Ici s'achève mon chemin...


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1962

JANVIER :

Fin janvier :

Eunice Murray trouva une maison de style hacienda mexicaine au 12305 Fifth Helena Drive (,,), près de Carmelita Avenue,  dans le quartier de Brentwood de Los Angeles.

Le Dr Greenson accompagna Marilyn lors de sa première visite.

Derrière un haut mur blanc, abrité des regards (,,), la propriété, de style hacienda espagnole de 700 m² (la maison 213 m²) de plain-pied, avait un garage et une petite maison d'amis.

Elle avait besoin d'être rénovée mais elle avait aussi beaucoup de charme : toit de tuiles rouges, épais murs en stuc, fenêtres à deux battants, plafond en voûte de cathédrale dans le salon, et arcades dans toute la maison. Il y avait aussi des plantes luxuriantes (,,) et une piscine ovale 

(,,), le tout blotti dans un cul de sac 

(), à dix minutes de voiture de la Fox, à un kilomètre de chez les Greenson, tour près du golf de Brentwood Country Club.

Sur le dallage de l'entrée de la propriété était écrit Cursum Perficio  (« J'ai achevé mon parcours ») écrit en carreaux de céramique mexicains ().

La décoration intérieure était également de style mexicain (,).

 

On entrait directement dans un petit salon (,); sur la gauche,  

une salle à manger (,,,,), avec, à gauche de cette salle à manger la cuisine (,,,,,), et à droite, un petit solarium ().

Depuis le salon, à droite, un couloir donnait sur 3 chambres à coucher, l'une avec salle de bains attenante (,,), donnant sur le jardin, deux autres plus petites partageaient une seconde salle de bains 
(
).

 

Sur les conseils de Greenson et de Milton Rudin, Marilyn acheta la maison du 12305 Fifth Helena Drive, pour environ100 000$.

Elle paya la maison par un versement de 42 500$ et par un emprunt sur quinze ans (contracté à la City National Bank de Beverly Hills), pour lequel elle effectuait des remboursements de 320$ par mois.

Ce fut Milton Rudin, son nouvel avocat et beau-frère de Greenson qui s’occupa de l’achat de la maison. Marilyn entrera en possession de la villa  et des titres de propriété en mars.

Rudin régla aussi le transfert de Marilyn de la MCA à sa propre société. Celui-ci travaillait au cabinet Gang, Tyre et Brown qui assurait la défense des personnalités du show-business, et s'occupait également de la défense des personnes  devant la Commission d’enquête des activités anti-américaines.

Il gérait aussi des affaires de Frank Sinatra.

Le samedi 20 janvier, elle rencontra le poète Carl Sandburg qui était à Los Angeles, car il co-écrivait un scénario de film.

Le photographe Arnold Newman immortalisa le moment chez le producteur Henry Weinstein (, ,,,,,,).

Le mercredi 24 janvier : Frank Ferguson, l'avocat de la Fox, donna son accord pour l'établissement d'un contrat. Le scénariste Nunnally Johnson alla en Angleterre pour retravailler le scénario de « Something's got to give ». Marilyn était d'accord pour tourner le scénario s'il correspondait à ses attentes.

 

Greenson lui conseilla de prendre quelques jours de vacances avant le tournage de « Something’s got to give », par exemple au Mexique où elle pourrait se reposer et trouver des meubles pour sa nouvelle maison. Pendant son absence, Norman Jefferies, gendre d'Eunice Murray, et son frère Keith, entreprendraient les travaux de remise à neuf.

 

Le Président Kennedy projetait un déplacement politique en Californie, en mars.

Peter Lawford, beau-frère du Président, demanda à Frank Sinatra si John Kennedy, à cette occasion, pouvait descendre chez lui, à Palm Springs. Sinatra accepta et entreprit des travaux (pour la somme de 500 000$) pour transformer Palm Springs en « Maison Blanche de l’ouest ». Il fit construire un héliport, des bungalows, des aménagements pour les services secrets et un central téléphonique avec de nombreuses lignes.

Mais Robert Kennedy dissuada son frère de séjourner chez Sinatra car Sam Giancana, patron de la mafia de Chicago, était souvent convié à Palm Springs (selon un rapport du ministère de la Justice qui signalait que Sinatra avait des contacts personnels avec les principales personnalités de la Mafia). Bien que ne voulant pas décevoir Sinatra, John Kennedy s’inclina et chargea Peter Lawford d’annoncer la nouvelle à Sinatra.

A compter de cette date, Sinatra, très en colère contre Lawford qui, selon lui, n'avait pas pu lui offrir cette opportunité de recevoir le Président chez lui, n’eut plus de contacts avec Lawford ; il refusa de lui parler au téléphone, et l’élimina du casting des deux films qu’ils devaient tourner ensemble.

 

Dans le courant du mois, Marilyn fit une séance photo avec le photographe Willy Rizzo (,, ,,,,,,,,,).

 

FEVRIER :

Le jeudi 1er février :

Marilyn rencontra Robert Kennedy, à un dîner chez les Lawford. Avec son équipe, il arrivait de Washington et devait se rendre en Extrême-Orient, pour un voyage d’un mois.

 

Entre le vendredi 2 et le mardi 6 février : Marilyn était à New York.

Elle rencontra John Kennedy à un dîner en l’honneur du Président chez Fifi Fell, la riche veuve de John Fell, patron d'une importante société d'investissement, qui habitait Park Avenue.

Ce fut Milton Ebbins, ami de Sinatra et vice-président de la société de production de Peter Lawford, qui l’accompagna et qui la ramena chez elle après la soirée.

 

Le mardi 6 février : elle retrouva avec joie les Strasberg. Ils allèrent voir ensemble la pièce de théâtre « Macbeth » au City Center (,).

Elle passa ensuite trois jours à discuter avec Paula du premier jet du script de « Something’s got to give » (). Elle suivit aussi des cours à l’Actors Studio.

 

Tous les jours Marilyn reçut de nombreux messages de Californie : sur sa nouvelle maison, sur la date de tournage ; elle reçut aussi des appels de Joe DiMaggio, surpris d’apprendre qu’elle était à New York alors qu’il avait décidé de passer quelques jours avec elle à Los Angeles ; le Dr Greenson l’appela tous les jours, au moins une fois par jour.

 

Elle eut aussi des réunions avec les représentants de Life, en vue d’une future interview, une conversation avec Alan Levy qui servira de base à un long article paru dans Redbook, fin 1962.

Le samedi 17 février : Arthur Miller épousa Inge Morath (), rencontrée lors du tournage de « The misfits », alors qu’elle faisait partie de l’agence Magnum.

En septembre 1962, ils auront une fille ensemble, Rebecca (), et vivront ensemble le reste de leur vie.

 

Le lundi 12 février : Eunice Murray quitta Los Angeles ; elle avait demandé à Marilyn une avance de plusieurs centaines de dollars sur son salaire. Elle se rendit à Mexico, rendre visite à son beau-frère, Churchill Murray (frère de son ex-mari John Murray) et producteur d’émissions de radio anglophones. Elle attendait la visite de Marilyn pour les courses qu’elles devaient faire ensemble.

C’était le Dr Greenson qui avait décidé qu'Eunice Murray accompagnerait Marilyn.

 

Le samedi 17 février : Marilyn fit une halte à Miami, en Floride avant de partir pour le Mexique.

Elle descendit à l’hôtel Fontainebleau de Miami.

 

Pendant trois jours, elle s’occupa d’ Isadore Miller, le père d’Arthur Miller, avec qui elle avait gardé des relations amicales et qui se sentait seul après la mort de sa femme, l’année précédente.

Elle l’emmena dîner au Club Gigi de l’hôtel Fontainebleau et à un spectacle de cabaret au Minaret.

Elle rendit aussi visite à DiMaggio qui passait l’hiver en Floride avec les Yankees de New York.

 

Le mardi 20 février : Joe DiMaggio l'accompagna à l'aéroport international de Miami, d'où elle partit pour Mexico 

(,,,,).

A l'aéroport de Mexico, elle fut accueillie par l'industrie du cinéma mexicain.

Elle logea au Continental Hilton Hotel de Mexico, suite n° 1110. Deux vigiles étaient en poste devant sa chambre.

 

Marilyn était accompagnée par George Masters (), l’un de ses coiffeurs et de son attaché de presse Pat Newcomb, qui avaient pris l'avion avec elle depuis Miami.

Elle retrouva Eunice Murray.

Churchill Murray les emmena chez Frederic Vanderbilt Field et sa femme Nieves, communistes américains qui avaient fui les Etats-Unis pour vivre en paix au Mexique.

Marilyn en profita pour acheter et commander des meubles de style mexicain pour sa nouvelle maison de Brentwood, des articles locaux, et commanda des carreaux mexicains pour la cuisine et les salles de bains.

 

Elle fit quelques visites (,,,), dont l’Institut National pour la protection de l’enfant (National Institute for the Protection of Children) et un orphelinat  catholique à qui elle offrit 10 000$ 

(,), et sur le tournage du film «  El angel exterminador » de Luis Bunuel (,,,).

 

Le scénariste mexicain, José Bolanos envoya des fleurs à Pat Newcomb afin qu’elle lui arrange une entrevue avec Marilyn. 
Pat Newcomb y vit une belle opportunité de publicité pour Marilyn.

Celui-ci deviendra le chevalier servant de Marilyn et l’accompagna aux quelques soirées données en son honneur au cours de la tournée au Mexique (,,,,,).

De Los Angeles, elle apprit qu’un Golden Globe Awards allait lui être décerné en mars.

Marilyn souhaitait s'y rendre avec son ami Sidney Skolsky, mais Pat Newcomb, soucieuse de la publicité, lui conseilla d’y aller avec José Bolanos.

 

Frederic Vanderbilt Field passa quelques jours avec Marilyn, Eunice et Churchill Murray ; il les conduisit au marché de Toluca où elle acheta des poteries (,). Ils firent un séjour à Taxco, une station de montagne où Bolanos les rejoignit.

Elle visita aussi Cuernavaca, et Acapulco.

 

Le jeudi 22 février : elle fit une conférence de presse au Grand Ball Room du Continental Hilton Hotel de Mexico 

(,,,).

A cette occasion elle portait une robe verte de chez Pucci et une écharpe en mousseline verte (,,,), vêtements qu’elle portera pour son enterrement.

La conférence de presse fut suivie d’un cocktail (,).

 

MARS :

Le samedi 3 mars : avec Eunice Murray, Pat Newcomb et José Bolanos, Marilyn rentra à Los Angeles (). Eunice Murray avait emballé toutes les affaires de Marilyn qui, n’ayant plus de chaussures, emprunta les chaussons d’Eunice pour voyager ().

 

Marilyn revit le Dr Greenson pour la première fois depuis un mois ; gaie à son arrivée à la séance, elle en ressortit en larmes et déprimée.

Elle ne retourna pas au Beverly Hills Hotel où José Bolanos était descendu, mais elle resta chez les Greenson, 902 Franklin Street, Brentwood, en attendant que sa maison soit prête.

 

Elle apprit que le film qu’elle devait tourner, « Something’s got to give » était dans une situation précaire. Aucun scénariste n’avait pu trouver une chute satisfaisante à l’histoire, ni résoudre la complexité des sentiments des personnages.

La Fox était au bord de la faillite avec le tournage de « Cléopâtre », et que « « Something’s got to give » soit terminé ou pas ne changeait rien au désastre. Qu’un incident arrête le tournage, maladie ou décès, et les assurances dédommageraient la Fox.

 

Marilyn avait donc de bonnes raisons d’être anxieuse : on attendait que « Something’s got to give » soit supérieur à « Let's make love » et à « The misfits » et Marilyn croyait à juste titre que la nouvelle direction de la Fox la considérait comme un objet qu’on pouvait manipuler à volonté.

Incidemment Greenson n’appréciait pas la relation entre Marilyn et José Bolanos ; ainsi elle se trouvait une nouvelle fois dépendante de son thérapeute, avec l’interdiction de choisir ses amis et de gouverner sa vie comme elle l’entendait.

 

Le dimanche 4 mars : elle reçut le Golden Globe Award (), prix décerné par la Hollywood Foreign Press Association pour «  L’actrice préférée dans le monde en 1961 ».

Elle portait un long fourreau vert, avec un décolleté plongeant dans le dos.

Pat Newcomb était présente () et José Bolanos l’accompagna comme prévu à cette soirée (,,,,) qui eut lieu au Beverly Hilton Hotel.

Elle eut du mal à gagner le podium et prononça son discours de remerciement d'une voix pâteuse.

Judy Garland (,,) et Charlton Heston 

() entre autres, assistèrent également à cette soirée.

Devant ce pitoyable spectacle lors d'un événement essentiel de l'industrie du cinéma, certains la jugèrent finie.

