1961
JANVIER :
Pressée
d’oublier ses difficultés de «The misfits »
et de surmonter l’échec de son mariage en s’attelant à un nouveau projet,
Marilyn s’associa avec Lee
Strasberg pour proposer un téléfilm à partir de « Rain » de
Somerset Maugham. Elle écrivit à Maugham qui lui répondit depuis sa résidence
de la Côte d’Azur, touché et heureux que Marilyn désire incarner son héroïne.
Strasberg,
manquant de moyens et souhaitant la diriger dans « Rain », se fit
accompagner par Marilyn à ses rendez-vous avec les responsables de la chaîne
NBC, qui produisait à l’époque de nombreuses versions télévisées de romans à
succès.
Les
négociations allèrent bon train. Les contrats étaient sur le point d’être
signés avec la NBC. Mais l’insistance de Lee Strasberg à assurer la mise en
scène constitua un frein, les responsables de la chaîne n’étant pas disposés à
céder. Ils proposèrent à Marilyn de confier la mise en scène à un réalisateur
de cinéma ou de télévision expérimenté, et sur le choix duquel Marilyn serait
consultée. Strasberg réagit avec fureur et Marilyn, avec sa loyauté coutumière
et pensant qu’elle serait sûrement mieux dirigée par Strasberg, défendit son
professeur et refusa de jouer dans « Rain » si le téléfilm n'était
pas mis en scène par Strasberg.
Le samedi 14 janvier :
Elle
rédigea son deuxième testament (
,
).
Les
principaux bénéficiaires étaient Gladys
Baker, sa mère (5 000$ par an), Berniece Miracle, sa demi-sœur
(10 000$ par an), May Reis, sa
secrétaire particulière (10 000$ par an), Lee Strasberg (ses effets
personnels et vêtements et 75% des biens restants), le Dr Marianne Kris (25% des biens
restants et que l’argent soit utilisé pour faire avancer le travail de tous
groupes ou institutions psychiatriques de son choix), Patricia Rosten, fille de ses
amis Norman et Hedda Rosten (5 000$ pour les
études de Patricia Rosten), Xenia
Tchekhov, veuve de Michael
Tchekhov (2 500$ par an pour subvenir à ses besoins).
Le vendredi 20 janvier : Marilyn, Pat Newcomb et Aaron Frosch (son avocat
new-yorkais) arrivèrent à El Paso (Texas) et franchirent la frontière pour
aller à Juarez, au Mexique (El Paso et Juarez sont à la frontière
américano-mexicaine) (
,
,
).
Marilyn
et Pat Newcomb firent une halte à Dallas pendant laquelle elles
regardèrent la cérémonie d'investiture
de John Kennedy (
).
Arthur Miller, Joseph et Olie Rauh
(avocat de Miller à Washington), Frank
Sinatra et Peter Lawford
firent partie, entre autres, des invités
au bal d’investiture (
,
).
Le
divorce des Miller fut prononcé pour incompatibilité d’humeur par le juge
Miguel Gomez Guerra.
Miller
obtint la garde de leur basset Hugo et
garda la ferme de Roxbury, qui avait
été achetée avec le produit de la vente de sa précédente maison ; il en
fera sa résidence permanente et y vivra ensuite avec Inge Morath, sa troisième épouse.
Il
n’y eut pas de pension. Restait la répartition de quelques objets personnels.
Arthur
ayant signé une renonciation de ses droits à contester une demande unilatérale
de divorce, n'était pas obligé de se présenter en personne.
Le samedi 21 janvier, dans la journée, Marilyn était de retour
à New York, accueillie par Lee Strasberg (
,
,
,
,
).
Le mardi 31 janvier : elle assista à une projection en
avant-première de «The misfits » avec Montgomery Clift, au Capitol
Theater, sur Broadway (
,
,
,
,
,
).
Arthur
Miller était également présent, accompagné de ses deux enfants, Jane et Robert (
,
), mais ils s'évitèrent
soigneusement.
La
projection fut un moment douloureux pour elle. Une fois les lumières rallumées,
elle quitta la salle.
A
New York, Miller rencontra Inge Morath, la photographe de l'agence Magnum, qui était sur le
plateau de « The misfits », la première semaine du tournage. Sur la
suggestion de celle-ci, Miller s'installa au Chelsea Hotel, où la photographe
préférait séjourner.
Le mercredi 1er février : après le
divorce, l’échec de ses deux derniers films, l’arrêt des négociations pour
« Rain », sans projets de travail pour la soutenir, Marilyn ne
pouvait se raccrocher à rien.
Elle
évoqua à Marianne Kris l’idée du suicide. Elle s’enferma chez elle pendant
plusieurs jours, en prenant de nombreux barbituriques.
Marianne
Kris, craignant un passage à l'acte lui proposa de la faire admettre à
l’hôpital.
Sortie
de « The misfits »
(
;
,
). Tout comme « Let's make love», son
dernier film fut mal accueilli par la critique ; l’histoire déconcerta le
public et le jeu des vedettes le déçut.
