1954
JANVIER :
A
la Fox, c’était la panique. Les
actionnaires et les producteurs de New York ne décollaient plus de leur
téléphone, exigeant que cette situation conflictuelle, et surtout
potentiellement catastrophique, trouve une solution dans les plus brefs délais.
Le vendredi 1er janvier : Marilyn reçut le « Award of Achievement » par le Motion Picture Herald in association with Fame
(
), pour son classement dans
le « Top ten money making star » en 1953.
Le lundi 4 janvier : la Fox la suspendit pour non
présentation sur le tournage de « Pink tights ».
Le lundi 11 janvier : Charles Feldman informa
Marilyn qu'elle était suspendue pour une durée d'un mois.
Le mardi 12 janvier : lors de la fête d'anniversaire en
l'honneur de Tom DiMaggio, le frère de Joe,
celui-ci demanda une nouvelle fois à Marilyn de l'épouser et cette fois-ci,
elle accepta.
Ce
fut l'ami de Joe, Reno
Barsocchini qui appela son ami le juge Charles S.Perry, du tribunal
municipal de San Francisco, pour qu'il célèbre leur mariage.
Le jeudi 14 janvier : elle épousa Joe
DiMaggio à l’hôtel de ville de San Francisco.
Ils
souhaitaient un mariage aussi discret que possible, et Marilyn ne prévint le
studio, par le biais d'Harry Brand,
chef de publicité de la Fox, qu’une heure avant la cérémonie. Malgré cela, plus
de cent journalistes et reporters envahirent l’entrée et le couloir de l’hôtel
de ville.
Joe
voulait l’épouser religieusement, mais l’archevêque de San Francisco, John
Mitty, refusa de reconnaître la validité de son divorce d’avec son ex-épouse, Dorothy Arnolds (
).
Il
n’y eut donc qu’un mariage civil, célébré par l’officier municipal, le juge
Charles S. Perry.
La
cérémonie débuta à 13h48 et se termina trois minutes plus tard.
Marilyn
n’eut pas d’invité personnel ; seuls la famille et les amis de Joe (Jean et Lefty O’Doul, Tom DiMaggio
et sa femme Lee, et George
Solotaire) assistèrent à la cérémonie.
Le
témoin de Joe fut Reno Barsocchini (
).
Sur
le registre, Joe inscrivit son âge (trente-neuf ans) et signa ; Marilyn
donna son nom légal, Norma Jeane Mortensen Dougherty, mais se rajeunit de trois
ans et nota qu'elle avait vingt-cinq
ans (
).
Elle
portait un tailleur en drap brun fonce avec un col en hermine et tenait dans sa
main trois orchidées (
,
,
).
A leur sortie de l'hôtel de ville, ils furent assaillis par une foule de deux cents photographes et journalistes, et trois cents fans
(
,
) ; ils sautèrent dans
le Cadillac bleu nuit de Joe (immatriculée Joe D)
(
,
,
) et passèrent leur premier
jour de lune de miel au Clifton
Motel (
), à Paso Robles
(Californie).
Le
lendemain Marilyn appela son avocat, Lloyd
Wright pour avoir des nouvelles et ses messages ; en guise de
compliment pour ce mariage, la Fox l'avait réintégrée dans son statut d’actrice
maison.
Darryl Zanuck n'eut pas
d'autre choix que de lever sa suspension. Dans le cas contraire, la presse et
le public ne le lui auraient pas pardonné.
On
allait à nouveau la payer et on la priait respectueusement de revenir le 20 janvier
(au plus tard le 25 janvier) sur la plateau de « Pink tights »
pour les premières répétitions.
Mais
Joe ne l’entendait pas de cette oreille : jamais sa femme n’apparaîtrait
dans un film à moitié déshabillée où elle devait camper une créature de petite
vertu. Même si elle n’en avait pas fait le serment en se mariant, Marilyn
obéit.
Joe
et Marilyn passèrent les deux semaines suivantes dans une maison en dehors
d’Idyllwild, près de Palm Springs,
dans la maison appartenant à Lloyd Wright, l’avocat de Marilyn.
Palm
Springs était une station touristique située dans le désert, lieu d’escapade
favori des grands pontes d’Hollywood.
Ils
devaient y rester dix jours, après quoi, Joe devait retourner à New York afin
de s'acquitter d'un engagement pour la télévision.
Le dimanche 24 janvier : les DiMaggio rentrèrent à Los
Angeles. A son arrivée à son appartement de Doheny Drive, Marilyn découvrit un
exemplaire du scénario de « Pink tights ». Zanuck le lui avait envoyé
avec ses compliments, et avait fait parvenir un autre exemplaire à la Famous Artists Agency.
Le mardi 26 janvier : lorsque le studio constata qu’elle
ne s’était pas présentée sur le plateau de « Pink tights », on la
suspendit à nouveau (
).
Charles
Feldman fut heureux d'apprendre que dès que Joe DiMaggio rentrerait de New York
(où il était reparti entre temps pour ses affaires), il avait l'intention
d'emmener Marilyn au Japon, pour le début officiel de la saison de base-ball.
Marilyn
était temporairement exclue des studios et la question de sa carrière ne se
posant pas, ils partirent en lune de miel au Japon.
Le jeudi 28 janvier : Marilyn atterrit à San Francisco. Joe
était arrivé de New York un peu plus tôt dans la journée.
Le vendredi
29 janvier,
ils se rendirent au Federal
Building de San Francisco (
), pour chercher leurs passeports (
;
,
,
,
), en vue de leur voyage en
Asie.
FEVRIER :
Le
lundi 1er février : Marilyn et Joe, son
ami Frank « Lefty » O’Doul et sa femme Jean, quittèrent San Francisco
sur le vol 831 de la Pan American pour Tokyo, via Honolulu (
,
).
Avant
son mariage, Joe avait accepté d’accompagner son ami et mentor à un match de
base-ball ainsi qu’à un stage d’entraînement pour des débutants au Japon.
Marilyn étant suspendue par le studio, Joe lui avait proposé de l'accompagner.
Le
voyage était organisé par le journal Yomiuri Shimbun (
), en
l’honneur de Joe, pour fêter la saison de base-ball.
Ils
firent escale à Honolulu où une nuée de fans les assaillirent (
,
).
Des policiers durent intervenir pour les escorter, Marilyn étant au bord de la crise de nerfs, dans une salle d’attente isolée
Le mardi 2 février : arrivée au Haneda
International Airport de Tokyo (
) où les fans de Marilyn étaient si nombreux qu’ils furent contraints de rebrousser chemin
dans l’avion pour n’en ressortir que bien plus tard, discrètement, par la soute
à bagages
Mais
l’hystérie collective qui était centrée sur Marilyn, se poursuivit à l’Imperial Hotel de Tokyo, où ils
étaient descendus. Deux cent policiers furent de service pour tenter de
maintenir l’ordre lorsque les admirateurs de Marilyn (espérant l’apercevoir ou
simplement avoir une photo de sa chambre) se bousculèrent soudain, créant une
véritable émeute. La foule s’amassa et scanda le nom de Marilyn qui finit par
céder sans enthousiasme et se
montra au balcon de l'hôtel (
) , ajoutant que si elle aimait beaucoup son
public, cette fois-ci les choses allaient trop loin.
Tout
le monde voulait voir Marilyn, si bien que le couple décida de ne se montrer
que pour les sorties officielles.
Selon
Lefty O’Doul, c’était la première fois que Joe prenait la pleine mesure de la
célébrité de Marilyn et qu’il constatait combien elle surpassait la sienne.
Cela le rendit maussade. La grogne de Joe ne fit qu’empirer quand le lendemain,
le mercredi 3 février, lors de l’unique conférence de presse qu’on
avait organisé pour lui, toutes les questions furent adressées à Marilyn (
,
,
;
,
,
,
).
