Ici s'achève mon chemin...


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1957

JANVIER :

Le mardi 1er janvier : Marilyn reçut le « Award of Achievement » () par le Motion Picture Herald in association with Fame, pour son classement dans le « Top ten money making star » en 1956.

 

Le jeudi 3 janvier : Marilyn et Arthur Miller quittèrent Idlewild Airport (,,) pour la Jamaïque 

(,).

 

Du jeudi 3 au samedi 19 janvier : Marilyn et Arthur Miller passèrent quelques jours à Moon Point en Jamaïque, dans la luxueuse villa de lady Pamela Bird, une aristocrate anglaise ().

 

Le samedi 19 janvier, ils rentrèrent à New York (,,).

 

A cette époque, les Marilyn Monroe Productions en qui elle avait mis tous ses espoirs d’indépendance et de maîtrise de son destin, allaient très mal financièrement. C’est pourquoi elle assumait du mieux possible un rôle socialement acceptable, mais personnellement désastreux, de femme d'intérieur.

La vie avec Arthur était bien souvent d’une triste simplicité, mais il convient de remarquer que Marilyn soutenait financièrement son mari alors que lui-même s’efforçait de l’aider d’un point de vue psychologique après le climat déplorable qui avait été celui du tournage de « The prince and the showgirl ». Marilyn croyait au talent d’Arthur, mais elle ne voyait pas grand-chose de concret : il travaillait très irrégulièrement et n’aboutissait pas à grand-chose.

 

Arthur ayant vendu sa ferme de Roxbury, ils louèrent à  New York un appartement au 444 East 57th Street 

(;,,,), au treizième étage, avec vue sur l’East River. Il se situait juste à côté de l’ancien appartement de Marilyn au 2 Sutton Place South (qui appartenait à Milton Greene).

Leur numéro de téléphone était dans l’annuaire.

Avec le décorateur John Moore, elle fit repeindre les murs en blanc et installer des miroirs du sol au plafond dans le salon-salle à manger, après avoir réuni les deux pièces.

La couleur dominante de l’appartement était le blanc : murs, rideaux, meubles de couleur pâle, piano blanc, canapé, fauteuils.

Marilyn n’était jamais satisfaite du résultat, et elle ne cessait de changer les meubles, les draperies, les accessoires ou les objets d’art, que ce soit à New York ou dans la villa louée pour l’été à Long Island.

Les pièces étaient envahies de livres, de disques. Il y avait aussi un bureau pour Arthur, mais il gardait néanmoins son studio à l’hôtel Chelsea, sur la 23ème rue.

Ils allaient ensemble faire de la barque sur le lac de Central Park. Elle emmenait le basset Hugo se promener (,,). Elle jouait aussi avec plaisir le rôle de belle-mère auprès des enfants de Miller, Jane dix ans et Robert neuf ans (,). Marilyn restera en rapport avec eux, même après son divorce d’avec Miller.

Elle n’accorda presque plus d’interviews sur sa vie privée.

Quand cette année-là, les œuvres dramatiques complètes de Miller sortirent, il les dédia à Marilyn.

 

Elle fit sa dernière séance photo avec Milton Greene (,,,).

 

Le lundi 28 janvier, à New York, Marilyn participa à un défilé de mannequins au Waldorf Astoria, pour la Dime March destinée à aider les enfants atteints de poliomyélite (,,,,).

 

FEVRIER

Le lundi 18 février : Arthur fut inculpé par le Grand jury Fédéral, de deux outrages au Congrès : rétention de preuves et outrage à magistrat. Chacun était passible d'un an de prison et de 1 000$ d'amende.

Ses avocats Joseph Rauh et Lloyd Garrison avaient prévu d'expliquer que les questions auxquelles Miller avait refusé de répondre n'avaient rien à voir avec le but déclaré de son interrogatoire (la demande de passeport).

 

Marilyn commença un traitement au Doctor’s Hospital à New York afin d'être en mesure de mener une grossesse à son terme.

 

MARS :

Le vendredi 1er mars : Arthur Miller comparut devant le juge Charles F. McLaughlin, à Washington.

Il plaida non coupable et le procès fut fixé pour le mois de mai.

