Ici s'achève mon chemin...


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1961

 

JANVIER :

Pressée d’oublier ses difficultés de «The misfits » et de surmonter l’échec de son mariage en s’attelant à un nouveau projet, Marilyn s’associa avec Lee Strasberg pour proposer un téléfilm à partir de « Rain » de Somerset Maugham. Elle écrivit à Maugham qui lui répondit depuis sa résidence de la Côte d’Azur, touché et heureux que Marilyn désire incarner son héroïne.

Strasberg, manquant de moyens et souhaitant la diriger dans « Rain », se fit accompagner par Marilyn à ses rendez-vous avec les responsables de la chaîne NBC, qui produisait à l’époque de nombreuses versions télévisées de romans à succès.

Les négociations allèrent bon train. Les contrats étaient sur le point d’être signés avec la NBC. Mais l’insistance de Lee Strasberg à assurer la mise en scène constitua un frein, les responsables de la chaîne n’étant pas disposés à céder. Ils proposèrent à Marilyn de confier la mise en scène à un réalisateur de cinéma ou de télévision expérimenté, et sur le choix duquel Marilyn serait consultée. Strasberg réagit avec fureur et Marilyn, avec sa loyauté coutumière et pensant qu’elle serait sûrement mieux dirigée par Strasberg, défendit son professeur et refusa de jouer dans « Rain » si le téléfilm n'était pas mis en scène par Strasberg.

 

Le samedi 14 janvier :

Elle rédigea son deuxième testament (,).

Les principaux bénéficiaires étaient Gladys Baker, sa mère (5 000$ par an), Berniece Miracle, sa demi-sœur (10 000$ par an), May Reis, sa secrétaire particulière (10 000$ par an), Lee Strasberg (ses effets personnels et vêtements et 75% des biens restants), le Dr Marianne Kris (25% des biens restants et que l’argent soit utilisé pour faire avancer le travail de tous groupes ou institutions psychiatriques de son choix), Patricia Rosten, fille de ses amis Norman et Hedda Rosten (5 000$ pour les études de Patricia Rosten), Xenia Tchekhov, veuve de Michael Tchekhov (2 500$ par an pour subvenir à ses besoins).

Le vendredi 20 janvier : Marilyn, Pat Newcomb et Aaron Frosch (son avocat new-yorkais) arrivèrent à El Paso (Texas) et franchirent la frontière pour aller à Juarez, au Mexique (El Paso et Juarez sont à la frontière américano-mexicaine) (, ,).

Marilyn et Pat Newcomb firent une halte à Dallas pendant laquelle elles regardèrent la cérémonie d'investiture de John Kennedy ().

Arthur Miller, Joseph et Olie Rauh (avocat de Miller à Washington), Frank Sinatra et Peter Lawford firent partie, entre autres,  des invités au bal d’investiture (,). 

 

Le divorce des Miller fut prononcé pour incompatibilité d’humeur par le juge Miguel Gomez Guerra.

Miller obtint la garde de leur basset Hugo et garda la ferme de Roxbury, qui avait été achetée avec le produit de la vente de sa précédente maison ; il en fera sa résidence permanente et y vivra ensuite avec Inge Morath, sa troisième épouse.

Il n’y eut pas de pension. Restait la répartition de quelques objets personnels.

Arthur ayant signé une renonciation de ses droits à contester une demande unilatérale de divorce, n'était pas obligé de se présenter en personne.

 

Le samedi 21 janvier, dans la journée, Marilyn était de retour à New York, accueillie par Lee Strasberg (, ,,,).

 

Le mardi 31 janvier : elle assista à une projection en avant-première de «The misfits » avec Montgomery Clift, au Capitol Theater, sur Broadway (,,,,,).

Arthur Miller était également présent, accompagné de ses deux enfants, Jane et Robert (,), mais ils s'évitèrent soigneusement.

La projection fut un moment douloureux pour elle. Une fois les lumières rallumées, elle quitta la salle.

 

A New York, Miller rencontra Inge Morath, la photographe de l'agence Magnum, qui était sur le plateau de « The misfits », la première semaine du tournage. Sur la suggestion de celle-ci, Miller s'installa au Chelsea Hotel, où la photographe préférait séjourner.

FEVRIER :

Le  mercredi 1er février : après le divorce, l’échec de ses deux derniers films, l’arrêt des négociations pour « Rain », sans projets de travail pour la soutenir, Marilyn ne pouvait se raccrocher à rien.

Elle évoqua à Marianne Kris l’idée du suicide. Elle s’enferma chez elle pendant plusieurs jours, en prenant de nombreux barbituriques.

Marianne Kris, craignant un passage à l'acte lui proposa de la faire admettre à l’hôpital.

 

Sortie de « The misfits » (;,). Tout comme « Let's make love», son dernier film fut mal accueilli par la critique ; l’histoire déconcerta le public et le jeu des vedettes le déçut.