Ils
firent de nombreuses visites durant cette semaine, allant voir des lieux
saints, le mont Fuji, Osaka (
,
,
,
), Kobé (
) et Yokohama (
,
;
,
).
Elle visita
également le Tokyo Army Hospital (
).
L’empereur
du Japon offrit à Marilyn un collier de perles naturelles
crée par Mikymoto (
) (elle portera ce collier le jour de son divorce d’avec Joe et
l’offrira plus tard à Paula
Strasberg, qui le donnera ensuite à sa fille Susan ; il sera vendu 1999).
Les
choses se gâtèrent entre eux lorsque Marilyn accepta une invitation par le
général John E. Hull qui dirigeait le Quartier General d’Extrême-Orient, pour
rendre visite et divertir les troupes américaines en Corée.
Comme
Joe et Lefty avaient des emplois du temps très chargés (base-ball la journée,
rendez-vous avec la presse sportive le soir), Marilyn trouva l’idée excellente.
DiMaggio
en fut très contrarié : il ne souhaitait pas qu’elle parte et menaça de
divorcer sur le champ.
Le lundi 8 février : elle reçut le
numéro de matricule 129278
comme artiste de l’armée avec ses papiers officiels pour rejoindre Séoul en Corée (
).
Le
mardi 9 février,
Marilyn visita la Brady Airbase des 315th Troop Carrier (
,
,
,
).
Le
dimanche 14 février : les DiMaggio firent une visite près d’Hiroshima
(
,
,
,
).
Le
mardi 16 février :
elle partit de Itami Airport au Japon (
,
) et arriva en Corée
Du mardi 16 au samedi 20 février : accompagnée
de Jean O’Doul (
,
,
) et de l’officier responsable
du Spectacle aux armées, Walter Bouillet, Marilyn traversa tout le pays en
avion, en hélicoptère et en Jeep (
,
,
,
).
Elle
visita une dizaine de campements où 100 000 soldats, plus 13 000
marines l’accueillirent avec des cris assourdissants et d’interminables
ovations (
,
,
,
,
,
,
).
Elle
se produisit une bonne douzaine de fois.
En
l’espace de deux jours seulement, son public, enthousiaste jusqu’au délire,
rassembla les troupes des 3ème, 7ème, 24ème et
15ème divisions de l’armée, en tout 60 000 hommes. La plupart
d’entre eux n’avaient jamais vu un film de Marilyn (ils avaient été enrôlés avant
sa vertigineuse ascension).
Elle
conquit les troupes dans une robe violette à paillettes, courte et moulante (
,
,
,
,
).
Elle
chanta « Diamonds are a girl’s best friends », « Bye, bye,
baby », « Somebody love me » et « Do it again »
(atténué en « Kiss me again » pour éviter de surexciter un public
déjà très enthousiaste).
Partout
elle fut accueillie très chaleureusement.
Elle
visita également des soldats blessés, hospitalisés (
,
,
,
).
Elle
s’en souviendra comme de l’expérience la plus heureuse et la plus insouciante
de sa vie.
A
des distances infinies d’Hollywood, Marilyn avait donné des représentations
spontanées et extrêmement brillantes. En tout état de cause, elle avait
accompli ce type d’exploit seule, sans avoir sur le dos les humeurs critiques
de son mari ou le regard inquisiteur de Natasha Lytess, de ses metteurs
en scène ou de ses producteurs qui, tous, ne faisaient que la renforcer dans
cette conviction qu’elle n’était pas au niveau et qu’il lui manquait de réels
talents artistiques. Au lieu de se trouver paralysée par le trac comme il
arrive souvent sur scène, elle se laissa au contraire pénétrer par les flots
d’amour d’un public enthousiaste.
Au
retour à Tokyo, elle courut vers Joe comme une gamine tout excitée, en lui
racontant combien elle avait été bien reçue. Mais Joe, toujours réaliste, ne
semblait pas prêter attention à ce qu’elle disait.
Elle
rentra de Corée malade, ayant attrapé une pneumopathie. Elle resta à l'Imperial
Hotel pendant quatre jours, sous antibiotiques.
Quand
elle fut rétablie, elle continua sa visite du Japon avec DiMaggio (
;
,
,
).
Le mardi 23 février : départ de Tokyo (
;
,
;
,
,
,
;
,
) après une nouvelle escale à
Honolulu
(
), les
O’Doul et les DiMaggio étaient de retour à San Francisco (
,
,
,
).
MARS :
Au
retour à Hollywood, le couple traversa de graves difficultés.
Joe
repartit pour New York et Marilyn pour Los Angeles (
,
) le vendredi 5 mars.
Le lundi 8 mars : ce fut son ami Sidney Skolsky qui l’accompagna (
) à la remise du prix
de « La meilleure actrice » pour ses rôles dans « Gentlemen prefer
blonds » et « How
to marry a millionaire », décerné par le magazine Photoplay au Beverly Hills Hotel (
,
,
,
,
,
,
,
).
Marilyn
et Sidney allèrent ensuite boire un verre dans la suite qu’elle avait louée au
Beverly Hills Hotel.
Le mardi
9 mars,
elle participa à un show radiophonique
pour CBS (
,
).
Pendant ce mois de mars, Marilyn toujours au Beverly Hills Hotel, discuta avec Charles Feldman et Hugh French
(
) (tous deux de la Famous
Artists Agency) d’une éventuelle autobiographie, genre littéraire qui
commençait à être très prisé car il assurait à l’artiste simultanément une
excellente publicité et des revenus appréciables.
Elle
était d’accord à condition que l'on engage un rédacteur de tout premier plan,
quelqu’un à qui elle puisse parler avec confiance et franchise de son passé.
Bien sûr, elle exigeait de superviser l’ensemble du texte.
Ses
agents contactèrent donc Jacques Chambrun, lui-même agent de Ben Hecht (
), journaliste, romancier et
scénariste prolifique et un accord fut conclu.
Marilyn
et Hecht qui s’étaient rencontrés avec beaucoup de cordialité alors qu’on
préparait un film inspiré du scénario de Hecht ( « Monkey business » ),
convinrent de rendez-vous réguliers, plusieurs fois par semaine et souvent à la
demande expresse de Marilyn, en présence de Sidney Skolsky.
Hecht
travailla rapidement (si l’on tient compte du manque de matériel d’enregistrement
adéquat à cette époque) et proposa une première ébauche fin avril.
Pour
cette occasion Marilyn contacta Lucille
Ryman et lui demanda de collaborer pleinement avec Ben Hecht.
Elle
fit quelques allers-retours à San Francisco, où était Joe, notamment le jeudi 18
mars, où elle acheta un billet d’avion de la
compagnie United Airlines (
), au comptoir de l’hôtel Knickerbocker de Los
Angeles.
Le mercredi 31 mars : bien que Charles Feldman la
représenta de manière non officielle et sans contrat depuis la mort de Johnny Hyde, l’agence William Morris était légalement en droit
de percevoir un pourcentage sur tous les cachets de Marilyn pour l’année 1953.
Ce délai expiré, Marilyn signa enfin avec la Famous Artists Agency, au moment
où Feldman et French se réconciliaient avec la Fox au nom de Marilyn.
Le
studio, confronté au fait de perdre son atout majeur, tira un trait sur
« Pink tights».
Ce
fut Charles Feldman qui réussi à convaincre Zanuck. De plus, le patron de la
Fox accepta de la rémunérer plus et de ne pas lui faire faire plus de deux
films par an, mais refusa de lui laisser le choix du scénario, réalisateur et
chefs opérateurs. Feldman accepta pour elle qu'elle ne puisse choisir que son
chorégraphe et son professeur d'art dramatique.