Le dimanche 5 février : Marianne Kris conduisit Marilyn au
Cornell University New York Hospital, où elle fut admise sous le nom de Faye Miller.
Sans
doute l'esprit embrumé par la quantité impressionnante de médicaments qu'elle
prenait, Marilyn ne prit pas la mesure exacte d'une telle démarche.
Elle
ne fut pas installée dans une chambre classique, comme cela avait été prévu
avec Marianne Kris, mais à la Payne
Whitney Clinic, la section psychiatrique de l’hôpital où l’on
enfermait les grands agités. Elle fut enfermée dans une cellule capitonnée
réservée aux grands agités.
Quand
elle réalisa qu’elle se trouvait dans un pavillon de sécurité, Marilyn
s’effondra.
Son
pire cauchemar, d’être enfermée comme
l’avaient été sa mère et sa
grand-mère,
se réalisait ; elle fit une crise de nerf, voulut sortir et
fut tellement
agitée qu’on la menaça de lui passer la camisole de
force. On lui avait retiré
ses habits et son sac à main.
Cette
hospitalisation fut si soudaine, que son entourage, les Strasberg, Pat Newcomb,
John Springer (de l'agence de
relations publiques d'Arthur
Jacobs), May Reis et Ralph
Roberts, fut pris par surprise.
Elle vécut quarante-huit heures d’enfermement avant qu’une infirmière porte pour elle une lettre aux Strasberg
(
), qu’ils reçurent le mercredi 8
février.
« Le
Dr Kris m’a fait enfermer dans cet hôpital sous la surveillance de deux
imbéciles. Ils ne devraient en aucun cas être mes médecins. Je suis enfermée
avec les cinglés. Je suis sûre de finir comme eux si ce cauchemar se poursuit.
Je vous en supplie, aidez-moi. Je ne devrais pas me trouver ici. Je vous aime
tous les deux. Marilyn.
PS :
je suis à l’étage des grands agités. Dans une cellule. Ils ont fermé la porte
du cabinet de toilettes. Je ne pouvais pas entrer, alors j’ai cassé la vitre.
Mais à part ça, je ne me suis pas montrée agressive ».
Mais
les Strasberg n’avaient aucun pouvoir et certainement pas celui d’exiger la
libération de Marilyn.
Le jeudi 9 février : sans nouvelles des Strasberg,
Marilyn fut autorisée à passer un coup de fil et appela DiMaggio ; il arriva de Saint
Petersburg Beach, en Floride où il entraînait l'équipe des Yankees pendant
l’hiver et ordonna au Docteur Kris de la laisser sortir et de la lui confier.
Le vendredi 10 février :
Pour
éviter toute publicité, ce fut son ami, masseur, Ralph Roberts, qui ramena
Marilyn chez elle, accompagnée de Marianne Kris. Marilyn critiqua violemment sa
thérapeute et après avoir déposé Marilyn chez elle, où Joe l’attendait, Ralph
Roberts raccompagna le Dr Kris à son domicile.
Marilyn
ne reverra jamais Marianne Kris, mais l’ironie du sort voulut qu’elle fasse
partie de ses héritiers car son nom figurait dans le testament qu’elle avait
signé à peine un mois auparavant.
DiMaggio
comprit que quel que fut l’état de Marilyn avant son hospitalisation, elle
était très malheureuse.
Elle
accepta d’être hospitalisée dans un endroit plus confortable et moins menaçant,
à condition que Joe passe ses journées avec elle.
Vers
17 heures, DiMaggio l’accompagna à l’Institut neurologique du Columbia
Presbyterian Medical Center où elle resta plus de trois semaines (jusqu’au 5 mars)
(chambre 719) pendant lesquelles DiMaggio vint la voir tous les jours.
La
presse n'en fut pas informée.
Pendant
son séjour et ses nuits d’insomnie, Marilyn lut la correspondance de Freud, de
nombreux livres sur la psychanalyse et la psychiatrie, et la biographie de Sean
O’Casey, un auteur dramatique irlandais.
De
son côté, la Fox tenait toujours à ce
qu'elle tourne « Good bye Charlie ». Spyros Skouras (président de la
Fox) subissait de plus en plus d'attaques de rivaux au sein du studio, pressés
de lui prendre son poste.
La
Fox continuait à considérer Marilyn comme un atout, malgré son état. C'était
aussi la position de Lee Strasberg qui essayait toujours de monter « Rain ».
A ses yeux, la psychanalyse n'améliorerait sans doute pas l'état de Marilyn
avant de longues années, tandis qu'un véritable rôle dramatique lui permettait
de canaliser sa colère. Il n'avait pas du tout l'intention de laisser la Fox la
forcer à tourner « Good bye Charlie ».
Mais
l'hospitalisation de Marilyn retarda la signature du contrat avec la NBC pour « Rain ».
Seul
Joe DiMaggio semblait persuadé que la carrière de Marilyn était en train de la
tuer.