 

Le lundi 5 mars : Marilyn avait rendez-vous à la Fox. Après ce qui s'était passé aux Golden Globe, Peter Levathes, le directeur de production, avait toutes les raisons de s'inquiéter. Aux yeux de Frank Ferguson (l'avocat de la Fox), l'essentiel était que Marilyn se soit présentée disposée et apte à travailler. Elle acceptait donc de tourner « Something's got to give ».

Histoire de s'en assurer, la Fox envoya chez elle les costumières qui prirent des mesures afin que l'on fabrique un mannequin à sa taille et que l'on crée ses costumes. Marilyn se montra très coopérative.

 

Compte tenu des circonstances, le Dr Greenson dut revoir ses propres plans. Avant le voyage de Marilyn à New York, il avait prévu de partir pour la Suisse avec sa femme, dont la mère venait d'avoir une attaque. Le couple comptait en profiter pour se promener un peu en Europe.

Au retour, il s'arrêterait à New York pour voir son éditeur (il rédigeait un ouvrage « Technique et pratique de la psychanalyse »).

 

Le mardi 6 mars : Greenson n'était plus sûr de pouvoir s'absenter, même si sa femme, Hildi, devait impérativement partir. Il n'était même pas certain de pouvoir la rejoindre un peu plus tard.

Depuis son diagnostic sur la personnalité limite de Marilyn, il était parfaitement conscient de sa peur d'être abandonnée.

Venant après le mariage d'Arthur Miller, le départ de Greenson pouvait s'avérer désastreux.

 

Marilyn était toujours chez les Greenson quand Joe DiMaggio arriva à Los Angeles. Il vint la voir pour l’aider à déménager. A son arrivée chez les Greenson, DiMaggio apprit que Marilyn était dans une chambre à l’étage, et qu’on lui avait administré des sédatifs après une crise émotionnelle.

Joe la soustraya  à cet environnement et la ramena chez elle, à Doheny Drive.

Mais elle apprit qu’un journal avait publié son adresse de Doheny Drive et décida d’emménager à Helena Drive avant que les travaux de rénovation ne soient terminés.

 

Les jeudi 8 et vendredi 9 mars :

Elle emménagea, avec l’aide de DiMaggio, dans sa maison de Fifth Helena Drive. Joe passa le week-end avec elle avant de repartir pour ses affaires.

 

Ralph Roberts, rappelé de New York par Marilyn, l’aida dans les nombreuses tâches occasionnées par le déménagement.

Son caniche, Maf, dormait dans le pavillon d’amis sur un vieux manteau en castor, qu’Arthur Miller avait offert à Marilyn.

Elle allait faire ses courses au marché de Brentwood Mart, sur San Vicente Boulevard  où elle avait un compte et portait ses ordonnances à la pharmacie du coin, Vicente Pharmacy.

 

Depuis le mois de janvier à Doheny Drive, Marilyn avait une nouvelle secrétaire personnelle, une femme d’une cinquantaine d’années, Cherie Redmond. Celle-ci s’installa à Brentwood, et quand le tournage de « Something’s got to give » commencera, se trouvera de service tous les jours à la Fox.

Cherie Redmond voulut mettre à l’abri certains papiers personnels de Marilyn, ses chéquiers, ses factures, mais s'aperçut qu'aucun placard de la maison du Fifth Helena Drive ne fermait à clé.

Le dimanche 11 mars : le scénario de Nunnally Johnson qu’elle avait appris par cœur, fut réécrit par George Cukor et Walter Bernstein () (l’écrivain sur la liste noire, qu’Henry Weinstein, le producteur du film avait fait revenir de Londres).

Celui-ci avait été engagé pour améliorer le synopsis de « Something’s got to give » qui n’en finissait pas, notamment pour relever les scènes sans drôlerie et la platitude des dialogues.

A cette époque, il y avait déjà eu six autres scénaristes engagés sur le film et Marilyn avait accepté de tourner « Something's got to give » strictement sur la base du scénario de Nunnally Johnson, demandant qu'on n'y ajoute quelques répliques drôles et situations comiques.

A ce moment-là, le coût de l’histoire et du  script seuls dépassait les 300 000$, six fois la somme prévue au départ.

Cukor et Bernstein persistèrent néanmoins et arrivèrent à une quarantaine de pages de modifications, que Marilyn jugea inacceptables. Elle refusa donc de jouer le rôle ainsi révisé.

Bien que n'ayant pas de droit de regard sur le script, elle fit savoir à Peter Levathes (le directeur de production de la Fox) , par l'intermédiaire de son avocat Milton Rudin, qu'elle tournerait seulement la partie du scénario qui lui plaisait. Le tournage n'avait pas encore commencé qu'elle était déjà en conflit avec le studio.

 

Le  vendredi 15 mars : Marilyn contracta un virus qui la cloua au lit avec une forte fièvre.

En plus de son travail d’attachée de presse, Pat Newcomb joua les infirmières, lui prépara des boissons chaudes entre deux dossiers à rédiger, sans se préoccuper de la jalousie ouvertement affichée d’Eunice Murray, pour quiconque empiétait sur ce qu’elle considérait comme ses plates-bandes.

Eunice Murray ne manquait pas de travail, comme elle en informa Greenson, qui ordonna à Marilyn de doubler le salaire de la gouvernante pour le porter à 200$ par semaine (calculé sur le salaire de sa secrétaire Cherie Redmond qui touchait 250$ par semaine).

 

Le samedi 24 mars :

Au Fifth Helena Drive, l’arrivée d’eau avait été coupée par les plombiers qui devaient effectuer des travaux. Marilyn annonça à Eunice Murray qu’elle allait chez les Greenson pour se laver les cheveux, puis qu’elle partait en week-end.

A midi, Peter Lawford vint la chercher et la conduisit à Palm Springs, chez Bing Crosby, voisin de Frank Sinatra.

Palm Springs était une station touristique située dans le désert, lieu d’escapade favori des grands pontes d’Hollywood.

Durant ce week-end où Marilyn aurait rencontré les frères Kennedy (), et aurait accepté d’assister au gala des démocrates prévu pour mai 1962 au Madison Square Garden, et promit de participer à la célébration de l’anniversaire de John Kennedy.

 

Le dimanche 25 mars : Norman Rosten était à Hollywood pour travailler sur un scénario et rendit visite à Marilyn, qui était de retour; ensemble ils allèrent visiter une galerie d’art où Marilyn acheta une statuette de Rodin pour 1000$.

 

Le lundi 26 mars : Rosten repartit à New York. Ce fut la dernière fois qu’il vit Marilyn vivante.

Ravie de son week-end, Marilyn était de fort bonne humeur et débordante d’énergie.

Ce jour là elle rencontra à la Fox le producteur, le réalisateur et le scénariste de « Something’s got to give ».

Le tournage qui devait démarrer le lundi 9 avril fut repoussé au lundi 23 avril, en grande partie à cause du problème du scénario.

« Something’s got to give » était pensé comme un remake de « My favourite wife », une comédie très populaire de 1940 avec Cary Grant, racontant l’histoire d’une femme naufragée que l’on croyait morte et qui réapparaissait des années plus tard pour découvrir que son mari s’était remarié.

Du point de vue dramatique, le rôle était différent de ses précédents personnages ; elle y incarnait une mère et une épouse. En terme de carrière, le projet était d’importance ; ses deux films précédents, « Let's make love » et « The misfits » n’avaient pas rencontré le succès auquel elle était habituée, et elle souhaitait faire taire les rumeurs qui disaient qu’elle était finie.

De plus d’après le contrat qu’elle avait signé avec la Fox en 1956, elle devait encore deux films au studio.

Le Dr Greenson la persuada d’accepter le projet, pensant que le travail ne pouvait que lui être bénéfique après les épreuves subies en 1961.

Le réalisateur, George Cukor, était lui aussi en contrat avec la Fox et devait également un film.

Pas moins de sept scénaristes contribuèrent à ce que tout le monde considérait comme un scénario ennuyeux. Mais tout le long du tournage, on ne cessa de réécrire le script original : on y introduisit certaines suggestions de Marilyn et toutes les pages furent modifiées du façon ou d’une autre (,).

AVRIL:

Pour ses déplacements, comme elle ne possédait pas de voiture, elle louait une limousine à la Carey Cadillac Company et c'était son chauffeur, Rudy Kautzky, qui la véhiculait.

Ses journées, jusqu’au début du tournage, ne variaient pas du lundi au samedi : elle commençait par des soins du visage chez Madame Renna, sur Sunset Boulevard, vers midi ; puis elle allait à une séance chez le Dr Greenson, à son cabinet de Beverly Hills ; elle lisait ses répliques avec Paula Strasberg, arrivée de New York et qui logeait au Bel Air Hotel.

Ensuite elle allait chez le Dr Engelberg ou chez le Dr Seigel (médecin de la Fox) qui lui administraient des injections de « vitamines » (mélange d’amphétamines), lui délivraient des ordonnances (contradictoires) et par routine, lui donnaient de toute façon tout ce qu’elle réclamait.

Elle faisait ensuite ses courses à Brentwood Mart, chez Don J.Briggs (,) sur San Vicente Boulevard ou chez Jurgensen à Beverly Hills, et en fin d’après-midi, le chauffeur la ramenait chez Greenson, à son domicile cette fois.

 

Le mardi  10 avril : essais des costumes et des maquillages pour « Something’s got to give »  à la Fox (,,,,,,). George Cukor ne fut pas présent, ce qui irrita Marilyn.

 

Le mercredi 11 avril, Marilyn reçut une lettre de la Maison Blanche(), la remerciant pour sa future participation au gala d’anniversaire de John Kennedy, prévu le 19 mai 1962 ().

 

Le samedi 14 avril : elle dîna avec Rupert Allan.

 

Mi-avril : Eunice Murray emménagea chez Marilyn, et s’installa dans la chambre d’amis.

 

Le lundi 16 avril : essais des robes pour « Something’s got to give », chez elle.

 

Le mercredi 18 avril : elle dîna avec les Strasberg. Elle obtint de Paula qu’elle revienne sur le tournage de « Something’s got to give » ; pour 3000$ par semaine, Paula serait sa répétitrice pour la cinquième fois (,,,,,,,,,,).

 

Le dimanche 22 avril :

Marilyn se rendit à sa séance chez Greenson, puis alla à Hermosa Beach, au sud de Los Angeles, où la coiffeuse Pearl Porterfield, la prépara pour son premier jour de tournage, qui devait avoir lieu le lendemain.

 

Le lundi 23 avril : début du tournage de « Something’s got to give ».

Dean Martin fut absent car il travaillait encore sur un autre film.

Marilyn elle, était malade ; elle avait de la fièvre et des frissons.

 

Hildi Greenson avait repoussé son départ pour l'Europe au 1er mai et le Dr Greenson comptait la retrouver à Rome le 10 mai.

Il avait aussi été invité à Jérusalem pour faire une conférence sur le transfert. Il avait besoin de repos et de détente et souhaitait passer un peu de temps en toute tranquillité avec la famille de sa femme.

 

Du mardi 24 au vendredi 27 avril : tournage des scènes de « Something's got to give » avec Dean Martin et Cyd Charisse 

(,).

 

Le lundi 30 avril : malgré l’avis du Docteur Siegel, médecin de la Fox, et de son médecin traitant, le Dr Hyman Engelberg, Marilyn se rendit au studio où elle tourna jusqu’à 16 heures. Elle rentra chez elle épuisée.

MAI:

Le mardi 1er mai: Hildi Greenson partit pour l'Europe. Bouleversée à l'idée que le Dr Greenson allait être absent, Marilyn parvint difficilement à travailler.

Une demi-heure après son arrivée à la Fox, elle s'effondra et on dut la reconduire chez elle ().

 

Le Dr Engelberg lui signa un arrêt de travail pour une sinusite infectieuse, diagnostic confirmé par le médecin de la Fox, le Dr Seigel, qui appelle la direction de la Fox pour leur dire que Marilyn n’était pas en état de travailler.

Le Dr Engelberg lui prescrivit des examens complémentaires au Cedars of Lebanon Hospital.

Lee Siegel, le médecin de la Fox, rendit son rapport : « Elle présente une fièvre à 38°5, elle a une respiration très encombrée et un grave foyer d’infection secondaire dans la gorge. ».

Elle dut rester alitée une semaine.

 

Chez elle, Marilyn continua à travailler le scénario avec Paula Strasberg, tentant de faire face aux remaniements massifs qu’elle recevait presque tous les jours.

Elle fut alitée du mardi 1er au vendredi 4 mai:  

Malgré l’autorisation des médecins, Cherie Redmond, sa secrétaire qui travaillait à présent à la Fox  pour le compte de Marilyn, reçut l’ordre d’appeler chaque jour Eunice Murray pour prendre des nouvelles de Marilyn.

 

Greenson insistait toujours pour la voir deux fois par jour mais les barbituriques et les tranquillisants qu’elle prenait pour atténuer son angoisse et sa dépression la rendaient confuse, hébétée et somnolente. Lors des jours de congé de son chauffeur, c’était Joan Greenson, la fille de Greenson, qui la raccompagnait chez elle.