Mais
Zanuck souhaitait que Marilyn accepte le tournage de « There’s
no business like show business » (« La joyeuse parade »). Ce
rôle permit à Marilyn de revenir à Los Angeles après avoir vécu à San Francisco
pendant deux ou trois mois.
On
lui permit donc d’être encadrée par sa propre équipe : Natasha Lytess son
professeur d’art dramatique, Hal Schaefer
son professeur de chant et Jack Cole,
son professeur de danse.
Tous
trois mirent au point ses numéros de « There's no business like show
business ».
En
contrepartie, ses producteurs exigeaient que ses deux suspensions de janvier
fussent ajoutées à son contrat actuel, c'est-à-dire avant que le renouvellement
de la septième année ne prît effet, à savoir en août de cette même année. Ainsi
ils gagnaient du temps et Marilyn serait encore disponible pour tourner un
autre film. C’est à toutes ces transactions que l’on voit combien ils étaient
inquiets de voir Marilyn leur faire le coup de la disparition en fumée.
En
guise d’encouragement, la Fox lui promit le rôle principal dans le projet de Billy Wilder, « The seven year itch »
(« Sept ans de réflexion »). La Fox acheta les droits de la pièce
« The seven year itch » de George Axelrod, pour un montant de
500 000$.
Marilyn
imposa une augmentation de son salaire : sa demande sera prise en compte dans
la signature de son nouveau contrat signé en août. Il était également prévu une
prime de 100 000$ pour « The seven year itch », bien que
celle-ci ne fût jamais ni consignée par écrit, ni jamais entièrement payée.
C'est
parce que « The seven year itch » allait être coproduit par Billy Wilder
et Charles Feldman (qui entretenaient d’excellentes relations avec beaucoup de
gens au sein de la Fox) que Marilyn prit conscience qu’une fois encore elle
allait permettre au studio et producteurs de s’enrichir grassement sur son dos
sans trouver elle-même dans son propre travail une compensation financière
équitable ou une liberté artistique gratifiante.
Dans
le même temps elle avait déjà ruminé le projet de prendre le large et pour une
période nettement plus longue que prévue.
Durant
toute cette année 1954, Lloyd
Wright, l’avocat de Marilyn, et Frank
Delaney, celui de Milton
Greene, échangèrent un courrier important et d’innombrables coups de fil,
avec le désir de jeter les bases de leur entente financière et de lancer cette
nouvelle aventure qui porterait le nom de Marilyn Monroe
Productions.
Les
pourparlers s’effectuèrent dans le plus grand secret car, si la Fox avait eu
vent de quoi que ce soit, elle aurait très bien pu casser le contrat de Marilyn
en vertu des « intentions contraires » que Marilyn nourrissait (en
pareil cas, clause légale de rupture de contrat).
Pendant
la période de son mariage, Marilyn vit peu Natasha Lytess en dehors des séances
de travail.
Elle
passa le mois d’avril et une partie du mois de mai dans la maison
des DiMaggio, sur Beach Street, à San Francisco. Elle appréciait la vie de
famille et les promenades sur le « Yankee Clipper », le yacht de Joe.
AVRIL:
Le
mardi 13 avril : la suspension de Marilyn à la Fox fut officiellement levée, et dès le surlendemain,
elle se présenta au studio.
Le jeudi
15 avril,
elle tint une conférence de presse dans
sa loge de la Fox (
,
,
,
,
) et répéta avec Hal
Schaefer (
,
,
,
;
,
,
,
).
Elle
travailla beaucoup avec Hal Schaefer et Jack Cole (respectivement professeur de
chant et chorégraphe) pour préparer les numéros dansés et chantés de
« There’s no business like show business ».
Hal Schaefer était chargé de régler les quatre chansons
de Marilyn dans le film, ainsi que quelques autres qu’elle enregistra pour RCA
cette année là.
Il avait déjà été son directeur musical dans
« Gentlemen prefer blonds » et « River of no
return ».
Elle
reçut le « National Movie Poll Award »
(
) pour la meilleure actrice de l'année 1953 (
,
).
Le
vendredi 30 avril : sortie du film « River of no return »
(
;
,
,
,
,
).
MAI :
Pendant
ce mois de mai, le photographe Milton Greene arriva à Los Angeles et ensemble,
firent plusieurs séances photo.
Milton
trouva dans le vestiaire de la Fox le costume de Jennifer Jones dans « Le
chant de Bernadette », une veste ajustée, une jupe longue, d'épais bas et
des sabots noirs. Il l'emmena dans les studios de la Fox, dans le petit village
français construit pour le film « What a price glory? » et la prit en
photo (
,
,
).
Elle posa également dans les autres bâtiments de la Fox (
,
;
,
,
,
;
,
,
,
).
Rendue
confiante par la chaleur de Milton Greene, Marilyn se plaignit amèrement auprès
de lui de ce que lui faisait subir le studio, du fait qu'elle ne disposait
d'aucun contrôle sur les films qu'elle faisait, des rôles que Zanuck voulait
qu'elle joue. Avant qu'il ne rentre à New York, ils montèrent ensemble leur
projet de maison de production indépendante.
Avec
DiMaggio, elle loua une maison au 508
North Palm Drive (
,
,
), à Beverly Hills, même si Joe
aurait préféré vivre à San Francisco. Mais il accompagnait Marilyn car elle
devait tourner son prochain film fin mai.
En
attendant la fin des travaux de la maison, ils logèrent au Beverly Hills Hotel.
Ils
habitèrent ensuite au 508 North Palm Drive, en face de la demeure de Charles
Feldman, l’agent de Marilyn.
La
maison était louée pour six mois, pour un loyer mensuel de 700$.
Elle
comprenait huit pièces dont une réservée pour Joe DiMaggio Jr et une
piscine.
Joe
était très méticuleux, aussi bien chez lui que dans ses affaires ; Marilyn
était exactement le contraire. Il préférait
la vie calme de San Francisco, elle avait besoin de Los Angeles ; il était
taciturne et réservé, elle était impulsive et sujette aux éclats ; il
aimait passer son temps avec sa famille et ses amis ou passer une soirée à
regarder la télévision, elle, qui avait abandonné les soirées hollywoodiennes,
souhaitait des satisfactions plus intellectuelles.
Pour
la première fois de sa vie, elle essayait de transmettre ses connaissances et
ses penchants littéraires. Elle essaya d’intéresser Joe aux livres, de St
Exupéry à Mickey Spillane, en passant par Jules Verne, mais il ne se laissa pas
détourner de son principal intérêt, la télévision.
Leur
vie fut aussi difficile qu’avant leur mariage, bien que tous deux étaient prêts
à des concessions mutuelles.
Le mercredi 5 mai : Charles Feldman appela Marilyn, lui
indiquant que la Fox préparait son nouveau contrat et qu'elle recevrait sous
peu un exemplaire.
Quand
elle reçut son contrat, elle fut consternée : même les droits de contrôle les
plus minimes qu'elle avait obtenu oralement n'apparaissaient pas. La conclusion
était évidente, le studio n'avait aucun respect pour elle.
Le samedi 8 mai : Feldman l'appela pour lui dire que
finalement, « The seven year itch » serait produit par la Fox (alors
que jusque là, ce devaient être Feldman et Billy Wilder le réalisateur du
film).
Marilyn
insista pour que ses exigences soient intégrées à son nouveau contrat.
Convaincus
que Zanuck ne céderait pas, les agents de Marilyn la poussèrent à accepter à
nouveau un compromis.
Elle
sembla prête à discuter l'abandon du choix de ses réalisateurs et chefs
opérateurs, mais elle resta ferme sur son droit d'obtenir le choix de son
chorégraphe et professeur d'art dramatique. La Fox accepta à condition qu'en
cas de désaccord, le studio ait le dernier mot. Marilyn refusa.
