1955
JANVIER :
Le vendredi 7 janvier : Milton Greene réunit une
conférence de presse avec quatre-vingt journalistes, quelques amis et plusieurs
partenaires potentiels chez Frank
Delaney (
,
), un de ses avocats (les avocats
Frank Delaney, Irving Stein et Lloyd Wright travaillèrent avec
Milton Greene à la création des Marilyn Monroe
Productions), sur la 64ème Rue.
Marilyn n'avait pas été vue en public depuis plus de trois semaines, et la curiosité des journalistes était à son comble
Les
journalistes Dorothy Kilgallen
et Walter Winchell, hostiles
à Marilyn, furent les seuls absents.
Elle
annonça elle-même officiellement la création de la maison de production Marilyn
Monroe Productions, dont elle était présidente avec 51% du capital, et Milton
Greene le vice-président avec 49% du capital.
Lorsqu’on
lui demanda comment elle entend concilier cela avec la Fox, Delaney répondit qu’elle n’était plus
sous contrat avec la Fox et qu'elle envisageait de travailler pour la
télévision.
La
Fox convoquera une conférence de presse et annoncera que Marilyn était bel et
bien encore sous contrat avec le studio et qu’elle leur devait encore quatre
ans.
A
la réception qui suivit l'annonce de la création de sa maison de production,
elle était vêtue d’une robe de satin blanc et d’un manteau d’hermine (crées par
le couturier Norman Norell) et
portait des boucles d'oreilles de chez Van Cleef & Arpels, les premiers
véritables diamants qu'elle porta (
,
,
).
A
cette soirée assistèrent entre autres Elsa Maxwell (
,
), le dramaturge Sidney
Kingsley, le compositeur Richard Rodgers (ami de Milton Greene), Janet Leigh et
Tony Curtis, et Marlène Dietrich (
,
,
), qui proposa à Marilyn de
passer chez elle, sur Park Avenue, plus tard dans la soirée, pour prendre un
verre.
Marilyn
fêta l’événement le soir, avec les Greene au Copacabana Club, un
night-club où se produisait Frank
Sinatra. Celui-ci les emmena dîner au « Club 21 ». Ils passèrent
ensuite chez Marlène Dietrich.
Frank
Delaney, en annonçant que Marilyn n’était plus sous contrat avec la Fox,
n’avait évidemment pas parlé à la légère.
Il
avait calculé avec soin le nombre de jours de mise à pied dont Marilyn avait
été l’objet depuis le début de 1954, de même qu’il avait vérifié la date à
laquelle la Fox était tenue de renouveler son contrat pour « There's
no business like show business » et pour « The seven year itch».
En
tardant à renouveler la signature du contrat et à mettre par écrit la promesse
verbale d’une prime de 100 000$ pour « The seven year itch», le
studio s’était légalement mis dans ses torts.
Delaney
mit aussi en avant le fait qu’il semblait légalement impossible que Charles Feldman soit l’agent
de Marilyn et le producteur du film (« The seven year itch») sans qu’il y
ait eu consentement préalable de Marilyn. Légalement, ce dernier point qui
n’avait fait l’objet d’aucun document écrit, faisait de « The seven year itch», une production à
part. C’est pourquoi Delaney n’avait pas tort lorsqu’il disait que la
production de « The seven year itch » mettait un terme au contrat de 1951
entre Marilyn et la Fox.
Comme
il fallait s’y attendre, il y eut une levée de boucliers à la fois de la part
de la Fox et de Milton Greene.
Les
studios commencèrent par menacer Marilyn d’une mise à pied. Vaine menace, car
dans la mesure où le tournage de « The seven year itch » n’était pas
officiellement terminé et que la production avait encore besoin de Marilyn pour
les dernières prises qui devaient avoir lieu en janvier à Hollywood, cette
dernière continuait à percevoir son cachet hebdomadaire. La Fox annonça aussi
qu’elle était décidée à prendre d’autres sanctions si Marilyn ne se présentait
pas pour le tournage de son prochain film « How to be very, very
popular », dans lequel elle était censée jouer une strip-teaseuse, ce
qu’elle n’avait nullement l’intention de faire.
Le dimanche 9 janvier : elle s’envola pour Hollywood
en compagnie de Milton Greene, pour faire les dernières prises de « The
seven year itch », en studios. Elle passa le dimanche soir chez elle à Doheny Drive, et se présenta, le
lendemain, lundi 10 janvier, à
10 heures, au studio.