Quand
Arthur Miller apprit que Marilyn avait été hospitalisée à Payne Whitney, il en fut très affecté et contacta Nan Taylor
(la femme de son ami et producteur de « The misfits » Frank Taylor) car il pensait reprendre
contact avec elle. Mais Marilyn ne faisant désormais plus partie de sa vie, Nan
lui conseilla de ne pas s'en mêler.
Le
lundi 27 février,
elle reçut un télégramme
de soutien de Marlon Brando (
).
MARS:
Le jeudi 2 mars : elle écrivit une lettre au Dr Greenson, dans laquelle elle lui racontait son séjour à Payne Whitney
Le dimanche 5 mars :
Après
une cure de repos de vingt-trois jours, elle regagna son appartement de la 57ème
Rue.
A sa sortie de l’hôpital, sept vigiles l’escortaient à travers une foule d’admirateurs, de journalistes et de photographes
May
Reis, Pat Newcomb (
,
,
,
,
,
,
) et son collègue de l’agence
d’Arthur Jacobs à New York, John Springer, étaient là pour l’aider.
Joe
DiMaggio l'invita à le rejoindre en Floride, où il effectuait l'entraînement de
printemps des Yankees, à St Petersburg. Marilyn saisit l'opportunité de
s'échapper quelque temps et de bénéficier de l'amitié et de la sécurité que lui
offrait DiMaggio.
Elle
passa quelques jours à se reposer dans son appartement, en compagnie de May
Reis et de Pat Newcomb.
A
cette période, Pat était très protectrice avec Marilyn.
Le mercredi 8 mars : Accompagnée de May Reis, Marilyn assista à l’enterrement d’Augusta Miller, la mère d’Arthur Miller
(
,
), malgré leur récente séparation
et sa sortie de l’hôpital.
Elle
présenta ses condoléances à Arthur et réconforta son ex-beau-père, Isadore. Celui-ci devait subir
une intervention chirurgicale lorsque son épouse décéda. Il quitta l'hôpital
pour l'enterrer.
Les
jours suivants l'enterrement d'Augusta Miller, Marilyn appela régulièrement
Isadore, parla à son médecin et lui envoya des fleurs.
Le
lundi 13 mars :
Marilyn assista, avec les Strasberg à une soirée au profit de l'Actors Studio à la Roseland Dance
City, à New York (
,
,
,
,
,
,
,
).
Fin mars : elle rejoignit Joe DiMaggio en Floride (
,
). Il l’emmena dans la
station balnéaire tranquille et discrète de North Redington Beach.
Ils
logèrent au Tides Motor Inn,
dans deux chambres séparées (
,
,
,
).
Ils
se reposèrent (
,
,
,
), nagèrent, ramassèrent des
coquillages (
,
,
), dînaient seuls et se couchaient
tôt.
Une
ou deux fois ils allèrent à St Petersburg, au Fort Lauderdale, assister à
l’entraînement des Yankees (
,
,
,
,
,
).
Elle
alla aussi voir sa sœur, Berniece, à Gainesville et logea avec DiMaggio dans un
motel de Gainesville.
Ce
séjour aida énormément Marilyn à lui changer les idées.
Elle
continuait d'appeler Isadore Miller régulièrement pour le soutenir.
A
la Fox, la situation devenait de plus en plus compliquée. George Cukor s'était retiré de
« Good bye Charlie » et était maintenant engagé auprès de la MGM pour « Lady L ».
Légalement
la Fox avait jusqu'au 14 avril 1961 pour faire travailler Marilyn,
sous peine de la perdre complètement.
Tandis
que le département juridique menaçait Cukor d'un procès, les responsables du
studio, affolés, cherchaient un metteur en scène approuvé par Marilyn qui soit
disponible.
Tant
que la Fox disposerait de l'un des seize réalisateurs figurant sur sa liste,
Marilyn devrait tourner « Good bye Charlie », et les dirigeants du
studio devaient s'efforcer de les joindre.
Ils contactèrent Billy Wilder, John Huston, Joshua Logan, Elia Kazan, William Wyler, George
Stevens, John Ford, Alfred Hitchcock et Carol Reed.
AVRIL:
Le dimanche
2 avril :
Joe
DiMaggio et Marilyn furent de retour à New York, après leur séjour en Floride (
,
,
,
,
).
A
son retour de Floride, Marilyn trouva une lettre de Frank Ferguson, l'avocat du
studio, annonçant la défection de Cukor. Il informait Marilyn que la Fox avait
repoussé le début du tournage de son film.
En
cas de démission d'un réalisateur, en effet, le studio pouvait bénéficier d'un
report de quatre semaines.
Le
mardi 11 avril,
Marilyn et Joe assistèrent au match d'ouverture de la saison de base-ball,
entre les New York Yankees et les Minnesota Twins, au Yankee Stadium de New
York (
,
,
,
,
,
).
