention d'emmener Marilyn au Japon, pour le début officiel de la saison de base-ball.

 

Marilyn était temporairement exclue des studios et la question de sa carrière ne se posant pas, ils partirent en lune de miel au Japon.

Le jeudi 28 janvier : Marilyn atterrit à San Francisco. Joe était arrivé de New York un peu plus tôt dans la journée.

 

Le vendredi 29 janvier, ils se rendirent au Federal Building de San Francisco (), pour chercher leurs passeports  (;,,,), en vue de leur voyage en Asie.

 

FEVRIER :

Le lundi 1er février : Marilyn et Joe, son ami Frank « Lefty » O’Doul et sa femme Jean, quittèrent San Francisco sur le vol 831 de la Pan American pour Tokyo, via Honolulu (,).

Avant son mariage, Joe avait accepté d’accompagner son ami et mentor à un match de base-ball ainsi qu’à un stage d’entraînement pour des débutants au Japon. Marilyn étant suspendue par le studio, Joe lui avait proposé de l'accompagner.

Le voyage était organisé par le journal Yomiuri Shimbun (), en l’honneur de Joe, pour fêter la saison de base-ball.

Ils firent escale à Honolulu où une nuée de fans les assaillirent (,). 

Des policiers durent intervenir pour les escorter, Marilyn étant au bord de la crise de nerfs, dans une salle d’attente isolée 

(,).

 

Le mardi 2 février : arrivée au Haneda International Airport de Tokyo  () où les fans de Marilyn étaient si nombreux  qu’ils furent contraints de rebrousser chemin dans l’avion pour n’en ressortir que bien plus tard, discrètement, par la soute à bagages 

(,).

Mais l’hystérie collective qui était centrée sur Marilyn, se poursuivit à l’Imperial Hotel de Tokyo, où ils étaient descendus. Deux cent policiers furent de service pour tenter de maintenir l’ordre lorsque les admirateurs de Marilyn (espérant l’apercevoir ou simplement avoir une photo de sa chambre) se bousculèrent soudain, créant une véritable émeute. La foule s’amassa et scanda le nom de Marilyn qui finit par céder sans enthousiasme et se montra au balcon de l'hôtel () , ajoutant que si elle aimait beaucoup son public, cette fois-ci les choses allaient trop loin.

Tout le monde voulait voir Marilyn, si bien que le couple décida de ne se montrer que pour les sorties officielles.

Selon Lefty O’Doul, c’était la première fois que Joe prenait la pleine mesure de la célébrité de Marilyn et qu’il constatait combien elle surpassait la sienne. Cela le rendit maussade. La grogne de Joe ne fit qu’empirer quand le lendemain, le mercredi 3 février, lors de l’unique conférence de presse qu’on avait organisé pour lui, toutes les questions furent adressées à Marilyn (,,;,,,).

 

Ils firent de nombreuses visites durant cette semaine, allant voir des lieux saints, le mont Fuji, Osaka (,,,), Kobé () et Yokohama (,;,). 

Elle visita également  le Tokyo Army Hospital ().

L’empereur du Japon offrit à Marilyn un collier de perles naturelles crée par Mikymoto () (elle portera ce collier le jour de son divorce d’avec Joe et l’offrira plus tard à Paula Strasberg, qui le donnera ensuite à sa fille Susan ; il sera vendu 1999).

 

Les choses se gâtèrent entre eux lorsque Marilyn accepta une invitation par le général John E. Hull qui dirigeait le Quartier General d’Extrême-Orient, pour rendre visite et divertir les troupes américaines en Corée.

Comme Joe et Lefty avaient des emplois du temps très chargés (base-ball la journée, rendez-vous avec la presse sportive le soir), Marilyn trouva l’idée excellente.

DiMaggio en fut très contrarié : il ne souhaitait pas qu’elle parte et menaça de divorcer sur le champ.

 

Le lundi 8 février : elle reçut le numéro de matricule 129278 comme artiste de l’armée avec ses papiers officiels pour rejoindre Séoul en Corée ().