 

Sur le tournage Cukor tourna les scènes où Marilyn n’apparaissait pas.

 

A cette même période la super-production « Cléopâtre » se tournait en Europe, engloutissant des millions de dollars et menaçant la Fox de faillite.

Le studio était dans une situation financière périlleuse (long et lent déclin du studio, énormes dépassements budgétaires de « Cléopâtre ») et les patrons de la Fox firent pression sur Spyros Skouras, qui abandonna le poste de président pour le poste, moins influent, de président du conseil d’administration.

Sur ordre du comité des financiers de la Fox basé à New York, Robert Goldstein (l’un des nouveaux directeurs de la Fox) prit brièvement la relève en tant que directeur de la production, mais fut rapidement remplacé par Peter Levathes.

 

Greenson avait promis au studio que Marilyn serait chaque jour sur le plateau mais il n’avait pas prévu qu’elle serait physiquement malade. Les dirigeants de la Fox l’appelaient souvent pour lui rappeler ses engagements. A cette époque, comme Marilyn ne pouvait se déplacer, c’était Greenson qui allait la voir chez elle.

 

Cette même semaine, Marilyn rappela à Peter Levathes et Henry Weinstein  (producteur du film) qu’elle avait reçu l’autorisation d’assister au gala en l’honneur de John Kennedy, qui aurait lieu à New York, le samedi 19 mai.

Elle acheta la longue robe moulante en soie scintillante créée par le couturier Jean-Louis (,) pour la somme de 6 000$.

 

Le lundi 7 mai : à 7 heures du matin, Marilyn arriva sur le plateau, mais une demi-heure plus tard, frissonnante et en sueurs, elle s’effondra et fut renvoyée chez elle.

Cukor et son assistant décidèrent alors de tourner les scènes du film qui se passaient à Balboa Island.

 

Le jeudi 10 mai : le film acheva son quatorzième jour de tournage (dont seulement un avec Marilyn) et était techniquement en retard de quatre jours et demi. Grâce à l’ingéniosité d'Hollywood pour faire face aux imprévus (accidents, maladies, mauvais temps, changement de scénario) des solutions étaient toujours possibles ; c’est pourquoi en ce 10 mai l’agenda de la Fox ne proposa qu’un jour de tournage supplémentaire pour compenser le retard pris.

 

Le Dr Greenson quitta Los Angeles pour un voyage de quatre semaines.

Il  laissa à Marilyn une ordonnance de Dexamyl (une amphétamine combinée à un barbiturique à effet court, un stimulant et un tranquillisant), au cas où elle en aurait besoin.

De plus, il lui recommanda de ne plus faire participer Paula Strasberg à la production de « Something’s got to give », trouvant qu’il pensait que Paula profitait d’elle et de son argent.

Bien que Paula parte faire un bref séjour à New York, Marilyn ne signifia son congé ni à Paula, ni aux studios.

En son absence, Greenson confia Marilyn au Docteur Milton Wexler, son confrère psychanalyste, qui partageait le même cabinet que lui à Beverly Hills.

 

En cette fin de troisième semaine de tournage, Marilyn n'avait pas travaillé plus d'une journée.

 

Le vendredi 11 mai : Peter Levathes (directeur de production) appela l'avocat de Marilyn, Milton Rudin, car  il avait eu vent de l'intention de Marilyn de se rendre à New York les jeudi et vendredi suivants, avant de se produire, le samedi 19 mai au Madison Square Garden, lors d'un gala organisé par le parti démocrate.

L'évènement, destiné à récolter des fonds pour rembourser les dettes de la campagne présidentielle, était aussi l'occasion de fêter les quarante-six ans du Président Kennedy.

Pour Peter Levathes, il n'était pas question que Marilyn y assiste. Ses absences avaient déjà beaucoup retardé le tournage 

(,,) et la Fox tenait à ce qu'elle soit présente sur le plateau tous les jours de la semaine du 14 au 18 mai.

 

Week-end du 12 et 13 mai : Paula arriva chez Marilyn avec sa sœur Bea Glass. Joe DiMaggio était là aussi pour le week-end. Il y eut ainsi un cercle d’amis fidèles autour de Marilyn, enjouée malgré sa maladie.

Ralph Roberts passa aussi la voir, avant de partir pour New York.

 

Le lundi 14 mai : Marilyn se sentit mieux et reprit le chemin du studio. Elle arriva avec vingt minutes d'avance pour la séance de maquillage prévue à 6 heures 30. Elle se montra empressée, coopérative, pleine d'ardeur (,,).

Ce jour là, et pendant dix heures, elle montra une patience et une bonne humeur remarquables pendant la cinquantaine de prises d’une scène avec Tippy, le cocker de la famille (,).

Pendant le tournage, ce fut son ami Whitey Snyder qui la maquilla (,,,,) et Agnes Flanagan qui la coiffa (,,,, ).

 

Les mardi 15 et mercredi 16 mai : le tournage se poursuivit avec une Marilyn toujours d’excellente humeur.

Elle parlait avec excitation de son voyage à New York, dont le départ était prévu le jeudi 17 mai.

Mais George Cukor, le réalisateur, dit à Henry Weinstein, le producteur, que si Marilyn s'absentait le jeudi après-midi et le vendredi, le tournage aurait six jours de retard et nécessiterait de donner des explications aux nouveaux dirigeants.

Le bureau de la Fox à New York lui fit savoir qu’elle n’était pas autorisée à participer à ce gala ; une lettre la menaçant de renvoi par rupture de contrat fut adressée à Milton Rudin.

Cela donnait une bonne excuse au studio et lui permettrait d’économiser plus de trois millions de dollars en mettant au rencard un film n’ayant qu’une demi-douzaine de décors et vingt acteurs, une comédie insipide condamnée dès les premières séances de travail sur le scénario, un projet auquel ne croyait ni le metteur en scène, ni la star. Avec une raison convaincante (une maladie de le vedette par exemple), on parviendrait peut-être à persuader les assurances de la Fox de rembourser l’argent dépensé. On pourrait au moins mettre le film temporairement de côté, modifier le scénario, peut-être la distribution, et le recommencer plus tard.

 

Henry Weinstein avait donné son accord au départ de Marilyn pour New York avant les multiples retards de tournage.

Néanmoins, sur le journal du tournage, il était bien écrit que le tournage devait s’interrompre le 17 mai à 11 heures 30. Il eût été impensable que la Fox s’oppose à la présence de la plus grande star d’Hollywood à un gala où le Président en personne l’avait invitée.

 

Le jeudi 17 mai : à 11 heures 30, Marilyn, comme convenu, terminait les scènes de tournage.

Peter Lawford et Milton Ebbins (ami de Sinatra et vice-président de la compagnie de production de Lawford), arrivèrent avec un hélicoptère emprunté à Howard Hughes par Peter Lawford.

Pat Newcomb l’accompagna.

L’hélicoptère les déposa à l’aéroport international de Los Angeles d’où elles s’envolèrent pour New York. Marilyn s’installa dans son appartement du 444 East 57th Street : ,,,). .

 

Les avocats de la Fox rédigèrent un avis de rupture de contrat, l’envoyèrent à la MCA et à Milton Rudin, en accusant Marilyn d’absentéisme et en la mettant sévèrement en garde contre les terribles conséquences qui suivraient.

 

Le vendredi 18 mai : elle reçut une copie de l’avis de rupture de contrat; elle savait que dès lors, elle risquait d’être renvoyée.

Elle effectua les répétitions de la soirée de gala au Madison Square Garden, accompagnée par Pat Newcomb, avec le compositeur et producteur Richard Adler, qui mettait en scène la soirée :

,,, ,;,,;,,,,.

Le samedi 19 mai :

Le Madison Square Garden était bondé de plus de 15 000 personnes qui avaient payé de 10 à 1 000$ l’entrée pour un gala d’anniversaire géant ()(l'anniversaire de John Kennedy était en fait le 29 mai), destiné à combler le déficit du Comité national démocrate à la suite de la campagne présidentielle de 1960.

La soirée était animée par Jack Benny ().

Marilyn fut en retard (,,,,,) et il fallut alors improviser un intermède musical.

Ce fut Peter Lawford qui annonça son entrée sur scène ().

Elle apparut enfin, irradiant dans sa robe scintillante, plutôt éméchée et chanta « Happy birthday Mr President » (, ,,,,) devant les 15 000 démocrates et toute une brochette de stars (Ella Fitzgerald, Jimmy Durante (),Peggy Lee, Henry Fonda, Maria Callas (,,), Harry Belafonte (), Mike Nichols et Elaine May…).

Le président Kennedy était seul, Jackie étant restée en Virginie pour une randonnée à cheval.

Robert Kennedy et sa femme Ethel étaient présents : .

Marilyn termina son numéro par quelques vers chantés sur l’air de « Thanks for the memories ».

 

Elle assista à la soirée qui suivit le gala, donnée chez Arthur Krim (président de United Artists) et sa femme Mathilde, dans l’East Side (,,). Elle était accompagnée de son ex-beau-père, Isadore Miller (,,,) (au départ , elle avait demandé à la photographe Eve Arnold de l’accompagner, mais celle-ci étant indisponible, Marilyn sollicita le père d’Arthur Miller qu’elle aimait beaucoup).

Son principal souci ce soir là, fut qu’Isadore Miller, perdu dans la foule des invités, ait une chaise et quelque chose à manger. Elle ne l’abandonna pas parmi des inconnus pour aller bavarder ou quêter des compliments de groupe en groupe.

Milton Ebbins la raccompagna chez elle vers deux heures du matin.

 

Le dimanche 20 mai : Marilyn rentra à Los Angeles.

Le lundi 21 mai : elle se présenta à 6 heures 15 du matin sur le plateau de « Something’s got to give », soutenue par les amphétamines. Elle travailla pendant huit heures consécutives, mais elle eut un accueil plutôt frais du producteur, du metteur en scène et de l’équipe (,,).

Elle était lucide et fondée dans ses soupçons envers son équipe et toute la direction de la Fox : l’incompétence ahurissante de la Fox pendant les dernières semaines de tournage, son inefficacité prétentieuse sur le plateau et à l’extérieur laissaient en effet à penser que l’objectif était bien de la renvoyer et d’abandonner le film.

Ce jour là, elle tourna les scènes avec les enfants (,,,,,,), car Dean Martin avait attrapé un rhume (il ne tournera pas les mardi, mercredi et jeudi, et restera alité jusqu’au jeudi inclus).

 

Le mardi 22 mai :

Elle tourna toute la matinée avec les enfants, termina les plans moyens et les gros plans de leur conversation au bord de la piscine.

Son attaché de presse Pat Newcomb appela le photographe Lawrence Schiller et lui conseilla de passer au studio le lendemain, où devait se tourner la scène de la piscine.

Marilyn avait accepté la séance photos, à condition qu'elle donne son approbation sur les photos publiées.

Un autre photographe, Don Ornitz, de Globe Photos, devait lui aussi venir prendre Marilyn en photo, mais étant malade, la Fox le remplaça par l'un des photographes du studio, Jimmy Mitchell.

 

Le mercredi 23 mai :

De neuf heures du matin jusqu’à seize heures (avec une pause de vingt minutes pour déjeuner), Marilyn resta dans la piscine, nageant, pataugeant, agitant les bras, tandis qu’on la prenait en gros plan, en plan moyen et plan d’ensemble. Elle devait se baigner nue, illusion parfaitement obtenue grâce au bikini de couleur chair qu’elle portait. Mais à l’écran, la bretelle du bikini était nettement visible pour la caméra Technicolor.

De son propre gré, elle ôta alors son maillot de bain couleur chair et posa nue pour les photographes pendant près d’une heure.

Le photographe Lawrence Schiller (,,,,,,,,,) savait parfaitement ce qu’il avait dans les mains et persuada l’autre photographe, Jimmy Mitchell, de se défaire des négatifs pour la somme de 10 000$. Ainsi avec son collègue Billy Woodfield, ils eurent l’exclusivité des derniers nus de Marilyn.

C'était la première fois qu'une star du cinéma posait nue pour des photos.

 

Le jeudi 24 mai : Dean Martin était toujours absent pour maladie, et Cukor tourna les scènes avec Cyd Charisse 

(). Le tournage n’avait alors que neuf jours de retard.

 

Le vendredi 25 mai : Marilyn, malgré une légère fièvre et une oreille droite qui suppurait (due à la scène de la piscine), travailla sans se plaindre.

Ce même jour, Marilyn choisit les photos à publier avec Lawrence Schiller. Les photos prises firent la couverture de 72 magazines dans 32 pays, et furent vendues pour 150 000$ (beaucoup plus que ce que Marilyn fut payée pour le film).

 

Le samedi 26 et dimanche 27 mai :

Marilyn passa le week-end seule et ne sortit que la samedi pour acheter à manger avec Pat Newcomb.

 

Le dimanche : l’infection de son oreille avait empiré avec une fièvre à 38°8.