Ses
agents lui suggérèrent alors qu'elle fasse une liste des professeurs d'art
dramatique et chorégraphes avec qui elle souhaitait travailler. Marilyn
s'exécuta mais soutint qu'elle ne signerait le contrat que si la Fox lui
laissait avoir le dernier mot en cas de désaccord.
Le vendredi 21 mai : Marilyn fut jugée pour conduite
imprudente: elle avait percuté avec sa Cadillac décapotable la voiture de Bart
Antinora, à l’angle de Sunset Boulevard et de Beverly Drive. Elle était
accompagnée ce jour là de DiMaggio.
B. Antinora lui réclamait 3 000$ (ou 5
000$), mais la peine fut ramenée à 500$.
Le vendredi 28 mai: début du tournage de « There's no
business like show business».
Ne
se débarrassant pas d’une bronchite contractée pendant son voyage en Corée et
souffrant d’anémie, elle fut hospitalisée au Cedars of Lebanon
Hospital et soignée par le Docteur Robert Rosenfeld.
Le
tournage fut repoussé en août.
Pour la première fois, elle subit les effets
secondaires de ses prises répétées de somnifères qui la rendaient vaseuse,
chancelante, sujette aux crises de larmes les rares fois où elle se présentait
à l’heure sur le lieu du tournage.
Son
personnage de Vicky, ajouté à la dernière minute au scénario final apparut à
Marilyn comme la revanche du studio : c’était un retour à ses précédents
types de rôle sans intérêt (
,
,
,
,
).
Les
relations entre Marilyn et le réalisateur du film, Walter Lang, furent
particulièrement mauvaises. Lang ne ratait pas une occasion de dénigrer
Marilyn : elle était en retard sur le plateau mais cependant travaillait
dur avec ses professeurs pour donner le meilleur d’elle-même, très inquiète de
ne pas être à la hauteur des professionnels de la danse et de la chanson avec
qui elle tournait. Natasha Lytess l’accompagnait sur le tournage.
Ce
fut son ami Allan Whitey Snyder
qui la maquilla sur le
tournage (
) et Gladys Rasmussen
qui la coiffa
Les
journalistes Sidney Skolsky et Earl
Wilson lui rendirent visite sur le tournage (
,
,
,
).
Marilyn
avait signé peu de temps avant, un contrat d’exclusivité avec la RCA ; la
voix entendue sur la bande originale du film n’est pas la sienne, mais celle de
Dolorès Gray, une star de Broadway. Marilyn enregistra une autre version des
chansons qu’elle interprétait dans le film, destinée à être distribuée par sa
société de disques.
« There's
no business like show business » n’était qu’un prétexte en Cinémascope
pour montrer des numéros musicaux concoctés par le grand compositeur Irving Berlin (
), vaguement reliés entre eux
par une histoire succincte d’une famille irlandaise « terriblement
sympa » d’artistes de variétés. Marilyn arrivait comme un cheveu sur la
soupe en dame de vestiaire qui tombe amoureuse de l’un des protagonistes et
finit par prouver qu’elle aussi sait chanter et danser.
Natasha Lytess était de retour sur le plateau, à la
demande de Marilyn, mais au grand agacement de Joe. En outre Joe était jaloux
des longues heures, souvent tardives, que sa femme passait au studio avec Hal
Schaefer qui était jeune, beau et distingué.
Pendant plusieurs semaines, Marilyn feignit
d’ignorer les humeurs renfrognées de Joe à ce propos, et celui-ci (comme
Marilyn le révélera plus tard) finit par
l’ignorer complètement.
Natasha Lytess ne fut pas le seul témoin de la
désagrégation de la vie conjugale de Marilyn: les Greene, entre autres, furent
par la suite mis au courant des moindres détails, au même titre qu’Elia Kazan, Arthur Miller et Lee Strasberg.
C’est à cette époque là que Marilyn devint une
habituée des barbituriques : elle cherchait tout simplement à oublier
qu’elle avait fait fausse route, et plus que tout, elle avait besoin de
dormir ; non seulement il lui fallait du repos pour affronter la journée de
tournage du lendemain, mais c’était aussi un moyen d’éviter la confrontation
avec Joe.
Apparemment équilibré et serein dans ses relations
personnelles, que ce soit avec des amis ou des étrangers (mais pourtant
toujours condescendant et souvent glacial avec les femmes), ce n’était
assurément pas le mari idéal pour Marilyn à ce stade de leurs existences
respectives. En fait Joe avait beaucoup de similitudes avec Fred Karger. Marilyn en effet,
répétait la même situation : elle tentait de s’unir à un homme qui n’avait
pas réellement d’estime pour elle, qui tournait son look en dérision et qui
était persuadé qu’il savait mieux qu’elle ce qui lui convenait.
JUIN:
La collaboration entre Ben Hecht et Marilyn pour
l’écriture de son autobiographie, périclita : Ben Hecht apprit que son agent
littéraire Jacques Chambrun, avait vendu des extraits de son manuscrit aux Empire
News de Londres sans son accord ni celui de Marilyn.
Sidney Skolsky rédigea aussitôt un petit fascicule
sur Marilyn, qui lui donna son accord pour la publication sous forme de
feuilleton dans les journaux et les magazines, un peu plus tard cette même
année.
Le samedi 26 juin, essayage des costumes pour
« There’s no business like show business » (
,
).
JUILLET:
Lemercredi 7 juillet, à Morningside
Park, Inglewood, Californie, Marilyn reçut
un prix de la part de la légion
américaine pour son engagement en Corée (
;
,
).
Le
mardi 27 juillet : ce soir là, Hal Shaefer avait rendez-vous avec
l’actrice et chanteuse Sheila Stuart, qu’il faisait répéter chez le parolier du
studio, Harry Giventer. Schaefer se faisant trop attendre, on téléphona chez
lui, puis à son bureau, enfin chez quelques amis communs, mais sans succès. Ils
décidèrent de se rendre à son bungalow à la Fox, où ils le trouvèrent inanimé,
à quatre heures du matin. Harry Giventer et Sheila Stuart l’accompagnèrent en
ambulance au Santa
Monica Hospital où un lavage d’estomac le sauva d’une overdose de Benzédrine
mêlée à du Nembutal, le tout avalé avec du liquide correcteur pour machine à
écrire.
Marilyn se rendit à son chevet, et elle demeura une
des personnes les plus assidues à le visiter pendant sa convalescence.
A la demande des attachés de presse de la Fox, les
journaux acceptèrent l’hypothèse que Shaefer avait fait une dépression nerveuse
par épuisement.
Marilyn demanda au studio de repousser le dernier
enregistrement jusqu'à la fin du tournage, afin de donner à Schaefer le temps
de se rétablir. L'enregistrement sera finalement réalisé en novembre de cette
année.
Durant cet été, elle posa à Palm Springs pour le
photographe Ted Baron (
,
,
,
).
AOUT:
La
Fox lui fit signer un contrat de sept ans, avec une augmentation de salaire et
une prime de
100 000$ pour le film de Billy Wilder, « The
seven year itch », que Marilyn accepta de tourner.
Le
lundi 23 août,
essayage des costumes pour « The seven year itch » (
,
) dont le tournage allait
débuter à New York à l’automne. Les prises de vue en studio étaient prévues de
la mi-septembre au début du mois de novembre.
Le vendredi 27 août : alors que Joe et son ami George
Solotaire étaient présents sur le plateau, on filmait la danse de Marilyn, avec
un costume extrêmement réduit, pour le numéro « Heat wave » (
,
,
,
,
).