 

Le mardi 9 février, Marilyn visita la Brady Airbase des 315th Troop Carrier (,,,).

 

Le dimanche 14 février : les DiMaggio firent une visite près d’Hiroshima (,,,).

Le mardi 16 février : elle partit de Itami Airport au Japon (,) et arriva en Corée

(,,,,).

 

Du mardi 16 au samedi 20 février : accompagnée de Jean O’Doul (,,) et de l’officier responsable du Spectacle aux armées, Walter Bouillet, Marilyn traversa tout le pays en avion, en hélicoptère et en Jeep (,,,).

Elle visita une dizaine de campements où 100 000 soldats, plus 13 000 marines l’accueillirent avec des cris assourdissants et d’interminables ovations (,,,,,,).

Elle se produisit une bonne douzaine de fois.

En l’espace de deux jours seulement, son public, enthousiaste jusqu’au délire, rassembla les troupes des 3ème, 7ème, 24ème et 15ème divisions de l’armée, en tout 60 000 hommes. La plupart d’entre eux n’avaient jamais vu un film de Marilyn (ils avaient été enrôlés avant sa vertigineuse ascension).

Elle conquit les troupes dans une robe violette à paillettes, courte et moulante (, ,,,).

Elle chanta « Diamonds are a girl’s best friends », « Bye, bye, baby », « Somebody love me » et « Do it again » (atténué en « Kiss me again » pour éviter de surexciter un public déjà très enthousiaste).

Partout elle fut accueillie très chaleureusement.

Elle visita également des soldats blessés, hospitalisés (,,,).

Elle s’en souviendra comme de l’expérience la plus heureuse et la plus insouciante de sa vie.

 

A des distances infinies d’Hollywood, Marilyn avait donné des représentations spontanées et extrêmement brillantes. En tout état de cause, elle avait accompli ce type d’exploit seule, sans avoir sur le dos les humeurs critiques de son mari ou le regard inquisiteur de Natasha Lytess, de ses metteurs en scène ou de ses producteurs qui, tous, ne faisaient que la renforcer dans cette conviction qu’elle n’était pas au niveau et qu’il lui manquait de réels talents artistiques. Au lieu de se trouver paralysée par le trac comme il arrive souvent sur scène, elle se laissa au contraire pénétrer par les flots d’amour d’un public enthousiaste.

Au retour à Tokyo, elle courut vers Joe comme une gamine tout excitée, en lui racontant combien elle avait été bien reçue. Mais Joe, toujours réaliste, ne semblait pas prêter attention à ce qu’elle disait.

 

Elle rentra de Corée malade, ayant attrapé une pneumopathie. Elle resta à l'Imperial Hotel pendant quatre jours, sous antibiotiques. 

Quand elle fut rétablie, elle continua sa visite du Japon avec DiMaggio (;,,).

 

Le mardi 23 février : départ de Tokyo (;,;,,,;,) après une nouvelle escale à Honolulu

(), les O’Doul et les DiMaggio étaient de retour à San Francisco (,,,).

MARS :

Au retour à Hollywood, le couple traversa de graves difficultés.

Joe repartit pour New York et Marilyn pour Los Angeles (,) le vendredi 5 mars.

 

Le lundi 8 mars : ce fut son ami Sidney Skolsky qui l’accompagna () à la remise du prix de « La meilleure actrice » pour ses rôles dans « Gentlemen prefer blonds » et « How to marry a millionaire », décerné par le magazine Photoplay  au Beverly Hills Hotel (,,,,,,,).

Marilyn et Sidney allèrent ensuite boire un verre dans la suite qu’elle avait louée au Beverly Hills Hotel.

 

Le mardi 9 mars, elle participa à un show radiophonique pour CBS (,).

 

Pendant ce mois de mars, Marilyn toujours au Beverly Hills Hotel, discuta avec Charles Feldman et Hugh French

() (tous deux de la Famous Artists Agency) d’une éventuelle autobiographie, genre littéraire qui commençait à être très prisé car il assurait à l’artiste simultanément une excellente publicité et des revenus appréciables.