Le Dr Milton Wexler, lui fit une injection de pénicilline.

 

Le lundi 28 mai : George Cukor avait prévu une scène avec Marilyn, Dean Martin, Cyd Charisse, Tom Tyron et Wally Cox, mais ce matin-là, Marilyn n’allait toujours pas mieux et ne se présenta pas sur le plateau.

Cukor n'avait plus de scènes à tourner sans elle et la production perdit une journée de tournage.

 

Nuit du 28 au 29 : nouvelle visite du Dr Milton Wexler.

 

Le mardi 29 mai : Marilyn se présenta, avec une volonté farouche sur le tournage.

Elle travailla avec Dean Martin pendant six heures.

Le mercredi 30 mai : pas de tournage ce jour là car c'était le Memorial Day, fête nationale à la mémoire des soldats morts pour la patrie.

 

Le jeudi 31 mai : Marilyn tourna pour la première fois avec l’acteur Wally Cox (), qui avait le rôle du vendeur de chaussures. Elle tourna trente-huit prises de quatre plans, soit deux pages et demi du scénario. Elle joua la scène où elle essayait des chaussures (,,).

JUIN:

Le vendredi 1er juin : Marilyn fêta son trente-sixième anniversaire au studio.

Elle commença tôt ce jour-là et tourna la scène avec Wally Cox et Dean Martin (,,).

Pat Newcomb arriva au studio dans l’après-midi avec du Dom Pérignon, le champagne préféré de Marilyn (). Dean Martin avait lui aussi apporté du champagne.

Evelyn Moriarty, la doublure de Marilyn (,), avait collecté auprès de l’équipe 50 $ pour le gâteau, acheté chez Humphrey’s Bakery du Farmer’s Market d’Hollywood ; finalement l’un des responsables du studio proposa de prendre en charge la dépense et Evelyn Moriarty remboursa l’argent qu’elle avait rassemblé.

 

Toute l’équipe était là pour fêter son anniversaire ()y compris Henry Weinstein et Eunice Murray 
(
). Le photographe George Barris était également présent () (,,,,,).

George Cukor lui offrit des figurines (un cygne et un taureau) de style mexicain (,).

 

Marilyn était ravie de cette fête impromptue, qui se termina vers 18 heures 30.

 

Elle quitta la Fox en compagnie de l’acteur Wally Cox (,,,).

Ce soir là, elle assista, avec le costume qu’elle portait dans la journée (un tailleur de soie beige avec toque en fourrure assortie), à une soirée au Chavez Ravin Dodger Stadium de Los Angeles, pour un match de base-ball donné au profit de la dystrophie musculaire (,,,,); elle lança la première balle.

Mais elle prit froid, et de retour chez elle, vers 22 heures, se plaignit de céphalées ; elle souffrait à nouveau d’une sinusite.

Le samedi 2 juin :

Elle apprit ce jour là qu’elle était sur le point d'être renvoyée du tournage et que la production s’arrêterait à la fin de la semaine suivante.

Incapable de maîtriser ses sanglots, Marilyn appela les enfants de Greenson, Danny et Joan, à qui leur père avait laissé comme instruction de répondre à sa demande si elle appelait. Inquiets, ils se précipitèrent chez elle et la trouvèrent dans un état dépressif, étourdie, désorientée.

Ils appelèrent le remplaçant de leur père, le Dr Milton Wexler qui lui confisqua tous ses flacons de médicaments.

 

Le week-end du 2 et 3 juin : Marilyn, calmée mais livide de rage, ne se considérait plus tenue de travailler dans une situation dont elle se sentait complètement déconnectée.

Eunice Murray tenta de joindre le Dr Greenson en Suisse, mais celui-ci n’était pas encore arrivé d’Israël.

Paula Strasberg, de retour à Los Angeles et logeant au Château Marmont Hotel, appela la Fox et prévint que Marilyn ne se présentera pas aux studios avant d’avoir discuté avec ses avocats.

 

Marilyn téléphona à ses amis Lee Strasberg, Norman et Hedda Rosten, Ralph Roberts, Pat Newcomb, Allan Snyder et Agnes Flanagan pour leur dire dans quel état d’affliction elle se trouvait.

 

Eunice Murray appela le producteur Henry Weinstein pour l'informer du nouvel accès de sinusite dont souffrait Marilyn, et qu’elle n’était donc pas en état de travailler.

 

Le lundi 4 juin : à huit heures le médecin de la Fox, le Docteur Lee Siegel se rendit à Brentwood et constata l’état de Marilyn : il signala au studio qu’elle avait plus de 38° de fièvre. Il recommanda à Marilyn de rester chez elle.

Ce jour là eut lieu le dernier jour de tournage de « Something’s got to give », bien qu’on ne mît officiellement fin au tournage qu’une semaine après.

La Fox annonça que si Marilyn ne se présentait pas le mardi 5 juin, le studio serait face à une alternative : soit lui trouver une remplaçante, soit arrêter le film. Kim Novak, Shirley MacLaine, Doris Day et Lee Remick étaient sur les rangs.

Ce lundi, en fin d'après-midi, Philippe Feldman (vice-président exécutif) rencontra Milton Rudin.

Celui-ci lui expliqua que Marilyn était épuisée et qu'il n'avait pu la décider à reprendre le travail.

 

Le mardi 5 juin : la Fox avertit Milton Rudin qu’elle était prête à poursuivre Marilyn pour rupture de contrat. Rudin leur signifia qu’il comprenait la position de la compagnie, et qu’à la demande de Marilyn, il avait appelé le Dr Greenson en Suisse pour qu’il rentre au plus vite.

 

Le mercredi 6 juin : George Cukor révéla à la chroniqueuse Hedda Hopper, que la Fox cherchait une remplaçante à Marilyn.

 

Dans la soirée, Greenson rentra seul à Los Angeles (sa femme était restée en Suisse) et se rendit directement chez Marilyn ; il passa deux heures avec elle et, après en avoir référé au Docteur Engelberg, décida qu’elle était en état tant physiquement que psychologiquement de continuer le tournage.

 

Le jeudi 7 juin : le Dr Greenson revint voir Marilyn chez elle.

Il l’emmena chez le Dr Michael Gurdin, un éminent chirurgien esthétique de Beverly Hills.

Elle arriva avec des hématomes sur le visage. Greenson expliqua qu’elle avait glissé dans sa douche et était tombée, manifestement sous l’emprise de sédatifs. Ce qui préoccupait Greenson (puisque c’est lui qui parlait) c’était que Marilyn était en train de tourner un film et qu’il craignait qu’elle n’ait le nez cassé, mais le Dr Gurdin ne diagnostiqua pas de fracture.

 

Greenson appela ensuite Milton Rudin (qui se trouvait au lac Tahoe) ; celui-ci demanda à son associé, Martin Gang de prévenir Phil Feldman (dirigeant de la Fox) que Greenson, rentré de vacances, s’occupait désormais des relations de Marilyn avec le Studio. Puisque Marilyn avait accusé Rudin d’être du côté de la Fox et que Greenson était le membre médical de l’équipe qui prenait les décisions, il lui appartiendrait donc de déterminer si Marilyn était en état de reprendre de tournage, ce qui, selon lui, serait réalisable pour le lundi 11 juin.

Greenson appela ensuite Eunice Murray, lui demandant de ne rien dire à la presse, ni à quiconque du bureau de relations publiques d’Arthur Jacobs, de New York ou des studios. Il ajouta que la blessure au visage de Marilyn était sans gravité. Aucune information ne fut communiquée à Henry Weinstein, le producteur du film.

 

Le vendredi 8 juin :

Réunion à midi à la Fox avec le Docteur Greenson, Milton Rudin, Phil Feldman (dirigeant de la Fox), Frank Ferguson (avocat de la Fox) et Milton Gould (dirigeant de la Fox).

Les pertes du studio s'élevaient à 9 000$ par journée d'absence de Marilyn. Feldman voulait s'assurer qu'elle se présenterait régulièrement au studio à dater du lundi.

Greenson fit valoir que sa patiente avait affronté deux problèmes : un virus qu’elle avait attrapé à New York et l’absence de son psychanalyste.

Il ajouta qu’il pouvait aussi bien se passer de Pat Newcomb comme agent publicitaire que de Paula Strasberg comme coach. Il ajouta également qu’il avait déjà sorti Marilyn d’une crise pendant le tournage des « Misfits » et qu’il était capable de le refaire.

Il se déclara prêt à assumer la responsabilité de tous les aspects artistiques du film : choisir les nouveaux metteur en scène et opérateur, décider quelles scènes Marilyn tournerait ou non, et quelles prises on garderait.

Il  plaida pour Marilyn, déclarant qu’elle était prête et désireuse de travailler.

 

 

Des décisions furent prises :

- Marilyn perdait le peu d’initiative créatrice qu’elle avait

- Elle devait arriver à l’heure sur le tournage

-  Elle devait respecter le temps de pause pour le déjeuner

- Paula Strasberg n’était plus autorisée à être présente.

La réunion se termina dans l’après-midi, sans que le Dr Greenson n'ait réussi à convaincre la Fox.

 

En fait depuis le mardi 5 juin, la décision de son renvoi de la Fox avait déjà été prise à New York, par Samuel Rosenman (président du conseil d’administration de la  Fox à New York).

En rentrant à son bureau, un peu avant 16 heures, Milton Rudin trouva un message de la Fox : les studios estimaient que Marilyn avait rompu son contrat et étaient prêts à user de toutes les dispositions juridiques possibles.

 

Le jeudi 7 juin, quelques instants avant que le tribunal du comté de Los Angeles ne ferme, la Fox avait intentée une action contre les Marilyn Monroe Productions et son employée Marilyn Monroe, en vue d’obtenir un dédommagement de  500 000$.

 

La Fox était à cette période dans une situation financière précaire : )« Cléopâtre » ayant dépassé le seuil des 30 millions de $, la Fox se défit de ses sociétés immobilières, licencia du personnel et ferma les installations du studio pour faire des économies.

De plus, le cinéma subissait la concurrence de la télévision, puisque de nombreux foyers américains possédaient un poste de télé.

Peter Levathes, soumis à une intense pression, abandonna « Something’s got to give » et renvoya Marilyn, lui reprochant son manque d’assiduité sur le plateau (elle n’avait tourné que douze jours sur trente-trois).

 

Greenson ayant apprit le licenciement de Marilyn, alla chez elle et resta une heure à Helena Drive. Elle était dans un état de tension extrême.

Greenson lui administra un calmant en intraveineux. Whitey Snyder passa la voir après la visite de Greenson, et la trouva anéantie ; elle n’avait jamais encore été renvoyée.

 

La Fox avait fixé son choix sur Lee Remick, comme remplaçante de Marilyn, celle-ci pouvant porter les mêmes costumes sans y faire de retouches.

Mais une clause du contrat de Dean Martin, la vedette masculine du film, stipulait qu’il pouvait choisir sa partenaire ; il refusa donc de travailler avec quiconque autre que Marilyn ().

Marilyn et Dean Martin eurent aussi pour la suite des projets communs : une comédie « I love Louisa » et un film policier, sans titre définitif, dans lequel devait apparaître toute la bande du Rat Pack ().

 

Marilyn appela Spyros Skouras, hospitalisé à New York ; ayant seulement un poste honorifique à la Fox, il était sur le point de démissionner et ne pouvait rien pour elle. Les nouveaux dirigeants de la Fox s'appelaient Milton Gould, John Loeb et Samuel Rosenman.

 

Le samedi 9 juin : la journaliste Sheila Graham publia dans sa chronique l’information du renvoi de Marilyn (information qu’elle avait obtenu d’Henry Weinstein le 7 juin au soir) dans le Citizen News.

 

La Fox se manifesta officiellement par un communiqué de presse, rédigé par Peter Levathes : « Marilyn Monroe ne fait plus partie du générique de « Something's got to give ». Cette décision a été rendue nécessaire par ses ruptures de contrat délibérées. A de nombreuses reprises, elle ne s'est pas présentée sur le plateau et n'a pu fournir aucune justification à ses absences, qui ont coûté cher au studio. En conséquence, la Twentieth Century Fox va porter l'affaire devant les tribunaux. ».

La Fox lui réclamait 750 000 $.

 

Le lundi 11 juin : )Marilyn appela Darryl Zanuck, ancien chef de production de la Fox, et trouva en lui un allié inattendu ; celui-ci ne trouvait pas la nouvelle direction de la Fox à son goût puisqu’elle projetait de brader son nouveau film « Le jour le plus long », qui avait nécessité deux ans de travail et comptait de nombreuses stars (Robert Redford, Richard Burton, Henry Fonda, John Wayne).

Zanuck signa en secret un pacte avec Skouras (celui-ci détenait 100 000 actions et Zanuck 280 000) pour renverser la direction de la Fox.

Il promit donc à Marilyn ce jour-là que, de retour à la tête de la Fox, elle reprendrait son film et en serait toujours la vedette.