 

Le dimanche 5 février : Marianne Kris conduisit Marilyn au Cornell University New York Hospital, où elle fut admise  sous le nom de Faye Miller.

Sans doute l'esprit embrumé par la quantité impressionnante de médicaments qu'elle prenait, Marilyn ne prit pas la mesure exacte d'une telle démarche.

Elle ne fut pas installée dans une chambre classique, comme cela avait été prévu avec Marianne Kris, mais à la Payne Whitney Clinic, la section psychiatrique de l’hôpital où l’on enfermait les grands agités. Elle fut enfermée dans une cellule capitonnée réservée aux grands agités.

Quand elle réalisa qu’elle se trouvait dans un pavillon de sécurité, Marilyn s’effondra.

Son pire cauchemar, d’être enfermée comme l’avaient été sa mère et sa grand-mère, se réalisait ; elle fit une crise de nerf, voulut sortir et fut tellement agitée qu’on la menaça de lui passer la camisole de force. On lui avait retiré ses habits et son sac à main.

Cette hospitalisation fut si soudaine, que son entourage, les Strasberg, Pat Newcomb, John Springer (de l'agence de relations publiques d'Arthur Jacobs), May Reis et Ralph Roberts, fut pris par surprise.

 

Elle vécut quarante-huit heures d’enfermement avant qu’une infirmière porte pour elle une lettre aux Strasberg 

(), qu’ils reçurent le mercredi 8 février.

« Le Dr Kris m’a fait enfermer dans cet hôpital sous la surveillance de deux imbéciles. Ils ne devraient en aucun cas être mes médecins. Je suis enfermée avec les cinglés. Je suis sûre de finir comme eux si ce cauchemar se poursuit. Je vous en supplie, aidez-moi. Je ne devrais pas me trouver ici. Je vous aime tous les deux. Marilyn. 

PS : je suis à l’étage des grands agités. Dans une cellule. Ils ont fermé la porte du cabinet de toilettes. Je ne pouvais pas entrer, alors j’ai cassé la vitre. Mais à part ça, je ne me suis pas montrée agressive ».

Mais les Strasberg n’avaient aucun pouvoir et certainement pas celui d’exiger la libération de Marilyn.

 

Le jeudi 9 février : sans nouvelles des Strasberg, Marilyn fut autorisée à passer un coup de fil et appela DiMaggio ; il arriva de Saint Petersburg Beach, en Floride où il entraînait l'équipe des Yankees pendant l’hiver et ordonna au Docteur Kris de la laisser sortir et de la lui confier.

 

Le vendredi 10 février :

Pour éviter toute publicité, ce fut son ami, masseur, Ralph Roberts, qui ramena Marilyn chez elle, accompagnée de Marianne Kris. Marilyn critiqua violemment sa thérapeute et après avoir déposé Marilyn chez elle, où Joe l’attendait, Ralph Roberts raccompagna le Dr Kris à son domicile.

Marilyn ne reverra jamais Marianne Kris, mais l’ironie du sort voulut qu’elle fasse partie de ses héritiers car son nom figurait dans le testament qu’elle avait signé à peine un mois auparavant.

DiMaggio comprit que quel que fut l’état de Marilyn avant son hospitalisation, elle était très malheureuse.

Elle accepta d’être hospitalisée dans un endroit plus confortable et moins menaçant, à condition que Joe passe ses journées avec elle.

 

Vers 17 heures, DiMaggio l’accompagna à l’Institut neurologique du Columbia Presbyterian Medical Center où elle resta plus de trois semaines (jusqu’au 5 mars) (chambre 719) pendant lesquelles DiMaggio vint la voir tous les jours.

La presse n'en fut pas informée.

 

Pendant son séjour et ses nuits d’insomnie, Marilyn lut la correspondance de Freud, de nombreux livres sur la psychanalyse et la psychiatrie, et la biographie de Sean O’Casey, un auteur dramatique irlandais.

 

De son côté, la Fox tenait toujours à ce qu'elle tourne « Good bye Charlie ». Spyros Skouras (président de la Fox) subissait de plus en plus d'attaques de rivaux au sein du studio, pressés de lui prendre son poste.

La Fox continuait à considérer Marilyn comme un atout, malgré son état. C'était aussi la position de Lee Strasberg qui essayait toujours de monter « Rain ». A ses yeux, la psychanalyse n'améliorerait sans doute pas l'état de Marilyn avant de longues années, tandis qu'un véritable rôle dramatique lui permettait de canaliser sa colère. Il n'avait pas du tout l'intention de laisser la Fox la forcer à tourner « Good bye Charlie ».

Mais l'hospitalisation de Marilyn retarda la signature du contrat avec la NBC pour « Rain ».

