1962
JANVIER :
Fin janvier :
Eunice Murray trouva une maison
de style hacienda mexicaine au 12305
Fifth Helena Drive (
,
,
), près de Carmelita
Avenue, dans le quartier de Brentwood de
Los Angeles.
Le
Dr Greenson accompagna
Marilyn lors de sa première visite.
Derrière
un haut mur blanc, abrité des regards (
,
,
), la propriété, de
style hacienda espagnole de 700 m² (la maison 213 m²) de plain-pied, avait un
garage et une petite maison d'amis.
Elle
avait besoin d'être rénovée mais elle avait aussi beaucoup de charme : toit de
tuiles rouges, épais murs en stuc, fenêtres à deux battants, plafond en voûte
de cathédrale dans le salon, et arcades dans toute la maison. Il y avait aussi
des plantes luxuriantes (
,
,
) et une piscine ovale
(
,
,
), le tout blotti dans un cul de sac
(
), à dix
minutes de voiture de la Fox, à un
kilomètre de chez les Greenson, tour près du golf de Brentwood Country Club.
Sur
le dallage de l'entrée de la propriété était écrit Cursum Perficio (« J'ai achevé mon parcours »)
écrit en carreaux de céramique mexicains (
).
La
décoration intérieure était également de style mexicain (
,
).
On
entrait directement dans un petit salon (
,
); sur la gauche,
une salle à manger (
,
,
,
,
), avec, à gauche de cette salle à manger la
cuisine (
,
,
,
,
,
), et à droite, un petit solarium (
).
Depuis le salon, à droite, un couloir donnait sur 3 chambres à coucher, l'une avec salle de bains attenante (
,
,
), donnant sur le jardin,
deux autres plus petites partageaient une seconde salle de bains
(
).
Sur
les conseils de Greenson et de Milton
Rudin, Marilyn acheta la maison du 12305 Fifth Helena Drive, pour
environ100 000$.
Elle
paya la maison par un versement de 42 500$ et par un emprunt sur quinze ans
(contracté à la City National Bank de Beverly Hills), pour lequel elle
effectuait des remboursements de 320$ par mois.
Ce
fut Milton Rudin, son nouvel avocat et beau-frère de Greenson qui s’occupa de
l’achat de la maison. Marilyn entrera en possession de la villa et des titres de propriété en mars.
Rudin
régla aussi le transfert de Marilyn de la MCA
à sa propre société. Celui-ci travaillait au cabinet Gang, Tyre et Brown qui
assurait la défense des personnalités du show-business, et s'occupait également
de la défense des personnes devant la
Commission d’enquête des activités anti-américaines.
Il
gérait aussi des affaires de Frank
Sinatra.
Le
samedi 20 janvier,
elle rencontra le poète Carl Sandburg
qui était à Los Angeles, car il co-écrivait un scénario de film.
Le
photographe Arnold Newman immortalisa
le moment chez le producteur Henry
Weinstein (
,
,
,
,
,
,
,
).
Le mercredi 24 janvier : Frank Ferguson, l'avocat de la
Fox, donna son accord pour l'établissement d'un contrat. Le scénariste Nunnally Johnson alla en
Angleterre pour retravailler le scénario de « Something's got
to give ». Marilyn était d'accord pour tourner le scénario s'il
correspondait à ses attentes.
Greenson
lui conseilla de prendre quelques jours de vacances avant le tournage de
« Something’s got to give », par exemple au Mexique où elle pourrait
se reposer et trouver des meubles pour sa nouvelle maison. Pendant son absence,
Norman Jefferies, gendre
d'Eunice Murray, et son frère Keith, entreprendraient les travaux de remise à
neuf.
Le
Président Kennedy projetait un
déplacement politique en Californie, en mars.
Peter Lawford, beau-frère du
Président, demanda à Frank Sinatra si John Kennedy, à cette occasion, pouvait
descendre chez lui, à Palm Springs.
Sinatra accepta et entreprit des travaux (pour la somme de 500 000$) pour
transformer Palm Springs en « Maison Blanche de l’ouest ». Il fit
construire un héliport, des bungalows, des aménagements pour les services
secrets et un central téléphonique avec de nombreuses lignes.
Mais
Robert Kennedy dissuada son
frère de séjourner chez Sinatra car Sam
Giancana, patron de la mafia de Chicago, était souvent convié à Palm
Springs (selon un rapport du ministère de la Justice qui signalait que Sinatra
avait des contacts personnels avec les principales personnalités de la Mafia).
Bien que ne voulant pas décevoir Sinatra, John Kennedy s’inclina et chargea
Peter Lawford d’annoncer la nouvelle à Sinatra.
A
compter de cette date, Sinatra, très en colère contre Lawford qui, selon lui,
n'avait pas pu lui offrir cette opportunité de recevoir le Président chez lui, n’eut
plus de contacts avec Lawford ; il refusa de lui parler au téléphone, et
l’élimina du casting des deux films qu’ils devaient tourner ensemble.
Dans
le courant du mois, Marilyn fit une séance photo avec le photographe Willy Rizzo (
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
).
FEVRIER :
Le jeudi 1er février :
Marilyn
rencontra Robert Kennedy, à un dîner chez les Lawford. Avec son équipe, il
arrivait de Washington et devait se rendre en Extrême-Orient, pour un voyage
d’un mois.
Entre le vendredi 2 et le mardi 6 février : Marilyn
était à New York.
Elle
rencontra John Kennedy à un dîner en l’honneur du Président chez Fifi Fell, la
riche veuve de John Fell, patron d'une importante société d'investissement, qui
habitait Park Avenue.
Ce
fut Milton Ebbins, ami de Sinatra et vice-président de la société de production
de Peter Lawford, qui l’accompagna et qui la ramena chez elle après la soirée.
Le mardi 6 février : elle retrouva avec joie les Strasberg. Ils allèrent voir
ensemble la pièce de théâtre « Macbeth »
au City Center (
,
).
Elle
passa ensuite trois jours à discuter avec Paula du premier jet du script
de « Something’s got to give » (
). Elle suivit aussi
des cours à l’Actors Studio.
Tous
les jours Marilyn reçut de nombreux messages de Californie : sur sa
nouvelle maison, sur la date de tournage ; elle reçut aussi des appels de Joe DiMaggio, surpris d’apprendre
qu’elle était à New York alors qu’il avait décidé de passer quelques jours avec
elle à Los Angeles ; le Dr Greenson l’appela tous les jours, au moins une
fois par jour.
Elle
eut aussi des réunions avec les représentants de Life, en vue d’une
future interview, une conversation avec Alan Levy qui servira de base à un long
article paru dans Redbook, fin 1962.
Le samedi 17 février : Arthur Miller épousa Inge Morath (
), rencontrée lors du
tournage de « The
misfits », alors qu’elle faisait partie de l’agence Magnum.
En
septembre
1962, ils auront une fille ensemble, Rebecca (
), et vivront ensemble le
reste de leur vie.
Le lundi 12 février : Eunice Murray quitta Los
Angeles ; elle avait demandé à Marilyn une avance de plusieurs centaines
de dollars sur son salaire. Elle se rendit à Mexico, rendre visite à son
beau-frère, Churchill Murray (frère de son ex-mari John Murray) et producteur
d’émissions de radio anglophones. Elle attendait la visite de Marilyn pour les
courses qu’elles devaient faire ensemble.
