Ici s'achève mon chemin...


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1958

 

Début 1958 :

La mélancolie s’empara du couple Miller en ces premiers mois.

Marilyn avait d’elle l’image d’une muse inefficace et d’une partenaire inadéquate. Son absence professionnelle prolongée était aussi la marque d’un litige ; tout cela fit que Marilyn but énormément pendant les premiers mois de 1958. Elle préférait boire du champagne qui ne lui brouillait pas l’estomac.

 

JANVIER

Le jeudi 2 janvier : Lew Schreiber de la Fox avait rendez-vous avec la MCA, l'agence représentant Marilyn. La MCA confirma que Marilyn tournerait bien « L'ange bleu » mais seulement si la Fox s'assurait de la collaboration de Spencer Tracy.

 

Le vendredi 3 janvier : l'agent de Spencer Tracy confirma que l'acteur était prêt à signer, mais il voulait d'abord s'assurer que son nom serait au-dessus de celui de Marilyn. Si elle acceptait, il faisait le film.

La Fox demanda à la MCA d'en parler à Marilyn.

 

La MCA annonça à la Fox que Marilyn était souffrante, mais il ne faisait guère de doutes, à leurs yeux, que Marilyn se plierait aux exigences de Spencer Tracy. La Fox rédigea donc le contrat avec Tracy et entama les négociations avec George Cukor, réalisateur qui avait souvent tourné avec Spencer Tracy et qui faisait partie de ses amis.

 

Le jeudi 9 janvier : Marilyn annula son rendez-vous prévu dans les bureaux de la MCA, au cours duquel elle devait donner son accord pour que Spencer Tracy soit en tête d'affiche.

 

Le lundi 13 janvier : elle arriva à la MCA mais il n'était pas question pour elle d'accepter les conditions de Spencer Tracy, et plus du tout question de tourner « L'ange bleu ».

Ses avocats new-yorkais avaient réexaminé son contrat. Pour eux la carence de la Fox, qui ne lui avait pas permis de tourner en 1957, conduisait le studio à lui devoir 100 000$ pour le film manquant.

 

Le mercredi 15 janvier : le nouvel avocat des Marilyn Monroe Productions, Robert H.Montgomery, adressa un courrier à la Fox, lui rappelant que par contrat, le studio aurait dû faire tourner Marilyn dans un film en 1957. L'avocat réclama non seulement les 100 000$, mais selon lui la Fox ayant sacrifié l'un des films que le studio devait tourner selon le contrat de 1955, elle ne leur devait non plus trois films, mais seulement deux.

 

La Fox rétorqua que le studio avait repoussé le tournage de « L'ange bleu » à la demande de Marilyn. Si elle se retirait du projet maintenant, la Fox la tiendrait responsable des lourdes pertes qu'elle subirait.

 

En cette mi-janvier, on apprit par la cour d'appel que le cas d' Arthur Miller ne pourrait être plaidé tant que la Cour suprême n'aurait pas statué sur un cas similaire.

 

Fin décembre 1957, la Fox avait fait savoir qu'elle était intéressée pour acheter les droits de « The misfits », mais en ce début d’année, et au vu des difficultés rencontrées avec Marilyn, la Fox n'était visiblement pas prête à acheter le scénario de Miller.

Miller et Marilyn annoncèrent alors publiquement qu'ils avaient l'intention de produire « The misfits » en indépendants.

 

Une nouvelle mise en scène de la pièce d’Arthur « The crucible » se préparait. La pièce se jouerait en mars au Martinique Theater, off-Broadway, à New York. Miller assista aux répétitions.

MARS : à Roxbury, Marilyn tomba dans l’escalier et s’en tira avec seulement une cheville foulée et des coupures à la main droite, causées par le verre de whisky qu’elle transportait avec elle.

 

AVRIL : elle était prête à écouter les propositions de retour à Hollywood ; pas seulement parce qu’elle voulait faire autre chose que de parler à Marianne Kris et écouter Lee Strasberg, mais parce que les Miller étaient à court d’argent.