Il fut relâché sous la responsabilité de Joseph Rauh jusqu'à ce qu'il envoie une caution de 1 000$.

 

Miller conseilla à Marilyn de changer de psychanalyste (elle était toujours suivie par le Docteur Margaret Hohenberg).

Elle appela Anna Freud, qu’elle avait vu à Londres ; celle-ci lui conseilla sa grande amie d’enfance qui travaillait à New York, Marianne Kris.

Le Dr Marianne Kris avait perdu son mari, Ernest, quelques semaines auparavant, en février ; ensemble, ils s’étaient installés en cabinet privé spécialisé en psychanalyse infantile.

Marilyn la rencontra à son cabinet cinq fois par semaine, jusqu’au début 1961.

A cette époque, le Dr Marianne Kris élaborait un ensemble de principes assez controversés, lesquels lui permettaient, selon elle, de prédire le développement psychologique et les problèmes potentiels d’un enfant ; pour elle, les enfants étaient la clé de la compréhension de la psyché de l’adulte. Elle recevait des patients adultes mais disait que les problèmes qu’ils vivaient étaient entièrement la conséquence d’expériences enfantines.

Marilyn voulait plus que jamais faire face à son « vrai moi », écarter les aspects brillants qui faisaient d’elle une star, affronter ses peurs et ses souvenirs et devenir quelqu’un de bien et de respectable, ce qu’elle doutait toujours d’être.

Mais le Dr Marianne Kris la ramenait sans cesse à son enfance (tout comme Strasberg lors des séances privées). Pourtant Marilyn poursuivit l’analyse, car elle se trouvait en présence de représentations de l’autorité parentale.

Très en vogue dans ces années là, ce type de freudisme n’était pas vraiment efficace parce que la méthode de cinq séances hebdomadaires ne faisait que renforcer la dépendance quasi-enfantine de Marilyn.

Le Dr Marianne Kris, tout comme le Dr Hohenberg, sera incapable (en quatre ans) de diminuer la dose de somnifères de Marilyn.

 

Chaque matin, après sa séance avec le Dr Kris, Marilyn prenait l’ascenseur pour se rendre chez Lee Strasberg (les Strasberg et Marianne Kris habitaient le même immeuble 135 Central Park West, immeuble de Langham), lequel lui imposait une série d’exercices où elle devait penser et agir en enfant. C’était là la clé qui permettait de libérer sa « vraie puissance tragique », et Marilyn le croyait car elle en avait besoin. Tout comme les Dr Hohenberg et Kris, Strasberg savait se rendre indispensable. Marilyn, elle, se posa encore plus de questions.

 

Bien qu'elle n'ait pas envie de reprendre tout de suite le travail, Marilyn devait encore trois films à la Fox, sur les quatre de son contrat; elle n'avait tourné que « Bus stop » pour les studios.

Sa seconde année de contrat commençait le 31 décembre de cette année. N'importe quand après cette date, le studio pouvait lui demander de commencer un film.

AVRIL:

Le lundi 1er avril :

Marilyn et Miller visionnèrent une première version sonorisée de « The prince and the showgirl » ; Marilyn fut très déçue des changements effectués, selon elle, par Milton Greene (elle avait déjà visionné le film en décembre 1956). A ce moment-là, Miller la poussa à se débarrasser de Milton Greene.

En cette période d'attente du procès d'Arthur, la vie de Marilyn ne fut guère tranquille.

Elle voulait que sa maison de production revienne à Arthur et à ses associées, et elle avait déclaré la guerre à Milton Greene. Leur relation avait commencé à se dégrader pendant le tournage de « The prince and the showgirl » l'année précédente.

Marilyn annonça qu'elle coupait tout lien avec lui ; elle l'accusa de mauvaise gestion et dit qu'elle avait espéré bien plus de lui.

 

Les relations personnelles et professionnelles entre Marilyn et Milton Greene se dégradèrent rapidement ; chacun reprochait à l’autre les problèmes survenus au cours du tournage de « The prince and the showgirl » ; ils avaient des soupçons sur leur honnêteté mutuelle ; ils discutaient des projets éventuels et de la place toujours plus grande qu’y tenait Arthur ; enfin, ils prenaient tous deux trop de médicaments. La principale cause de leur rupture fut toutefois la suite de violents élans de loyauté de Marilyn à l’égard d’Arthur, lequel l’encourageait à retirer le contrôle des Marilyn Monroe Productions à un individu qu’il n’aimait pas.