C’était
le Dr Greenson qui avait décidé qu'Eunice Murray accompagnerait Marilyn.
Le samedi 17 février : Marilyn fit une halte à Miami, en
Floride avant de partir pour le Mexique.
Elle
descendit à l’hôtel
Fontainebleau de Miami.
Pendant
trois jours, elle s’occupa d’ Isadore
Miller, le père d’Arthur Miller, avec qui elle avait gardé des relations
amicales et qui se sentait seul après la mort de sa femme, l’année précédente.
Elle
l’emmena dîner au Club Gigi de l’hôtel Fontainebleau et à un spectacle de
cabaret au Minaret.
Elle
rendit aussi visite à DiMaggio qui passait l’hiver en Floride avec les Yankees
de New York.
Le mardi 20 février : Joe DiMaggio l'accompagna à l'aéroport international de Miami, d'où elle partit pour Mexico
A
l'aéroport de Mexico, elle fut accueillie par l'industrie du cinéma mexicain.
Elle
logea au Continental
Hilton Hotel de Mexico, suite n° 1110. Deux vigiles étaient en poste devant
sa chambre.
Marilyn
était accompagnée par George
Masters (
), l’un de ses
coiffeurs et de son attaché de presse Pat
Newcomb, qui avaient pris l'avion avec elle depuis Miami.
Elle
retrouva Eunice Murray.
Churchill
Murray les emmena chez Frederic
Vanderbilt Field et sa femme Nieves, communistes américains qui avaient fui
les Etats-Unis pour vivre en paix au Mexique.
Marilyn
en profita pour acheter et commander des meubles de style mexicain pour sa
nouvelle maison de Brentwood, des articles locaux, et commanda des carreaux
mexicains pour la cuisine et les salles de bains.
Elle
fit quelques visites (
,
,
,
), dont l’Institut National pour la
protection de l’enfant (National Institute for the Protection of Children) et un
orphelinat catholique à qui elle offrit
10 000$
(
,
), et sur le tournage du film « El
angel exterminador » de Luis Bunuel (
,
,
,
).
Le
scénariste mexicain, José Bolanos
envoya des fleurs à Pat Newcomb afin qu’elle lui arrange une entrevue avec
Marilyn.
Pat Newcomb y vit une belle opportunité de publicité pour Marilyn.
Celui-ci
deviendra le chevalier servant de Marilyn et l’accompagna aux quelques soirées
données en son honneur au cours de la tournée au Mexique (
,
,
,
,
,
).
De
Los Angeles, elle apprit qu’un Golden
Globe Awards allait lui être décerné en mars.
Marilyn
souhaitait s'y rendre avec son ami Sidney
Skolsky, mais Pat Newcomb, soucieuse de la publicité, lui conseilla d’y
aller avec José Bolanos.
Frederic
Vanderbilt Field passa quelques jours avec Marilyn, Eunice et Churchill
Murray ; il les conduisit au marché de Toluca où elle acheta des poteries
(
,
). Ils firent un séjour à
Taxco, une station de montagne où Bolanos les rejoignit.
Elle
visita aussi Cuernavaca, et Acapulco.
Le jeudi 22 février : elle fit une conférence de presse au Grand Ball Room du Continental Hilton Hotel de Mexico
A
cette occasion elle portait une robe verte de chez Pucci et une écharpe en mousseline
verte (
,
,
,
), vêtements qu’elle portera pour
son enterrement.
La
conférence de presse fut suivie d’un cocktail (
,
).
MARS :
Le samedi 3 mars : avec Eunice Murray, Pat
Newcomb et José Bolanos, Marilyn rentra à Los Angeles (
). Eunice Murray avait emballé
toutes les affaires de Marilyn qui, n’ayant plus de chaussures, emprunta les
chaussons d’Eunice pour voyager (
).
Marilyn
revit le Dr Greenson pour la première fois depuis un mois ; gaie à son
arrivée à la séance, elle en ressortit en larmes et déprimée.
Elle
ne retourna pas au Beverly
Hills Hotel où José Bolanos était descendu, mais elle resta chez les
Greenson, 902 Franklin Street, Brentwood, en attendant que sa maison soit
prête.
Elle
apprit que le film qu’elle devait tourner, « Something’s got to
give » était dans une situation précaire. Aucun scénariste n’avait pu
trouver une chute satisfaisante à l’histoire, ni résoudre la complexité des
sentiments des personnages.
La
Fox était au bord de la faillite avec le
tournage de « Cléopâtre », et que « « Something’s got to
give » soit terminé ou pas ne changeait rien au désastre. Qu’un incident
arrête le tournage, maladie ou décès, et les assurances dédommageraient la Fox.
Marilyn
avait donc de bonnes raisons d’être anxieuse : on attendait que
« Something’s got to give » soit supérieur à « Let's make love » et à
« The misfits » et Marilyn croyait à juste titre que la nouvelle
direction de la Fox la considérait comme un objet qu’on pouvait manipuler à
volonté.
Incidemment
Greenson n’appréciait pas la relation entre Marilyn et José Bolanos ;
ainsi elle se trouvait une nouvelle fois dépendante de son thérapeute, avec
l’interdiction de choisir ses amis et de gouverner sa vie comme elle
l’entendait.
Le dimanche 4 mars : elle reçut le Golden Globe Award (
), prix décerné par
la Hollywood Foreign Press Association pour « L’actrice préférée
dans le monde en 1961 ».
Elle
portait un long fourreau vert, avec un décolleté plongeant dans le dos.
Pat Newcomb était présente (
) et José Bolanos l’accompagna comme prévu à cette
soirée (
,
,
,
,
) qui eut lieu au Beverly Hilton Hotel.
Elle
eut du mal à gagner le podium et prononça son discours de remerciement d'une
voix pâteuse.
Judy
Garland (
,
,
) et Charlton Heston
(
) entre autres, assistèrent également
à cette soirée.
Devant
ce pitoyable spectacle lors d'un événement essentiel de l'industrie du cinéma,
certains la jugèrent finie.
Le lundi 5 mars : Marilyn avait rendez-vous
à la Fox. Après ce qui s'était passé aux Golden Globe, Peter Levathes, le directeur de
production, avait toutes les raisons de s'inquiéter. Aux yeux de Frank Ferguson
(l'avocat de la Fox), l'essentiel était que Marilyn se soit présentée disposée
et apte à travailler. Elle acceptait donc de tourner « Something's got to
give ».
Histoire
de s'en assurer, la Fox envoya chez elle les costumières qui prirent des mesures
afin que l'on fabrique un mannequin à sa taille et que l'on crée ses costumes.
Marilyn se montra très coopérative.
Compte
tenu des circonstances, le Dr Greenson dut revoir ses propres plans. Avant le
voyage de Marilyn à New York, il avait prévu de partir pour la Suisse avec sa
femme, dont la mère venait d'avoir une attaque. Le couple comptait en profiter
pour se promener un peu en Europe.
Au
retour, il s'arrêterait à New York pour voir son éditeur (il rédigeait un
ouvrage « Technique et pratique de la psychanalyse »).
Le mardi 6 mars : Greenson n'était plus sûr de
pouvoir s'absenter, même si sa femme, Hildi, devait impérativement partir. Il
n'était même pas certain de pouvoir la rejoindre un peu plus tard.