Elle était d’accord à condition que l'on engage un rédacteur de tout premier plan, quelqu’un à qui elle puisse parler avec confiance et franchise de son passé. Bien sûr, elle exigeait de superviser l’ensemble du texte.

Ses agents contactèrent donc Jacques Chambrun, lui-même agent de Ben Hecht (), journaliste, romancier et scénariste prolifique et un accord fut conclu.

Marilyn et Hecht qui s’étaient rencontrés avec beaucoup de cordialité alors qu’on préparait un film inspiré du scénario de Hecht ( « Monkey business » ), convinrent de rendez-vous réguliers, plusieurs fois par semaine et souvent à la demande expresse de Marilyn, en présence de Sidney Skolsky.

Hecht travailla rapidement (si l’on tient compte du manque de matériel d’enregistrement adéquat à cette époque) et proposa une première ébauche fin avril.

Pour cette occasion Marilyn contacta Lucille Ryman et lui demanda de collaborer pleinement avec Ben Hecht.

 

Elle fit quelques allers-retours à San Francisco, où était Joe, notamment le jeudi 18 mars, où elle acheta un billet d’avion de la compagnie United Airlines (), au comptoir de l’hôtel Knickerbocker de Los Angeles.

 

Le mercredi 31 mars : bien que Charles Feldman la représenta de manière non officielle et sans contrat depuis la mort de Johnny Hyde, l’agence William Morris était légalement en droit de percevoir un pourcentage sur tous les cachets de Marilyn pour l’année 1953. Ce délai expiré, Marilyn signa enfin avec la Famous Artists Agency, au moment où Feldman et French se réconciliaient avec la Fox au nom de Marilyn.

 

Le studio, confronté au fait de perdre son atout majeur, tira un trait sur « Pink tights».

Ce fut Charles Feldman qui réussi à convaincre Zanuck. De plus, le patron de la Fox accepta de la rémunérer plus et de ne pas lui faire faire plus de deux films par an, mais refusa de lui laisser le choix du scénario, réalisateur et chefs opérateurs. Feldman accepta pour elle qu'elle ne puisse choisir que son chorégraphe et son professeur d'art dramatique.

Mais Zanuck souhaitait que Marilyn accepte le tournage de « There’s no business like show business » (« La joyeuse parade »). Ce rôle permit à Marilyn de revenir à Los Angeles après avoir vécu à San Francisco pendant deux ou trois mois.

 

On lui permit donc d’être encadrée par sa propre équipe : Natasha Lytess son professeur d’art dramatique, Hal Schaefer son professeur de chant et Jack Cole, son professeur de danse.

Tous trois mirent au point ses numéros de « There's no business like show business ».

En contrepartie, ses producteurs exigeaient que ses deux suspensions de janvier fussent ajoutées à son contrat actuel, c'est-à-dire avant que le renouvellement de la septième année ne prît effet, à savoir en août de cette même année. Ainsi ils gagnaient du temps et Marilyn serait encore disponible pour tourner un autre film. C’est à toutes ces transactions que l’on voit combien ils étaient inquiets de voir Marilyn leur faire le coup de la disparition en fumée.

 

En guise d’encouragement, la Fox lui promit le rôle principal dans le projet de Billy Wilder, « The seven year itch » (« Sept ans de réflexion »). La Fox acheta les droits de la pièce « The seven year itch » de George Axelrod, pour un montant de 500 000$.

Marilyn imposa une augmentation de son salaire : sa demande sera prise en compte dans la signature de son nouveau contrat signé en août. Il était également prévu une prime de 100 000$ pour « The seven year itch », bien que celle-ci ne fût jamais ni consignée par écrit, ni jamais entièrement payée.