Elle voulait aussi mettre dans son travail ce qu’elle avait appris depuis 1956.

Elle écouta donc ses agents de la MCA, Lew Wasserman, Jay Kanter et George Chasin.

La Fox se proposait de produire un film d’après une comédie musicale, « Can-can » avec elle et Maurice Chevalier ; il était aussi question de « Some came running » avec Frank Sinatra, et d’un autre film d’après un roman de Faulkner, « The sound and the fry ». Selon ses agents, ces projets lui éviteraient de retomber dans les rôles dont elle ne voulait plus.

 

Elle reçut un court synopsis de « Some like it hot » que le réalisateur Billy Wilder était en train d’écrire.

Au départ, Marilyn s’attendait à travailler avec Frank Sinatra que Wilder avait contacté pour jouer le rôle tenu ensuite par Tony Curtis. Apparemment Wilder changea d’avis après que Sinatra eut omis de se présenter à un déjeuner ; avec Marilyn, Wilder n’avait pas besoin d’un autre nom connu et aussi cher.

Miller prit connaissance du scénario de « Some like it hot » (« Certains l'aiment chaud ») et le proposa à Marilyn qui, en colère, refusa de jouer un énième rôle de blonde écervelée.

Mais dans sa colère, elle ne se rendit pas compte qu'il s'agissait du rôle le plus abouti et le plus intelligent qu'on lui ait proposé. Miller, comme ses agents, la poussèrent à accepter.

La Fox également y fût favorable, car même si le film serait produit par United Artists, la Fox bénéficierait de l'impact extrêmement positif du film sur la réputation de Marilyn. Si le film connaissait le succès fracassant que tout le monde, sauf Marilyn, lui prédisait, cela ne pourrait que rejaillir sur le studio, à travers elle.

Mais Marilyn jugeait le scénario ridicule. Elle ne voulait rien entendre et accusait Miller de ne penser qu'à l'argent et à vouloir la court-circuiter.

Miller fit venir Jack Lemmon et Tony Curtis, mais c’est finalement Lee Strasberg qui la convainquit de faire ce film.

 

Le mardi 15 avril : les agents de Marilyn et la Fox arrivèrent à un accord. Des deux côtés on avait consenti d'importantes concessions. La MCA renonçait à faire valoir que Marilyn devait deux films et non pas trois au studio, et la Fox releva Marilyn de son obligation à apparaître dans « L'ange bleu ».

Spyros Skouras, président de la Fox accepta de payer 100 000$ pour un film que Marilyn n'avait pas tourné.

 

Le lundi 21 avril : Marilyn signa un amendement à son contrat qui acceptait les nouvelles conditions.

Elle touchera 100 000$ plus 10% de bénéfices nets. Ce serait, selon elle, un intervalle agréable et lucratif, pendant lequel Arthur pourrait achever le scénario de « The misfits ».

 

Le vendredi 25 avril, Marilyn reçut Walter Mirisch, le producteur de son prochain film « Some like it hot », afin de discuter du scénario (,,).

 

Le lundi 28 avril : Ce jour là ils reçurent le producteur et ami d’Arthur, Kermit Bloomgarden (,,,).

 

La MCA informa la Fox que Marilyn avait donné officiellement son accord pour tourner « Some like it hot ».

Le début du tournage était prévu entre le 15 juillet et le 1er août. Marilyn aurait environ six semaines de travail.

 

MAI

Le mercredi 21 mai : Arthur Miller reçut la médaille d’or du National Institute of Arts and Letters (la plus prestigieuse des distinctions littéraires). La médaille d'or n'était décernée que tous les cinq ans, ce qui était un grand hommage pour Miller 

(,,,).

 

 

JUIN

Le mercredi 18 juin, elle reçut la facture de sa séance photo (), réalisée plus tôt dans l’année, avec le photographe Carl Perutz (,,,,,).

 

JUILLET :

Miller était pressé de terminer sa nouvelle pièce « After the fall », qui devait être jouée à Broadway.