Elle
reçut une lettre de Kay
Gable, la veuve de Clark Gable, datée du 11 avril 1961 (
).
Fin
avril :
Après
six ans passés sur la côte est, Marilyn décida de s’installer à nouveau sur la
côte ouest. New York représentait pour elle trop de souvenirs douloureux. A
Hollywood il y avait les tournages et le Dr Greenson dans lequel elle mettait son salut.
Accompagnée
de Paula Strasberg, Marilyn
arriva à Los Angeles avec la ferme intention de parvenir à un accord pour
pouvoir tourner « Rain » avec Lee Strasberg.
Elle logea au Beverly Hills Hotel.
Le jeudi 20 avril : Frank Ferguson, l'avocat
du studio, lui expliqua que tous les efforts avaient été faits pour contacter
l'un des metteurs en scène de sa liste, mais qu'aucun n'était disponible. La
Fox voulait donc la rencontrer pour discuter d'un remplaçant.
De
son côté, la MCA, l'agence qui la
représentait, revint à la charge.
Le mercredi 26 avril : George Chasin, de la MCA, prévint par
téléphone Spyros Skouras (directeur de la Fox), que le studio avait laissé
passer la date à laquelle ils devaient démarrer « Good bye Charlie ».
Si Skouras tenait toujours à travailler avec Marilyn, il devait maintenant
passer un accord avec sa société de production. Elle aurait son mot à dire sur
le projet et le choix du réalisateur. Et bien sûr, il devait lui faire une
proposition financière supérieure.
Après
avoir raccroché, Skouras relut le contrat de Marilyn. Il découvrit qu'en fait,
le compteur avait commencé à tourner depuis le 14 avril, date à laquelle elle
était censée se présenter à Cukor. A l'évidence, le studio avait jusqu'au 12 mai
pour mettre Marilyn sur un film.
La
Fox avait l'intention de poursuivre ses efforts pour trouver un remplaçant à
Cukor, efforts qui se concentraient désormais sur Lee Strasberg.
Lorsque
la Fox parvint enfin à le joindre à New York, Strasberg déclara qu'il se
rendrait disponible pour un projet qui l'intéressait.
Puis
sur les conseils de Joe, Marilyn reprit contact avec Jane Ziegler, la fille de
Viola Mertz, son ancienne propriétaire du 882 Doheny Drive, où elle habitait en 1952. Par chance un appartement venait de se
libérer dans le même immeuble.
Elle
déménagea donc en hâte, acheta quelques meubles, des étagères, un grand lit
qu’elle installa dans le salon, une coiffeuse et une penderie.
L’appartement
était bleu avec des miroirs allant du sol au plafond dans le dressing, et une
porte d’entrée laquée de noir. Elle ne fit qu’un minimum de modifications,
n’apporta que quelques effets personnels (ses livres, son maquillage et une
malle de vêtements) et n’accrocha au mur aucune des reproductions qui lui
rendrait l’endroit familier.
Pour
écarter les admirateurs et les touristes, sa boîte aux lettres portait le nom
de Marjorie Stengel,
ancienne secrétaire de Montgomery Clift, qui avait brièvement travaillé pour
Marilyn à New York durant une absence de May Reis.
Ce
n’était pour elle qu’un simple point de chute. De là, elle sortait se promener
en limousine, pour ses séances chez Greenson ou chez le Dr Engelberg, pour rencontrer
un agent, un éditeur, un scénariste ou un producteur.
Toujours
aussi sensible aux bruits, elle ne dormait qu’avec du Nembutal.
Pendant
tout ce printemps, Marilyn souffrit d’une douleur au flanc droit et de
fréquentes d’indigestions.
MAI:
Le jeudi 4 mai : huit jours avant la date prévue du
tournage, Frank Ferguson, l'avocat de la Fox, télégraphie à l'avocat de
Marilyn, Aaron Frosch, que Strasberg envisageait de tourner « Good bye
Charlie ». Le studio avait hâte de pouvoir en parler avec Marilyn.
Elle
reçut une invitation de la veuve de Clark Gable pour le baptême de son fils,
John Clark. La cérémonie démolit la rumeur selon laquelle Kay Gable reprochait
à Marilyn d’avoir causé la mort de son mari par ses incessants retards et par
ses caprices sur le tournage des « Misfits » (
,
,
,
,
).
Marilyn
fut hospitalisée au Cedars
of Lebanon Hospital, où le Dr
Leon Krohn l’opéra pour la soulager d’une endométriose chronique.
Pendant
toute cette période, elle vit beaucoup le Dr Greenson, auquel le Dr Marianne
Kris était venue rendre visite à Los Angeles, en mars, afin de discuter de leur
patiente.
Compte
tenu du ressentiment qu'avait fait naître chez Marilyn l'épisode Payne-Whitney,
il était souhaitable qu'un autre médecin la prenne en charge, mais pour le
moment, ce ne pouvait être que Greenson.
Elle
côtoya également beaucoup Frank Sinatra (
).