 

Greene pour sa part, souffrait beaucoup de l’attitude dictatoriale d’Arthur à l’égard de Marilyn et de l’avenir des Marilyn Monroe Productions. Son talent était très affecté par l’absorption de Dilantine, un anti-épileptique dont il n’avait nullement besoin, mais à qui on attribuait couramment le pouvoir de décupler l’énergie en augmentant les impulsions électriques du cerveau. La Dilantine était également censée combattre les effets du Nembutal ainsi que des autres barbituriques ou hypnotiques : à un sommeil provoqué succédait une énergie tout aussi artificielle.

 

D’un autre côté, la tentative de mainmise par Arthur, prouvait que Milton n’était plus aussi capable qu’avant de contrôler la situation. Pour Arthur, Marilyn se devait de rompre avec tout ce qui, dans l’esprit de son mari, représentait Milton : les affaires des Marilyn Monroe Productions, une certaine vie sociale, le choix des films.

 

Marilyn dicta à sa nouvelle secrétaire May Reis (ancienne secrétaire de Miller qui s’occupait désormais de Marilyn, gérant les rendez-vous, le courrier et les appels téléphoniques dans un petit bureau situé dans l’appartement) une longue lettre détaillée à Jack Warner ; elle ne câblera cette lettre que le vendredi 22 avril.

Elle disait que Milton Greene aurait dû parer à tout problème de post-production en travaillant avec Laurence Olivier et les monteurs du film. Elle insistait sur le fait que Milton n’avait jamais été considéré comme le producteur exécutif du film. Pourtant dans le contrat signé en 1956 entre les Marilyn Monroe Productions et la Warner, le statut de Milton Greene était clairement défini, avant le tournage du film.

Milton lui réclama 100 000$ pour mettre fin à leur partenariat; Marilyn lui remboursa une partie de son investissement.

 

Le jeudi 11 avril : Robert H. Montgomery Jr, un des avocats de Miller, publia un communiqué expliquant que les Marilyn Monroe Productions avaient été mal gérées par Milton Greene et que ce dernier avait mal informé Marilyn de certains accords contractuels et qu’il menait des négociations secrètes sans son consentement.

Elle allait par conséquent bientôt nommer un nouveau conseil d’administration.

 

Le soir, ils assistèrent à la soirée de gala fêtant le 200ème anniversaire de la naissance de Lafayette, au Waldorf Astoria de New York (,,,,,,).

Elsa Maxwell (,), Gérard Philippe et Jean Marais, entre autres, assistèrent à cette soirée

(,).

 

Le mardi 16 avril : Marilyn annonça que le vice- président des Marilyn Monroe Productions, Milton Greene, l’avocat Irving Stein et le comptable Joseph Carr étaient renvoyés de la société.

Leurs remplaçants étaient Robert H. Montgomery Jr (conseiller juridique de Miller), le beau-frère de Miller, George Kupchik, qui devint le directeur financier de la société de production et George Levine (un ami de Miller qui travaillait comme employé municipal).

Miller lui succéda en tant que vice-président.

 

La réponse publique de Greene fut assez digne : « Il semble que Marilyn ne veuille pas poursuivre dans la voie que nous avions prévue. J’ai pris des avocats pour me représenter, (mais) je ne veux rien faire qui puisse nuire à sa carrière. Je me suis consacré à elle pendant pratiquement un an et demi. J’ai pratiquement abandonné la photographie ».

 

Marilyn, elle se retrouvait dans la même situation que précédemment ; de même qu’elle avait laissé Milton nommer ses amis à la tête des Marilyn Monroe Productions, elle permettait maintenant à Arthur Miller d’en faire autant. Malgré sa colère et ses protestations, elle ne maîtrisait pas plus sa carrière en 1957 qu’en 1954.

 

Marilyn et Milton Greene ne se revirent jamais.