C'est
ce jour là qu'Emmeline Snively,
de la Blue Book Modeling Agency fut
aussi présente sur le tournage :
.
DiMaggio la rencontra ainsi pour la première fois.
Après
la quinzième prise, Marilyn courut se jeter dans les bras de Joe qui la
repoussa ; pour elle ni tendre accueil, ni encouragement. Marilyn repartit
sur le plateau. Après être resté cinq minutes à l’observer en train d’effectuer
des cabrioles en tenue collante, à moitié déshabillée et hautement suggestive,
Joe sortit, furieux, maudissant le cinéma en général, et en particulier Jack
Cole, Hal Shaefer…
Malgré
ses protestations, la scène fut conservée.
Pendant
le tournage, Marilyn donna une interview pour un article qui parut dans la
rubrique de Drew Pearson, une chroniqueuse de Washington : « N’étant
ni une actrice-née, ni une chanteuse, ni une danseuse, je me pince encore quand
je me vois aller au studio dans une très belle voiture, et chanter, et danser,
et interpréter un rôle dramatique dans «There's no business like show business »
d’Irving Berlin ! ».
C’est
sur ce tournage qu’elle rencontra Paula
Strasberg, qui lui fut présentée par son ami et journaliste Sidney Skolsky.
Bien
sûr Marilyn avait déjà entendu parler de Lee Strasberg depuis qu’elle avait
fréquenté l’Actors Lab
d’Hollywood. Paula Strasberg, ancienne actrice, avait joué dans « Night
over Taos » que Marilyn avait travaillé ; et Lee Strasberg avait
souvent été décrit devant Marilyn par les Carnovsky (de l’Actors Lab.) et par Elia
Kazan, comme le professeur le plus compétent pour former de grands acteurs,
dont Marlon Brando.
Elle
connaissait déjà la réputation de Lee Strasberg et avoua à Paula qu’elle avait
toujours voulu travailler avec lui, en particulier après avoir entendu le
témoignage impressionnant de Marlon Brando à son sujet.
Pendant
qu’elle tournait « There’s no business like show business », Brando
jouait le rôle de Napoléon dans « Désirée», sur le plateau voisin (
,
,
).
Paula
lui dit qu’elle était la bienvenue et qu’elle pouvait leur rendre visite quand
elle le souhaitait, à New York.
SEPTEMBRE :
Le mercredi 8 septembre : Marilyn partit à New York
pour le tournage de « The seven year itch », par le vol de 21 heures.
A
son arrivée à Idlewild Airport (
;
,
;
,
,
,
,
) (actuellement John
Kennedy Airport), le jeudi 9,
à 8h15, elle dut se soumettre à plusieurs
interviews (
), puis déjeuner avec les gens des magazines et enfin donner une
conférence de presse au St
Regis Hotel, à laquelle assistèrent entre autre le compositeur Irving
Berlin (
,
,
) (qui avait
composé les chansons de « There’s
no business like show business ») et le journaliste Earl Wilson (
,
,
).
Billy
Wilder était arrivé une semaine auparavant pour que tout soit prêt pour le
tournage.
Les
rumeurs sur son mariage qui battait de l’aile se firent de plus en plus
croissantes.
Elle
logea au Hampshire House
Hotel.
Le vendredi 10 septembre : elle posa pour Milton Greene dans
son studio de Lexington Avenue (
,
;
,
).
Il
réalisa ce jour là, la série de photos où Marilyn était vêtue d'une robe de
ballerine, trop petite pour elle (
,
,
,
).
Le samedi 11 septembre : DiMaggio arriva à New York (
). Ils logèrent
ensemble au St Regis Hotel, au 11ème étage, suite 1105-1106 (
).
Les
photographes Sam Shaw (
,
,
,
,
). et Milton Greene la prirent en photo (
,
,
,
,
,
,
).

Le dimanche 12 septembre, les Greene passèrent les prendre et les emmenèrent au restaurant El Morocco
Milton et Marilyn discutèrent
de ses ennuis avec la Fox, et Amy et Joe parlèrent base-ball, Amy ayant eu
l'habitude d'aller voir des matchs avec son père.
Le lundi 13 septembre : tournage de la première scène en
extérieur à New York, à l'appartement situé au
164 East 61 Street. Plus de mille curieux assistèrent au tournage (
,
,
,
,
,
,
).
On
aurait tout aussi bien pu tourner le film à la Fox, mais on se privait alors
d’une fantastique publicité. Pas un journal ou un magazine ne rapporta des
piles d’anecdotes ou d’interviews : les comptables de la Fox se frottaient
déjà les mains devant les perspectives de profits que le film allait engendrer.
Durant
les pauses et le tournage, elle fut photographiée par Bob Henriques (
,
,
), Elliott Erwitt (
,
,
,
) et Sam Shaw. Ce dernier
connaissait Joe DiMaggio pour avoir réalisé un documentaire sur lui.
Shaw
avait été engagé par Charles Feldman (
),
l'agent de Marilyn afin de travailler pour la Fox et faire des photos du
tournage ; il deviendra un de ses amis.
Son
ami le journaliste Sidney Skolsky
fut également présent lors du tournage (
) et elle reçut la visite du directeur de
casting de la Fox, Ben Lyon (
).
Le soir, les DiMaggio assistèrent à une représentation de la pièce « Teahouse of the august moon » :
Sur
le tournage (
,
,
,
,
), la cohabitation entre le
réalisateur Billy Wilder (
,
) et Natasha Lytess (
,
) se déroula bien.
Marilyn
souffrit d’une infection pulmonaire et fut soignée par le médecin de la
Fox, le Docteur Lee Seigel.
Le
tournant décisif de l'union de Joe et Marilyn, eut lieu le mercredi 15 septembre, jour où le
journaliste Walter Winchell
persuada Joe de se joindre à la foule de plusieurs centaines de curieux qui
attendaient pendant des heures, devant le Trans-Lux Theater, sur Lexington
Avenue au coin de la 52nd Street, pour voir enfin la jupe plissée de Marilyn
s’envoler, en dévoilant ses jambes, au dessus d’une bouche de métro. La scène
fut tournée vers une heure du matin, au milieu d’une foule qui poussait des
hourras chaque fois que la jupe de Marilyn s’envolait, sous l’effet du courant
d’air provoqué par un énorme
ventilateur installé en dessous d’une grille de métro (
).
Il
y eut quinze prises et le tournage dura cinq heures (
,
,
;
;
,
;
,
,
;
).
Le
tournage de cette scène était essentiellement publicitaire : en effet tout le
monde savait qu'elle serait de toute façon tournée au studio de la Fox car les
bruits ambiants couvraient complètement les dialogues, il n'y avait pas assez
de liberté de mouvement à cause de la foule et le ventilateur utilisé ne
produisait pas l’effet désiré.
Sur
le tournage elle eut la visite du journaliste Earl Wilson accompagné par
l’actrice italienne Gina Lollobrigida :
.
Amy
et Milton Greene étaient également présents aux côtés de Joe.
La
scène et les acclamations du public mirent
Joe dans une colère noire : il devint fou de rage et rentra immédiatement
au St Regis Hotel. Au retour de Marilyn à l’hôtel, ils eurent une violente
altercation, et l’on rapporte que Joe devint brutal. On entendit des pleurs et
des éclats de voix provenant de leur chambre.
Le
lendemain, Marilyn arriva pleine d’ecchymoses sur le tournage. Whitey Snyder (
,
) la maquilla et camoufla les
bleus.
Ce
fut Gladys Rasmussen qui la coiffa durant le tournage (
,
).
Au cours du tournage, elle rencontra un de ses plus grands fans, James Haspiel.
Elle posa
également pour une séance photo avec Richard
Avedon pour le magazine Harper’s Bazaar (
,
,
).