Quand elle avait été hospitalisée à New York, Sinatra avait été très gentil
avec elle, l'appelant au téléphone, lui rendant visite, la couvrant de cadeaux.
Pat
Newcomb lui offrit un caniche blanc qu'elle baptisa Maf (
,
,
).
Elle
fera avec lui une séance photo avec le photographe Eric Skipsey au Beverly Hills Hotel
(
,
,
;
,
,
,
) en novembre 1961.
Sinatra
l'emmena chez Peter Lawford à Santa Monica (
,
,
,
), où, lors des fêtes
qui y étaient organisées, l'alcool coulait à flot.
John
Kennedy, beau-frère de Lawford, n'était pas encore venu en Californie depuis
son élection, mais on pouvait prévoir qu'il passerait quelque temps chez les
Lawford. Sinatra, pour ne pas être en reste, tenait à faire officieusement de
sa maison de Palm Springs, une
Maison Blanche de la côte Ouest. Il était en train de construire un héliport sur
son terrain afin de pouvoir accueillir le Président.
Les
liens de Peter Lawford avec les Kennedy conféraient à cet acteur à la carrière
plutôt modeste une nouvelle dimension et ses fêtes étaient devenues l'endroit à
la mode.
Robert Kennedy était à Los
Angeles pour discuter de la production de l'adaptation cinématographique de son
livre « The enemy within », qui était une chronique de son enquête
concernant Jimmy Hoffa et le
syndicat des camionneurs, alors que Robert Kennedy était conseiller en chef
pour le Senate Subcommittee on
Investigations (
)(Commission qui luttait contre le crime organisé).
C'était
Jerry Wald, producteur de la Fox,
qui avait acheté les droits du livre.
Robert
Kennedy alla chez son beau-frère Peter Lawford et rencontra Marilyn à cette
occasion, pour la première fois.
Lee
Strasberg, pour sa part, avait hâte de connaître le salaire que le studio lui
attribuerait pour le mise en scène de « Good bye Charlie ». Quatorze
ans auparavant, la Fox l'avait licencié. Le souvenir était cuisant et il
n'avait pas l'intention de subir un nouvel affront : cette fois, il serait payé
à sa juste valeur.
Le
studio lui proposa 22 500$, mais Strasberg rétorqua aigrement que la somme
proposée était indigne de lui.
Robert Goldstein (le nouveau
directeur de la Fox) donna son accord pour monter à 50 000$.
De
nouveau, Strasberg considéra que c'était insuffisant.
A
la dernière minute, Spyros Skouras (désormais président du conseil
d'administration de la Fox) décida finalement de ne pas traîner Marilyn en justice,
et contre toute attente, l'autorisa à ne pas tourner « Good bye Charlie ».
L'avocat de Marilyn, en retour, reconnut qu'elle devait encore un film au
studio, dont le début du tournage serait reporté au 15 novembre.
Entre-temps,
Skouras autorisa Marilyn à tourner « Rain », à condition qu'elle ait
terminé pour le 30
octobre. Or la NBC n'accordait aucun crédit à Strasberg.
La
chaîne de télévision n'avait aucunement l'intention d'engager un metteur en
scène sans expérience, au contraire du studio. En fin de compte, Marilyn refusa
de tourner « Rain » sans lui.
Elle
se rendit au Crescendo Club de Los Angeles (
) ; elle y rencontra Ray Charles (
)et Ella Fitzgerald (
).
JUIN:
Le jeudi 1er juin : Marilyn
fêta ses trente-cinq ans.
Elle
devint plus proche de Pat
Lawford Kennedy et se rendait souvent chez eux avec Frank Sinatra, Dean et Jeanne Martin.
Le mercredi 7 juin : Sinatra, qui se produisait au Sands
de Las Vegas (
,
), donna une fête en
l’honneur des quarante-quatre ans de Dean Martin (
,
). Peter et Pat Lawford, Jean Kennedy Smith (sœur de
Pat, John et Robert Kennedy), Peter Lawford (
), Elizabeth Taylor et Eddie
Fisher
(
,
), et Marilyn (
,
), entre autres, y assistèrent.
Semaine du dimanche 25 au vendredi 30 juin : de retour à
New York (
,
), Marilyn, souffrait
toujours atrocement de troubles digestifs.
Le
mercredi 28 juin,
accompagnée de Joe DiMaggio et de May Reis (
), elle fut hospitalisée au
Manhattan Polyclinic
Hospital (
,
) à New York, où les
médecins diagnostiquèrent une angiocholite (inflammation des voies biliaires),
cause de ses douleurs chroniques et de ses indigestions, et qui la conduisaient
à augmenter les doses de barbituriques.
Le jeudi 29 juin
elle fut opérée de la vésicule biliaire.
A
son réveil, Joe DiMaggio était à son chevet.
Durant
son séjour à l'hôpital, il vint
la voir tous les jours (
).