Seul Joe DiMaggio semblait persuadé que la carrière de Marilyn était en train de la tuer.

 

Quand Arthur Miller apprit que Marilyn avait été hospitalisée à Payne Whitney,  il en fut très affecté et contacta Nan Taylor (la femme de son ami et producteur de « The misfits » Frank Taylor) car il pensait reprendre contact avec elle. Mais Marilyn ne faisant désormais plus partie de sa vie, Nan lui conseilla de ne pas s'en mêler.

 

Le lundi 27 février, elle reçut un télégramme de soutien de Marlon Brando ().

 

MARS:

Le jeudi 2 mars : elle écrivit une lettre au Dr Greenson, dans laquelle elle lui racontait son séjour à Payne Whitney 

(,,,,,,).

 

Le dimanche 5 mars :

Après une cure de repos de vingt-trois jours, elle regagna son appartement de la 57ème Rue.

A sa sortie de l’hôpital, sept vigiles l’escortaient à travers une foule d’admirateurs, de journalistes et de photographes 

(,,,,).

May Reis, Pat Newcomb (,,,,, ,) et son collègue de l’agence d’Arthur Jacobs à New York, John Springer, étaient là pour l’aider.

Joe DiMaggio l'invita à le rejoindre en Floride, où il effectuait l'entraînement de printemps des Yankees, à St Petersburg. Marilyn saisit l'opportunité de s'échapper quelque temps et de bénéficier de l'amitié et de la sécurité que lui offrait DiMaggio.

 

Elle passa quelques jours à se reposer dans son appartement, en compagnie de May Reis et de Pat Newcomb.

A cette période, Pat était très protectrice avec Marilyn.

 

Le mercredi 8 mars : Accompagnée de May Reis, Marilyn assista à l’enterrement d’Augusta Miller, la mère d’Arthur Miller 

(,), malgré leur récente séparation et sa sortie de l’hôpital.

Elle présenta ses condoléances à Arthur et réconforta son ex-beau-père, Isadore. Celui-ci devait subir une intervention chirurgicale lorsque son épouse décéda. Il quitta l'hôpital pour l'enterrer.

Les jours suivants l'enterrement d'Augusta Miller, Marilyn appela régulièrement Isadore, parla à son médecin et lui envoya des fleurs.

Le lundi 13 mars : Marilyn assista, avec les Strasberg à une soirée au profit de l'Actors Studio à la Roseland Dance City, à New York (,,,,,,,).

 

Fin mars : elle rejoignit Joe DiMaggio en Floride (,). Il l’emmena dans la station balnéaire tranquille et discrète de North Redington Beach.

Ils logèrent au Tides Motor Inn, dans deux chambres séparées (,,,).

Ils se reposèrent (,,,), nagèrent, ramassèrent des coquillages (,,), dînaient seuls et se couchaient tôt.

Une ou deux fois ils allèrent à St Petersburg, au Fort Lauderdale, assister à l’entraînement des Yankees (,,,,,).

Elle alla aussi voir sa sœur, Berniece, à Gainesville et logea avec DiMaggio dans un motel de Gainesville.

Ce séjour aida énormément Marilyn à lui changer les idées.

 

Elle continuait d'appeler Isadore Miller régulièrement pour le soutenir.

 

A la Fox, la situation devenait de plus en plus compliquée. George Cukor s'était retiré de « Good bye Charlie » et était maintenant engagé auprès de la MGM pour « Lady L ».

Légalement la Fox avait jusqu'au 14 avril 1961 pour faire travailler Marilyn, sous peine de la perdre complètement.

Tandis que le département juridique menaçait Cukor d'un procès, les responsables du studio, affolés, cherchaient un metteur en scène approuvé par Marilyn qui soit disponible.

Tant que la Fox disposerait de l'un des seize réalisateurs figurant sur sa liste, Marilyn devrait tourner « Good bye Charlie », et les dirigeants du studio devaient s'efforcer de les joindre.

Ils contactèrent Billy Wilder, John Huston, Joshua Logan, Elia Kazan, William Wyler, George Stevens, John Ford, Alfred Hitchcock et Carol Reed.

 

AVRIL:

Le dimanche 2 avril : Joe DiMaggio et Marilyn furent de retour à New York, après leur séjour en Floride (,,,, ).

 

A son retour de Floride, Marilyn trouva une lettre de Frank Ferguson, l'avocat du studio, annonçant la défection de Cukor. Il informait Marilyn que la Fox avait repoussé le début du tournage de son film.

En cas de démission d'un réalisateur, en effet, le studio pouvait bénéficier d'un report de quatre semaines.

 

Le mardi 11 avril, Marilyn et Joe assistèrent au match d'ouverture de la saison de base-ball, entre les New York Yankees et les Minnesota Twins, au Yankee Stadium de New York (,,,,,).