 

La Fox, qui avait injecté plus de deux millions de $ dans « Something's got to give » suspendit officiellement la production.

 

Le mercredi 13 juin :

Elle écrivit un télégramme par Western Union à Robert et Ethel Kennedy, qui l’avaient invité à une réception donnée dans leur maison de Virginie en l’honneur de Pat et Peter Lawford ().

 

Le gendre d’Eunice Murray, Norman Jefferies travailla dans le pavillon d’amis du Fifth Helena Drive, en vue d'une visite prochaine du poète Carl Sandburg.

 

Le jeudi 14 juin : Marilyn revit le Dr Gurdin, qui confirma l'amélioration de ses lésions.

 

Mi-juin :

Darryl Zanuck arriva de New York pour rencontrer son avocat, Arnold Grant. Il acheta en sous main les actions de la Fox en vue de reprendre les rênes de la direction.

 

Le mardi 19 juin : la Fox poursuivit sa série d’actions en justice en réclamant à Dean Martin (dont la compagnie, Claude Productions, co-produisait le film) 3 339 000$, soit la somme qu'avait coûté le tournage.

 

Entre temps, Peter Levathes s’était rendu compte qu’en abandonnant « Something’s got to give », en perdant Marilyn et Dean Martin, la Fox perdait aussi l’extraordinaire publicité des photos de la scène de la piscine. Quant à l’aspect financier, l’engagement de Lee Remick ne s’était pas fait à peu de frais puisque son cachet s’élevait à 80 000$ et que quinze jours de tournage passeraient par profits et pertes.

On rouvrit donc les discussions pour une éventuelle reprises du tournage avant même la fin du mois de juin et on entama des négociations pour revoir entièrement le scénario. On multiplia les réunions et les appels téléphoniques pour voir comment ramener Marilyn et Dean Martin sur le tournage en octobre, après que celui-ci ait terminé une tournée dans des cabarets.

 

Marilyn elle, n’était pas restée inactive, car elle avait aussi des discussions pour d’autres films. En outre, après les démêlés avec la Fox, l’annonce de la reprise des négociations, tous les magazines des Etats-Unis réclamèrent une interview et des photos.

 

Le soir du 19 juin, Marilyn invita Dan et Joan Greenson pour fêter l’anniversaire de Joan, lors d’un dîner décontracté au Fifth Helena Drive.

 

Le mercredi 20 juin : Joe DiMaggio arriva de Londres ; il avait entendu parler des problèmes de Marilyn avec la Fox. Il avait toujours espoir de renouer avec Marilyn, mais ils se disputèrent à nouveau, à propos de la carrière de Marilyn.

 

Il était urgent que Marilyn démente les rumeurs selon lesquelles elle avait fait une grave dépression. Si elle voulait sauver sa carrière, elle devait sans attendre montrer son image au public et faire la une des magazines nationaux afin de montrer que toutes ces affirmations étaient sans fondement.

Sans compter que les photos qui paraîtraient dans Vogue, Life et Cosmopolitan, persuaderaient peut-être la Fox de la reprendre. Elle n'avait aucune envie de tourner ce film, mais elle ne souhaitait pas non plus être poursuivie en justice.

 

Le vendredi 22 juin : ce fut le magazine Life qui tira la première salve. Le magazine publia en couverture () l'une des photos prises sur le tournage, présentée, pour appâter le lecteur, comme étant extraite de la scène de la piscine qu'on ne verrait jamais.

 

Le samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 juin :

Début d’une série de cinq séances de photos pour Vogue avec le photographe Bert Stern, dans la suite 261 puis au bungalow 96 du es séances eurent lieu jusqu’au 12 juillet  ; ,;,,;,;,,;,;).

Marilyn arriva avec cinq heures de retard.

Ce fut Allan Snyder qui la maquilla et Kenneth Battelle (photos)  qui la coiffa pour les séances photo (,,).

Plus tard, Bert Stern lui montrera les épreuves et Marilyn en barrera certaines qu’elle ne voulait pas voir publiées (,,,,,).

 

Le mardi 26 juin, elle se fit coiffer par Agnes Flanagan () et maquiller par Whitey Snyder (), en vue d’un dîner chez les Lawford.

 

Le mercredi 27 juin : au siège new-yorkais de la Fox, Spyros Skouras fit face aux onze membres du conseil d'administration. Peter Levathes et Charlie Einfeld (vice-président en charge du marketing et de la publicité) étaient présents. Skouras dut répondre de la crise financière que traversait le studio, des pertes d'exploitation, qui approchaient des 35 millions de $ au cours des deux dernières années écoulées et des excès de stars comme Elizabeth Taylor et Marilyn. Il devait également répondre de « Cléopâtre », le film le plus cher de toute l'histoire du cinéma, des 2 millions de $ que coûtait l'annulation de « Something's got to give » et de son propre penchant pour les voyages dispendieux à l'étranger et autres bonus.

La réunion tumultueuse ne s'acheva pas avant 19 heures passées.

Lors d'une interruption de séance, Charlie Einfeld annonça que Spyros Skouras n'occupait plus le poste de président du conseil d'administration.

Histoire de sauver la face, Skouras prétendit s'être retiré pour raisons de santé (il avait été opéré de la prostate le 19 mai 1962).

Sa démission prendrait effet le 30 septembre, ou plus tôt si l'on trouvait rapidement son successeur.

C'était la fin de la grande époque du studio. La Fox s'était laissé dépasser. Alors que les autres majors s'étaient concentrés sur la distribution de films produits ailleurs, elle s'était obstinée à vouloir produire la plupart des siens.

 

Marilyn fut invitée chez les Lawford, pour un dîner en l’honneur de Robert Kennedy.

Celui-ci arrivait de Boulder, Colorado, où il s'était adressé aux directeurs de prisons, avant de venir à Los Angeles.

Les Lawford et Robert Kennedy passèrent chez elle tôt dans la soirée; elle les avait conviés à venir visiter sa maison. De là, ils allèrent dîner chez les Lawford et dans la soirée, ce fut le chauffeur de Robert Kennedy qui ramena Marilyn chez elle.

 

Le jeudi 28 juin :

Depuis Paris où il terminait son film « Le jour le plus long », Darryl Zanuck jeta un pavé dans la mare : « Le conseil d'administration se compose majoritairement d'industriels de haut niveau, parfaitement compétents dans leur domaine, mais hélas, totalement dépourvus pour la plupart d'expérience pratique de l'industrie cinématographique. Ils n'ont qu'un nombre négligeable de parts. En revanche, je possède à moi seul plus de parts que l'ensemble de ces membres. Il y a trop longtemps que je n'ai pas fait entendre ma voix. Aujourd'hui, en tant qu'actionnaire privé majoritaire, je compte bien m'exprimer sur tous les sujets d'importance ».

 

Marilyn eut rendez-vous à la Fox avec Peter Levathes, pour discuter des conditions de sa reprise du travail sur le tournage. Pour ce rendez-vous, Agnes Flanagan vint la coiffer et Whitey Snyder la maquiller.

Le numéro du magazine Life du 22 juin avait suscité un grand mouvement de curiosité publique, et il était maintenant de l'intérêt du studio, comme de celui de Marilyn, de mener « Something's got to give » à son terme.

Mais la Fox avait également besoin de vérifier que Marilyn acceptait ses « conditions ».

Parmi ses nombreuses revendications, la Fox exigeait notamment que Marilyn n'ait plus son mot à dire sur le choix du metteur en scène, du caméraman et des autres têtes d'affiche. Elle devrait par ailleurs, renoncer à consulter le scénario, à exiger des prises supplémentaires, à visionner les rushes, à se faire accompagner sur le plateau par sa répétitrice ou tout autre assistant sans la permission de la direction.

La Fox espérait revenir sur toutes les concessions majeures pour lesquelles Marilyn s'était battue lors de la signature de son contrat le 31 décembre 1955. Elle demandait à la star d'abandonner tout contrôle. Pire, Marilyn devait faite des excuses publiques.

 

Le studio accepta de lever les poursuites engagées contre les Marilyn Monroe Productions, de renégocier son contrat pour un million de dollars, avec un bonus si le film était achevé à la date prévue, une nouvelle comédie musicale « What a way to go » produite par Arthur Jacobs, avec 500 000$ en plus pour Marilyn. La Fox accepta même de reprendre le scénario initial de Nunnally Johnson et de remplacer Cukor par Jean Negulesco, avec qui elle avait tourné « How to marry a millionnaire? » en 1953.

 

Spyros Skouras se rapprocha de Darryl Zanuck : avec les 98 000 actions qu'il possédait, il était un allié de poids.

Zanuck, pour sa part, en détenait 110 000.

 

Du mercredi 20 juin au dimanche 15 juillet Marilyn fit une contre-offensive tous azimuts dans la presse, accordant de nombreuses interviews et de nombreuses séries de photos dans Vogue, Life, Redbook et Cosmopolitan.

Elle fit venir Pat Newcomb et lui dicta des télégrammes adressés aux acteurs et aux techniciens de « Something’s got to give », en déplorant la décision de la Fox de mettre fin au tournage.

 

Du vendredi 29 juin au dimanche 1er juillet, Marilyn fit une séance de photos avec le photographe George Barris, sur la plage de Santa Monica (,,,,,) et dans la maison de Tim Leimert ()à North Hollywood Hills (,) pour le magazine Cosmopolitan.

Sa coiffeuse Agnes Flanagan  (,,,,,), son maquilleur Allan Snyder (,) et son attachée de presse Pat Newcomb 
(,) étaient présents lors de la séance photo.

 

JUILLET :

Le mercredi 4 juillet :

Peter Lawford organisa un barbecue pour la fête de l’indépendance des Etats-Unis.

Marilyn et Robert Kennedy y assistèrent. Ce dernier devait se rendre dans le Nevada où il devait rencontrer Maxwell Taylor (président des chefs d’état major) et assister au premier essai de la bombe hydrogène sur le continent américain.

 

Le mercredi 4 juillet: Marilyn accorda ce qui sera sa dernière interview au magazine Life, dans une série de conversations dirigées par Richard Meryman et qui eurent lieu à Helena Drive. La rencontre dura 6 heures.

Au départ Marilyn ne souhaitait pas que des photos soient prises : elle ne voulait pas que les gens voient l’endroit où elle vivait. Elle accepta néanmoins et les photos furent prises par le photographe Allan Grant (,,,,).

A cette occasion, Agnes Flanagan et Whitey Snyder s'occupèrent de son look.

Dimanche, 8 Juillet : DiMaggio lui rendit visite.


Au cours de ses visites, ils partagèrent des dîners simples, assis sur le sol de la salle à manger (la livraison des meubles mexicains avait été retardée) ; ils louèrent des vélos au marchand de cycles Hans Ohrt de Brentwood () et descendirent sur le San Vicente Boulevard en direction de l’océan ; ils firent aussi des courses ensemble.

Il l’accompagna lorsqu'elle s’acheta une nouvelle garde-robe complète à Beverly Hills, chez Saks Fifth Avenue et chez Jax : des pulls en cachemire, des blouses, deux robes du soir et des chaussures à talons hauts ().


Le lundi 9 juillet :

Dernière séance photo avec le photographe Allan Grant, pour accompagner sa dernière interview, réalisée par Richard Meryman pour Life , qui sortira le 3 août.

Meryman lui apporta une transcription de leurs entretiens.

Cette interview était un démenti soigneusement préparé face à ceux qui décrivaient sa carrière comme étant compromise.

Le jeudi 12 juillet, Marilyn eut rendez-vous à la Fox ; elle fut coiffée par Agnes Flanagan et maquillée par Whitey Snyder pour ce rendez-vous.

 

Le  vendredi 13 juillet : ce matin là, Marilyn appela Elisabeth Courtney, l’assistante du couturier Jean-Louis, qui devait passer chez elle  pour les derniers essayages d’une nouvelle robe du soir qu’il avait créée pour elle, pour la soirée du 6 septembre à laquelle elle devait assister à Washington.

L’après-midi, elle se rendit à sa séance chez  le Dr Greenson, puis rentra chez elle, et passa de nombreux coups de fil, appelant notamment un fleuriste, son marchand de vin local et un traiteur.

Mi-juillet :

Marilyn rencontra aussi Sidney Skolsky, qu’elle n’avait pas vu depuis un an, pour un projet qui leur tenait à cœur depuis longtemps, un film sur la vie de Jean Harlow, « The Jean Harlow story » et dont il serait le producteur et Marilyn la vedette.

Mais ils devaient d’abord s’assurer de la coopération de la mère de Jean Harlow.

 

Le dimanche 15 juillet : Sidney Skolsky et Marilyn se rendirent à Indio, petite ville au sud est de Palm Springs.

La vieille dame excentrique et charmante vivait entourée de reliques photos et souvenirs de sa chère « baby Jean ».

L’accord de « Mama » Jean Bello ne se fit pas attendre.

Tous trois convinrent de se revoir le dimanche 5 août à 16 heures, pour travailler ensemble sur le projet.