Puis
des problèmes familiaux le rappelèrent à San Francisco d’où il partit ensuite à
l’étranger pour affaires. Marilyn resta en contact permanent avec lui.
JUILLET :
Le mardi 11 juillet :
Marilyn quitta l’hôpital et à sa sortie elle fut assaillie par une foule de deux cents admirateurs, journalistes et photographes
Elle
se reposa dans son appartement new-yorkais, du 444 East 57th Street.
Kenneth Battelle (
,
,
), le célèbre coiffeur
new-yorkais que Marilyn avait connu pendant le tournage de « Some like it hot »
en 1958,
vint la coiffer à son domicile.
Pat
Newcomb arriva de Los Angeles pour l'aider.
Sa
demi-sœur, Berniece Miracle, lui rendit également visite et s'occupa
d'elle; elles parlèrent beaucoup de leur mère, Gladys Baker, dont Marilyn
payait toujours l’hospitalisation.
Fin juillet : avant que Berniece Miracle ne
reparte à Gainesville, en Floride où elle vivait, Ralph Roberts les conduisit
toutes les deux à la ferme de Miller à Roxbury, où Marilyn devait récupérer
quelques affaires (des livres, des sculptures dont un buste de Carl Sandburg (
)), de la porcelaine
fine, des verres à cocktail et une grande télévision, cadeau de la RCA).
Miller, sachant qu’elle venait, était absent.
AOUT :
Le mardi 8 août : Marilyn rentra à Los Angeles et fit
un court séjour à Coldwater Drive, chez Frank Sinatra, qui était en tournée en
Europe.
Elle
justifia son retour à Hollywood par le fait qu'elle devait encore un film à la
Fox. Mais elle haïssait le studio. Le contrat qui avait représenté un véritable
triomphe pour elle, ne signifiait plus rien aujourd'hui.
A
la Fox, tous s'accordaient à penser que la période où elle rapportait de
l'argent était derrière elle, prématurément vieillie, à trente-cinq ans, par la
souffrance et l'abus d'alcool et de médicaments.
Elle
demanda à Ralph Roberts de la rejoindre afin qu’il lui serve de compagnon, de
chauffeur (elle avait du mal à conduire depuis son opération de la vésicule
biliaire) et de masseur. Celui-ci accepta avec joie.
Elle
lui loua une chambre au Château
Marmont Hotel (à dix minutes de son appartement de Doheny Drive). Ils ne se
quitteront plus jusqu’en novembre.
Ralph
l’aida à installer son appartement (il lui posa d’épais rideaux), la déposait
chez l’esthéticienne, la conduisait tous les jours à 16 heures chez Greenson
pour ses séances quotidiennes, et le soir, ils dînaient souvent ensemble sur la
terrasse.
Greenson
était particulièrement accommodant : elle pouvait le joindre de jour comme
de nuit, et lui accordait un tarif préférentiel de 50$ la séance. Celles-ci
duraient deux à trois heures. Plus tard, quand les problèmes s’aggraveront, il
la verra presque tous les jours, voire deux fois par jour.
Elle
semblait se ménager, est en meilleure santé, avait retrouvé son énergie et
semblait heureuse et pleine d’optimisme. Mais ses amis Ralph Roberts, Pat
Newcomb, Susan Strasberg, Allan Snyder et Rupert Allan, trouvaient que sa
psychothérapie ne lui réussissait pas et que plus elle s’investissait dans son
travail psychanalytique, plus elle semblait déprimée.
Marilyn
fréquentait beaucoup les Lawford, Dean Martin (
), Sinatra et
sa bande, et passa un week-end avec lui sur le yacht de Romanoff (
,
,
,
,
,
), le propriétaire du
célèbre restaurant
portant son nom.
Le
vendredi 25 août :
Marilyn fut coiffée par Agnes
Flanagan et maquillée par Whitey Snyder pour une séance photo pour le magazine Look, au studio de John
Engstead.
SEPTEMBRE:
De
Los Angeles, elle appela Lena
Pepitone, son employée de maison
à New York et lui demanda de lui apporter la robe créée pour elle par le
couturier Jean Louis (pour la somme de 3000$), car elle voulait la porter
lors du grand bal où elle devait se rendre avec Sinatra.
Pat
Newcomb prit les dispositions nécessaires et Lena Pepitone apporta la robe à
Los Angeles. Le soir du bal, Sinatra lui offrit des boucles d’oreilles
d’émeraudes et de diamants (d'une valeur de 35 000$).
OCTOBRE :
Le lundi 16 octobre : la Fox signifia à Marilyn qu'elle allait
tourner avec George Cukor dans « Something's got
to give », remake de « My favourite wife », une comédie de 1959.
Cette
annonce déclencha chez elle ce que son médecin diagnostiqua comme une réaction
fortement paranoïde et dépressive. Après « Let's make love », elle
était convaincue que Cukor lui en voulait. Elle envisagea d'abandonner le
cinéma et parla de se suicider, menace que le Dr Greenson prit très au sérieux.