On
lui demanda de revenir le lendemain pour terminer un travail publicitaire dans
la galerie de portraits. Milton Greene était d'accord, puisque ce travail était
en relation avec « The seven year itch ». Mais le studio la convoqua
également pour « des essayages ».
Le
mardi 11 janvier,
Marilyn et Milton Greene assistèrent au show de Sammy Davis Jr au Ciro's, un
night-club de Los Angeles (
,
,
,
,
,
).
Le mercredi 12 janvier : elle travailla dans la galerie de
portraits jusqu'à 16 heures et accepta de terminer la séance le lendemain. On
lui apporta la convocation pour les essayages de costumes en vue du tournage de
« How to be very, very popular » pour le lendemain matin, à 10
heures 30.
Le jeudi 13 janvier : Marilyn arriva au studio et gagna
directement sa loge. Des assistants la coiffèrent et la maquillèrent pour le
rendez-vous de 13 heures dans la galerie de portraits. Mais Marilyn ne s’y
rendit pas.
Craignant
qu'elle ne prenne la fuite avec Milton Greene, la Fox lui ordonna de se
présenter le samedi 15, à Nunnally Johnson (scénariste
de « How to be very, very popular »), pour le travail de pré
production.
Le samedi 15 janvier : Marilyn partit pour New York. La Fox la
suspendit pour ne pas s'être présentée au studio.
Joe DiMaggio la suivit de peu, et
s'installa à New York.
Marilyn,
elle, s’installa au Gladstone
Hotel, 52ème rue, près de Lexington.
Elle
y emménagea le mercredi 19 janvier, aidée par DiMaggio. Sam Shaw, son ami photographe, qui
connaissait les propriétaires de l'hôtel, avait tout arrangé pour qu'elle
puisse s'y installer.
Milton
Greene lui avait loué une suite qu’elle habitera jusqu’en mars, jusqu’à son
installation au Waldorf Astoria.
Ainsi
elle pourrait recevoir les journalistes, donner des interviews et profiter de
tous les loisirs qu’offrait New York.
Elle
serait aussi plus près du studio de Milton, 480 Lexington Avenue, et où
réunions de travail (
,
;
,
) et séances de photo
étaient fréquemment programmées (
-
,
,
,
-
,
-
).
A
cette époque elle vivait à New York la semaine, et passait ses week-ends chez
les Greene, dans le Connecticut.
Les
Greene l’introduisirent dans leurs nombreux cercles professionnels et autres.
A
Manhattan, l’avocat-conseil des Marilyn Monroe Productions, Irving Stein,
travaillait d’arrache-pied. Homme intègre, Stein était un vieil ami de Frank
Delaney, l’avocat de Greene, qui l’avait fait entrer aux Marilyn Monroe
Productions.
Il
ne ménageait pas sa peine bien qu’il ne fût pas toujours payé régulièrement.
Car jusqu’à ce que Milton Greene hypothèque sa maison du Connecticut, ce
printemps-là, pour parer au plus pressé et couvrir les frais généraux (comme le
loyer de Marilyn à New York), la compagnie ne disposait d’aucun capital.
Au
cas où la Fox intenterait un procès à Marilyn, Stein lui conseilla de devenir
résidente du Connecticut, où, autre avantage, l’impôt sur le revenu n’existait pas.
C’est
ainsi que fin janvier, elle fit une demande de permis de conduire et s’inscrit
sur les listes électorales du Connecticut.
Tout
aussi capitale, Irving Stein l’avait compris, était la relation de Marilyn avec
DiMaggio. Celui-ci lui avait rendu visite à New York pendant les vacances de
Noël et avait passé au moins une nuit avec elle à l’hôtel. D’un point de vue
stratégique cette relation pouvait devenir un handicap ou au contraire un atout
pour la compagnie, car de toute évidence, Marilyn était encore dépendante de DiMaggio (
).
Lorsque
Milton et Marilyn se rendirent à Boston le
dimanche 23 janvier pour rencontrer un partenaire éventuel (Henry Rosenfeld ), Joe DiMaggio
se présenta à l’improviste à l’hôtel, et Marilyn laissa Milton en plan pour
aller passer cinq jours chez le frère de Joe, Dominic, à Wellesley, en banlieue
de Boston (Massachusetts) (
,
,
).