Après avoir pris le thé ensemble, Skolsky et Marilyn rentrèrent à Los Angeles.

 

La Fox comptait reprendre le tournage de « Something’s got to give » la troisième semaine de juillet. Milton Rudin garda le contrat de Marilyn avec la Fox non signé sous le coude, Marilyn attendant le coup d’éclat de Zanuck qui devait lancer sa grande offensive lors d’une réunion le mercredi 25 juillet.

 

De début juillet jusqu’au 4 août, les comptes indiquent que Marilyn vit le Docteur Greenson vingt-sept fois en trente-cinq jours, et treize fois le Docteur Engelberg (). Les dossiers montrent qu’elle reçut des injections au cours de ces visites.

Le vendredi 20 juillet :

Elle fut de nouveau opérée de l’endomètre au Cedars of Lebanon Hospital de Los Angeles, par le Dr Leon Krohn, pour soulager son endométrite chronique.

 Le samedi 21 juillet : DiMaggio lui rendit visite à l'hôpital et la ramena chez elle.

Le mercredi 25 juillet :

Zanuck sortit victorieux de la réunion avec la direction de la Fox : il devint président de la Fox et Spyros Skouras remplaça Samuel Rosenman, démissionnaire du poste de président du conseil d’administration.

Deux de ses adversaires les plus importants démissionnèrent. L'élection de Zanuck suspendit tout à la Fox, y compris les discussions entre Marilyn et les précédents administrateurs.

Beaucoup de gens attribuaient à Zanuck la splendeur passée de la Fox et certains anciens du studio prédirent, à tort, qu'elle allait connaître avec lui un « nouvel âge d'or ».

 

Peter Levathes se rendit personnellement chez Marilyn à Brentwood et lui annonça que son retour était effectif ; non seulement la Fox allait abandonner le procès engagé contre elle, mais elle allait être réembauchée avec un salaire plus élevé. Le tournage de « Something’s got to give » devait donc reprendre et Marilyn était ainsi sûre de signer son contrat d’un million de $.

Elle sembla heureuse de revenir sur le tournage et revirent ensemble le scénario auquel elle apporta quelques modifications.

Milton Rudin, son avocat, entreprit de travailler sur les détails contractuels de son retour sur le plateau.

 

Marilyn invita Agnes Flanagan et Allan Snyder pour fêter la nouvelle avec elle.

 

Le samedi 28 et dimanche 29 juillet :

Elle fut invitée par Peter Lawford à passer le week-end au Cal-Neva Lodge, près du lac Tahoe qui appartenait à Frank Sinatra (,,,).

Elle prévoyait de voir Dean Martin qui se produisait au Celebrity Room du Cal Neva Lodge, non seulement pour le remercier de son soutien pendant la crise de juin avec la Fox, mais aussi pour discuter d’un projet de film qu’Arthur Jacobs voulait produire pour les deux acteurs, une comédie appelée « I love Louisa ». La semaine suivante, sur la suggestion d'Arthur Jacobs, elle comptait aller voir des films du metteur en scène J.Lee Thompson.

 

Le samedi soir : elle apparut au tour de chant de Frank Sinatra.

Celui-ci l’invita officiellement pour célébrer son nouveau contrat avec la Fox et discuter du prochain film (la comédie musicale « What a way to go ») dont ils devaient tous deux partager la vedette.

 

Le nom de Marilyn n’apparaît pas sur les registres de l’hôtel, mais ce fut le bungalow n° 52, qui faisait partie d’un ensemble de bungalows réservés aux invités de marque de Sinatra, qui lui fut attribué.

 

Le dimanche 29 juillet : elle rentra à Los Angeles avec les Lawford.

 

Le lundi 30 juillet :

Marilyn visionna des extraits des films de Thompson dans la salle de projection d’Arthur Jacobs, et décida sur le champ de l’accepter comme metteur en scène de « I love Louisa », dont le tournage devait commencer début 1963. Jacobs l'informa également que Jule Styne, qui avait écrit « Diamonds are a girl’s best friends » pour « Gentlemen prefer blonds », acceptait de lui écrire de nouvelles chansons pour ce film.

Elle joignit Milton Rudin, lui faisant part de son désir de refaire son testament.

Elle reçut aussi un courrier de sa secrétaire à la Fox, Cherie Redmond, qui l'informa du fait que c’était désormais Eunice Murray qui s’occuperait de son courrier à la Fox et à sa boîte postale privée.

 

Le mardi 31 juillet :

Marilyn appela son ami new-yorkais Henry Rosenfeld pour discuter avec lui d’un voyage de trois jours à New York qu’elle devait effectuer début septembre. Le jeudi 6 septembre, elle devait se rendre à une soirée théâtrale  à Washington et souhaitait que Rosenfeld l’accompagne à la première de  « Mr President », dirigée par Joshua Logan au National Theater, à laquelle John et Jackie Kennedy devaient également assister.

Ce soir-là, elle invita Whitey Snyder et sa fiancée, Marjorie Plecher () : ils fêtèrent leur prochain mariage et la reprise du tournage de « Something’s got to give », prévue pour octobre. Ils trouvèrent Marilyn pleine d’enthousiasme et d’optimisme.

Contre toute évidence, le Dr Greenson affirmait que Marilyn allait beaucoup mieux, poussé peut-être par le nécessité de soulager sa conscience, car il savait que son absence avait abouti au renvoi de la star.

Il envisageait de repartir en Europe dès le mois suivant. Quand il avait interrompu ses vacances, il avait annulé par la même occasion la visite qu'il comptait faire à son éditeur en s'arrêtant à New York sur le chemin du retour. Maintenant, il comptait s'y rendre en août, en septembre ou en octobre.

Il avançait lentement dans la rédaction de « Technique et pratique de la psychanalyse » dans la mesure où il consacrait la plupart de son temps et de son énergie à Marilyn. Il ferait en sorte de coordonner son voyage et l'arrivée prochaine d'Anna Freud aux Etats-Unis et espérait être invité à la rejoindre à la Menninger Clinic de Topeka, au Kansas.

Même s'il tenait à la diriger dans « Macbeth » sur la scène de son nouveau théâtre, l'Actors Studio Theater, Lee Strasberg ne s'intéressait apparemment plus autant à Marilyn.

 

AOUT :

La première semaine d’août, de nombreux magazines avec Marilyn parurent, notamment Life, avec l'interview réalisée par Richard Meryman.

Le mercredi 1er août :

Avec l’accord du réalisateur Jean  Negulesco, tout était en place pour commencer le tournage en octobre.

La Fox signa officiellement avec Marilyn son nouveau contrat  pour un salaire de 250 000$ (deux fois et demi la somme prévue dans son premier contrat).

Apprenant la nouvelle, son amie et doublure Evelyn Moriarty l’appela et la trouva en grande forme, très heureuse de reprendre le travail. Elles discutèrent du scénario et du nouveau réalisateur. Marilyn lui annonça ses autres projets, le film que produirait Arthur Jacobs « I love Louisa » pour la Fox, et « The Jean Harlow story ».

Elle passa l’après-midi à la Fox pour discuter de la reprise de « Something’s got to give ».           

Eunice Murray annonça à Marilyn qu’elle allait partir faire un voyage en Europe à partir du lundi 6 août avec sa sœur et son beau-frère. Pour pallier à l’absence d’Eunice,  Marilyn appela à plusieurs reprises Florence Thomas, une ancienne employée de maison qu'elle avait eu à New York.

 

Le jeudi 2 août : le matin, Marilyn se rendit chez le Dr Greenson pour une séance de psychanalyse.

Il la verra une autre fois dans l’après-midi chez elle (d’après ses honoraires). Marilyn demanda à Eunice Murray de la conduire à Beverly Hills et West Hollywood pour faire quelques courses.

Elle passa quatre heures chez « Franks nurseries & florists » à Santa Monica où elle commanda des citronniers et un choix de plantes à fleurs pour son jardin. Elle alla ensuite acheter une tapisserie murale et une petite table chez « The Mart » qui devaient être livrés le samedi 4 août.

Le soir, elle fut invitée à dîner chez les Lawford.

Le vendredi 3 août :

Robert et Ethel Kennedy et leurs quatre enfants arrivèrent à San Francisco ().Robert Kennedy devait prendre la parole à la Bar Association Conference (congrès du barreau des avocats), le lundi 6 août, et comptait passer le week-end chez son ami John Bates, au Bates Ranch, à Gilroy (à environ 130 kilomètres au sud de San Francisco, 560 Km au nord de Los Angeles, dans les hauteurs de Santa Cruz).

Les Bates rendaient une invitation aux Kennedy, qui les avaient invités à Hickory Hill, propriété de Robert Kennedy en Virginie.

Marilyn se réveilla tôt et reposée, car elle n’avait pas pris de somnifères la veille.
Elle passa ensuite une heure et demi chez le Dr Greenson.
De retour chez elle, elle trouva le Dr Engelberg qui l’attendait, apparemment à la demande de Greenson. Il lui fit une injection (de « vitamines ») et lui rédigea une ordonnance pour 25 comprimés de Nembutal. Ils vinrent s’ajouter à une provision d’hydrate de chloral, prescrite par le Dr Greenson, pour sevrer Marilyn des barbituriques.

Elle avait aussi deux ordonnances de Nembutal de quantité inconnue rédigées par le Dr Seigel, médecin de la Fox, datées du 25 juillet et du 3 août.

Elle alla ce même jour chercher les comprimés de Nembutal prescrits par Engelberg à la pharmacie San Vicente 
(
), non loin de chez elle.

Elle appela les Rosten à Brooklyn, pour leur demander leur avis concernant l’article paru dans Life  sous le titre « Marilyn dit ce qu’elle pense de la célébrité »; elle les invita à la soirée du 6 septembre, pour la création de la pièce « Mr President », à laquelle elle devait assister.

Elle appela ensuite Elizabeth Courtney (l’assistante du couturier Jean-Louis), et lui demanda si sa nouvelle robe pouvait être livrée pour un dernier essayage le lendemain; mais se souvenant que c’était le week-end, elle la rappela et fixa le rendez-vous au lundi suivant.

En milieu d’après-midi, Jule Styne, qui devait lui composer des chansons pour son prochain film « I love Louisa », l’appela de New York ; il lui proposa une comédie musicale tirée du roman de Betty Smith « A tree grows in Brooklyn ». Marilyn fut emballée et comme elle devait se rendre à New York la semaine d’après, elle proposa de passer le voir à son bureau. Ils prirent rendez-vous  pour le jeudi 9 août, à 14 heures 30.
Pour ce voyage à New York, Marilyn avait aussi d’autres projets : elle avait accepté d’accorder une longue interview au magazine Esquire dont elle ferait la couverture, et il y avait diverses soirées prévues, dont l’une avec les Strasberg, qui avaient déjà acheté les billets de théâtre.
Arthur Jacobs l’appela aussi pour lui annoncer qu’ils avaient rendez-vous le lundi suivant, le 6 août, à 17 heures avec J.Lee Thompson, pour discuter de leur projet « I love Louisa ».

Le pépiniériste voisin, Frank, lui fit livrer des citronniers et autres plantes qu’elle avait commandé le jeudi 
(
).

Elle appela Pat Newcomb pour l’inviter à dîner au restaurant, mais celle-ci avait une bronchite.
Marilyn lui proposa alors  de venir se détendre dans le solarium d'Helena Drive
Pat Newcomb accepta la proposition et arriva chez Marilyn après sa journée de travail.

Eunice Murray était rentrée chez elle pour la nuit. Marilyn et Pat Newcomb, qui dormit sur place, se couchèrent tôt.

Le samedi 4 août

Marilyn se réveilla tôt; apparemment , elle n'avait pas beaucoup dormi. Pat Newcomb, malade, dormait encore dans la chambre des invités. Eunice Murray arriva vers 8 heures, pour ce qui sera sa dernière journée de travail. Elle avait laissé sa voiture en révision au garage voisin d’Henry D’Antonio qui devait la déposer chez Marilyn; il la lui rapporta dans l’après-midi.
A son arrivée, elle ne vit ni Marilyn, ni Pat Newcomb.

Vers 9 heures, Marilyn apparut; elle ne prit pas de petit déjeuner, juste un verre de jus de pamplemousse.

 Vers 9 heures 30- 10 heures, le photographe Lawrence Schiller passa la voir pour discuter avec elle des photos qui seront publiées dans le magazine Playboy ; ces photos avaient été prises le 28 mai lors de la scène de la piscine sur le tournage de « Something's got to give »; à son arrivée, Marilyn était agenouillée près d’un parterre de fleurs qui bordait le pavillon d’amis.
Elle traversa la pelouse pour lui parler au niveau de la zone de parking .Elle marqua au crayon gras les photos qu’elle retint et celles qu’elle rejeta.
Mais se posant des questions sur l’opportunité de paraître en couverture, où elle serait de nouveau réduite à une femme objet, ils décidèrent d’en reparler le lundi suivant. Schiller serait en ville et ils pourraient en reparler à ce moment là.