Depuis
son diagnostic sur la personnalité limite de Marilyn, il était parfaitement
conscient de sa peur d'être abandonnée.
Venant
après le mariage d'Arthur Miller, le départ de Greenson pouvait s'avérer
désastreux.
Marilyn
était toujours chez les Greenson quand Joe DiMaggio arriva à Los Angeles. Il
vint la voir pour l’aider à déménager. A son arrivée chez les Greenson,
DiMaggio apprit que Marilyn était dans une chambre à l’étage, et qu’on lui
avait administré des sédatifs après une crise émotionnelle.
Joe
la soustraya à cet environnement et la
ramena chez elle, à Doheny Drive.
Mais
elle apprit qu’un journal avait publié son adresse de Doheny Drive et décida
d’emménager à Helena Drive avant que les travaux de rénovation ne soient
terminés.
Les jeudi 8 et vendredi 9 mars :
Elle
emménagea, avec l’aide de DiMaggio, dans sa maison de Fifth Helena Drive. Joe
passa le week-end avec elle avant de repartir pour ses affaires.
Ralph Roberts, rappelé de New York
par Marilyn, l’aida dans les nombreuses tâches occasionnées par le
déménagement.
Son
caniche, Maf, dormait dans le pavillon
d’amis sur un vieux manteau en castor, qu’Arthur Miller avait offert à Marilyn.
Elle
allait faire ses courses au marché de Brentwood Mart, sur San Vicente Boulevard où elle avait un compte et portait ses
ordonnances à la pharmacie du coin, Vicente Pharmacy.
Depuis
le mois de janvier
à Doheny Drive, Marilyn avait une nouvelle secrétaire personnelle, une femme d’une
cinquantaine d’années, Cherie Redmond. Celle-ci s’installa à
Brentwood, et quand le tournage de « Something’s got to give »
commencera, se trouvera de service tous les jours à la Fox.
Cherie
Redmond voulut mettre à l’abri certains papiers personnels de Marilyn, ses
chéquiers, ses factures, mais s'aperçut qu'aucun placard de la maison du Fifth
Helena Drive ne fermait à clé.
Le dimanche 11 mars : le scénario de Nunnally Johnson
qu’elle avait appris par cœur, fut réécrit par George Cukor et Walter Bernstein (
) (l’écrivain sur la
liste noire, qu’Henry Weinstein, le producteur du film avait fait revenir de
Londres).
Celui-ci
avait été engagé pour améliorer le synopsis de « Something’s got to
give » qui n’en finissait pas, notamment pour relever les scènes sans
drôlerie et la platitude des dialogues.
A
cette époque, il y avait déjà eu six autres scénaristes engagés sur le film et Marilyn
avait accepté de tourner « Something's got to give » strictement sur
la base du scénario de Nunnally Johnson, demandant qu'on n'y ajoute quelques
répliques drôles et situations comiques.
A
ce moment-là, le coût de l’histoire et du
script seuls dépassait les 300 000$, six fois la somme prévue au
départ.
Cukor
et Bernstein persistèrent néanmoins et arrivèrent à une quarantaine de pages de
modifications, que Marilyn jugea inacceptables. Elle refusa donc de jouer le
rôle ainsi révisé.
Bien
que n'ayant pas de droit de regard sur le script, elle fit savoir à Peter
Levathes (le directeur de production de la Fox) , par l'intermédiaire de son
avocat Milton Rudin, qu'elle tournerait seulement la partie du scénario qui lui
plaisait. Le tournage n'avait pas encore commencé qu'elle était déjà en conflit
avec le studio.
Le vendredi 15 mars : Marilyn
contracta un virus qui la cloua au lit avec une forte fièvre.
En
plus de son travail d’attachée de presse, Pat Newcomb joua les infirmières, lui
prépara des boissons chaudes entre deux dossiers à rédiger, sans se préoccuper
de la jalousie ouvertement affichée d’Eunice Murray, pour quiconque empiétait
sur ce qu’elle considérait comme ses plates-bandes.
Eunice
Murray ne manquait pas de travail, comme elle en informa Greenson, qui ordonna
à Marilyn de doubler le salaire de la gouvernante pour le porter à 200$ par
semaine (calculé sur le salaire de sa secrétaire Cherie Redmond qui touchait
250$ par semaine).
Le samedi 24 mars :
Au
Fifth Helena Drive, l’arrivée d’eau avait été coupée par les plombiers qui
devaient effectuer des travaux. Marilyn annonça à Eunice Murray qu’elle allait
chez les Greenson pour se laver les cheveux, puis qu’elle partait en week-end.
A
midi, Peter Lawford vint la chercher et la conduisit à Palm Springs, chez
Bing Crosby, voisin de Frank Sinatra.
Palm Springs était une station
touristique située dans le désert, lieu d’escapade favori des grands pontes
d’Hollywood.
Durant
ce week-end où Marilyn aurait rencontré les frères Kennedy (
), et aurait accepté
d’assister au gala des démocrates prévu pour mai 1962 au Madison Square Garden,
et promit de participer à la célébration de l’anniversaire de John Kennedy.
Le dimanche 25 mars : Norman Rosten était à Hollywood
pour travailler sur un scénario et rendit visite à Marilyn, qui était de retour;
ensemble ils allèrent visiter une galerie d’art où Marilyn acheta une
statuette de Rodin pour 1000$.
Le lundi 26 mars : Rosten repartit à New York. Ce fut
la dernière fois qu’il vit Marilyn vivante.
Ravie
de son week-end, Marilyn était de fort bonne humeur et débordante d’énergie.
Ce
jour là elle rencontra à la Fox le producteur, le réalisateur et le scénariste
de « Something’s got to give ».
Le
tournage qui devait démarrer le lundi 9 avril fut repoussé au lundi 23 avril,
en grande partie à cause du problème du scénario.
« Something’s
got to give » était pensé comme un remake de « My favourite
wife », une comédie très populaire de 1940 avec Cary Grant, racontant l’histoire
d’une femme naufragée que l’on croyait morte et qui réapparaissait des années
plus tard pour découvrir que son mari s’était remarié.
Du
point de vue dramatique, le rôle était différent de ses précédents
personnages ; elle y incarnait une mère et une épouse. En terme de
carrière, le projet était d’importance ; ses deux films précédents,
« Let's make love » et « The misfits » n’avaient pas
rencontré le succès auquel elle était habituée, et elle souhaitait faire taire
les rumeurs qui disaient qu’elle était finie.
De
plus d’après le contrat qu’elle avait signé avec la Fox en 1956, elle devait encore deux
films au studio.
Le
Dr Greenson la persuada d’accepter le projet, pensant que le travail ne pouvait
que lui être bénéfique après les épreuves subies en 1961.
Le
réalisateur, George Cukor, était lui aussi en contrat avec la Fox et devait également
un film.
Pas
moins de sept scénaristes contribuèrent à ce que tout le monde considérait
comme un scénario ennuyeux. Mais tout le long du tournage, on ne cessa de
réécrire le script original : on y introduisit certaines suggestions de
Marilyn et toutes les pages furent modifiées du façon ou d’une autre (
,
).
AVRIL:
Pour
ses déplacements, comme elle ne possédait pas de voiture, elle louait une
limousine à la Carey Cadillac Company et c'était son chauffeur, Rudy
Kautzky, qui la véhiculait.