Le jeudi 16 septembre : elle rentra à Los Angeles avec Joe
(
,
,
,
,
) dans leur maison de North Palm
Drive.
Au
retour à Hollywood, pour terminer les scènes du film en studio, Marilyn appela
Billy Wilder et lui annonça qu’elle ne pourrait venir travailler, étant malade,
alitée avec un gros rhume qui se transformait en pneumonie.
La
durée du tournage était passée de 35 à 48 jours et le film ne fut réellement
achevé que fin novembre.
Contre l’avis de son médecin, mais à la grande joie
de Billy Wilder, Marilyn vint travailler quelques jours en studio, entre le samedi 18 septembre
et le vendredi 1er octobre (
,
).
Joe devait repartir pour New York. Conscient qu'il
ne voulait pas perdre Marilyn et admettant que son comportement était
critiquable, il tenta de faire amende honorable auprès de Marilyn, mais
celle-ci fut inflexible.
Le
lundi 27 septembre : Joe partit pour New
York et Cleveland pour ses émissions télévisées, les « World
Series », où il commentait les matchs des Yankees de New York.
Il
logea avec son ami George Solotaire au Madison Hotel.
Pendant
les quelques jours qui suivirent, Marilyn fut en contact permanent avec Mary Karger Short (la
sœur de Fred Karger), la
première personne informée de sa rupture avec DiMaggio.
Elle fit également venir Inez Melson depuis sa maison de
Laurel Canyon, pour s'occuper d'elle.
OCTOBRE :
Le samedi 2 octobre : Joe rentra de New York ; il
trouva Marilyn en train de prendre son petit-déjeuner avec Sidney Skolsky, son
ami journaliste.
Marilyn
lui annonça qu’elle mettait fin à huit mois et treize jours de vie commune, et
qu’elle avait déjà contacté son avocat pour engager une procédure de divorce.
De
plus, ayant fait part de ses intentions à Darryl Zanuck, celui-ci interdit
l’entrée des studios de la Fox à Joe.
Le lundi 4 octobre : Marilyn appela Billy Wilder et lui
annonça qu’elle est souffrante et qu’elle ne pourrait, une nouvelle fois, venir
travailler.
Ensuite,
elle appela Harry Brand, chef de publicité de la Fox et lui annonça qu’elle a
confié son dossier de demande de divorce à Jerry Giesler, l’un des grands
avocats d’Hollywood. Il plaiderait pour elle et elle espérait que l’affaire
serait vite réglée.
Harry
Brand lui répondit qu’il s’occupait de tout ; de fait, les agents de
publicité des grands studios exerçaient leurs pouvoirs exorbitants en
s’immisçant ouvertement dans tout ce qui touchait leurs stars, que ce soit les
naissances, les mariages, les divorces, les maladies et les décès.
Il
annonça officiellement que le couple allait divorcer à l’amiable.
Il
câbla aux agences de presse une brève annonce : le mariage des deux stars
mondiales se brisait pour « incompatibilité résultant des conflits imposés
par leurs carrières respectives », parue dans le Times de Los Angeles
du 6 octobre 1954.
Le lundi
4 octobre, elle
assista à la pré projection de « There’s no business like
show-business » (
,
,
). Etaient aussi présents Milton
Greene, Irving Berlin, Joan Collins, Bing Crosby, Olivia DeHavilland, Judy
Garland, Joseph Mankiewicz et Donald O’Connor.
Le mardi 5 octobre :
La
maison de North Palm Drive fut assiégée par une centaine de journalistes et de
photographes.
Dans
la villa, Giesler était assis au chevet de Marilyn qui, au fond de son lit,
subissait les effets du sédatif
administré par son médecin et ami, le gynécologue Leon Krohn.
Elle
signa un document d’une page et demie où elle réclamait le divorce en alléguant
que pendant les huit mois que dura son mariage, elle avait enduré de
« graves angoisses et souffrances morales et que tous les actes du
défendeur n’étaient pas la conséquence d’une faute de la plaignante ».
La
plainte fit valoir que le couple s’était séparé le 27 septembre lorsque Joe était
reparti sur la côte est, qu’il n’y avait pas de pension alimentaire, ni de
propriété à partager.
L’avocat
Jerry Giesler descendit retrouver Joe et lui tendit les papiers en l’informant
qu’il avait dix jours pour contester cette demande avant qu’un décret par
défaut ne soit prononcé. Joe ne dit rien, mit les papiers dans sa poche et se
planta devant la télévision.
Giesler
quitta la villa, avertissant les journalistes qu’une réconciliation semblait
impensable mais que le divorce se déroulerait à l’amiable.
Le mercredi 6 octobre : vers 10 heures, Joe avec Reno Barsocchini (
), son ami et
témoin du mariage avec Marilyn, quitta
la maison de North Palm Drive (
). Depuis sa voiture, il déclara aux
journalistes qu’il se rendait chez lui, à San Francisco, et qu’il ne
remettrait pas les pieds à Los Angeles.
Il
est dit que Joe ne partit pas directement à San Francisco, mais qu'il alla passer quelques jours chez le Dr Leon Krohn
sur North Roxbury Drive, qui s’était autant attaché à Marilyn qu’à Joe. Selon
Krohn, Marilyn appela Joe tous les soirs.
Vers 10h55 Marilyn et son avocat, Jerry Giesler,
annoncèrent à la presse, devant la maison de North Palm Drive (
,
,
,
), qu’une procédure de
divorce était engagée (
,
,
,
).
Effondrée, elle se dirigea vers une voiture qui l’emmena d’abord chez Leon Krohn, ensuite au studio
(
,
,
;
). Deux heures plus tard, elle
était revenue et se couchait.
Joe
ne considéra pas l’engagement de la procédure de divorce comme la fin de leur
relation ; il pensait qu’il pouvait regagner Marilyn et qu’elle subissait
simplement de mauvaises influences.
Le jeudi 7 octobre : dès 9 heures du matin, Marilyn fut
de retour sur le plateau de «The seven year itch ».
Joe
tint une conférence de presse à San Francisco (
,
).
Le mardi 26 octobre : la veille de la première
convocation officielle préalable au
divorce, Joe fit une dernière tentative, de retrouver Marilyn : il appela
Sidney Skolsky à la rescousse et essaya de persuader Marilyn de changer d’avis.
Mais elle n’en fit rien.
Le mercredi 27 octobre :
Sidney Skolsky accompagna
Marilyn et l’avocat Jerry Giesler au tribunal de Santa Monica (
,
,
,
,
,
,
,
;
,
;
,
,
;
,
,
).
Marilyn
comparu devant le juge Orlando H. Rhodes. Elle lui dira :
« Votre
Honneur, Mon mari était parfois d’une humeur si noire qu’il restait sans
m’adresser la parole pendant cinq jours, même sept jours de suite. Encore plus
même quelquefois. Je lui demandais : « qu’est-ce qui ne va
pas ? ». Pas de réponse (…) Il m’interdisait de recevoir des
visites ; en neuf mois, je n’ai reçu que trois fois des amis (…). La
plupart du temps, il ne me témoignait que froideur et indifférence. »
Natasha
Lytess s’était proposée de témoigner mais Marilyn l’en dissuada.
A
la barre se présenta alors Inez
Melson (
) qui déclare d’une voix tranquille : «Mr DiMaggio était
complètement différent et se souciait peu du bonheur de Mrs DiMaggio. Je l’ai
vu la repousser et lui dire de lui ficher la paix ».