Marilyn
lui demandera souvent conseil, l’écoutera et suivra ses directives, notamment
quand il lui conseilla de renégocier son contrat avec la Fox.
Henry
Rosenfeld était un riche fabricant de prêt-à-porter ; à cette époque il
était à Boston pour affaires. Il avait diversifié ses activités
professionnelles et Milton Greene espérait bien le convertir à la production
cinématographique.
Rosenfeld
fut séduit par Marilyn, mais il n'était pas le gros investisseur dont Greene
avait désespérément besoin.
Il
refusa de cautionner financièrement les Marilyn Monroe Productions.
Joe
et Marilyn rentrèrent à New York et Milton Greene, défait, rentra dans le
Connecticut.
Joe
apprit son élection au Base-ball
Hall of Fame :
.
Milton
Greene s’occupait de la valorisation financière du principal capital de la
société, préparait des projets de film et travaillait avec son équipe d’avocats
à renégocier le contrat de Marilyn avec la Fox.
Marilyn
se retrouva à court d’argent, et Milton Greene pensa qu’elle devait continuer à
mener sa vie de star ; il hypothéqua jusqu’à son dernier sou.
En
ce début d’année, Marilyn passa un week-end dans le Connecticut chez Fleur
Cowles, du magazine Look, qui travaillait avec Milton
Greene. Elle y rencontra l’humaniste Bertha
Spafford-Vester :
.
Le
mercredi 26 janvier, Marilyn fit une interview au Gladstone Hotel (
,
,
,
) avec le journaliste George
Carpozi Jr et le photographe George
Miller, puis se promena dans Central Park avec le photographe (
,
,
).
FEVRIER :
Le mardi 1er février : Sam Shaw, son
ami et photographe, l'emmena à un dîner offert par Paul Bigelow.
Milton
Greene s'invita avec eux. Ce soir-là, Marilyn était assise face à Cheryl
Crawford, un des plus grands producteurs de Broadway, qui avait fondé avec Elia Kazan et Robert Lewis, l'Actors Studio. Cheryl Crawford
reprocha à Marilyn sa conduite déplorable avec un très bon ami à elle, un homme
d'une formidable intégrité nommé Charles Feldman.
Marilyn
lui expliqua pourquoi elle avait quitté la Famous
Artists : Charles Feldman, peu désireux de mettre en danger sa place au
sein de la Fox, ne s'était pas suffisamment battu pour elle. Ses objections se
limitaient à Feldman en tant qu'agent; elle insista sur le fait qu'elle avait le
plus grand respect pour Feldman en tant que producteur.
Cheryl
Crawford fut charmée, fascinée et impressionnée par Marilyn; elle lui proposa
de discuter de ses problèmes de jeu d'acteur avec le directeur artistique et
professeur principal de l'Actors Studio, Lee Strasberg.
Le vendredi 4 février : Marilyn se présenta à l'Actors Studio.
Elle y retrouva Elia Kazan qui la présenta à Lee Strasberg.
Marilyn,
enthousiasmée par sa rencontre avec Strasberg qui acceptait de lui donner des
cours particuliers, avait désormais de nombreux projets. Elle dût d'abord
trouver un psychanalyste et organiser son emploi du temps pour les cours privés
avec Lee Strasberg. Elle décida aussi de trouver un endroit plus permanent pour
vivre.
Milton
Greene la mit en contact avec le Dr
Margaret Hohenberg, sa propre psychanalyste (il avait été suivi par elle
quelques années auparavant, avant 1953).
Mi-février : elle fréquenta le cabinet du
psychiatre Margaret Hohenberg, à raison de deux séances le matin, et trois
séances l'après-midi par semaine.
Au
cours de ces séances, qui dureront jusqu’en 1957, Marilyn travailla sur le
fait d’accepter les traumatismes de son enfance, son manque d’estime de soi, sa
quête obsessionnelle de l’approbation des autres, son incapacité à nouer des
amitiés durables et sa peur d’être abandonnée.
Ces
séances étaient programmées en fonction du travail de Marilyn avec Strasberg.
La mardi et le vendredi matin, elle allait à l'Actors Studio afin d'assister à
l'atelier de Lee (
,
–
,
,
,
;
,
;
,
).