 

Elle reçut une lettre de Kay Gable, la veuve de Clark Gable, datée du 11 avril 1961 ().

 

Fin avril :

Après six ans passés sur la côte est, Marilyn décida de s’installer à nouveau sur la côte ouest. New York représentait pour elle trop de souvenirs douloureux. A Hollywood il y avait les tournages et le Dr Greenson  dans lequel elle mettait son salut.

Accompagnée de Paula Strasberg, Marilyn arriva à Los Angeles avec la ferme intention de parvenir à un accord pour pouvoir tourner « Rain » avec Lee Strasberg.

Elle logea au Beverly Hills Hotel.

Le jeudi 20 avril : Frank Ferguson, l'avocat du studio, lui expliqua que tous les efforts avaient été faits pour contacter l'un des metteurs en scène de sa liste, mais qu'aucun n'était disponible. La Fox voulait donc la rencontrer pour discuter d'un remplaçant.

De son côté, la MCA, l'agence qui la représentait, revint à la charge.

 

Le mercredi 26 avril : George Chasin, de la MCA, prévint par téléphone Spyros Skouras (directeur de la Fox), que le studio avait laissé passer la date à laquelle ils devaient démarrer « Good bye Charlie ». Si Skouras tenait toujours à travailler avec Marilyn, il devait maintenant passer un accord avec sa société de production. Elle aurait son mot à dire sur le projet et le choix du réalisateur. Et bien sûr, il devait lui faire une proposition financière supérieure.

Après avoir raccroché, Skouras relut le contrat de Marilyn. Il découvrit qu'en fait, le compteur avait commencé à tourner depuis le 14 avril, date à laquelle elle était censée se présenter à Cukor. A l'évidence, le studio avait jusqu'au 12 mai pour mettre Marilyn sur un film.

La Fox avait l'intention de poursuivre ses efforts pour trouver un remplaçant à Cukor, efforts qui se concentraient désormais sur Lee Strasberg.

Lorsque la Fox parvint enfin à le joindre à New York, Strasberg déclara qu'il se rendrait disponible pour un projet qui l'intéressait.

 

Puis sur les conseils de Joe, Marilyn reprit contact avec Jane Ziegler, la fille de Viola Mertz, son ancienne propriétaire du 882 Doheny Drive, où elle habitait en 1952. Par chance un appartement venait de se libérer dans le même immeuble.

Elle déménagea donc en hâte, acheta quelques meubles, des étagères, un grand lit qu’elle installa dans le salon, une coiffeuse et une penderie.

L’appartement était bleu avec des miroirs allant du sol au plafond dans le dressing, et une porte d’entrée laquée de noir. Elle ne fit qu’un minimum de modifications, n’apporta que quelques effets personnels (ses livres, son maquillage et une malle de vêtements) et n’accrocha au mur aucune des reproductions qui lui rendrait l’endroit familier.

Pour écarter les admirateurs et les touristes, sa boîte aux lettres portait le nom de Marjorie Stengel, ancienne secrétaire de Montgomery Clift, qui avait brièvement travaillé pour Marilyn à New York durant une absence de May Reis.

Ce n’était pour elle qu’un simple point de chute. De là, elle sortait se promener en limousine, pour ses séances chez Greenson ou chez le Dr Engelberg, pour rencontrer un agent, un éditeur, un scénariste ou un producteur.

Toujours aussi sensible aux bruits, elle ne dormait qu’avec du Nembutal.

 

Pendant tout ce printemps, Marilyn souffrit d’une douleur au flanc droit et de fréquentes d’indigestions.

 

MAI:

Le jeudi 4 mai : huit jours avant la date prévue du tournage, Frank Ferguson, l'avocat de la Fox, télégraphie à l'avocat de Marilyn, Aaron Frosch, que Strasberg envisageait de tourner « Good bye Charlie ». Le studio avait hâte de pouvoir en parler avec Marilyn.

 

Elle reçut une invitation de la veuve de Clark Gable pour le baptême de son fils, John Clark. La cérémonie démolit la rumeur selon laquelle Kay Gable reprochait à Marilyn d’avoir causé la mort de son mari par ses incessants retards et par ses caprices sur le tournage des « Misfits » (,,,,).

 

Marilyn fut hospitalisée au Cedars of Lebanon Hospital, où le Dr Leon Krohn l’opéra pour la soulager d’une endométriose chronique.

Pendant toute cette période, elle vit beaucoup le Dr Greenson, auquel le Dr Marianne Kris était venue rendre visite à Los Angeles, en mars, afin de discuter de leur patiente.

Compte tenu du ressentiment qu'avait fait naître chez Marilyn l'épisode Payne-Whitney, il était souhaitable qu'un autre médecin la prenne en charge, mais pour le moment, ce ne pouvait être que Greenson.