Joe
se tint à l’écart des débats, et Marilyn obtient un divorce provisoire (
) (il ne
deviendra effectif que dans un an), pour les raisons officielles suivantes :
« Depuis
le début de leur mariage, l’accusé a témoigné envers la plaignante d’une grande
cruauté mentale, provoquant ainsi de graves souffrances psychiques, et une
grande angoisse, tous actes et comportements de la part de l’accusé ne pouvant
être imputés à la plaignante ; l’accusé est donc coupable d’avoir provoqué
la détresse mentale de la plaignante, ses souffrances et son angoisse ».
Le
jugement définitif de divorce sera prononcé par le juge Elmer Doyle, en faveur
de Marilyn, pour le motif de cruauté mentale (équivalent à l’incompatibilité
d’humeur dans notre code civil français) en 1955.
NOVEMBRE :
Marilyn
logea pendant environ un mois dans un luxueux duplex au 8336 Delongpré Avenue, West Hollywood.
Le jeudi 4 novembre : fin du tournage
de « The seven year itch ».
La
Fox lui assura qu’elle recevrait un
bonus de 100 000$ pour «The seven year itch », et qu’elle tournerait
« How to be very, very popular », avec un scénario écrit pour elle
par le très prolifique scénariste de la Fox, Nunnally Johnson.
Le vendredi 5 novembre : elle enregistra les airs de « There's
no business like show business » avec son professeur de chant, Hal
Schaefer. L'enregistrement avait été repoussé au mois de juillet, suite à la tentative de suicide de
Schaefer.
Le
soir, ils dînèrent chez une autre élève de Schaefer, Sheila Stuart, qui
habitait Waring Avenue, à West Hollywood.
Le détective privé Philip Irwin (il travaillait pour l’agence City Detective and Guard Service de Barney Ruditsky) que Joe avait engagé pour surveiller Marilyn depuis la mi-octobre (de toute évidence pour rassembler des torts contre elle), annonça à Joe qu’en filant Marilyn, il l'avait vue se rendre à la même adresse qu’Hal Shaefer, au 8122 Waring Avenue
(
), qui était l’adresse de Sheila Stuart (actrice et élève de Shaefer,
qui en compagnie de Harry Giventer, avait trouvé Shaefer inanimé en juillet).
Averti
par le détective, Joe se présenta sur les lieux, et fou de rage, voulut forcer
la porte de l’appartement où se trouvait Marilyn, certain de la découvrir dans
une situation compromettante.
Le
détective attendit quelques minutes et appela Frank Sinatra à la rescousse, qui
arriva à l’angle des avenues Waring et Kilkea avec quelques hommes de main
(Sinatra prétendit être resté dans une voiture un peu plus loin). Vers 23h30, la
porte vola en éclats. Le flash du détective crépita sur une silhouette : une
femme de trente-sept ans du nom de Florence Kotz, qui redressée dans son lit,
les yeux exorbités, appelait à l’aide.
Ils
n’étaient pas parvenus à localiser
l’appartement de Sheila Stuart qui se situait un peu plus loin. Le vacarme
alerta Sheila et Marilyn qui profitèrent de la mêlée pour déguerpir.
Cet
événement sera largement commenté dans la presse du 6 et 7 novembre.
Cette
histoire est restée dans les mémoires comme le « raid sur la
mauvaise porte » (
).
Florence Kotz attaqua Sinatra et DiMaggio en réclamant 200 000$ de
dommages et intérêts. Sinatra nia toute participation à cet acte de commando,
et quatre ans plus tard (soit en 1958) l’affaire fut classée par la Cour
Suprême de Californie après que l’avocat de Sinatra, Milton Rudin, eut trouvé un
arrangement à l’amiable (versement à Florence Kotz de 7 500$).
En
1957
le Sénat de l’Etat de Californie décida d’examiner de près les activités de certains
détectives privés et fit comparaître plusieurs personnes, dont Philip Irwin.
Frank Sinatra aussi fut amené
à comparaître (
), mais il nia avoir participé à l’effraction. Irwin déclara,
lui, que Sinatra avait aidé DiMaggio à enfoncer la porte. Comme il y eut deux
versions différentes, le Grand Jury fut saisi.
Les
avocats de Frank Sinatra chargèrent le détective privé Fred Otash de trouver des
informations permettant de contrer les allégations d’Irwin.
Officiellement,
on ne sut jamais la fin de l’affaire ; les débats du Grand Jury
s’ensablèrent, les jurés transmirent le dossier au Chief of Police (le préfet
de police), au cas où il y aurait d’autres
témoignages. DiMaggio ne fournit jamais sa propre version.
Le samedi 6 novembre : pour fêter la fin
du tournage de « The seven year itch », Charles Feldman (
,
) organisa une réception au
restaurant Romanoff’s (
,
) à Beverly Hills en l’honneur de
Marilyn.
Elle
était accompagnée du photographe Sam Shaw.
Entre
autres des quatre-vingt invités de marque, il y avait Billy Wilder (
,
,
), Humphrey Bogart (
), Lauren Bacall,
Claudette Colbert, William Holden, James Stewart, Doris Day, Susan Hayward (
),
Gary Cooper, Loretta Young, George Burns, Clifton Webb (
,
),
Clark Gable (
,
), Darryl Zanuck (
,
,
), Jack Warner, Sam Goldwyn, Tom
Ewell (
,
) et Sidney Skolsky (
,
) ; tous la
complimentèrent : Marilyn était enfin acceptée du tout Hollywood.
Mais
ce n’était pas seulement un geste amical et généreux de la part de Charles
Feldman : la première des raisons était que cette soirée était la réponse
aux récriminations, qui ne faisaient qu’empirer avec le temps, de Zanuck contre
Marilyn, ses absences, ses retards et ses bafouillages qui obligeaient l’équipe
technique à effecteur de nombreuses prises d’une même scène. Pour Feldman, ces
reproches étaient ridicules. Le jour même où
elle achevait « There's no business like show business » elle partait
pour New York tourner « The seven year itch».
Son
divorce l’avait rendue indisponible une semaine, certes, mais elle avait
travaillé quinze jours consécutifs. Il ajouta que comme Zanuck le savait bien,
vingt prises ou plus étaient chose courante pour un réalisateur méticuleux.
Du dimanche 7 au vendredi 12 novembre :
Marilyn
fut hospitalisée au Cedars
of Lebanon Hospital de Los Angeles pour une endométrite.
Elle
fut opérée par le Dr Leon Krohn le
dimanche 7 novembre. Joe DiMaggio lui rendit
visite (
) et lui tint compagnie. Il lui fit également apporter un grand
flacon de Chanel n° 5 et le bruit courut d’une éventuelle réconciliation.
Elle sortit de l’hôpital le vendredi 12 novembre, tentant d’échapper à la foule des journalistes qui l’attendaient
Malgré
des mois de tension importante et un divorce, Joe et Marilyn continuaient à se
voir.
Elle
dîna avec lui au restaurant Villa
Capri (
). Pour fêter
les quarante ans de Joe (né un 25 novembre), elle lui offrit une montre en or
qu’il portera des années (jusqu’au jour où elle fut écrasée lors d’un accident
de la circulation sans gravité).
Elle
logea pendant quelque temps aux Voltaire
Apartments à West Hollywood.
Sidney
Skolsky continuait de l’accompagner un peu partout, que ce soit au Tiffany Club
ou au Palm Springs Raquet Club.
Elle
rencontra aussi la poétesse anglaise Edith Sitwell, chez des amis et à qui elle
avoua son sincère intérêt pour la poésie. Dame Edith lui répondit qu’elle serait
heureuse de l’inviter à déjeuner si d’aventure Marilyn se rendait à Londres.
Le vendredi 19 novembre, accompagnée de Sidney Skolsky, alla voir Ella Fitzgerald qui se produisait au El Mocambo
Le lundi 22 novembre : Marilyn se rendit chez Charles Feldman.