 

C'est parce que « The seven year itch » allait être coproduit par Billy Wilder et Charles Feldman (qui entretenaient d’excellentes relations avec beaucoup de gens au sein de la Fox) que Marilyn prit conscience qu’une fois encore elle allait permettre au studio et producteurs de s’enrichir grassement sur son dos sans trouver elle-même dans son propre travail une compensation financière équitable ou une liberté artistique gratifiante.

Dans le même temps elle avait déjà ruminé le projet de prendre le large et pour une période nettement plus longue que prévue.

Durant toute cette année 1954, Lloyd Wright, l’avocat de Marilyn, et Frank Delaney, celui de Milton Greene, échangèrent un courrier important et d’innombrables coups de fil, avec le désir de jeter les bases de leur entente financière et de lancer cette nouvelle aventure qui porterait le nom de Marilyn Monroe Productions.

Les pourparlers s’effectuèrent dans le plus grand secret car, si la Fox avait eu vent de quoi que ce soit, elle aurait très bien pu casser le contrat de Marilyn en vertu des « intentions contraires » que Marilyn nourrissait (en pareil cas, clause légale de rupture de contrat).

 

Pendant la période de son mariage, Marilyn vit peu Natasha Lytess en dehors des séances de travail.

 

Elle passa le mois d’avril et une partie du mois de mai dans la maison des DiMaggio, sur Beach Street, à San Francisco. Elle appréciait la vie de famille et les promenades sur le « Yankee Clipper », le yacht de Joe.

AVRIL:

Le mardi 13 avril : la suspension de Marilyn à la Fox fut officiellement levée, et dès le surlendemain, elle se présenta au studio.

 

Le jeudi 15 avril, elle tint une conférence de presse dans sa loge de la Fox (,,,,) et répéta avec Hal Schaefer (,,, ;,,,).

 

Elle travailla beaucoup avec Hal Schaefer et Jack Cole (respectivement professeur de chant et chorégraphe) pour préparer les numéros dansés et chantés de « There’s no business like show business ».

Hal Schaefer était chargé de régler les quatre chansons de Marilyn dans le film, ainsi que quelques autres qu’elle enregistra pour RCA cette année là.

Il avait déjà été son directeur musical dans « Gentlemen prefer blonds » et « River of no return ».

 

Elle reçut le « National Movie Poll Award » () pour la meilleure actrice de l'année 1953 (,).

Le vendredi 30 avril : sortie du film « River of no return » (;,,,,).

MAI :

Pendant ce mois de mai, le photographe Milton Greene arriva à Los Angeles et ensemble, firent une séance photo.

Milton trouva dans le vestiaire de la Fox le costume de Jennifer Jones dans « Le chant de Bernadette », une veste ajustée, une jupe longue, d'épais bas et des sabots noirs. Il l'emmena dans les studios de la Fox, dans le petit village français construit pour le film « What a price glory? » et la prit en photo (,,).

Rendue confiante par la chaleur de Milton Greene, Marilyn se plaignit amèrement auprès de lui de ce que lui faisait subir le studio, du fait qu'elle ne disposait d'aucun contrôle sur les films qu'elle faisait, des rôles que Zanuck voulait qu'elle joue. Avant qu'il ne rentre à New York, ils montèrent ensemble leur projet de maison de production indépendante.

 

Avec DiMaggio, elle loua une maison au 508 North Palm Drive (,,), à Beverly Hills, même si Joe aurait préféré vivre à San Francisco. Mais il accompagnait Marilyn car elle devait tourner son prochain film fin mai.

 

En attendant la fin des travaux de la maison, ils logèrent au Beverly Hills Hotel.

Ils habitèrent ensuite au 508 North Palm Drive, en face de la demeure de Charles Feldman, l’agent de Marilyn.

La maison était louée pour six mois, pour un loyer mensuel de 700$.

Elle comprenait huit pièces dont une réservée pour Joe DiMaggio Jr et une piscine.