 

Elle côtoya également beaucoup Frank Sinatra (). Quand elle avait été hospitalisée à New York, Sinatra avait été très gentil avec elle, l'appelant au téléphone, lui rendant visite, la couvrant de cadeaux.

Pat Newcomb lui offrit un caniche blanc qu'elle baptisa Maf (,,).

Elle fera avec lui une séance photo avec le photographe Eric Skipsey au Beverly Hills Hotel (,, ;,,,) en novembre 1961.

Sinatra l'emmena chez Peter Lawford à Santa Monica (,,,), où, lors des fêtes qui y étaient organisées, l'alcool coulait à flot.

John Kennedy, beau-frère de Lawford, n'était pas encore venu en Californie depuis son élection, mais on pouvait prévoir qu'il passerait quelque temps chez les Lawford. Sinatra, pour ne pas être en reste, tenait à faire officieusement de sa maison de Palm Springs, une Maison Blanche de la côte Ouest. Il était en train de construire un héliport sur son terrain afin de pouvoir accueillir le Président.

Les liens de Peter Lawford avec les Kennedy conféraient à cet acteur à la carrière plutôt modeste une nouvelle dimension et ses fêtes étaient devenues l'endroit à la mode.

 

Robert Kennedy était à Los Angeles pour discuter de la production de l'adaptation cinématographique de son livre « The enemy within », qui était une chronique de son enquête concernant Jimmy Hoffa et le syndicat des camionneurs, alors que Robert Kennedy était conseiller en chef pour le Senate Subcommittee on Investigations ()(Commission qui luttait contre le crime organisé).

C'était Jerry Wald, producteur de la Fox, qui avait acheté les droits du livre.

Robert Kennedy alla chez son beau-frère Peter Lawford et rencontra Marilyn à cette occasion, pour la première fois.

 

Lee Strasberg, pour sa part, avait hâte de connaître le salaire que le studio lui attribuerait pour le mise en scène de « Good bye Charlie ». Quatorze ans auparavant, la Fox l'avait licencié. Le souvenir était cuisant et il n'avait pas l'intention de subir un nouvel affront : cette fois, il serait payé à sa juste valeur.

Le studio lui proposa 22 500$, mais Strasberg rétorqua aigrement que la somme proposée était indigne de lui.

Robert Goldstein (le nouveau directeur de la Fox) donna son accord pour monter à 50 000$.

De nouveau, Strasberg considéra que c'était insuffisant.

A la dernière minute, Spyros Skouras (désormais président du conseil d'administration de la Fox) décida finalement de ne pas traîner Marilyn en justice, et contre toute attente, l'autorisa à ne pas tourner « Good bye Charlie ». L'avocat de Marilyn, en retour, reconnut qu'elle devait encore un film au studio, dont le début du tournage serait reporté au 15 novembre.

 

Entre-temps, Skouras autorisa Marilyn à tourner « Rain », à condition qu'elle ait terminé pour le 30 octobre. Or la NBC n'accordait aucun crédit à Strasberg.

La chaîne de télévision n'avait aucunement l'intention d'engager un metteur en scène sans expérience, au contraire du studio. En fin de compte, Marilyn refusa de tourner « Rain » sans lui.

 

Elle se rendit au Crescendo Club de Los Angeles () ; elle y rencontra Ray Charles ()et Ella Fitzgerald ().

 

JUIN:

Le jeudi 1er juin : Marilyn fêta ses trente-cinq ans.

 

Elle devint plus proche de Pat Lawford Kennedy et se rendait souvent chez eux avec Frank Sinatra, Dean et Jeanne Martin.

 

Le mercredi 7 juin : Sinatra, qui se produisait au Sands de Las Vegas (,), donna une fête en l’honneur des quarante-quatre ans de Dean Martin (,). Peter et Pat Lawford, Jean Kennedy Smith (sœur de Pat, John et Robert Kennedy), Peter Lawford (), Elizabeth Taylor et Eddie Fisher 

(,), et Marilyn (,), entre autres, y assistèrent.

Semaine du dimanche 25 au vendredi 30 juin : de retour à New York (,), Marilyn, souffrait toujours atrocement de troubles digestifs.

Le mercredi 28 juin, accompagnée de Joe DiMaggio et de May Reis (), elle fut hospitalisée au Manhattan Polyclinic Hospital (,) à New York, où les médecins diagnostiquèrent une angiocholite (inflammation des voies biliaires), cause de ses douleurs chroniques et de ses indigestions, et qui la conduisaient à augmenter les doses de barbituriques.

Le jeudi 29 juin  elle fut opérée de la vésicule biliaire.

A son réveil, Joe DiMaggio était à son chevet.

Durant son séjour à l'hôpital, il vint la voir tous les jours ().

Puis des problèmes familiaux le rappelèrent à San Francisco d’où il partit ensuite à l’étranger pour affaires. Marilyn resta en contact permanent avec lui.