La date de la première était fixée au jeudi 18 décembre 1958.

 

Les samedi 5 et dimanche 6 juillet : à Roxbury, Arthur Miller invita Frank Taylor (), son éditeur, pour parler de « The misfits ». Miller lui expliqua qu'il souhaitait transmettre son scénario au réalisateur John Huston.

Taylor promit de l'appeler pour lui donner les coordonnées de John Huston.

Le lundi 7 juillet : Marilyn laissa Miller à Amagansett afin qu'il avance sur son travail et partit, dans la soirée, pour Los Angeles. Arthur l’accompagna à l’aéroport (,,,).

 

Le mardi 8 juillet : elle arriva à Los Angeles, avec Paula Strasberg et May Reis, sa secrétaire.

C’était sa première apparition à Hollywood depuis « Bus stop ».

Les deux cents photographes et les journalistes furent éblouis par les cheveux blond platine de Marilyn, son chemisier de soie blanche, sa jupe blanche, ses chaussures blanches et ses gants blancs. Cela faisait deux ans qu'ils ne l'avaient pas vu mais ils la trouvèrent néanmoins « franchement potelée » (,).

 

Marilyn et May Reis furent envoyées au Beverly Hills Hotel pour une conférence de presse () à laquelle participaient également Billy Wilder (,) et les vedettes masculines du film, Tony Curtis 

(,,), Jack Lemmon et George Raft. La journaliste Louella Parsons était également présente ().

 

Miller écrivit à John Huston. Celui-ci se trouvait à Paris où il terminait le tournage de « Roots of heaven ». Il venait d'engager Jean-Paul Sartre  pour qu'il écrive un scénario sur la vie de Sigmund Freud. Sartre, fasciné par Marilyn souhaitait qu'elle joue le rôle féminin de « Freud ». Huston répondit à Miller qu'il était ravi d'examiner « The misfits » et qu'il lui donnerait son avis assez rapidement.

 

Le mercredi 9 juillet, Marilyn et Louella Parsons assistèrent à une soirée donnée chez le compositeur Jimmy McHugh

( ).

 

Le jeudi 10 juillet, elle assista à la première de la pièce de théâtre « Gigi » au Paramount Theater sur Hollywood Boulevard 

(,,,).

 

Marilyn rencontra Billy Wilder le lundi 14 juillet pour les besoins des essais et de la pré production, qui devaient durer une quinzaine de jours.

 

L’ambiance était donc au beau fixe entre Marilyn, son réalisateur et ses partenaires.

Tous les films qu’elle avait tourné depuis six ans étaient en Technicolor et elle pensait que bien que le film fut destiné à United Artists, elle était toujours sous contrat avec la Fox et pensait que « Some like it hot » serait tourné en couleurs (elle devra attendre le tournage du « Let's make love » pour retravailler directement avec la Fox).

Billy Wilder lui expliqua que s'il tournait le film en couleurs, le maquillage des acteurs masculins leur donnerait l’air de clowns. On lui montra des essais en couleur prouvant que les visages de Jack Lemmon et Tony Curtis prenaient une teinte verdâtre sous leur épais maquillage.

 

Huston annonça à Miller qu'il serait ravi de tourner le film basé sur le scénario de « The misfits ». Il comptait rentrer aux Etats-Unis quelques mois plus tard et envisageait de rencontrer Miller. Il déclara le scénario est parfait et ne suggéra aucun changement. Huston était connu pour savoir travailler avec les scénaristes.

 

AOUT :

Le lundi 4 août : début du tournage de « Some like it hot » dans les studios de Samuel Goldwyn, sur Formosa Avenue, à Hollywood.

Marilyn arriva accompagnée de Paula Strasberg, de sa coiffeuse Agnes Flanagan (,,,) et de son maquilleur Allan Whitey Snyder, qui la maquillera pendant le tournage 

(,,,,,).

Billy Wilder, alors au sommet de ses capacités artistiques, semblait vouloir traiter Marilyn avec respect et dignité 

(,).