Elle ne lui parla pas de son projet de partir à New York et se comporta comme
si elle avait l'intention de la garder comme agent.
Feldman
lui donna un exemplaire d'une comédie légère de Terence Rattigan, « The
sleeping prince ». Laurence
Olivier et Vivien Leigh avaient joué la pièce à Londres en cette année
1954.
Depuis
le mois de février, Feldman posait des jalons pour acheter le rôle pour
Marilyn. Il voulait qu'elle joue la danseuse avec Richard Burton dans le rôle
du prince.
Semaine du 27 novembre : Marilyn arriva au bureau de Frank
Ferguson à la Fox et lui demanda des copies de ses contrats. Etonné, Ferguson
lui demanda pourquoi c'était elle et non son avocat ou son agent, qui venait
réclamer les papiers. Marilyn lui répondit qu'ils n'étaient pas au courant.
Il
lui transmit les papiers mais contacta l'avocat de Marilyn, Lloyd Wright, qui
lui-même contacta Feldman pour le tenir au courant de la démarche de Marilyn.
Mais elle avait déjà envoyé les copies de ses contrats à Milton Greene et à son
avocat Frank Delaney.
Frank
Delaney étudia les documents et découvrit que quelques mois auparavant, la Fox,
après la suspension de Marilyn, ne lui avait pas rajouté le temps non utilisé
sur son contrat, comme le voulait la coutume. Selon lui, la Fox avait mal
calculé le nombre de jours pendant lesquels le studio pouvait attendre avant de
renouveler le contrat de Marilyn. Cette erreur technique, selon Delaney,
rendait le contrat de Marilyn, signé en 1951, nul et non avenu. Elle avait donc
commencé « The seven year itch » sans contrat
valable. Le
tournage étant terminé, elle était libre de faire ce qu'elle voulait.
Frank
Delaney rédigea les documents fondant les Marilyn Monroe Productions, et Milton
Greene s'envola pour Los Angeles afin de les lui apporter.
Lassée
d’être distribuée dans des rôles stéréotypés par des directeurs de studio sans
imagination, écoeurée à l’idée de devoir passer sept ans de plus à la Fox et
ulcérée de voir que les 100 000$ promis pour « The seven year itch»
tardaient à venir, elle aspirait à de meilleurs scénarios, à des rôles plus
ambitieux et au droit de choisir ses films et ses metteurs en scène.
Elle
savait qu’au printemps la Fox aurait besoin d’elle pour la promotion de
« The seven year itch », elle savait également qu’elle était la plus
grande star du cinéma américain et elle était prête à tenter sa chance.
Décidée
à ne plus subir les humeurs d’un patron ou d’un mari capricieux, elle se
sentait attirée par Milton, non seulement parce qu’il savait la photographier
comme aucun autre, mais parce que précisément il était extérieur au système.
Pas
plus qu’elle, il ne savait négocier le
montage d’un film, car il ignorait tout du métier de producteur, de la gestion
d’un budget ou des ficelles qui régissaient l’élaboration d’un film. D’une
certaine façon cette entreprise était un coup de folie pour l’un et l’autre,
mais Marilyn voulait qu’il en soit ainsi. Refusant de n’être qu’un sex-symbol,
une partie d’elle-même aspirait à devenir une véritable actrice. Il en allait
de même pour Milton Greene qui ne voulait pas rester un simple photographe.
Elle
avait aussi le sentiment que l’amitié qui liait Charles Feldman et Darryl
Zanuck lui était préjudiciable. Son agence avait le plus de contrats avec la
Fox qu’aucune autre agence artistique locale. Cela ne convenait pas à Marilyn. Feldman
ne défendait pas forcément au mieux ses intérêts quand celle-ci se battait pour
la révision de son contrat.
A
ses yeux, quiconque entretenait des rapports avec les studios était suspect.
Elle
quitta donc Feldman, rompant là encore son contrat, bien qu’elle lui fut
redevable de la somme de 23 350$ qu’il lui avait prêté à titre
personnel ; il avait avancé cet argent pour que Marilyn puisse acquérir
les droits d’une œuvre qui ne sera jamais adaptée, pour payer Natasha Lytess,
pour payer ses avocats et pour passer commande d’un scénario original.
Feldman
ne la poursuivra pas en justice, mais il attendra cinq ans avant que Marilyn ne
lui rende la somme prêtée.
Sur
les conseils de Milton Greene elle se tourna vers Lew Wasserman (
), dirigeant de la MCA (Music Corporation of America). Celui-ci
i fit en sorte que Marilyn soit représentée à Los Angeles par lui et ses
collègues, et à New York par Jay Kanter et Mort Viner. Marilyn savait que
Wasserman était l’agent le plus puissant d’Hollywood. Il avait réussi à
négocier un contrat historique pour James Stewart : l’acteur recevait au
départ un cachet moins important mais touchait en contrepartie un pourcentage
sur les recettes de ses films. Ce contrat fut à l’origine du fameux
« contrat au pourcentage » qui
révolutionna le système de rétribution des acteurs, et leur permis de devenir producteurs, puis
acteurs-producteurs-scénaristes-metteurs en scène, faisant d’eux de véritables
hommes-orchestres à Hollywood.
En
attendant de prendre une décision, elle disparut et se retrancha dans l’appartement
d’Anna Karger, sur Harper Avenue.
DECEMBRE
:
Le
jeudi 2 décembre,
Marilyn donna une interview au Beverly Hills
Hotel (
,
,
,
).
Le
soir, elle assista avec Milton Greene à la
première apparition publique de Sammy Davis Jr, après son accident ; ils
assistèrent au spectacle de Mel Torme au Crescendo Club de Los Angeles (
,
,
,
,
) puis dînèrent chez
des amis (
,
,
).
Le samedi
4 décembre,
elle était au Palm Spring Racquet Club avec Charles Feldman (
,
) et Charlie Farrell
(propriétaire du Racquet Club) (
,
); Milton Greene était également présent (
).
Charles Feldman reçut sa lettre de licenciement,
datée du 11 décembre.
Après avoir renvoyé son agent et son avocat, Marilyn
fit savoir à la Fox que désormais, le studio devrait traiter directement avec
elle ou avec son nouvel avocat, Frank Delaney. Elle indiqua également qu'elle
n'avait plus aucune obligation envers le studio.
Le jeudi 16 décembre : sortie de « There's no business like show
business » (
;
,
,
) ; le mauvais accueil
réservé au film bouleversa Marilyn.
Elle
quitta Los Angeles avec Milton Greene et voyagea sous le nom de Zelda Zonk. Natasha Lytess, Anna Karger et Joe
DiMaggio étaient les seuls au courant de son départ d’Hollywood
Ce
fut Amy Greene qui vint les
chercher à l'aéroport.
Marilyn
habita à Fanton Hill Road, la maison des Greene située à Weston, dans le Connecticut et logea dans
la chambre d'amis.
Elle
aimait vivre dans ce coin de la Nouvelle Angleterre, faisant de longues
marches, seule dans la campagne, avec un des chiens des Greene (ils avaient deux setters et un Kerry bleu :
).
Elle
passa Noël chez eux (
,
) pour tracer
les grandes lignes de sa nouvelle vie à New York qui comportait, entre autres,
des sorties à Broadway et des cours avec Lee Strasberg à l’Actors Studio.
Ce
fut dans la chronique de Louella
Parsons son amie et alliée, dans le Herald
Examiner, que Marilyn expliqua au public pourquoi elle avait quitté la Fox.
Cette
année là elle fit une nouvelle séance photo avec Philip Halsman (
,
,
,
,
).
Elle
reçut le « Exhibitor Laurel
Award » (
)par la Film Buyers of the Motion Picture Association de la « Number
One Screen Star ».
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