 

JUILLET :

Le mardi 11 juillet :

Marilyn quitta l’hôpital et à sa sortie elle fut assaillie par une foule de deux cents admirateurs, journalistes et  photographes 

(,,,,,,).

Elle se reposa dans son appartement new-yorkais, du 444 East 57th Street.

Kenneth Battelle (,,), le célèbre coiffeur new-yorkais que Marilyn avait connu pendant le tournage de « Some like it hot » en 1958, vint la coiffer à son domicile.

 

Pat Newcomb arriva de Los Angeles pour l'aider.

Sa demi-sœur, Berniece Miracle, lui rendit également visite et s'occupa d'elle; elles parlèrent beaucoup de leur mère, Gladys Baker, dont Marilyn payait toujours l’hospitalisation.

 

Fin juillet : avant que Berniece Miracle ne reparte à Gainesville, en Floride où elle vivait, Ralph Roberts les conduisit toutes les deux à la ferme de Miller à Roxbury, où Marilyn devait récupérer quelques affaires (des livres, des sculptures dont un buste de Carl Sandburg ()), de la porcelaine fine, des verres à cocktail et une grande télévision, cadeau de la RCA). Miller, sachant qu’elle venait, était absent.

AOUT :

Le mardi 8 août : Marilyn rentra à Los Angeles et fit un court séjour à Coldwater Drive, chez Frank Sinatra, qui était en tournée en Europe.

Elle justifia son retour à Hollywood par le fait qu'elle devait encore un film à la Fox. Mais elle haïssait le studio. Le contrat qui avait représenté un véritable triomphe pour elle, ne signifiait plus rien aujourd'hui.

A la Fox, tous s'accordaient à penser que la période où elle rapportait de l'argent était derrière elle, prématurément vieillie, à trente-cinq ans, par la souffrance et l'abus d'alcool et de médicaments.

 

Elle demanda à Ralph Roberts de la rejoindre afin qu’il lui serve de compagnon, de chauffeur (elle avait du mal à conduire depuis son opération de la vésicule biliaire) et de masseur. Celui-ci accepta avec joie.

Elle lui loua une chambre au Château Marmont Hotel (à dix minutes de son appartement de Doheny Drive). Ils ne se quitteront plus jusqu’en novembre.

Ralph l’aida à installer son appartement (il lui posa d’épais rideaux), la déposait chez l’esthéticienne, la conduisait tous les jours à 16 heures chez Greenson pour ses séances quotidiennes, et le soir, ils dînaient souvent ensemble sur la terrasse.

Greenson était particulièrement accommodant : elle pouvait le joindre de jour comme de nuit, et lui accordait un tarif préférentiel de 50$ la séance. Celles-ci duraient deux à trois heures. Plus tard, quand les problèmes s’aggraveront, il la verra presque tous les jours, voire deux fois par jour.

 

Elle semblait se ménager, est en meilleure santé, avait retrouvé son énergie et semblait heureuse et pleine d’optimisme. Mais ses amis Ralph Roberts, Pat Newcomb, Susan Strasberg, Allan Snyder et Rupert Allan, trouvaient que sa psychothérapie ne lui réussissait pas et que plus elle s’investissait dans son travail psychanalytique, plus elle semblait déprimée.

 

Marilyn fréquentait beaucoup les Lawford, Dean Martin (), Sinatra et sa bande, et passa un week-end avec lui sur le yacht de Romanoff (,,,,,), le propriétaire du célèbre restaurant portant son nom.

Le vendredi 25 août : Marilyn fut coiffée par Agnes Flanagan et maquillée par Whitey Snyder pour une séance photo pour le magazine Look, au studio de John Engstead.

SEPTEMBRE:

De Los Angeles, elle appela Lena Pepitone, son employée de maison à New York et lui demanda de lui apporter la robe créée pour elle par le couturier Jean Louis (pour la  somme de 3000$), car elle voulait la porter lors du grand bal où elle devait se rendre avec Sinatra.

Pat Newcomb prit les dispositions nécessaires et Lena Pepitone apporta la robe à Los Angeles. Le soir du bal, Sinatra lui offrit des boucles d’oreilles d’émeraudes et de diamants (d'une valeur de 35 000$).

 

OCTOBRE :

Le lundi 16 octobre : la Fox signifia à Marilyn qu'elle allait tourner avec George Cukor dans « Something's got to give », remake de « My favourite wife », une comédie de 1959.

Cette annonce déclencha chez elle ce que son médecin diagnostiqua comme une réaction fortement paranoïde et dépressive. Après « Let's make love », elle était convaincue que Cukor lui en voulait. Elle envisagea d'abandonner le cinéma et parla de se suicider, menace que le Dr Greenson prit très au sérieux. Il était à nouveau nécessaire de la désintoxiquer des barbituriques, mais après l'épisode Payne-Whitney, Greenson ne jugeait pas prudent de la faire entrer dans un centre de soins spécialisés.