Les hommes de loi batailleront un an jusqu’à ce qu’elle finisse par racheter les parts de Milton Greene pour 100 000$ (ses gains en plus de deux ans de travail)) et celui-ci abandonna sa carrière de producteur. Il reprendra son travail de photographe, mais, l’amertume le gagnera, il  cèdera bientôt à l’alcool et aux drogues. Cependant, il restera toujours courtois envers Marilyn.

 

Marilyn pendant ce temps, continuait son traitement au Doctors Hospital.

 

MAI :

C’est à cette même période que le « raid sur la mauvaise porte » fit les gros titres des journaux (publication de toute l’histoire par le magazine Confidential).

 

Le lundi 6 mai : Marilyn fit une séance photo avec le photographe Richard Avedon, pour la sortie de « The prince and the showgirl » (,,).

 

Le dimanche 12 mai : elle donna le coup d’envoi d’un match de football opposant les Etats-Unis à Israël à Ebbet’s Field 

() à  Brooklyn (New York) (,;;;,,,,).

 Elle tapa si fort dans la balle qu’elle se foula deux orteils. Cette blessure ne l’empêcha pas de rester jusqu’à la fin du match et de remettre le trophée à l’équipe gagnante.

Elle partit ensuite pour Washington, où le procès d'Arthur devait commencer le lendemain, le lundi 13 mai (,,).

Ils résidèrent chez Joseph et Olie Rauh.

 

Afin d'éviter le déchaînement des médias, ils avaient convenus que Marilyn ne se rendrait pas au tribunal mais resterait avec Olie.

 

Le mardi 14 mai : début du procès. Il n'y avait pas de jurés car le juge McLaughlin avait décidé que le cas toucherait un point de la loi que seuls des juristes pouvaient traiter. Joseph Rauh développa son argumentation : l'identité des personnes présentes aux réunions des écrivains communistes en 1947 n'avait aucun rapport avec le sujet des fraudes aux passeports. Le procureur rappela qu'il avait été nécessaire de demander ces noms à Miller pour s'assurer de sa crédibilité. Mais Miller ne témoigna toujours pas.

Le jeudi 23 mai : pour aider son mari, Marilyn tint une conférence de presse le dernier jour du procès, où elle déclara aux journalistes qu’elle se trouvait à Washington pour voir son mari innocenté (,,).

Puis les époux Miller se rendirent à la gare de Washington pour rentrer à New York (,,).

 

Après leur retour à New York, Miller apprit la sentence.

Le juge McLaughlin ayant revu son verdict (contraint par une décision de la Cour Suprême dans un cas similaire) ne  retint plus qu'un seul outrage. Il condamna Miller à une amende de 500$ et un mois de prison avec sursis.

Miller fit appel immédiatement, mais la préparation de l’appel allait durer encore un an.

Il sera finalement acquitté deux ans plus tard.

 

JUIN :

Dès le début juin, Miller et Marilyn s’installèrent à Amagansett (à deux heures de route de New York), à la pointe orientale de Long Island.

Ils louèrent une maison, Story Hill Farm (), où ils vécurent quelques mois; ils vivaient la plupart du temps retirés du monde.

Miller avait emmené sa machine à écrire et travaillait le matin. Il n’arrivait toujours pas à terminer sa dernière pièce, mais il rédigea quelques nouvelles. Parmi celles-ci, « The misfits » (publiée dans le magazine Esquire).

A Amagansett, le travail passait après Marilyn ; ils se promenaient beaucoup ensemble. Marilyn se promenait sur la plage, lisait des poèmes, rendait visite aux Rosten () qui avaient une résidence d'été à Springs, près d'Amagansett à Long Island.

Le mercredi 12 juin :  leur ami, le photographe  Sam Shaw les prit en photo à New York (,

,,,;,,,).

 

Le jeudi 13 juin : première de « The prince and the showgirl » (;,;,,) au Radio City Music Hall () à New York.

Jack Warner était présent ce soir là ().

Marilyn revit Amy Greene, enceinte de son deuxième enfant. Cela faisait plusieurs mois qu'elles ne s'étaient pas vues.

Une fête fut ensuite donnée au Waldorf Astoria.