Trois
soirs par semaine, elle travaillait avec Strasberg chez lui et souvent restait
dîner avec la famille.
Elle
ne tarda pas à se joindre à l'une des classes privées de Lee, qui se réunissait
quatre heures par semaine, dont deux consacrées à des exercices de mémoire
sensorielle et deux au travail de la scène.
Leur
rencontre marqua le début d’une relation personnelle et professionnelle
capitale pour Marilyn et qui dura jusqu’à sa mort.
Elle
vécut une grande amitié avec un de ses
plus fervents fans, James Haspiel
(
,
,
), rencontré lors du tournage
de « The seven year itch ». Elle le laissa venir chez elle et accepta
sa compagnie quand elle sillonnait New York (
,
,
,
).
Il l’aida à faire ses achats
chez Wheelan’s, l’un de ses drugstores préférés, au coin de Lexington Avenue et
de la 93ème Avenue.
Elle
rencontra également le photographe George
Barris, qui travaillait également sur les extérieurs de « The seven
year itch », et plus particulièrement sur la fameuse scène de la bouche de
métro.
Il
prendra des photos d’elle, quelques semaines avant sa mort en 1962.
A
cette époque elle lisait énormément, depuis les sonnets de Shakespeare
jusqu’aux romans de Colette.
L'écrivain
Truman Capote la présenta à l’actrice anglaise Constance Collier, éminent
professeur d’art dramatique qui ne travaillait qu’avec des stars (Audrey
Hepburn, Vivien Leigh).
Marilyn
travailla quelque temps avec elle.
Le samedi 26 février, Marilyn assista à la soirée
d’anniversaire de Jackie Gleason, avec DiMaggio, au Toot’s Shor de New York (
,
;
;
,
,
;
).
Le lundi 28 février : Irving Stein (l’avocat des Marilyn Monroe
Productions) se présenta à l’hôtel Gladstone pour une réunion de travail avec
Marilyn; ils devaient discuter de la meilleure tactique à adopter pour négocier
un nouveau contrat avec la Fox ; Marilyn souhaita en parler à Joe
DiMaggio.
Marilyn
assista à la présentation de la soirée organisée par Mike
Todd et le cirque Ringling Brothers Circus (
), au Madison Square Garden, au
profit de la Fondation pour l’arthrose et les affections rhumatismales qui aura
lieu le 30
mars
MARS:
Le
mercredi 9 mars : première de « East of Eden », au Astor
Theater de New York (
) ;
elle se porta volontaire pour servir d’ouvreuse (
,
). A cette soirée furent
présents, entre autre, son agent new-yorkais de la MCA Jay Kanter (
), Milton Greene (
,
,
), Sammy Davis Jr
(
),,le
journaliste Earl Wilson (
) et l’animateur Milton Berle
La soirée était organisée au profit de l’Actors
Studio, qui avait désespérément besoin d'un lieu à lui. Cette collecte devait
servir à acheter une ancienne église grecque.
Après la projection, elle se rendit à une réception
(
,
,
) durant laquelle les
membres du Studio et ses partisans voulaient tous rencontrer la plus récente
adepte de Strasberg.
Au
cours de cette soirée, Marilyn rencontra Arthur Miller accompagné de sa
sœur, la comédienne Joan Miller
Copeland.
C’est
Miller qui l’aborda et ils parlèrent un moment. Quinze jours plus tard, Miller
appela Paula Strasberg pour
lui demander le numéro de téléphone de Marilyn. Ils se revirent plus tard, à
partir du printemps, chez les Rosten,
et leur liaison commença.
A
cette époque, Miller, après le succès de « Death of a salesman » (« Mort d'un commis-voyageur ») et « The
crucible » (« Les sorcières de Salem »), écrivait une pièce en un acte « A view
from the bridge » (« Vu du pont »), qui devait être présentée à
Broadway à l'automne en même temps qu'une autre pièce en un acte qu'il venait
de terminer.