Il était à nouveau nécessaire de la désintoxiquer des barbituriques, mais après
l'épisode Payne-Whitney, Greenson ne jugeait pas prudent de la faire entrer
dans un centre de soins spécialisés.
A
cette époque, la Fox n'était plus la formidable compagnie qui faisait la fierté
de son fondateur, Darryl
Zanuck. Elle ne finançait plus de grands films et ne gagnait plus un seul
dollar, au contraire. Rien qu'en 1961, ses pertes dépassaient 22 millions de $,
dont une grande partie serait due aux problèmes rencontrés à Rome par la
production de « Cléopâtre ».
Le jeudi 26 octobre: des responsables de la Fox, dont le
nouveau directeur de production, Peter
Levathes (
), rencontrèrent
Milton Rudin (
), l'avocat de Frank Sinatra,
pour discuter d'un contrat avec son client. Rudin était marié l'une des sœurs
de Greenson.
Préoccupé par l'état de Marilyn, et estimant qu'il
valait mieux pour elle qu'elle tourne le film et se libère de son contrat qui
la liait avec le Fox, Greenson avait demandé
à son beau-frère d'intervenir.
Rudin
expliqua que les problèmes de Marilyn avec la Fox étaient purement d'ordre
psychologique. Pour elle, ce n'était pas uniquement une question de salaire ou
de droit de regard contractuel, mais une affaire de considération. Ce dont elle
avait besoin c'était d'être traitée avec dignité.
Alors
que la Fox mentionnait George Cukor pour tourner « Something's got to give »,
le studio savait pertinemment que celui-ci serait occupé par le tournage de
« The Chapman report » (« Liaisons coupables ») pour la
Warner jusqu'au 26
décembre, soit plus d'un mois après la date limite pour remettre
Marilyn au travail. Néanmoins, le contrat de la Fox avec Marilyn ne les
obligeait pas à débuter le tournage à cette date. En conséquence, plutôt que de
risquer de perdre le dernier film qu'elle leur devait, la Fox préféra continuer
à la payer en attendant que Cukor ait terminé « The Chapman report ».
NOVEMBRE :
Le samedi 18 novembre : Marilyn dîna chez
les Greenson.
Elle
restait souvent dîner après ses séances, parfois jusqu’à quatre fois par
semaine.
Greenson
renvoyait Ralph Roberts qui passait la prendre après l’heure de la séance, et
un membre de la famille Greenson la raccompagnait dans la soirée.
Mais
plutôt que d’aider Marilyn à trouver en elle de nouvelles ressources pour
affirmer son indépendance et acquérir un jugement autonome, il renforçait sa
dépendance et sa domination sur elle. Et parce qu’il le lui avait suggéré,
Marilyn commença à compter de plus en plus sur sa famille : elle
téléphonait chez eux à n’importe quelle heure pour parler de ses rêves, de ses
peurs, de ses hésitations sur tel ou tel scénario, de ses problèmes sentimentaux.
Puisqu’on
semblait considérer qu’elle faisait partie de la famille, elle adapta son
comportement en conséquence, demanda à Joan Greenson de la conduire
ici ou là quand Ralph n’était pas disponible.
Greenson
espérait qu'en exposant Marilyn à la chaleur et à l'affection d'une famille
unie, il lui offrirait une compensation au manque affectif dont elle avait
souffert depuis l'enfance et la tirerait de sa douloureuse solitude. Mais en
l'accueillant chez lui, il essayait aussi de se montrer à elle en tant qu'être
humain. Il s'efforçait de faire admettre à ses patients que les êtres humains
étaient imparfaits et qu'il fallait apprendre à vivre dans l'incertitude.
Il
avait diagnostiqué chez Marilyn une personnalité limite, toxicomane et
paranoïde; ce type de personnalité redoutant d'être abandonnée.
Le dimanche 19 novembre : invitée à dîner chez les Lawford,
elle rencontra le Président John Kennedy (
,
).
La
veille au soir, Kennedy avait fait un discours à l'Hollywood Palladium et il
n'avait que quelques heures de repos avant de retourner au Beverly Hilton pour
préparer une série d'entretins avec le chancelier Adenauer, président de
l'Allemagne de l'Ouest.
En
fréquentant l'univers de Sinatra et de Lawford, Marilyn replongeait dans un
univers qu'elle avait tenté désespérément de fuir.
Un
samedi après-midi elle sortit bouleversée de chez Greenson ; celui-ci lui
avait demandé de renvoyer Ralph Roberts à New York, sous l'argument que Marilyn
était trop dépendante de lui.
Le
lendemain il quitta le Château Marmont Hotel, passa à Doheny Drive prendre sa
table de massage et repartit à New York. Il restera néanmoins en contact avec
Marilyn.
Influencée
par Greenson, Marilyn n’eut pas le courage de s’opposer à cette décision de son
médecin qui mettait fin arbitrairement à une amitié solide et bénéfique.
Elle
fut convoquée à la Fox à laquelle elle devait encore deux films.