Dans la matinée,elle s’entretint au téléphone avec Sidney Skolsky au sujet de leur projet «  The Jean Harlow story ». 
Ils avaient rendez-vous le lendemain, 5 août à 16 heures, avec la mère de Jean Harlow.

Elle réceptionna la table de chevet qu’elle avait commandé chez Mart.
Puis Ralph Roberts l’appela pour organiser un barbecue pour le lendemain soir, à son retour de la visite à la mère de Jean Harlow; n'étant pas sûre d'être disponible, Marilyn lui demanda de la rappeler dans l’après-midi.

Pat Newcomb se leva avant midi; elle se reposa tandis que Marilyn vaquait à ses occupations domestiques, et  passa l’après-midi dans le solarium, sous la lampe à bronzer,  pour soigner sa bronchite; des voisins l'avaient entendu tousser tout l'après-midi.

Le Dr Greenson passa voir Marilyn vers 17h15; il l'a trouve un peu groggy (elle avait dû prendre des comprimés régulièrement dans la journée) mais il ne la votait pas non plus passer la nuit dans l'état dans lequel il la trouva. N'ayant pas de médicaments à sa disposition, il appelle son confrère le Dr Engelberg (entre 17h45 et 18h30), afin qu'il vienne faire une injection de sédatifs à Marilyn. Mais celui-ci, en pleine crise conjugale (il était en train de se séparer de son épouse) refusa de venir.

Vers 14 heures, Eunice Murray reçut un appel en PCV de Joe DiMaggio Jr, qui servait dans les Marines du comté d’Orange voisin. Eunice lui dit que Marilyn était absente. Il appela de nouveau vers 16 heures 30 et ne pût une nouvelle fois lui parler.
Entre 17h45 et 18h30, Ralph Roberts appela, juste avant qu’il n'aille chez Jurgensen acheter le nécessaire pour le barbecue du lendemain. Cette fois ce fut Greenson qui décrocha et lui répondit que Marilyn n’était pas là.

Vers 18h30, Greenson sortit de la chambre de Marilyn. Pat Newcomb quitta Helena Drive, le Dr Greenson lui ayant dit  que cela ne servait à rien qu'elle reste.
Greenson demanda à Eunice Murray de rester, exceptionnellement  pour la nuit.
Il partit vers 19 heures.
Marilyn ne souhaitait pas dîner et dit à Mrs Murray qu'elle voulait seulement se reposer.

Entre 19h – 19h15, Peter Lawford l’appela; il organisait ce soir là un dîner entre amis et invitait Marilyn à les rejoindre. A cette soirée étaient invités George Durgom, son imprésario,  et le meilleur ami de Lawford, Joseph Naar (producteur de télévision) et son épouse Dolorès.

Vers 19h15 Joe DiMaggio Jr rappela à nouveau et cette fois, Mes Murray lui passa Marilyn. Ils eurent pendant environ 10 minutes une agréable conversation au cours de laquelle il lui apprit qu’il avait rompu ses fiançailles avec la jeune fille avec qui il sortait et que Marilyn appréciait peu.


Vers 19 h30, elle appela le Dr Greenson qui s'apprêtait à sortir avec sa femme. Elle voulait lui parler de la bonne nouvelle que venait de lui communiquer le jeune Joe DiMaggio Jr, et poursuivit la conversation en se rendant dans sa chambre avec le téléphone.
Elle se déshabilla et se mit au lit. Il était environ 20h00. Eunice Murray était dans le salon, regardant la télévision ou lisant.
Entre 20h00 et 20h30, Peter Lawford rappela Marilyn. Il trouva qu’elle avait une voix pâteuse, devenant de moins en moins audible. Rapidement il n’entendit plus rien, comme si elle avait posé le téléphone ou l’avait laissé tomber.  Il essaya de la rappeler mais le téléphone sonnait occupé.
Il demanda à une opératrice de couper la communication mais on lui répondit que le téléphone était décroché.
S'inquiétant de son état, il appela son avocat, Milton Ebbins vers 20h15 .Celui-ci appela l'avocat de Marilyn, Milton Rudin et tomba sur son service de messagerie. Il apprit que Rudin assistait à une soirée chez Mildred Allenberg, veuve de l’agent de Sinatra; Ebbins réussit à le joindre là bas.

 A 20h30  une voix féminine visiblement groggy appela le service de messagerie de Ralph Roberts, qui était sorti. Il est probable que c'était Marilyn qui essayait de le joindre.
Vers  20h30 Milton Rudin appela à Brentwood et eut Eunice Murray en ligne. Il lui demanda d’aller voir si Marilyn allait bien ; celle-ci se rendit jusqu’à la porte de la chambre de Marilyn, tendit l’oreille, et n’entendant rien d’anormal revint dire à Rudin au téléphone que tout allait bien.

Entre 20h45 -21h00 Milton Rudin rappela Milton Ebbins, qui à son tour rappela Peter Lawford et le rassura sur l’état de Marilyn.
Alors que Rudin retournait à son cocktail et Lawford avec ses invités, Eunice Murray se demanda pourquoi diable l’avocat de Marilyn avait appelé pour s’enquérir de l’état de celle ci.
Officiellement Mrs Murray déclara s'être rendue vers la chambre de Marilyn vers minuit, puis elle a décalé son discours de 3 heures.
Mais le décès de Marilyn étant situé au plus tard à 22h00, Mrs Murray a dû aller vérifier si Marilyn allait bien après l'appel de Rudin.
Il est plutôt probable qu'elle ait ouvert la porte de la chambre de Marilyn alors qu'elle était encore en ligne avec Rudin.

Elle se rendit donc de nouveau à la porte de la chambre, appela doucement Marilyn, et n’obtient  pas de réponse. La lumière de la chambre étant toujours allumée et voyant le fil du téléphone passant sous la porte (), Eunice Murray ouvrit la porte : c’est là qu’elle découvrit l’actrice décédée ou inconsciente; gisant à plat ventre sur son lit, le combiné téléphonique à la main.
Paniquée, elle chercha à joindre Greenson qui était sorti et laissa un message sur sa messagerie (ou demanda aux enfants de celui-ci de transmettre à leur père) lui demandant de se rendre au plus vite au 5th Helena Drive pour une urgence.

Elle appela alors le Dr Engelberg qui arriva rapidement.
Le corps de Marilyn fut probablement mis sur le dos par le Dr Engelberg mais il était trop tard.
Greenson a dû arriver un peu plus tard, après qu’il ait eu connaissance du message d’alerte d’Eunice.

Marilyn est morte au plus tard à 22h00, probablement entre 21h et 21h30.

Greenson appela Milton Rudin, toujours à son cocktail. Première des choses à faire : contacter Arthur Jacobs.
Vers 22 heures ou 22 heures 30 , Arthur Jacobs se trouvait au Hollywood Bowl, où il assistait à un concert avec sa fiancée, Natalie Trundy, une jeune actrice, le producteur Mervyn LeRoy et sa femme.
Arthur Jacobs reçut un appel de Milton Rudin l’informant de la mort de Marilyn. Jacobs demanda aux LeRoy de raccompagner Natalie Trundy chez elle, et se rendit à Helena Drive.
Pat Newcomb n’apprit la nouvelle qu’à 5 heures du matin.

Vers 22h30, la soirée chez Lawford était terminée. Après le départ de ses amis, il eut plus de temps pour réfléchir à l’étrange appel de Marilyn quelque deux heures plus tôt. Quoique que Milton Rudin ait pu en dire, elle n’était quand même pas bien.
Il fut rapidement informé de la mort de Marilyn par Milton Ebbins.

Aucun lien ne devait être établi avec la Fox; la star ne pouvait s'être suicidée à cause de ses soucis avec le studio.
Tout cela prit beaucoup de temps, et l’heure de la découvert du corps dû être déplacé plus tard dans la nuit : minuit, puis 2h00, enfin 3h30 (version de Mrs Murray à la police).

Le corps fut remis sur le ventre, dans la position dans laquelle il avait été trouvé.

Afin de fournir une explication au délai, l’histoire de la porte de la chambre de Marilyn fermée à clé et le fait que le Dr Greenson ait dû  briser la fenêtre pour s’y introduire devint le scénario officiel.

Officiellement, Mrs Murray voyant la lumière sous la porte et le fil du téléphone, tenta d’ouvrir la porte de la chambre de Marilyn qui était fermée à clé. Elle se rendit dehors, regarda à travers la fenêtre fermée et découvrit Marilyn allongée sur le ventre, dans une position qui ne plus parut pas normale. Elle revint dans la maison, appela Greenson qui arriva, prit le tisonnier de la cheminée, brisa la fenêtre et pénètra dans la chambre : c’est là qu’il découvrit Marilyn morte,  le combiné du téléphone dans la main. Il le lui ôta et replaça le combiné sur le récepteur.
Le Dr Engelberg, arrivé entre temps, déclara Marilyn officiellement décédée à 3 heures 35.

Greenson appela alors le poste de police de West Los Angeles; c’était le sergent Jack Clemmons qui était de garde cette nuit là et qui prit l’appel à 4 heures 15. Il arriva sur les lieux à 4 heures 25 ().

Il trouve les deux médecins dans la maison, et Eunice Murray qui, visiblement sous le choc de la nouvelle, était occupée à faire une lessive dans la buanderie.
Clemmons appela du renfort : l'officier Don Marshall arriva,  fouilla la maison à la recherche d'un message attestant le suicide, mais ne trouva rien. Il interrogea les voisins de Marilyn, Mr et Mrs Abe Landau, qui déclarèrent n'avoir rien entendu de suspect. L'inspecteur Robert Byron arriva également et prit les déclarations des Dr Greenson et Engelberg, et d'Eunice Murray 
(
,,).

Eunice Murray déclara que : 

- Marilyn s'était retirée dans sa chambre vers 20h00

- à 3h30 elle remarqua de la lumière sous la porte de la chambre  de Marilyn et s'aperçut que la porte était fermée à clé

- elle se rendit dehors et de la fenêtre, vit le corps de Marilyn allongé sur le ventre, dans une position anormale

- elle appela le Dr Greenson qui brisa la vitre, pénètre dans la chambre et trouva Marilyn décédée.

Dr Greenson déclara que :

- il avait vu Marilyn vers 17h15, à la demande de celle-ci qui n'arrivait pas à  dormir

- il la soignait depuis 1 an 

- il la trouva allongée sur le ventre, et avait juste retiré le  combiné du téléphone de sa main.

Byron trouva sur la table de nuit 15 flacons de médicaments dont 1 contenant 25 capsules de Nembutal qu'Engelberg dit lui avoir prescrit le 3 août (,); il y avait également des anti-histaminiques et un médicament contre la sinusite. Il y avait aussi un flacon avec 10 capsules restantes sur 50 d'hydrate de chloral, prescrit par le Dr Greenson, datée du 25 juillet et renouvelée le 31 juillet.

Le dimanche 5 août :

Pat Newcomb arriva entre 5h et 5h30; elle restera environ 2 heures à Helena Drive avant de repartir chez elle s'occuper des nombreux appels des médias. Les journalistes et reporters étaient déjà nombreux sur les lieux (,).
Norman Jefferies arriva également; il s'occupa de remplacer la fenêtre brisée par Greenson (,,)

Peu après 5 heures 30, le corps de Marilyn fut recouvert d'une couverture, fixé à l'aide de sangles à un chariot métallique et chargé dans un fourgon Ford (), pour être conduit au Westwood Village (,,).

Une fois le corps parti et la police ayant terminé ses investigations, les scellés furent posés sur la porte de Fifth Helena Drive
(
,).

Pat Newcomb, sous le choc, eut une altercation avec les policiers et les journalistes (,,,), et finit par quitter Helena Drive avec Eunice Murray 
(
,,,,)

Joe DiMaggio était à San Francisco; ce fut Milton Rudin qui l'appela et lui demanda de s'occuper des formalités pour les funérailles. Joe arriva à Los Angeles et s'installa suite 1035 du Miramar Hotel, refusant tout contact avec la presse.

Le corps de Marilyn fut ensuite transporté du Westwood Village (,,) à la morgue du comté de Los Angeles (), en vue d'une autopsie.

Le corps de Marilyn fut placé dans la crypte n° 33 de la morgue (,).

A 10h30 le Dr Thomas Noguchi  débuta l'autopsie du corps de Marilyn. 

Un premier rapport fut rendu (), puis le certificat de décès(), et le rapport définitif de l'autopsie sera rendu le 18 août (,,,).

2 rapports toxicologiques seront rendus les 6 août () et  13 août 1962 (). 
La conclusion officielle du médecin toxicologue R.J.Abernethy fut "Empoisonnement par barbituriques-overdose par ingestion".

Le corps de Marilyn fut ramené à Westwood Village (,,,) et fut mis à disposition de la famille dans l'après-midi du dimanche.