 

Joe était très méticuleux, aussi bien chez lui que dans ses affaires ; Marilyn était exactement le contraire. Il  préférait la vie calme de San Francisco, elle avait besoin de Los Angeles ; il était taciturne et réservé, elle était impulsive et sujette aux éclats ; il aimait passer son temps avec sa famille et ses amis ou passer une soirée à regarder la télévision, elle, qui avait abandonné les soirées hollywoodiennes, souhaitait des satisfactions plus intellectuelles.

Pour la première fois de sa vie, elle essayait de transmettre ses connaissances et ses penchants littéraires. Elle essaya d’intéresser Joe aux livres, de St Exupéry à Mickey Spillane, en passant par Jules Verne, mais il ne se laissa pas détourner de son principal intérêt, la télévision.

Leur vie fut aussi difficile qu’avant leur mariage, bien que tous deux étaient prêts à des concessions mutuelles.

 

Le mercredi 5 mai : Charles Feldman appela Marilyn, lui indiquant que la Fox préparait son nouveau contrat et qu'elle recevrait sous peu un exemplaire.

Quand elle reçut son contrat, elle fut consternée : même les droits de contrôle les plus minimes qu'elle avait obtenu oralement n'apparaissaient pas. La conclusion était évidente, le studio n'avait aucun respect pour elle.

 

Le samedi 8 mai : Feldman l'appela pour lui dire que finalement, « The seven year itch » serait produit par la Fox (alors que jusque là, ce devaient être Feldman et Billy Wilder le réalisateur du film).

Marilyn insista pour que ses exigences soient intégrées à son nouveau contrat.

 

Convaincus que Zanuck ne céderait pas, les agents de Marilyn la poussèrent à accepter à nouveau un compromis.

Elle sembla prête à discuter l'abandon du choix de ses réalisateurs et chefs opérateurs, mais elle resta ferme sur son droit d'obtenir le choix de son chorégraphe et professeur d'art dramatique. La Fox accepta à condition qu'en cas de désaccord, le studio ait le dernier mot. Marilyn refusa.

Ses agents lui suggérèrent alors qu'elle fasse une liste des professeurs d'art dramatique et chorégraphes avec qui elle souhaitait travailler. Marilyn s'exécuta mais soutint qu'elle ne signerait le contrat que si la Fox lui laissait avoir le dernier mot en cas de désaccord.

 

Le vendredi 21 mai : Marilyn fut jugée pour conduite imprudente: elle avait percuté avec sa Cadillac décapotable la voiture de Bart Antinora, à l’angle de Sunset Boulevard et de Beverly Drive. Elle était accompagnée ce jour là de DiMaggio. 
B. Antinora lui réclamait 3 000$ (ou 5 000$), mais la peine fut ramenée à 500$.

Le vendredi 28 mai: début du tournage de « There's no business like show business».

Ne se débarrassant pas d’une bronchite contractée pendant son voyage en Corée et souffrant d’anémie, elle fut hospitalisée au Cedars of Lebanon Hospital et soignée par le Docteur Robert Rosenfeld.

Le tournage fut repoussé en août.

 

Pour la première fois, elle subit les effets secondaires de ses prises répétées de somnifères qui la rendaient vaseuse, chancelante, sujette aux crises de larmes les rares fois où elle se présentait à l’heure sur le lieu du tournage.

 

Son personnage de Vicky, ajouté à la dernière minute au scénario final apparut à Marilyn comme la revanche du studio : c’était un retour à ses précédents types de rôle sans intérêt (,,,,).

 

Les relations entre Marilyn et le réalisateur du film, Walter Lang, furent particulièrement mauvaises. Lang ne ratait pas une occasion de dénigrer Marilyn : elle était en retard sur le plateau mais cependant travaillait dur avec ses professeurs pour donner le meilleur d’elle-même, très inquiète de ne pas être à la hauteur des professionnels de la danse et de la chanson avec qui elle tournait. Natasha Lytess l’accompagnait sur le tournage.

Ce fut son ami Allan Whitey Snyder qui la maquilla sur le tournage () et Gladys Rasmussen qui la coiffa 

()

Les journalistes Sidney Skolsky et Earl Wilson lui rendirent visite sur le tournage (,,