 

Le mardi 5 août : Wilder et Marilyn visionnèrent les rushes de la veille. Wilder était ravi de ce qu'il voyait sur l'écran; ce n'était pas le cas de Marilyn. Elle estimait que sa première apparition dans le film aurait dû être plus vive, plus drôle. Wilder l'écouta avec intérêt. Avec son co-scénariste I.A.L Diamond, il remania la scène à la lumière des critiques de Marilyn.

Wilder manifesta son désir d'utiliser les suggestions de Marilyn pour le rôle, ce que Laurence Olivier n'avait jamais fait. Il y avait longtemps que Marilyn souhaitait voir son opinion prise au sérieux par un metteur en scène du calibre de Billy Wilder. Mais Marilyn parut ne pas comprendre que Wilder s'intéressait vraiment à ce qu'elle avait à dire.

 

Marilyn se montra encore plus insupportable qu’elle ne l’avait jamais été. Elle rendit fou ses partenaires par ses retards interminables et par son incapacité à se rappeler des dialogues les plus simples. On alla même jusqu’à tourner une scène soixante-cinq fois pour une réplique de trois mots.

Elle accumulait les heures de retard, elle manquait à l’appel des matinées entières, elle oubliait son texte, trop assommée par les médicaments, et chaque scène ou presque devait être tournée de multiples fois, soit parce qu’elle avait oublié un mot, soit parce que, perfectionniste, elle pensait qu’elle pouvait faire mieux. Ensuite, si elle était fâchée parce qu’elle jugeait une interprétation mauvaise, elle pleurait et il fallait refaire le maquillage.

 

Apparemment elle était tellement absorbée par la façon dont elle voulait jouer chaque scène, tellement concentrée sur les métaphores dont Paula Strasberg usait pour l’aider à comprendre les sentiments sous-jacents, qu’elle sapa l’autorité de Wilder sur le tournage.

De plus Billy Wilder n'était pas en très bonne forme physique, puisqu'il souffrait du dos.

 

Le jeudi 7 août : Marilyn apprit que Joseph Rauh, l’avocat de Miller, avait gagné le procès en appel, Miller n’ayant pas été entièrement informé de la nécessité de répondre dès le début aux questions qu’on lui posait. L'accusation d'outrage à la Cour était donc levée.

Elle appela Miller et parla longuement avec lui : les photographes étaient là pour immortaliser l’événement (,,).

 

Spyros Skouras, directeur de la Fox, envoya une lettre de félicitations à Arthur, mettant l'accent sur l'issue positive de la démarche, et loua le cran et la persévérance de Miller.

 

Ses  amis, le journaliste Sidney Skolsky (,) et le photographe Sam Shaw lui rendirent visite sur le tournage  ().

 

Le tournage se poursuivit en Floride. Marilyn n’était pas d’accord sur le tempérament des personnages. Paula Strasberg était toujours très présente (,,).

Marilyn ne cessait d’arriver en retard, elle voulut reprendre les prises afin qu’elles soient comme elle le désirait, mais toujours dans le souci de se perfectionner. C’était une tension permanente et le tournage était terrible.

Marilyn ne voulut pas admettre qu’à la base de ses problèmes il y avait non seulement son besoin de sécurité, mais aussi sa terreur de retrouver Hollywood : elle avait peur que tout ce pourquoi elle avait travaillé ait disparu, qu’avec une compagnie qui ne lui servait plus que d’échappatoire fiscal pour son salaire, elle ne se fasse à nouveau flouer par un système qu’elle avait courageusement abandonné.

 

Pendant le tournage, Marilyn rencontra le poète et biographe Carl Sandburg ; elle souhaitait le rencontrer depuis qu’elle avait lu sa biographie d’Abraham Lincoln, que Miller lui avait recommandé au début des années 50, lors de leur première rencontre.

C’est aussi durant ce tournage que Marilyn travailla pour la première fois avec le coiffeur Kenneth Battelle, dit « Mr Kenneth » 

(,).