Ce fut Berniece Miracle, la demi-soeur de Marilyn qui vivait en Floride, autorisa la remise du corps de Marilyn à Joe DiMaggio.
Celui-ci, avec l'aide d'Inez Melson, la conseillère financière de Marilyn, prirent les dispositions pour les funérailles de Marilyn qui furent prévues pour le 8 août à 13h.

Le lundi 6 août :

Complément d'enquête de la police (); les Dr Engleberg et Greenson ont été réinterrogés par l'inspecteur Byron. Ils s'accordaient sur le fait que le Dr Greenson avait reçu un appel de Mrs Murray le 5 août à 3h30, lui disant que la lumière était allumée dans la chambre de Marilyn et qu'elle ne pouvait entrer dans la chambre. Greenson lui avait demandé d'aller regarder pa la fenêtre et de le rappeler. Eunice Murray s'était exécutée et l'avait rappelé à 3h35 : Marilyn était couchée sur le lit, le téléphone dans une main, avec un air étrange. Le Dr Greenson se mit en route et demanda à Mrs Murray d'appeler le Dr Engelberg. Greenson arriva à 3h40. Il brisa la vitre, entra dans la chambre et ôta le téléphone de la main de Marilyn. La rigidité cadavérique s'était installée.A 3h50, le Dr Engelberg arriva et prononça le décès de Marilyn. Ils s'entretinrent tous les deux un moment et pensèrent qu'il était environ 4h00 lorsqu'Engelberg appela la police. Après contrôle, il s'avèra que l'appel avait été passé à 4h25.

Le Docteur Theodore Curphey, le coroner de Los Angeles, tint une conférence de presse. Il révèla que Marilyn n'était pas morte de mort naturelle, mais qu'elle avait dû prendre une trop forte dose de somnifères. Il ajouta que ses services enquêtaient ainsi que le Centre de Prévention du Suicide de Los Angeles, un organisme indépendant basé à l'UCLA. 
L'équipe désignée par le Centre était formée du Dr Robert Litman (psychiatre et professeur à l'UCLA), du Dr Norman Farberow (éminent psychologue) et du Dr Norman Tabaschnik :
. 

Au cours de cette conférence de presse, le Centre de Prévention du Suicide, avec à sa tête, le Dr Farberow, déclara qu'il allait mener des interrogatoires exhaustifs concernant le suicide probable de Marilyn. En nommant ainsi comme équipe d'enquête un groupe privé, Curphey rendait ainsi l'enquête officieuse. Aucune des personnes interrogées ne prêta serment et rien de ce qu'il fût dit ne fût révélé au public. Curphey annonça qu'il interrogerait en personne les médecins de Marilyn. Mais jusqu'à ce jour, personne n'a eut accès au rapport complet du Centre de Prévention du Suicide. Aucun document n'indique que ce comité ait participé à l'établissement d'un autre verdict à l'intention du bureau du coroner. 
Le Dr Greenson fut lui interrogé par cette commission
. Il était en effet le mieux placé pour connaître l'état mental de Marilyn; cela faisait plus de 2 ans qu'elle le consultait.

Le mardi 7 août : dans l'après-midi, Eunice Murray retrouva Inez Melson et Berniece Miracle à Helena Drive, pour les aider à choisir la tenue que Marilyn porterait pour ses funérailles. (,,,,,).


Elles choisirent une robe vert pâle de chez Pucci que Marilyn avait porté lors de la conférence de presse à Mexico en février 1962 (
,,).

Les scellés furent posés sur la porte une dernière fois (,).


Le mercredi 8 août : ce fut le jour des funérailles de Marilyn.


Le matin, Whitey Snyder, le maquilleur personnel de Marilyn, vint, comme il lui en avait fait la promesse quelques années auparavant, procéder aux retouches du maquillage de Marilyn. A cause des dégâts causés par l'autopsie, Agnes Flanagan dût lui mettre une perruque, qui ressemblait à sa coiffure dans "Something's Got to Give".

La cérémonie commença à 13h00 à la Westwood Village Mortuary Chapel (), située dans le Westwood Memorial Park Cemetery de Los Angeles.

Joe DiMaggio avait donné l'ordre formel qu'aucun des amis hollywoodiens de Marilyn ne soit présent, car il les rendaient responsables de sa mort, sinon moralement, du moins, concrètement. Quant aux journalistes et photographes, ils furent fermement tenus à l'écart. Seul Walter Winchell, ami de Joe, fut présent (,).

La police mobilisa plus de 50 policiers () pour contrôler la foule et la circulation (,,). Des plate-formes furent construites le long du mur nord afin que la presse puisse monter et voir l'intérieur du cimetière (,).

Le service religieux eut lieu dans la plus stricte intimité et fut célébré par le révérend A.J.Soldan (), un pasteur luthérien de l'église de Westwood Village. La cérémonie commença sur les accents de la Sixième symphonie de Tchaïkovski, et, à la demande de Marilyn, Mrs Hockett interpréta "Over the Rainbow".

Le poète Carl Sandburg ayant, pour raisons de santé, décliné la demande de Joe DiMaggio, ce fut  Lee Strasberg qui prononça l'éloge funèbre : 

"Marilyn Monroe était une légende. Pendant sa vie, Marilyn Monroe a crée le mythe de ce qu'une pauvre fille issue d'un milileu défavorisé peut obtenir. Pour le monde entier, elle est devenue le symbole de l'éternel féminin. Mais je ne trouve pas de mots pour décrire le mythe et la légende. Je ne connaissais pas cette Marilyn Monroe là.
Nous, rassemblés ici aujourd'hui, ne connaissons qu'une Marilyn - un être chaleureux, impulsif et timide, sensible et craignant qu'on la rejette, toujours affamée de vie et tendant vers son accomplissement.
En dépit des hauteurs et de l'éclat qu'elle avait atteints à l'acran, elle faisait des projets d'avenir; elle attendait avec impatience de participer à toutes ces choses excitantes qu'elle avait prévues. A ses yeux et aux miens, sa carrière ne faisait que commencer. Le rêve de son talent, qu'elle avait nourri dès l'enfance, n'était pas un mirage...
D'autres étaient aussi belles physiquement qu'elle, mais il y avait à l'évidence quelque chose de plus en elle, quelque chose que les gens voyaient et reconnaissaient dans sa façon de jouer et à quoi ils s'identifiaient. Elle irradiait un mélange de mélancolie, de luminosité, de désir, qui faisait d'elle un être à part, et à quoi pourtant tout le monde aurait aimé accéder; tout le monde aurait voulu partager sa naïveté enfantine si discrète et pourtant si vibrante.
Maintenant tout est fini. J'espère que sa mort éveillera la sympathie et la compréhension pour une artiste et une femme sensibles qui ont offert joie et plaisir au monde.
Je ne peux dire adieu. Marilyn n'a jamais aimé les adieux, mais en m'inspirant de la manière particulière dont elle tournait les choses pour qui'elles soient face à la réalité, je dirais au revoir - car le pays où elle est partie, nous nous y rendrons tous un jour".

Pendant le service, le corps de Marilyn reposait dans un cerceuil en bronze ouvert, doublé de satin couleur champagne; dans ses mains, elle tenait un bouquet de roses thé, cadeau de Joe qui l'avait veillé la nuit précédente.

Une fois la cérémonie terminée, le cercueil fut emmené jusqu'au véhicule qui le transporta jusqu'à la crypte.

Les personnes qui portèrent le cercueil furent  Allan "Whitey" Snyder, le coiffeur Sidney Guilaroff, et les membres des pompes funèbres Allan Abbott, Ronald Hast, Leonard Krisminsky et Clarence Pierce (,,,,).

Les invités, en procession, suivirent le corbillard (,,).

Puis le cercueil fut installé près du caveau (,).

Une courte cérémonie eut à nouveau lieu (,,,), avant que le caveau ne soit définitivement fermé (,;,,).

Les personnes qui assistèrent aux obsèques furent Joe DIMaggio et son fils, Joe DiMaggio Jr , sa coiffeuse Agnes Flanagan 
(
,), l'un de ses avocats, Aaron Frosch (),Lotte Goslar, son professeur de chant et de mime des années 50 (,), son psychiatre le Dr Ralph Greenson et sa famille (sa femme Hildi et ses enfants Joan et Don) (,), Sidney Guilaroff, Anne et Mary Karger (), Rudy Kautzky (son chauffeur pendant ses derniers mois à Los Angeles)
(
,), la soeur de Grace McKee et son mari,  Enid et Sam Knebelcamp 
(
,), Inez et Pat Melson (), Berniece Miracle sa demi-soeur, Eunice Murray (;), Pat Newcomb (,),la coiffeuse Pearl Porterfield (;), May Reis, sa secrétaire particulière (,), son ami masseur Ralph Roberts (,), son avocat  Milton Rudin (), Allan Snyder avec sa femme Beverly et leur fille Sherry 
(
), l'ami de Joe DiMaggio, George Solotaire (), Lee et Paula Strasberg (,), et Florence Thomas, l'une de ses employées à New York (,).

Ce fut le fleuriste Parisian Florists qui réalisa les compositions florales. Pendant les 20 années suivantes, et sur commande de Joe DiMaggio, ils livrèrent des roses rouges sur la tombe de Marilyn, deux fois par semaine().

Après une nouvelle conférence de presse du mardi 14 août,  le Centre de Prévention du Suicide tint sa dernière conférence de presse le vendredi 17 août. On ne sût jamais qui avait été interrogé, mais il semble que Natasha Lytess, Norman Rosten, Frank Sinatra et Peter Lewford ne furent jamais interrogés.

Voici la conclusion du Centre de Prévention du Suicide, déclaration du Dr Curphey, Coroner en chef du Comté de Los Angeles :

Maintenant que le rapport toxiçologique final et que les experts psychiatres ont été reçus et étudiés, je conclue que la mort de Marilyn Monroe a été causée par une overdose de médicaments, auto administrée, et que la cause du décès est un suicide probable.

Le rapport toxicologique final révèle que le barbiturique, précédemment rapporté comme dose létale, a été positivement identifié comme étant du Nembutal, une large quantité d'hydrate de chloral.

Voici le résumé du rapport de l'équipe des psychiatres qui m'a aidé dans la collecte d'information sur ce cas. Cette équipe a été dirigée par Robert Litrman M.D., Norman Farberow, Ph.D., et Norman Tabachnik, M.D. : 

"Marilyn Monroe est morte dans la nuit du 4 août, ou au petit matin du 5 août 1962. Les examens effectués par le laboratoire de toxicologie indiquent que la mort est dûe à une overdose auto administrée de sédatifs. On nous a demandé, en tant que consultants, d'examiner la vie de la décédée et de donner une opinion concernant l'état de Miss Monroe quand elle a ingéré les sédatifs qui ont causé sa mort.
Avec les données obtenues, les points suivants sont les plus importants et les plus pertinents. 
Miss Monroe a souffert de troubles psychiatriques depuis longtemps. Elle a connu de graves peurs et de fréquentes dépressions. Ses changements d'humeur étaient brusques et imprévisibles. Parmi les symptômes de désorganisation, les troubles du sommeil étaient les plus importants, pour lesquels elle prenait des sédatifs depuis de nombreuses années. 
Elle était ainsi habituée et expérimentée dans l'utilisation de ces médicaments et consciente de leurs dangers.
Récemment, un des principaux objectifs de son traitement psychiatrique avait été la réduction de sa consommation de médicaments. Cela avait partiellement réussi pendant les deux derniers mois. On sait qu'elle suivait les directives de ses médecins dans son usage de médicaments; et la quantité de médicaments trouvés à son domicile lors de sa mort n'était pas inhabituelle. 
Dans notre enquête, nous avons appris que Miss Monroe avait souvent exprimé le souhait d'abandonner son travail, de se retirer, et même de mourir. A plus d'une occasion dans le passé, quand elle avait été déçue et déprimée, elle avait tenté de se suicider en utilisant des sédatifs. A ces occasions, elle avait appelé à l'aide et avait été secourue.
A partir des informations collectées au sujet des évenements du 4 août,  notre opinion est que le même comportement s'est répété, excepté pour le sauvetage. 
Cela a été notre exercice avec des informations collectées sur d'autres cas dans le passé, de recommander une certification pour ces décès de suicide probable. 
Les indices additionnés en faveur du suicide, fournis par des preuves physiques, sont : (1) le taux élevé de barbituriques et d'hydrate de chloral dans le sang, qui, avec les autres preuves de l'autopsie, indiquent la probable ingestion d'une large quantité de médicaments durant un laps de temps très court; (2) le flacon vide de Nembutal, la prescription pour laquelle il a été rempli la veille de l'ingestion des médicaments , et (3) la porte fermée, ce qui était inhabituel.
Sur la base de toutes ces informations obtenues, notre opinion est que dans ce cas-là, c'est un suicide probable".

NB : concernant le décès de Marilyn, une seule réference à lire, le livre de David Marshall, "The DD Group - An online Investigation into the Death of Marilyn Monroe", malheureusement, seulement disponible en anglais.


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