Ses
journées, jusqu’au début du tournage, ne variaient pas du lundi au
samedi : elle commençait par des soins du visage chez Madame Renna, sur
Sunset Boulevard, vers midi ; puis elle allait à une séance chez le Dr
Greenson, à son cabinet de Beverly Hills ; elle lisait ses répliques avec
Paula Strasberg, arrivée de New York et qui logeait au Bel Air Hotel.
Ensuite
elle allait chez le Dr Engelberg
ou chez le Dr Seigel (médecin de
la Fox) qui lui administraient des injections de « vitamines »
(mélange d’amphétamines), lui délivraient des ordonnances (contradictoires) et
par routine, lui donnaient de toute façon tout ce qu’elle réclamait.
Elle
faisait ensuite ses courses à Brentwood Mart, chez Don J.Briggs (
,
) sur San Vicente Boulevard ou
chez Jurgensen à Beverly Hills, et en fin d’après-midi, le chauffeur la
ramenait chez Greenson, à son domicile cette fois.
Le mardi 10 avril : essais des
costumes et des maquillages pour « Something’s got to give » à
la Fox (
,
,
,
,
,
,
). George Cukor ne fut pas
présent, ce qui irrita Marilyn.
Le
mercredi 11 avril,
Marilyn reçut une lettre de la
Maison Blanche(
), la remerciant pour sa future participation au gala
d’anniversaire de John Kennedy, prévu le 19 mai 1962 (
).
Le samedi 14 avril : elle dîna avec Rupert Allan.
Mi-avril : Eunice Murray emménagea chez Marilyn, et
s’installa dans la chambre d’amis.
Le lundi 16 avril : essais des robes pour
« Something’s got to give », chez elle.
Le mercredi 18 avril : elle dîna avec les Strasberg. Elle
obtint de Paula qu’elle revienne sur le tournage de « Something’s got to give » ;
pour 3000$ par semaine, Paula serait sa répétitrice pour la cinquième fois (
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
).
Le dimanche 22 avril :
Marilyn
se rendit à sa séance chez Greenson, puis alla à Hermosa Beach, au sud de Los
Angeles, où la coiffeuse Pearl
Porterfield, la prépara pour son premier jour de tournage, qui devait avoir
lieu le lendemain.
Le lundi 23 avril : début du tournage de
« Something’s got to give ».
Dean Martin fut absent car il
travaillait encore sur un autre film.
Marilyn
elle, était malade ; elle avait de la fièvre et des frissons.
Hildi
Greenson avait repoussé son départ pour l'Europe au 1er mai et le Dr
Greenson comptait la retrouver à Rome le 10 mai.
Il
avait aussi été invité à Jérusalem pour faire une conférence sur le transfert.
Il avait besoin de repos et de détente et souhaitait passer un peu de temps en
toute tranquillité avec la famille de sa femme.
Du mardi 24 au vendredi 27 avril : tournage des scènes de « Something's got to give » avec Dean Martin et Cyd Charisse
Le lundi 30 avril : malgré l’avis du Docteur Siegel,
médecin de la Fox, et de son médecin traitant, le Dr Hyman Engelberg, Marilyn
se rendit au studio où elle tourna jusqu’à 16 heures. Elle rentra chez elle
épuisée.
MAI:
Le mardi 1er mai: Hildi Greenson partit pour l'Europe. Bouleversée à l'idée que le Dr
Greenson allait être absent, Marilyn parvint difficilement à travailler.
Une demi-heure après son arrivée à la Fox, elle
s'effondra et on dut la reconduire chez elle (
).
Le Dr Engelberg lui signa un arrêt de travail pour
une sinusite infectieuse, diagnostic confirmé par le médecin de la Fox, le Dr
Seigel, qui appelle la direction de la Fox pour leur dire que Marilyn n’était
pas en état de travailler.
Le Dr Engelberg lui prescrivit des examens
complémentaires au Cedars
of Lebanon Hospital.
Lee
Siegel, le médecin de la Fox, rendit son rapport : « Elle présente
une fièvre à 38°5, elle a une respiration très encombrée et un grave foyer
d’infection secondaire dans la gorge. ».
Elle
dut rester alitée une semaine.
Chez elle, Marilyn continua à travailler le scénario
avec Paula Strasberg, tentant de faire face aux remaniements massifs qu’elle
recevait presque tous les jours.
Elle fut alitée du mardi 1er au vendredi 4 mai:
Malgré
l’autorisation des médecins, Cherie Redmond, sa secrétaire qui travaillait à
présent à la Fox pour le compte de
Marilyn, reçut l’ordre d’appeler chaque jour Eunice Murray pour prendre des
nouvelles de Marilyn.
Greenson
insistait toujours pour la voir deux fois par jour mais les barbituriques et
les tranquillisants qu’elle prenait pour atténuer son angoisse et sa dépression
la rendaient confuse, hébétée et somnolente. Lors des jours de congé de son
chauffeur, c’était Joan
Greenson, la fille de Greenson, qui la raccompagnait chez elle.
Sur
le tournage Cukor tourna les scènes où Marilyn n’apparaissait pas.
A
cette même période la super-production « Cléopâtre » se tournait en
Europe, engloutissant des millions de dollars et menaçant la Fox de faillite.
Le
studio était dans une situation financière périlleuse (long et lent déclin du
studio, énormes dépassements budgétaires de « Cléopâtre ») et les patrons de la
Fox firent pression sur Spyros
Skouras, qui abandonna le poste de président pour le poste, moins influent,
de président du conseil d’administration.
Sur
ordre du comité des financiers de la Fox basé à New York, Robert Goldstein (l’un des
nouveaux directeurs de la Fox) prit brièvement la relève en tant que directeur
de la production, mais fut rapidement remplacé par Peter Levathes.
Greenson
avait promis au studio que Marilyn serait chaque jour sur le plateau mais il
n’avait pas prévu qu’elle serait physiquement malade. Les dirigeants de la Fox
l’appelaient souvent pour lui rappeler ses engagements. A cette époque, comme
Marilyn ne pouvait se déplacer, c’était Greenson qui allait la voir chez elle.
Cette
même semaine, Marilyn rappela à Peter Levathes et Henry Weinstein (producteur du film) qu’elle avait reçu
l’autorisation d’assister au gala en l’honneur de John Kennedy, qui aurait lieu
à New York, le samedi
19 mai.
Elle
acheta la longue robe moulante en soie scintillante créée par le couturier Jean-Louis (
,
) pour la somme de 6 000$.
Le lundi 7 mai : à 7 heures du matin, Marilyn arriva
sur le plateau, mais une demi-heure plus tard, frissonnante et en sueurs, elle
s’effondra et fut renvoyée chez elle.
Cukor
et son assistant décidèrent alors de tourner les scènes du film qui se
passaient à Balboa Island.
Le jeudi 10 mai : le film acheva son quatorzième jour
de tournage (dont seulement un avec Marilyn) et était techniquement en retard
de quatre jours et demi. Grâce à l’ingéniosité d'Hollywood pour faire face aux
imprévus (accidents, maladies, mauvais temps, changement de scénario) des
solutions étaient toujours possibles ; c’est pourquoi en ce 10 mai
l’agenda de la Fox ne proposa qu’un jour de tournage supplémentaire pour
compenser le retard pris.