 

Pour le magazine Life et avec Richard Avedon  elle réalisa une série de portraits qui évoquaient les grandes stars du passé : Marlène Dietrich (,), Jean Harlow (,), Clara Bow 

(,,), Lillian Russell (,,) et Theda Bara

(,). 

A cette occasion Marilyn demanda conseil à Arthur () et il écrivit un hommage plaisant destiné à accompagner les photos d’Avedon (,).

Le magazine sera publié le 22 décembre 1958.

 

SEPTEMBRE :

Le jeudi 11 septembre : Marilyn tourna les extérieurs de « Some like it hot » à Coronado, Californie (,,,,,).

Elle logeait au Vista Mar Cottage, du Coronado Hotel (,,)  à deux heures de voiture de Los Angeles.

C’est de là qu’elle écrivit à Norman Rosten () :

« Cher Norman

N’abandonne pas le navire au moment où nous coulons. J’ai l’impression que ce bateau n’arrivera jamais au port. Nous nous sommes engagés dans le Détroit des Détresses. Grande houle et vent de travers mais pourquoi m’en faire. Je n’ai pas de symbole phallique à perdre.

Marilyn

P.S : aime- moi uniquement pour mes cheveux blonds (elle cite de travers ce passage d’un poème de Yeats :" ... seul Dieu, ma chère, Pourrait t’aimer uniquement pour ce que tu es Et non pour tes cheveux blonds".

 

Elle avait repris l’habitude d’absorber chaque soir des doses massives de barbituriques.

 

Susan Strasberg vint lui rendre visite sur le tournage ().

 

Le vendredi 12 septembre : elle téléphona à Arthur qui était toujours dans le Connecticut et lui fit part de sa détresse.

Arthur quitta le Connecticut et arriva à Los Angeles.

 

Paula n'était donc plus seule pour réconforter Marilyn entre les prises du tournage. La présence d'Arthur améliora considérablement l'ambiance. C'était la première fois que son mari restait avec elle sur un tournage à Hollywood (,,,,,;,,,,).

Ils logèrent au Bel Air Hotel.

Peu de temps après l'arrivée d'Arthur, Marilyn apprit qu’elle était enceinte (,,,).

Miller annonça à Billy Wilder que Marilyn était enceinte et lui demanda de la ménager et de la laisser quitter le plateau tous les jours à 16 heures 30. Wilder ne prit pas la chose très bien :

« Ecoutez, Arthur, il est actuellement 16 heures et je n'ai aucune prise. Elle est arrivée sur le tournage sur le coup de 11 heures 30. Il a fallu attendre 13 heures pour qu'elle soit prête à travailler. Je vais vous dire une chose. Si vous me l'amenez à 9 heures, prête à tourner, je ne la lâche pas à 16 heures 30 mais à midi ».

 

Marilyn pour sa part, paraissait soudain espérer et appréhender tout à la fois la maternité.

Elle voulait protéger son bébé mais en même temps, elle le mettait en danger. D'un côté elle estimait que Wilder lui en demandait trop et elle ne voulait pas perdre cet enfant. De l'autre, elle ne tenait pas compte de la mise en garde de son gynécologue, le Dr Leon Krohn (qui assistait à la majeure partie du tournage, inquiet pour la santé de sa patiente), qui la prévint que sa consommation régulière d'alcool et de médicaments risquaient de mettre un terme à sa grossesse.

 

OCTOBRE :

Le samedi 27 octobre Marilyn écrivit à Norman Rosten :

« Cher Norman

Merci de tes vœux pour Halloween. C’est dommage que nous ne puissions être ensemble. Je pourrais te faire peur.

Je n’écris à personne. Rien que des poèmes - c’est tellement plein de revenants ici ! Arthur a bonne mine mais il est plus faible - à force de me soutenir...J’ai besoin de me tenir à quelque chose... ».

Elle signa E.E.Cummings, un poète qu’elle venait de découvrir.

 

NOVEMBRE:

Le jeudi 6 novembre : le tournage du film se termina avec vingt-neuf jours de dépassement.