A
en croire Lee Strasberg et le Dr Margaret Hohenberg, l’enfance chaotique de
Marilyn, son incapacité à entretenir une amitié durable, sa hantise de se faire
manipuler puis rejeter par les autres, son besoin de contenter tout le monde
n’étaient pas nécessairement des éléments négatifs : ils pouvaient lui
fournir en partie une expression et une technique artistiques nouvelles. Mais
la pression était trop forte, les gageures trop nombreuses, les responsabilités
professionnelles trop lourdes. Il lui avait fallu du temps pour partir à la
découverte d’elle-même (c’est la raison pour laquelle elle avait quitté
Hollywood), mais autour d’elle tout n’était qu’urgence. Cela fut évident
presque immédiatement. Elle devint tendue, agitée, incapable de dormir. On fit
venir un médecin, le Dr Philip
Shapiro, qui lui prescrivit des sédatifs et des barbituriques et lui
conseilla d’espacer les séances de psychanalyse, ses sorties et ses réunions de
travail pendant quelques semaines.
Le lundi 14 mars : la Fox envoya à Frank Delaney, l'avocat
des Marilyn Monroe Productions, trois chèques d'un montant qui couvrait les
semaines précédant la suspension de Marilyn. Delaney les renvoya. A partir de
ce jour, la Fox refusa de continuer à traiter avec lui et annonça son projet de
repousser la sortie de « The seven year itch » jusqu'en 1956.
Le jeudi
17 mars :
elle assista, en compagnie de Milton Greene (
,
,
) à une soirée donnée au
Friars Club de New York, avec Milton Berle en maître de cérémonie (
,
,
,
).
Sammy
Davis Jr (
,
) et Dean Martin faisaient partie des
invités (
,
,
,
).
Elle
fit de photos pendant une semaine avec le photographe Ed Feingersh, qui la photographia dans
le métro à Grand Central Station (
,
,
,
), chez Brooks (
,
,
,
) pour essayer les
costumes pour la soirée du 30 mars au Madison Square Garden,
au restaurant Costello(
,
,
), à l’Ambassador Hotel (
,
,
;
;
,
;
,
) au théâtre Morosco, au
restaurant El Morocco
et chez Elizabeth Arden (
,
,
).
Elle
fit la tournée des librairies du Lower Manhattan et acheta plusieurs livres
dont « Ulysse » de James Joyce, la biographie de Gertrude Lawrence
par son mari Richard Aldrich, « Lettres à Terry » et « Lettres à
Mrs Patrick Campbell » de George Bernard Shaw, et « Les anges déchus » de Noël
Coward, qui se jouait à Broadway cette année là.
Le jeudi 24 mars : elle assista à la première de la
pièce « Cat on hot tin roof » (
,
,
,
) de Tennessee
Williams, mise en scène par Elia Kazan, en compagnie des Greene (
,
,
).
Ils
dînèrent ensuite au restaurant El Morocco.
Le mercredi 30 mars : Marilyn assista à la soirée
organisée par Mike Todd et le cirque
Ringling Brothers Circus, au Madison Square Garden, au profit de la Fondation
pour l’arthrose et les affections rhumatismales.
Elle
fit une entrée triomphale vêtue d’un collant très sexy brodé de paillettes et
de plumes, sur le dos d’un
éléphant peint en rose (
), nommé Karnaudi, devant 18 000 personnes (
).
Elle fut
prise en photo par le photographe Ed Feingersh (
;
;
;
,
).
Ce
fut Milton Berle (
,
) qui anima la soirée. Milton
Greene était également présent (
).
Durant
le mois de mars, Marilyn visita le bateau Uss Bennington (
,
,
).
AVRIL :
Marilyn
quitta le Gladstone Hotel et s’installa au n° 2728 Waldorf Tower, dans un trois
pièces au vingt-septième étage
(loué par Milton Greene à l’actrice anglaise Leonora Corbett pour la somme de
1000$ par semaine).
L'appartement
était décoré en bleu et or, avec des touches de blanc.
Milton
paya la location de la suite, la garde-robe et les séances de psychanalyse (125$
par semaine), les soins de beauté et la note de l’hôpital psychiatrique où
séjournait toujours Gladys Baker
(100$ par semaine). Il lui acheta aussi une Thunderbird de sport noire (
).
C’était
l’agence d’Arthur Jacobs qui
s’occupait de la publicité des Marilyn Monroe Productions, tandis que Rupert Allan, attaché de presse
travaillant dans cette même agence, s’occupait de la publicité personnelle de
Marilyn (et s’en occupera jusqu’en 1960).
Arthur
Jacobs et ses associés de la côte Est et Ouest (John Springer et Lois Weber à New
York ; Rupert Allan et Patricia
Newcomb à Los Angeles) étaient chargés de trier les lettres qui arrivaient
par centaines chaque semaine, pour solliciter la présence de Marilyn à des galas,
des dîners de charité ou des interviews.