Le
Dr Greenson quitta Los Angeles pour un voyage de quatre semaines.
Il
laissa à Marilyn une ordonnance de
Dexamyl (une amphétamine combinée à un barbiturique à effet court, un stimulant
et un tranquillisant), au cas où elle en aurait besoin.
De
plus, il lui recommanda de ne plus faire participer Paula Strasberg à la
production de « Something’s got to give », trouvant qu’il pensait que
Paula profitait d’elle et de son argent.
Bien
que Paula parte faire un bref séjour à New York, Marilyn ne signifia son congé
ni à Paula, ni aux studios.
En
son absence, Greenson confia Marilyn au Docteur Milton Wexler, son confrère
psychanalyste, qui partageait le même cabinet que lui à Beverly Hills.
En
cette fin de troisième semaine de tournage, Marilyn n'avait pas travaillé plus
d'une journée.
Le vendredi 11 mai : Peter Levathes (directeur de production)
appela l'avocat de Marilyn, Milton Rudin, car il avait eu vent de l'intention de Marilyn de
se rendre à New York les jeudi et vendredi suivants, avant de se produire, le samedi 19 mai
au Madison Square Garden, lors d'un gala organisé par le parti démocrate.
L'évènement,
destiné à récolter des fonds pour rembourser les dettes de la campagne
présidentielle, était aussi l'occasion de fêter les quarante-six ans du
Président Kennedy.
Pour Peter Levathes, il n'était pas question que Marilyn y assiste. Ses absences avaient déjà beaucoup retardé le tournage
(
,
,
) et la Fox tenait à ce
qu'elle soit présente sur le plateau tous les jours de la semaine du 14 au 18 mai.
Week-end du 12 et 13 mai : Paula arriva chez Marilyn
avec sa sœur Bea Glass. Joe DiMaggio était là aussi pour le week-end. Il y eut
ainsi un cercle d’amis fidèles autour de Marilyn, enjouée malgré sa maladie.
Ralph
Roberts passa aussi la voir, avant de partir pour New York.
Le lundi 14 mai : Marilyn se sentit
mieux et reprit le chemin du studio. Elle arriva avec vingt minutes d'avance
pour la séance de maquillage prévue à 6 heures 30. Elle se montra empressée,
coopérative, pleine d'ardeur (
,
,
).
Ce
jour là, et pendant dix heures, elle montra une patience et une bonne humeur
remarquables pendant la cinquantaine de prises d’une scène avec Tippy, le
cocker de la famille (
,
).
Pendant
le tournage, ce fut son ami Whitey
Snyder qui la maquilla (
,
,
,
,
) et Agnes Flanagan qui
la coiffa (
,
,
,
,
).
Les mardi 15 et mercredi 16 mai : le tournage
se poursuivit avec une Marilyn toujours d’excellente humeur.
Elle
parlait avec excitation de son voyage à New York, dont le départ était prévu le
jeudi 17 mai.
Mais
George Cukor, le réalisateur, dit à Henry Weinstein, le producteur, que si
Marilyn s'absentait le jeudi après-midi et le vendredi, le tournage aurait six
jours de retard et nécessiterait de donner des explications aux nouveaux
dirigeants.
Le
bureau de la Fox à New York lui fit savoir qu’elle n’était pas autorisée à
participer à ce gala ; une lettre la menaçant de renvoi par rupture de
contrat fut adressée à Milton Rudin.
Cela
donnait une bonne excuse au studio et lui permettrait d’économiser plus de
trois millions de dollars en mettant au rencard un film n’ayant qu’une
demi-douzaine de décors et vingt acteurs, une comédie insipide condamnée dès
les premières séances de travail sur le scénario, un projet auquel ne croyait
ni le metteur en scène, ni la star. Avec une raison convaincante (une maladie
de le vedette par exemple), on parviendrait peut-être à persuader les
assurances de la Fox de rembourser l’argent dépensé. On pourrait au moins
mettre le film temporairement de côté, modifier le scénario, peut-être la
distribution, et le recommencer plus tard.
Henry
Weinstein avait donné son accord au départ de Marilyn pour New York avant les
multiples retards de tournage.
Néanmoins,
sur le journal du tournage, il était bien écrit que le tournage devait
s’interrompre le 17 mai à 11 heures 30. Il eût été impensable que la Fox
s’oppose à la présence de la plus grande star d’Hollywood à un gala où le
Président en personne l’avait invitée.
Le jeudi 17 mai : à 11 heures 30, Marilyn, comme
convenu, terminait les scènes de tournage.
Peter
Lawford et Milton Ebbins (ami de Sinatra et vice-président de la compagnie de
production de Lawford), arrivèrent avec un hélicoptère emprunté à Howard Hughes par Peter Lawford.
Pat
Newcomb l’accompagna.
L’hélicoptère
les déposa à l’aéroport international de Los
Angeles d’où elles s’envolèrent
pour New York. Marilyn s’installa dans son appartement du 444 East 57th Street :
,
,
,
). .
Les
avocats de la Fox rédigèrent un avis de rupture de contrat, l’envoyèrent à la
MCA et à Milton Rudin, en accusant Marilyn d’absentéisme et en la mettant
sévèrement en garde contre les terribles conséquences qui suivraient.
Le vendredi 18 mai : elle reçut une copie de l’avis de
rupture de contrat; elle savait que dès lors, elle risquait d’être renvoyée.
Elle
effectua les répétitions de la soirée de gala au Madison Square Garden, accompagnée par Pat Newcomb,
avec le compositeur et producteur Richard Adler, qui mettait en scène la soirée :
Le samedi 19 mai :
Le
Madison Square Garden était bondé de plus de 15 000 personnes qui avaient
payé de 10 à 1 000$ l’entrée pour un gala d’anniversaire géant
(
)(l'anniversaire de John Kennedy était en fait le 29 mai), destiné à combler le
déficit du Comité national démocrate à la suite de la campagne présidentielle
de 1960.
La
soirée était animée par Jack Benny
(
).
Marilyn
fut en retard (
,
,
,
,
,
) et il fallut alors
improviser un intermède musical.
Ce
fut Peter Lawford qui annonça son entrée sur scène (
).
Elle
apparut enfin, irradiant dans sa robe scintillante, plutôt éméchée et chanta
« Happy birthday Mr President » (
,
,
,
,
,
) devant les 15 000 démocrates
et toute une brochette de stars (Ella Fitzgerald, Jimmy Durante (
),Peggy Lee, Henry Fonda,
Maria Callas (
,
,
), Harry Belafonte (
), Mike Nichols et Elaine
May…).
Le
président Kennedy était seul, Jackie étant restée en Virginie pour une
randonnée à cheval.
Robert Kennedy et sa femme
Ethel étaient présents :
.
Marilyn
termina son numéro par quelques vers chantés sur l’air de « Thanks for the
memories ».
Elle
assista à la soirée qui suivit le gala, donnée chez Arthur Krim (président de
United Artists) et sa femme Mathilde, dans l’East Side (
,
,
). Elle était accompagnée de
son ex-beau-père, Isadore Miller (
,
,
,
) (au départ , elle avait
demandé à la photographe Eve Arnold
de l’accompagner, mais celle-ci étant indisponible, Marilyn sollicita le père
d’Arthur Miller qu’elle aimait beaucoup).