 

A cette époque, la Fox n'était plus la formidable compagnie qui faisait la fierté de son fondateur, Darryl Zanuck. Elle ne finançait plus de grands films et ne gagnait plus un seul dollar, au contraire. Rien qu'en 1961, ses pertes dépassaient 22 millions de $, dont une grande partie serait due aux problèmes rencontrés à Rome par la production de « Cléopâtre ».

 

Le jeudi 26 octobre: des responsables de la Fox, dont le nouveau directeur de production, Peter Levathes (), rencontrèrent Milton Rudin (), l'avocat de Frank Sinatra, pour discuter d'un contrat avec son client. Rudin était marié l'une des sœurs de Greenson.

Préoccupé  par l'état de Marilyn, et estimant qu'il valait mieux pour elle qu'elle tourne le film et se libère de son contrat qui la liait avec le Fox, Greenson avait demandé  à son beau-frère d'intervenir.

Rudin expliqua que les problèmes de Marilyn avec la Fox étaient purement d'ordre psychologique. Pour elle, ce n'était pas uniquement une question de salaire ou de droit de regard contractuel, mais une affaire de considération. Ce dont elle avait besoin c'était d'être traitée avec dignité.

 

Alors que la Fox mentionnait George Cukor pour tourner « Something's got to give », le studio savait pertinemment que celui-ci serait occupé par le tournage de « The Chapman report » (« Liaisons coupables ») pour la Warner jusqu'au 26 décembre, soit plus d'un mois après la date limite pour remettre Marilyn au travail. Néanmoins, le contrat de la Fox avec Marilyn ne les obligeait pas à débuter le tournage à cette date. En conséquence, plutôt que de risquer de perdre le dernier film qu'elle leur devait, la Fox préféra continuer à la payer en attendant que Cukor ait terminé « The Chapman report ».

 

NOVEMBRE :

Le samedi 18 novembre : Marilyn dîna chez les Greenson.

Elle restait souvent dîner après ses séances, parfois jusqu’à quatre fois par semaine.

Greenson renvoyait Ralph Roberts qui passait la prendre après l’heure de la séance, et un membre de la famille Greenson la raccompagnait dans la soirée.

Mais plutôt que d’aider Marilyn à trouver en elle de nouvelles ressources pour affirmer son indépendance et acquérir un jugement autonome, il renforçait sa dépendance et sa domination sur elle. Et parce qu’il le lui avait suggéré, Marilyn commença à compter de plus en plus sur sa famille : elle téléphonait chez eux à n’importe quelle heure pour parler de ses rêves, de ses peurs, de ses hésitations sur tel ou tel scénario, de ses problèmes sentimentaux.

Puisqu’on semblait considérer qu’elle faisait partie de la famille, elle adapta son comportement en conséquence, demanda à Joan Greenson de la conduire ici ou là quand Ralph n’était pas disponible.

Greenson espérait qu'en exposant Marilyn à la chaleur et à l'affection d'une famille unie, il lui offrirait une compensation au manque affectif dont elle avait souffert depuis l'enfance et la tirerait de sa douloureuse solitude. Mais en l'accueillant chez lui, il essayait aussi de se montrer à elle en tant qu'être humain. Il s'efforçait de faire admettre à ses patients que les êtres humains étaient imparfaits et qu'il fallait apprendre à vivre dans l'incertitude.

Il avait diagnostiqué chez Marilyn une personnalité limite, toxicomane et paranoïde; ce type de personnalité redoutant d'être abandonnée.

 

Le dimanche 19 novembre : invitée à dîner chez les Lawford, elle rencontra le Président John Kennedy (,).

La veille au soir, Kennedy avait fait un discours à l'Hollywood Palladium et il n'avait que quelques heures de repos avant de retourner au Beverly Hilton pour préparer une série d'entretins avec le chancelier Adenauer, président de l'Allemagne de l'Ouest.

En fréquentant l'univers de Sinatra et de Lawford, Marilyn replongeait dans un univers qu'elle avait tenté désespérément de fuir.

 

Un samedi après-midi elle sortit bouleversée de chez Greenson ; celui-ci lui avait demandé de renvoyer Ralph Roberts à New York, sous l'argument que Marilyn était trop dépendante de lui.

Le lendemain il quitta le Château Marmont Hotel, passa à Doheny Drive prendre sa table de massage et repartit à New York. Il restera néanmoins en contact avec Marilyn.

Influencée par Greenson, Marilyn n’eut pas le courage de s’opposer à cette décision de son médecin qui mettait fin arbitrairement à une amitié solide et bénéfique.