Marilyn
qui ne voulait pour rien au monde interrompre ses séances chez le Dr Hohenberg
et avec Lee Strasberg, limita les rencontres avec les journalistes et les
séances photo au minimum.
Charles
Feldman, conscient de la situation dans laquelle se trouvait Marilyn, envoya un
de ses agents à New York, pour savoir si elle serait intéressée pour jouer dans
« The sleeping prince » avec Richard Burton, au cas où il en
achèterait les droits. Marilyn fut d'accord mais ne souhaita pas retourner à la
Famous Artists. Elle désigna alors la MCA, rivale de Feldman, pour la
représenter dans ses discussions avec la Fox.
Pour
Milton Greene, le meilleur moyen d’assurer leur indépendance était de compter
sur Lew Wasserman, directeur
de la MCA, pour assurer la distribution des films de Marilyn, produits par les
Marilyn Monroe Productions, et donc, par la même, d’abandonner Charles Feldman.
La
rupture de son contrat avec Feldman la contraignit à rembourser l’avance des 23
000$ qu'il lui avait versé pour couvrir
les frais occasionnés par la recherche d’un nouveau contrat, les dépenses de
salaire de Natasha Lytess et
d’autres besoins professionnels. Feldman mettra cinq ans à récupérer la somme.
La
MCA continuera de représenter Marilyn après la liquidation des Marilyn Monroe
Productions, jusqu’en 1962, où elle choisira l'avocat Milton Rudin pour la représenter.
Le vendredi 8 avril :
Marilyn
participa à une émission de télévision en direct « Person to person », animée par Edward R. Murrow sur CBS.
L’émission
avait été soigneusement préparée pendant des semaines de travail intense (
,
,
), en dépit de l’ambiance
décontractée qui semblait régner sur le plateau.
Le
tournage eut lieu chez les Greene dans leur maison de Weston, Connecticut.
Marilyn
traversa une crise d’angoisse avant l’émission, car elle pensait que son
maquillage trop léger et ses vêtements trop simples la faisaient paraître
insignifiante à côté d’Amy Greene
(
,
,
,
).
Marilyn
fut nerveuse pendant le tournage et ne fut pas satisfaite du résultat (
,
,
,
).
Au
cours de cette émission, Marilyn rendit hommage à tous ceux qui l’avait aidé
dans sa carrière, notamment John
Huston, Billy Wilder,
Natasha Lytess et Michael
Tchekhov.
Le mardi 26 avril, elle participa à la Newspaper Public Convention (ou Banshee Luncheon) au Waldorf Astoria
(
), à
laquelle participaient également Milton Berle (
,
,
), J.Edgar Hoover (
) et la journaliste Hedda Hopper (
).
Fin avril : elle assista aux obsèques de
Constance Collier, décédée à soixante-dix-sept ans, avec qui elle avait suivi
des cours en février. Les funérailles eurent lieu au Universal Funeral Home, à
quelques blocs du Waldorf Astoria.
Truman
Capote était assis à côté de Marilyn.
Elle
fut invitée par Eli Wallach et Anne Jackson, tous deux de l'Actors Studio, à
une fête, au cours de laquelle elle rencontra à nouveau Arthur Miller.
Printemps :
La
première séance de travail de Marilyn avec Lee Strasberg eut lieu ce printemps,
dans l’appartement des Strasberg, au 225 86th Street ; elle ne participera
aux cours de l’Actors Studio que lorsqu’elle se sentira prête, en mai 1955.
Celui-ci
prit entièrement Marilyn sous son aile, s’arrogeant le rôle de gourou, au grand
dam de Milton Greene.
Lee
partageait totalement le ressentiment de Marilyn à l’égard des studios de
cinéma et de la Fox en particulier.
Parce
qu’elle était trop intimidée pour participer aux séances de groupe, Marilyn
avait été invitée à travailler en privé chez Strasberg.
Le
photographe Sam Shaw et sa femme dînèrent plusieurs fois avec Marilyn et Joe
DiMaggio. Lorsque Marilyn déclara qu’elle s’intéressait à la poésie, Sam Shaw
organisa une rencontre avec ses amis, Norman et Hedda Rosten.