Les critiques firent un accueil plutôt mitigé au film, mais reconnurent que c’était là une des meilleures interprétations de Marilyn, qui volait aisément la vedette à Laurence Olivier.

C’était aussi le premier film pour lequel son statut de partie contractante indépendante lui donnait droit à un pourcentage sur les bénéfices, forme de rémunération très inhabituelle à l’époque de la toute puissance des studios ; elle toucha 10% des bénéfices (160 000$ ; le film ayant généré une recette de 1.6 millions de $).

Marilyn fit don de la recette de la première mondiale de « The prince and the showgirl » au Milk Fund for Babies (,,).

JUILLET

Le mardi 2 juillet : Marilyn accepta d’être présente à l’inauguration du club des Sidewalk Superintendants (personnes chargées de surveiller les lieux où des travaux de démolition ou de construction sont en cours) dans le nouveau gratte-ciel Time and Life (), situé non loin du Rockefeller Centerà Manhattan.

Elle n’y avait mis qu’une condition : qu’on l’emmène et qu’on la ramène en hélicoptère (;,,,).

ETE :

Miller et Marilyn ne furent pas beaucoup à Manhattan ; ils résidèrent à Amagansett où leur ami Sam Shaw les photographia, à la fois à Amagansett (,,;,;,) mais aussi sur la plage d’Hampton Beach (,,,,,,,,).

Marilyn apprit qu’elle était enceinte.

AOUT:

Le jeudi 1er août, Marilyn jardinait dans son jardin à Amagansett, quand elle ressentit une violente douleur au ventre.

Arthur appela une ambulance, mais étant à près de deux cents kilomètres de New York, ils n'arrivèrent qu'à midi au Doctor’s Hospital de New York ().

Les Dr Bernard Berglass et Hilliard Dubrow l’opérèrent : comme ils l'avaient craint, Marilyn faisait une grossesse extra-utérine. Ils ne purent sauver le bébé : pour protéger la vie de Marilyn, il fallait interrompre la grossesse.

Marilyn perdit donc son enfant.

Terriblement déprimée, elle resta dix jours à l'hôpital.

Elle voyait dans la perte de son enfant, le signe qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez elle. Miller pensa que peut-être, un bon rôle pourrait la faire s'estimer d'avantage.

 

Le samedi 10 août : Marilyn et Arthur quittèrent l’hôpital (,,,,,) et se rendirent à Amagansett où elle se reposa. C’était une triste épreuve pour elle. La perte de son enfant affecta gravement sa confiance en soi et son sentiment de maturité.

 

Ce fut leur ami et photographe Sam Shaw (qui était allé la voir à l'hôpital), qui conseilla à Miller  de faire de sa nouvelle, « The misfits», un long métrage, spécialement pour Marilyn.

Il convainquit Miller  que ce serait le moyen idéal de prouver que Marilyn était une actrice dramatique de talent.

Ayant lu la nouvelle de Miller, il pensait que ce sujet ferait un excellent film pour Marilyn.

Jusqu’alors, Miller avait toujours refusé d’écrire des scénarii. Mais il commença à écrire le scénario de « The misfits », d'après sa nouvelle du même nom.

Il dût développer le personnage de Roselyne, rôle de Marilyn, qu’il jugeait trop falot.

En créant ce personnage, Arthur croyait sincèrement qu'il avait fait une chose merveilleuse pour Marilyn, mais elle ne réagit pas en ce sens. Elle ne voulut même pas s'engager pour ce rôle.

 

Dans les derniers jours de l’été, les Miller retournèrent à Manhattan.

 

AUTOMNE:

La femme de chambre de Marilyn, Lena Pepitone (), embauchée à l’automne (et qui le restera jusqu’à la fin), la décrivit perturbée, et non reposée malgré les mois de repos et le soleil.

Miller semblait stoïque et fuyait la compagnie.

Ils se partageaient entre la ferme de Roxbury (,,;,) et leur appartement new-yorkais de la 57ème Rue. Leur relation se dégrada ; Marilyn restait de plus en plus en ville et prenait de plus en plus de nombreux médicaments.