 

Elle fut convoquée à la Fox à laquelle elle devait encore deux films.

Depuis la signature de son contrat en 1955, elle n’avait tourné que deux films pour la Fox, « Bus stop » et « Let's make love » et son contrat de quatre films, prenait fin en 1962.

La Fox lui proposa « Something’s got to give » réalisé par George Cukor, sur un scénario () de Nunnally Johnson. Elle ne voulait pas tourner ce film mais son avocat, Milton Rudin lui avait dit que le studio avait les moyens d’entraver sa carrière si elle refusait. Greenson qui la conseillait aussi, l’incita à tourner ce film, afin qu’elle se débarrasse de ses obligations envers la Fox.

 

 

Marilyn fit une séance photo avec un jeune photographe, Douglas Kirkland (,,).

Il travaillait au magazine Look qui préparait un numéro spécial pour son 25ème anniversaire.

Il avait déjà photographié Elizabeth Taylor, Judy Garland et Shirley Mac Laine.

Il la rencontra trois fois. Une première fois, Kirkland vient chez elle avec deux assistants.

Une seconde fois, deux jours plus tard, où la séance photo eut lieu dans le studio d’un photographe (,,,,,,,,).

Enfin, deux jours après la séance photo, quand Kirkland vint lui présenter les épreuves.

 

Greenson suggéra à Marilyn d’acheter une maison à elle, dans le même style espagnol que sa maison à lui 

(,,,) et que Marilyn aimait beaucoup.

Mais elle était assez réticente à cette idée ; elle ne souhaitait ni rester, ni s’établir en Californie, et espérait retourner à New York après le tournage du film. Mais soumise à l’influence grandissante de Greenson, elle n’était plus en mesure de décider.

Quelques jours plus tard, Eunice Murray () se présenta chez Marilyn, à Doheny Drive, envoyée par Greenson. Elle lui servit de gouvernante, de dame de compagnie, de chauffeur, de nurse et d'intendante.

Dès qu’elle rencontra Marilyn, Eunice la considéra comme une enfant récalcitrante (comme la lui avait décrite Greenson) et les amis de Marilyn s’aperçurent vite qu’Eunice la traitait avec une certaine condescendance, et lui suggérait avec une douceur mielleuse, emploi du temps et fréquentations souhaitables. Habituée à obéir aux décisions de Greenson, Marilyn n’offrit pas de résistance.

 

DECEMBRE :

Marilyn accepta à contrecœur le film que lui proposait la Fox; elle n’aurait jamais tourné ce film si Greenson ne l’avait pas convaincue. Il était très impliqué dans divers aspects de la production.

 

Dans le courant du mois, la Fox lui envoya le scénario de « Something's got to give », accompagné d'un courrier expliquant que le scénario avait été remanié spécifiquement pour elle et qu'il  n'était pas encore définitif.

 

Elle assista à une soirée donnée chez Henry Weinstein, futur producteur de « Something’s got to give », à laquelle assistait également le poète Carl Sandburg. Le photographe Arnold Newman prit des photos (,,,).

Le mercredi 20 décembre : Milton Rudin appela Frank Ferguson, l'avocat de la Fox, et l'informa que Marilyn exigeait des modifications du scénario de « Something's got to give ». Elle tenait également à ce qu'on engage le caméraman de « Some like it hot » et voulait avoir son mot à dire sur le casting et sur la promotion.

 

Elle partit une semaine à New York et rentra à Los Angeles pour Noël. Elle sombra à nouveau dans la dépression.

 

Le samedi 23 décembre : DiMaggio arriva à Los Angeles. Il acheta du caviar, du champagne et un sapin qu’ils décorèrent ensemble.

Marilyn avait accepté une invitation pour tous les deux à réveillonner chez les Greenson ; Joe, très timide avec les étrangers, accepta l’invitation à contre cœur.

 

Les négociations avec la Fox reprirent après Noël, et même si elles n'aboutirent pas tout de suite à quelque chose de définitif, le studio avait l'impression d'avancer.

Quand la Fox proposa que Nunnally Johnson réécrive le scénario, Marilyn en fut enthousiasmée. C'était l'auteur de « How to marry a millionaire » et il savait faire du « Marilyn Monroe ».

 

Le dimanche 31 décembre : Joan Greenson, la fille du Docteur Greenson, passa voir Marilyn et DiMaggio, dans l’appartement de Marilyn, sur Doheny Drive. Ils passèrent le nouvel an ensemble à Doheny Drive.

 

En cette fin d’année, Greenson la conseillait dans de nombreux domaines : les amis qu’elle devait conserver, avec qui elle devait sortir, où elle devait habiter. Il la poussa, afin d'amener un peu de stabilité dans sa vie, à acheter une maison et Marilyn demanda à Eunice Murray de lui en trouver une de style mexicain, le même style que la maison des Greenson.

 

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