Son
principal souci ce soir là, fut qu’Isadore Miller, perdu dans la foule des
invités, ait une chaise et quelque chose à manger. Elle ne l’abandonna pas
parmi des inconnus pour aller bavarder ou quêter des compliments de groupe en
groupe.
Milton
Ebbins la raccompagna chez elle vers deux heures du matin.
Le dimanche 20 mai : Marilyn rentra à Los Angeles.
Le lundi 21 mai : elle se présenta à 6 heures 15 du
matin sur le plateau de « Something’s got to give », soutenue par les
amphétamines. Elle travailla pendant huit heures consécutives, mais elle eut un
accueil plutôt frais du producteur, du metteur en scène et de l’équipe (
,
,
).
Elle
était lucide et fondée dans ses soupçons envers son équipe et toute la
direction de la Fox : l’incompétence ahurissante de la Fox pendant les
dernières semaines de tournage, son inefficacité prétentieuse sur le plateau et
à l’extérieur laissaient en effet à penser que l’objectif était bien de la
renvoyer et d’abandonner le film.
Ce
jour là, elle tourna les scènes avec les enfants (
,
,
,
,
,
,
), car Dean Martin avait
attrapé un rhume (il ne tournera pas les mardi, mercredi et jeudi, et restera
alité jusqu’au jeudi inclus).
Le mardi 22 mai :
Elle
tourna toute la matinée avec les enfants, termina les plans moyens et les gros
plans de leur conversation au bord de la piscine.
Son
attaché de presse Pat Newcomb appela le photographe Lawrence Schiller et lui
conseilla de passer au studio le lendemain, où devait se tourner la scène de la
piscine.
Marilyn
avait accepté la séance photos, à condition qu'elle donne son approbation sur
les photos publiées.
Un
autre photographe, Don Ornitz, de
Globe Photos, devait lui aussi venir prendre Marilyn en photo, mais étant
malade, la Fox le remplaça par l'un des photographes du studio, Jimmy Mitchell.
Le mercredi 23 mai :
De
neuf heures du matin jusqu’à seize heures (avec une pause de vingt minutes pour
déjeuner), Marilyn resta dans la piscine, nageant, pataugeant, agitant les
bras, tandis qu’on la prenait en gros plan, en plan moyen et plan d’ensemble.
Elle devait se baigner nue, illusion parfaitement obtenue grâce au bikini de
couleur chair qu’elle portait. Mais à l’écran, la bretelle du bikini était
nettement visible pour la caméra Technicolor.
De
son propre gré, elle ôta alors son maillot de bain couleur chair et posa nue
pour les photographes pendant près d’une heure.
Le
photographe Lawrence Schiller (
,
,
,
,
,
,
,
,
,
) savait parfaitement ce
qu’il avait dans les mains et persuada l’autre photographe, Jimmy Mitchell, de
se défaire des négatifs pour la somme de 10 000$. Ainsi avec son collègue Billy Woodfield, ils
eurent l’exclusivité des derniers nus de Marilyn.
C'était
la première fois qu'une star du cinéma posait nue pour des photos.
Le jeudi 24 mai : Dean Martin était toujours absent pour maladie, et Cukor tourna les scènes avec Cyd Charisse
(
). Le tournage n’avait alors
que neuf jours de retard.
Le vendredi 25 mai : Marilyn, malgré
une légère fièvre et une oreille droite qui suppurait (due à la scène de la
piscine), travailla sans se plaindre.
Ce
même jour, Marilyn choisit les photos à publier avec Lawrence Schiller. Les
photos prises firent la couverture de 72 magazines dans 32 pays, et furent
vendues pour 150 000$ (beaucoup plus que ce que Marilyn fut payée pour le
film).
Le samedi 26 et dimanche 27 mai :
Marilyn
passa le week-end seule et ne sortit que la samedi pour acheter à manger avec
Pat Newcomb.
Le dimanche : l’infection de son oreille avait
empiré avec une fièvre à 38°8.
Le
Dr Milton Wexler, lui fit une injection de pénicilline.
Le lundi 28 mai : George Cukor avait prévu une scène
avec Marilyn, Dean Martin, Cyd Charisse, Tom Tyron et Wally Cox, mais ce matin-là, Marilyn
n’allait toujours pas mieux et ne se présenta pas sur le plateau.
Cukor
n'avait plus de scènes à tourner sans elle et la production perdit une journée
de tournage.
Nuit du 28 au 29 : nouvelle visite du Dr Milton Wexler.
Le mardi 29 mai : Marilyn se présenta, avec une
volonté farouche sur le tournage.
Elle
travailla avec Dean Martin pendant six heures.
Le mercredi 30 mai : pas de tournage ce jour là car
c'était le Memorial Day, fête nationale à la mémoire des soldats morts pour la
patrie.
Le jeudi 31 mai : Marilyn tourna pour la première
fois avec l’acteur Wally Cox (
), qui avait le rôle du
vendeur de chaussures. Elle tourna trente-huit prises de quatre plans, soit
deux pages et demi du scénario. Elle joua la scène où elle essayait des
chaussures (
,
,
).
JUIN:
Le vendredi 1er juin : Marilyn
fêta son trente-sixième anniversaire au studio.
Elle
commença tôt ce jour-là et tourna la scène avec Wally Cox et Dean Martin (
,
,
).
Pat
Newcomb arriva au studio dans l’après-midi avec du Dom Pérignon, le champagne
préféré de Marilyn (
). Dean
Martin avait lui aussi apporté du champagne.
Evelyn Moriarty, la doublure de
Marilyn (
,
), avait collecté auprès de
l’équipe 50 $ pour le gâteau, acheté chez Humphrey’s Bakery du Farmer’s Market
d’Hollywood ; finalement l’un des responsables du studio proposa de
prendre en charge la dépense et Evelyn Moriarty remboursa l’argent qu’elle
avait rassemblé.
Toute
l’équipe était là pour fêter son anniversaire
(
)y compris Henry Weinstein et Eunice Murray
(
). Le photographe George Barris était également
présent (
) (
,
,
,
,
,
).
George
Cukor lui offrit des figurines (un cygne et un taureau) de style mexicain (
,
).
Marilyn
était ravie de cette fête impromptue, qui se termina vers 18 heures 30.
Elle
quitta la Fox en compagnie de l’acteur Wally Cox (
,
,
,
).
Ce
soir là, elle assista, avec le costume qu’elle portait dans la journée (un tailleur
de soie beige avec toque en fourrure assortie), à une soirée au Chavez Ravin
Dodger Stadium de Los Angeles, pour un match de base-ball donné au profit de la
dystrophie musculaire (
,
,
,
,
); elle lança la première
balle.
Mais
elle prit froid, et de retour chez elle, vers 22 heures, se plaignit de
céphalées ; elle souffrait à nouveau d’une sinusite.
Elle
apprit ce jour là qu’elle était sur le point d'être renvoyée du tournage et que
la production s’arrêterait à la fin de la semaine suivante.
Incapable
de maîtriser ses sanglots, Marilyn appela les enfants de Greenson, Danny et
Joan, à qui leur père avait laissé comme instruction de répondre à sa demande
si elle appelait. Inquiets, ils se précipitèrent chez elle et la trouvèrent
dans un état dépressif, étourdie, désorientée.
Ils
appelèrent le remplaçant de leur père, le Dr Milton Wexler qui lui confisqua
tous ses flacons de médicaments.