Depuis
la signature de son contrat en 1955, elle n’avait tourné que deux films pour
la Fox, « Bus stop » et
« Let's make love » et son contrat de quatre films, prenait fin en 1962.
La
Fox lui proposa « Something’s got to give » réalisé par George Cukor,
sur un scénario (
) de Nunnally Johnson. Elle ne
voulait pas tourner ce film mais son avocat, Milton Rudin lui avait dit que le
studio avait les moyens d’entraver sa carrière si elle refusait. Greenson qui
la conseillait aussi, l’incita à tourner ce film, afin qu’elle se débarrasse de
ses obligations envers la Fox.
Marilyn
fit une séance photo avec un jeune photographe, Douglas Kirkland (
,
,
).
Il
travaillait au magazine Look
qui préparait un numéro spécial pour son 25ème anniversaire.
Il
avait déjà photographié Elizabeth Taylor, Judy Garland et Shirley Mac Laine.
Il
la rencontra trois fois. Une première fois, Kirkland vient chez elle avec deux
assistants.
Une
seconde fois, deux jours plus tard, où la séance photo eut lieu dans le studio
d’un photographe (
,
,
,
,
,
,
,
,
).
Enfin,
deux jours après la séance photo, quand Kirkland vint lui présenter les épreuves.
Greenson suggéra à Marilyn d’acheter une maison à elle, dans le même style espagnol que sa maison à lui
(
,
,
,
) et que Marilyn
aimait beaucoup.
Mais
elle était assez réticente à cette idée ; elle ne souhaitait ni rester, ni
s’établir en Californie, et espérait retourner à New York après le tournage du
film. Mais soumise à l’influence grandissante de Greenson, elle n’était plus en
mesure de décider.
Quelques
jours plus tard, Eunice Murray
(
) se présenta chez
Marilyn, à Doheny Drive, envoyée par Greenson. Elle lui servit de gouvernante,
de dame de compagnie, de chauffeur, de nurse et d'intendante.
Dès
qu’elle rencontra Marilyn, Eunice la considéra comme une enfant récalcitrante
(comme la lui avait décrite Greenson) et les amis de Marilyn s’aperçurent vite
qu’Eunice la traitait avec une certaine condescendance, et lui suggérait avec
une douceur mielleuse, emploi du temps et fréquentations souhaitables. Habituée
à obéir aux décisions de Greenson, Marilyn n’offrit pas de résistance.
DECEMBRE :
Marilyn
accepta à contrecœur le film que lui proposait la Fox; elle n’aurait jamais
tourné ce film si Greenson ne l’avait pas convaincue. Il était très impliqué
dans divers aspects de la production.
Dans
le courant du mois, la Fox lui envoya le scénario de « Something's got to
give », accompagné d'un courrier expliquant que le scénario avait été
remanié spécifiquement pour elle et qu'il n'était pas encore définitif.
Elle
assista à une soirée donnée chez Henry Weinstein, futur producteur de
« Something’s got to give », à laquelle assistait également le poète Carl Sandburg. Le photographe Arnold Newman prit des photos (
,
,
,
).
Le mercredi 20 décembre : Milton Rudin
appela Frank Ferguson, l'avocat de la Fox, et l'informa que Marilyn exigeait
des modifications du scénario de « Something's got to give ». Elle
tenait également à ce qu'on engage le caméraman de « Some like it hot »
et voulait avoir son mot à dire sur le casting et sur la promotion.
Elle
partit une semaine à New York et rentra à Los Angeles pour Noël. Elle sombra à
nouveau dans la dépression.
Le samedi 23 décembre : DiMaggio arriva à Los Angeles. Il
acheta du caviar, du champagne et un sapin qu’ils décorèrent ensemble.
Marilyn
avait accepté une invitation pour tous les deux à réveillonner chez les
Greenson ; Joe, très timide avec les étrangers, accepta l’invitation à
contre cœur.
Les
négociations avec la Fox reprirent après Noël, et même si elles n'aboutirent
pas tout de suite à quelque chose de définitif, le studio avait l'impression
d'avancer.
Quand
la Fox proposa que Nunnally Johnson réécrive le scénario, Marilyn en fut enthousiasmée.
C'était l'auteur de « How
to marry a millionaire » et il savait faire du « Marilyn Monroe ».
Le dimanche 31 décembre : Joan Greenson, la fille du
Docteur Greenson, passa voir Marilyn et DiMaggio, dans l’appartement de
Marilyn, sur Doheny Drive. Ils passèrent le nouvel an ensemble à Doheny Drive.
En
cette fin d’année, Greenson la conseillait dans de nombreux domaines : les
amis qu’elle devait conserver, avec qui elle devait sortir, où elle devait
habiter. Il la poussa, afin d'amener un peu de stabilité dans sa vie, à
acheter une maison et Marilyn demanda à Eunice Murray de lui en trouver
une de style mexicain, le même style que la maison des Greenson.
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