Elle ne fut pas invitée à la réception donnée par Billy Wilder. Marilyn et Wilder ne se parlaient pratiquement plus, Wilder étant exaspéré par le manque de ponctualité de Marilyn autant que par son incapacité à se souvenir de son texte.

Le film sera néanmoins accueilli, par un concert d’éloges.

 

Le vendredi 7 novembre : tout laissait à penser qu'elle était en train de faire une fausse couche; elle fut hospitalisée au Cedars of Lebanon Hospital, mais c'était une fausse alerte.

Les médecins lui demandèrent de cesser de boire et de prendre des médicaments, car son bébé était gravement en danger.

Elle se reposa pendant une semaine au Bel Air Hotel.

Puis on l'emmena en ambulance à l'aéroport, d'où elle regagna New York, bien décidée à se reposer (,).

Maintenant qu'elle  avait achevé « Some like it hot », la Fox avait jusqu'au 14 avril 1959 pour lui proposer un autre film.

 

Le mercredi 26 novembre, elle reçut un télégramme () de George Auric de l'Académie du cinéma français, la conviant  la remise de l'étoile de cristal, en France, pour « La meilleure interprète étrangère » dans « The prince and the showgirl ».

Mais du fait qu'elle ait été enceinte et ne puisse voyager, la récompense  lui sera remise le 26 février 1959, à l'Institut du film français, à New York.

DECEMBRE :

Le mardi 2 décembre : la Fox lui écrivit une lettre, dans laquelle le studio lui demandait confirmation du fait qu'elle était enceinte et auquel cas, la Fox voulait que la période durant laquelle ils étaient tenus de l'employer soit prolongée.

 

La date de la première de « After the fall », qui, avant l'été avait été prévue pour le jeudi 18 décembre, fut repoussée au mois de février ou mars 1959, car Miller n'avait pas terminé sa pièce.

 

De son côté John Huston était de retour aux Etats-Unis et s'apprêtait à se rendre à Los Angeles pour préparer son prochain film dont le tournage devait débuter en janvier au Mexique.

Auparavant, il souhaitait rencontrer Arthur Miller à New York.

« The unforgiven » (« Le vent dans la plaine ») l'occuperait jusqu'en mai 1959, et si Marilyn accouchait en juin 1959, il enchaînerait avec « Freud » pendant qu'elle tournerait un film pour la Fox.

 

Le dimanche 14 décembre : John Huston arriva à New York et rencontra Miller. Il lui expliqua qu'il souhaitait que son texte soit réécrit, contrairement à ce qu'il avait tout d'abord affirmé.

 

Le mardi 16 décembre : Marilyn fit une fausse couche, après trois mois de grossesse ; elle fut hospitalisée au Manhattan Polyclinic Hospital de New York.

 

Le mercredi 17 décembre : première projection de « Some like it hot » au Village Theater de Westwood ; le film remporta un succès immédiat.

Jusqu’à aujourd’hui, le film a rapporté aux héritiers de Marilyn (Anna Strasberg) la somme de 47 millions de $.

 

La fausse couche de Marilyn fut annoncée à la presse.

 

Suite au courrier de la Fox du 2 décembre, Robert H.Montgomery, l'avocat des Marilyn Monroe Productions, écrivit à la Fox, informant le studio que Marilyn, ayant terminé « Some like it hot » était maintenant « prête, disposée et apte » à entamer le tournage de son prochain film avec la Fox.

 

S’en suivit pour Marilyn une période de deuil et d’abattement. Elle consultait le Docteur Kris, mais cela ne la réconfortait guère.

 

Le samedi 22 décembre : parution dans Life de la série de photos de Marilyn en Marlène Dietrich, Lilian Russell, Jean Harlow prises par le photographe Richard Avedon.

 

Les fêtes de fin d’année furent propices à la récupération, mais Marilyn était toujours déprimée.

 

Dans l’année, elle fut nominée pour « meilleure interprète étrangère » pour « The prince and the showgirl » par les British Academy Awards.

 

    

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