Le week-end du 2 et 3 juin : Marilyn, calmée mais livide
de rage, ne se considérait plus tenue de travailler dans une situation dont
elle se sentait complètement déconnectée.
Eunice
Murray tenta de joindre le Dr Greenson en Suisse, mais celui-ci n’était pas
encore arrivé d’Israël.
Paula
Strasberg, de retour à Los Angeles et logeant au Château Marmont Hotel,
appela la Fox et prévint que Marilyn ne se présentera pas aux studios avant
d’avoir discuté avec ses avocats.
Marilyn
téléphona à ses amis Lee Strasberg, Norman et Hedda Rosten, Ralph Roberts, Pat
Newcomb, Allan Snyder et Agnes Flanagan pour leur dire dans quel état d’affliction
elle se trouvait.
Eunice
Murray appela le producteur Henry Weinstein pour l'informer du nouvel accès de sinusite
dont souffrait Marilyn, et qu’elle n’était donc pas en état de travailler.
Le lundi 4 juin : à huit heures le médecin de la Fox,
le Docteur Lee Siegel se rendit à Brentwood et constata l’état de
Marilyn : il signala au studio qu’elle avait plus de 38° de fièvre. Il
recommanda à Marilyn de rester chez elle.
Ce
jour là eut lieu le dernier jour de tournage de « Something’s got to
give », bien qu’on ne mît officiellement fin au tournage qu’une semaine
après.
La
Fox annonça que si Marilyn ne se présentait pas le mardi 5 juin, le studio serait
face à une alternative : soit lui trouver une remplaçante, soit arrêter le
film. Kim Novak, Shirley MacLaine, Doris Day et Lee Remick étaient sur les
rangs.
Ce
lundi, en fin d'après-midi, Philippe Feldman (vice-président exécutif)
rencontra Milton Rudin.
Celui-ci
lui expliqua que Marilyn était épuisée et qu'il n'avait pu la décider à
reprendre le travail.
Le mardi 5 juin : la Fox avertit Milton Rudin qu’elle
était prête à poursuivre Marilyn pour rupture de contrat. Rudin leur signifia
qu’il comprenait la position de la compagnie, et qu’à la demande de Marilyn, il
avait appelé le Dr Greenson en Suisse pour qu’il rentre au plus vite.
Le mercredi 6 juin :
Dans
la soirée, Greenson rentra seul à Los Angeles (sa femme
était restée en Suisse)
et se rendit directement chez Marilyn ; il passa deux heures avec
elle et,
après en avoir référé au Docteur Engelberg,
décida qu’elle était en état tant
physiquement que psychologiquement de continuer le tournage.
Le jeudi 7 juin : le Dr Greenson revint voir Marilyn
chez elle.
Il
l’emmena chez le Dr Michael
Gurdin, un éminent chirurgien esthétique de Beverly Hills.
Elle
arriva avec des hématomes sur le visage. Greenson expliqua qu’elle avait glissé
dans sa douche et était tombée, manifestement sous l’emprise de sédatifs. Ce
qui préoccupait Greenson (puisque c’est lui qui parlait) c’était que Marilyn
était en train de tourner un film et qu’il craignait qu’elle n’ait le nez cassé,
mais le Dr Gurdin ne diagnostiqua pas de fracture.
Greenson
appela ensuite Milton Rudin (qui se trouvait au lac Tahoe) ; celui-ci
demanda à son associé, Martin Gang de prévenir Phil Feldman (dirigeant de la
Fox) que Greenson, rentré de vacances, s’occupait désormais des relations de
Marilyn avec le Studio. Puisque Marilyn avait accusé Rudin d’être du côté de la
Fox et que Greenson était le membre médical de l’équipe qui prenait les
décisions, il lui appartiendrait donc de déterminer si Marilyn était en état de
reprendre de tournage, ce qui, selon lui, serait réalisable pour le lundi 11 juin.
Greenson
appela ensuite Eunice Murray, lui demandant de ne rien dire à la presse, ni à
quiconque du bureau de relations publiques d’Arthur Jacobs, de New York ou des
studios. Il ajouta que la blessure au visage de Marilyn était sans gravité.
Aucune information ne fut communiquée à Henry Weinstein, le producteur du film.
Le vendredi 8 juin :
Réunion
à midi à la Fox avec le Docteur Greenson, Milton Rudin, Phil Feldman (dirigeant
de la Fox), Frank Ferguson (avocat de la Fox) et Milton Gould (dirigeant de la
Fox).
Les
pertes du studio s'élevaient à 9 000$ par journée d'absence de Marilyn. Feldman
voulait s'assurer qu'elle se présenterait régulièrement au studio à dater du
lundi.
Greenson
fit valoir que sa patiente avait affronté deux problèmes : un virus
qu’elle avait attrapé à New York et l’absence de son psychanalyste.
Il
ajouta qu’il pouvait aussi bien se passer de Pat Newcomb comme agent
publicitaire que de Paula Strasberg comme coach. Il ajouta également qu’il
avait déjà sorti Marilyn d’une crise pendant le tournage des
« Misfits » et qu’il était capable de le refaire.
Il
se déclara prêt à assumer la responsabilité de tous les aspects artistiques du
film : choisir les nouveaux metteur en scène et opérateur, décider quelles
scènes Marilyn tournerait ou non, et quelles prises on garderait.
Il plaida pour Marilyn, déclarant qu’elle était
prête et désireuse de travailler.
Des décisions furent prises :
- Marilyn
perdait le peu d’initiative créatrice qu’elle avait
- Elle
devait arriver à l’heure sur le tournage
- Elle
devait respecter le temps de pause pour le déjeuner
- Paula
Strasberg n’était plus autorisée à être présente.
La
réunion se termina dans l’après-midi, sans que le Dr Greenson n'ait réussi à
convaincre la Fox.
En
fait depuis le mardi
5 juin, la décision de son renvoi de la Fox avait déjà été prise à
New York, par Samuel Rosenman
(président du conseil d’administration de la
Fox à New York).
En
rentrant à son bureau, un peu avant 16 heures, Milton Rudin trouva un message
de la Fox : les studios estimaient que Marilyn avait rompu son contrat et
étaient prêts à user de toutes les dispositions juridiques possibles.
Le jeudi 7 juin, quelques instants avant que le tribunal du
comté de Los Angeles ne ferme, la Fox avait intentée une action contre les Marilyn Monroe
Productions et son employée Marilyn Monroe, en vue d’obtenir un
dédommagement de 500 000$.
La
Fox était à cette période dans une situation financière précaire :
De
plus, le cinéma subissait la concurrence de la télévision, puisque de nombreux
foyers américains possédaient un poste de télé.
Peter
Levathes, soumis à une intense pression, abandonna « Something’s got to
give » et renvoya Marilyn, lui reprochant son manque d’assiduité sur le
plateau (elle n’avait tourné que douze jours sur trente-trois).
Greenson
ayant apprit le licenciement de Marilyn, alla chez elle et resta une heure à
Helena Drive. Elle était dans un état de tension extrême.
Greenson
lui administra un calmant en intraveineux. Whitey Snyder passa la voir après la
visite de Greenson, et la trouva anéantie ; elle n’avait jamais encore été
renvoyée.