 

SEPTEMBRE

Fin septembre : un des directeurs de la Fox, Lew Schreiber, vint voir Marilyn à New York, dans l'intention de lui parler du film « L'ange bleu ».

La rédaction imprécise d'une clause de son nouveau contrat laissait un doute sur le délai dont disposait le Fox pour la distribuer dans quatre films, quatre ou sept ans.

Le studio avait proposé le rôle masculin à Spencer Tracy, mais celui-ci était engagé sur un autre tournage. La Fox pensa à Curt Jurgens ou Frederic March, comme partenaire de Marilyn.

 

OCTOBRE

Le mercredi 2 octobre : Marilyn se rendit dans les bureaux de la Fox, à New York. Elle annonça qu'elle est prête et même impatiente de commencer le tournage de « L'ange bleu » mais qu'elle préférait jouer avec Spencer Tracy.

C'est Charles Vidor qui devait mettre en scène le film, ce qui ne posa pas de problème à Marilyn. Elle accepta de venir à la projection du nouveau film de Curt Jurgens, mais sa préférence allait nettement à Spencer Tracy.

Schreiber lui expliqua, que si elle souhaitait attendre, le tournage de "L'ange bleu" ne pourrait pas commencer avant l'été suivant. Pour sa part, cela ne posa pas de problème à Marilyn.

Mais il n'évoqua pas la regrettable ambiguïté du contrat qui laissait la Fox dans le doute quant à la nécessité de l'avoir distribuée dans un second film avant la fin de l'année.

Schreiber aurait préféré avoir une autre réponse car le studio voulait démarrer sur le champ; d'un autre côté, il était soulagé de voir qu'au moins Marilyn ne remettait pas en cause le projet et qu'elle ne voyait aucun inconvénient à tourner en 1958.

 

Comme prévu, Arthur Miller mit un point final au scénario de « The misfits ».

 

Depuis quelques temps, Arthur Miller cherchait une nouvelle maison de campagne dans le Connecticut. Ils achetèrent, avec l’argent de Marilyn et l’argent de la vente de la première maison de Roxbury, une propriété de 120 hectares, dans les environs de Roxbury (Connecticut) (à environ un kilomètre de son ancienne maison).

La construction datait du 18ème siècle (1783) ; ils se mirent à la retaper, aménageant un bureau pour Miller, construisant une nouvelle aile, que Marilyn, reprise par l’espoir, appela  nurserie. Miller déclara : « C’est l’endroit où nous espérons vivre jusqu’à nos derniers jours ».

Marilyn et Arthur, impatients d'avoir un refuge, envisagèrent de s'y rendre les week-ends avant que les chemins de terre battue ne soient verglacés.

 

La région de Roxbury était peuplée de gentlemen farmers et de familles qui y avaient bâti leur retraite de campagne depuis des générations. Des acteurs et des gens du spectacle y vivaient aussi quand Marilyn et Arthur Miller vinrent s’y installer (entre autres Richard Widmark, ancien partenaire de Marilyn dans « Don't bother to knock » ().)

 

A la Fox, on constata que Marilyn avait de nouveau disparue. Elle annula par trois fois la projection du nouveau film de Curt Jurgens, prétextant qu'elle était souffrante.

La fin de l'année arrivait et l'angoisse montait au studio. L'année 1957 allait se terminer sans qu'on ait mis sur pied le second des quatre films que Marilyn devait à la Fox.

 

Novembre :

Le lundi 18 novembre : les époux Miller assistèrent à la première de la pièce « Conversation Piece», pièce où jouait Joan Copeland, la sœur de Miller puis à la réception qui suivit au Barbizon Plaza Hotel 

(,,).

 

HIVER:

Noël : comme d’habitude, Marilyn se montra très généreuse. Arthur reçut la dernière édition de l’Encyclopedia Britannica ; Susan Strasberg, un dessin de Chagall ; il y eut des livres et des disques pour Lee Strasberg ; à Paula elle donna le collier de perles à fermoir en diamant () que lui avait offert l’empereur du Japon, pendant sa lune de miel avec DiMaggio en 1954 ; pour John Strasberg, âgé de dix-huit ans, elle signa les papiers de cession de sa Thunderbird.

 

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