La
Fox avait fixé son choix sur Lee Remick, comme remplaçante de Marilyn, celle-ci
pouvant porter les mêmes costumes sans y faire de retouches.
Mais
une clause du contrat de Dean Martin, la vedette masculine du film, stipulait
qu’il pouvait choisir sa partenaire ; il refusa donc de travailler avec
quiconque autre que Marilyn (
).
Marilyn
et Dean Martin eurent aussi pour la suite des projets communs : une
comédie « I love Louisa » et un film policier, sans titre définitif,
dans lequel devait apparaître toute la bande du Rat Pack (
).
Marilyn
appela Spyros Skouras, hospitalisé à New York ; ayant seulement un poste
honorifique à la Fox, il était sur le point de démissionner et ne pouvait rien
pour elle. Les nouveaux dirigeants de la Fox s'appelaient Milton Gould, John
Loeb et Samuel Rosenman.
Le samedi 9 juin : la journaliste Sheila Graham publia dans sa
chronique l’information du renvoi de Marilyn (information qu’elle avait obtenu
d’Henry Weinstein le 7 juin au soir) dans le Citizen News.
La
Fox se manifesta officiellement par un communiqué de presse, rédigé par Peter
Levathes : « Marilyn Monroe ne fait plus partie du générique de « Something's
got to give ». Cette décision a été rendue nécessaire par ses ruptures de
contrat délibérées. A de nombreuses reprises, elle ne s'est pas présentée sur
le plateau et n'a pu fournir aucune justification à ses absences, qui ont coûté
cher au studio. En conséquence, la Twentieth Century Fox va porter l'affaire
devant les tribunaux. ».
La
Fox lui réclamait 750 000 $.
Le lundi 11 juin :
Zanuck
signa en secret un pacte avec Skouras (celui-ci détenait 100 000 actions et
Zanuck 280 000) pour renverser la direction de la Fox.
Il
promit donc à Marilyn ce jour-là que, de retour à la tête de la Fox, elle
reprendrait son film et en serait toujours la vedette.
La
Fox, qui avait injecté plus de deux millions de $ dans « Something's got
to give » suspendit officiellement la production.
Le mercredi 13 juin :
Elle
écrivit un télégramme par
Western Union à Robert et Ethel Kennedy, qui l’avaient invité à une réception
donnée dans leur maison de Virginie en l’honneur de Pat et Peter Lawford (
).
Le
gendre d’Eunice Murray, Norman Jefferies travailla dans le pavillon d’amis du
Fifth Helena Drive, en vue d'une visite prochaine du poète Carl Sandburg.
Le jeudi 14 juin : Marilyn revit le Dr Gurdin, qui
confirma l'amélioration de ses lésions.
Mi-juin :
Darryl
Zanuck arriva de New York pour rencontrer son avocat, Arnold Grant. Il acheta
en sous main les actions de la Fox en vue de reprendre les rênes de la
direction.
Le mardi 19 juin : la Fox poursuivit sa série
d’actions en justice en réclamant à Dean Martin (dont la compagnie, Claude
Productions, co-produisait le film) 3 339 000$, soit la somme
qu'avait coûté le tournage.
Entre
temps, Peter Levathes s’était rendu compte qu’en abandonnant « Something’s
got to give », en perdant Marilyn et Dean Martin, la Fox perdait aussi
l’extraordinaire publicité des photos de la scène de la piscine. Quant à
l’aspect financier, l’engagement de Lee Remick ne s’était pas fait à peu de
frais puisque son cachet s’élevait à 80 000$ et que quinze jours de
tournage passeraient par profits et pertes.
On
rouvrit donc les discussions pour une éventuelle reprises du tournage avant
même la fin du mois de juin et on entama des négociations pour revoir
entièrement le scénario. On multiplia les réunions et les appels téléphoniques
pour voir comment ramener Marilyn et Dean Martin sur le tournage en octobre,
après que celui-ci ait terminé une tournée dans des cabarets.
Marilyn
elle, n’était pas restée inactive, car elle avait aussi des discussions pour
d’autres films. En outre, après les démêlés avec la Fox, l’annonce de la
reprise des négociations, tous les magazines des Etats-Unis réclamèrent une
interview et des photos.
Le
soir du 19 juin, Marilyn invita Dan et Joan Greenson pour fêter l’anniversaire
de Joan, lors d’un dîner décontracté au Fifth Helena Drive.
Le mercredi 20 juin : Joe DiMaggio arriva de
Londres ; il avait entendu parler des problèmes de Marilyn avec la Fox. Il
avait toujours espoir de renouer avec Marilyn, mais ils se disputèrent à
nouveau, à propos de la carrière de Marilyn.
Il
était urgent que Marilyn démente les rumeurs selon lesquelles elle avait fait
une grave dépression. Si elle voulait sauver sa carrière, elle devait sans
attendre montrer son image au public et faire la une des magazines nationaux
afin de montrer que toutes ces affirmations étaient sans fondement.
Sans
compter que les photos qui paraîtraient dans Vogue, Life et Cosmopolitan,
persuaderaient peut-être la Fox de la reprendre. Elle n'avait aucune envie de
tourner ce film, mais elle ne souhaitait pas non plus être poursuivie en
justice.
Le vendredi 22 juin : ce fut le magazine Life qui tira
la première salve. Le magazine publia en couverture (
) l'une des photos
prises sur le tournage, présentée, pour appâter le lecteur, comme étant
extraite de la scène de la piscine qu'on ne verrait jamais.
Le samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 juin :
Début
d’une série de cinq séances de photos pour Vogue avec le photographe Bert Stern, dans la suite 261 puis
au bungalow 96 du es séances eurent lieu jusqu’au 12 juillet
;
,
;
,
,
;
,
;
,
,
;
,
;
).
Marilyn
arriva avec cinq heures de retard.
Ce
fut Allan Snyder qui la maquilla et Kenneth Battelle (photos) qui la coiffa pour les séances photo (
,
,
).
Plus
tard, Bert Stern lui montrera les épreuves et Marilyn en barrera certaines
qu’elle ne voulait pas voir publiées (
,
,
,
,
,
).
Le
mardi 26 juin,
elle se fit coiffer par Agnes Flanagan (
) et maquiller par
Whitey Snyder (
), en
vue d’un dîner chez les Lawford.
Le mercredi 27 juin : au siège
new-yorkais de la Fox, Spyros Skouras fit face aux onze membres du conseil
d'administration. Peter Levathes et Charlie Einfeld (vice-président en charge
du marketing et de la publicité) étaient présents. Skouras dut répondre de la
crise financière que traversait le studio, des pertes d'exploitation, qui
approchaient des 35 millions de $ au cours des deux dernières années écoulées et
des excès de stars comme Elizabeth Taylor et Marilyn. Il devait également
répondre de « Cléopâtre », le film le plus cher de toute l'histoire
du cinéma, des 2 millions de $ que coûtait l'annulation de « Something's
got to give » et de son propre penchant pour les voyages dispendieux à
l'étranger et autres bonus.
La
réunion tumultueuse ne s'acheva pas avant 19 heures passées.
Lors
d'une interruption de séance, Charlie Einfeld annonça que Spyros Skouras n'occupait
plus le poste de président du conseil d'administration.
Histoire
de sauver la face, Skouras prétendit s'être retiré pour raisons de santé (il
avait été opéré de la prostate le 19 mai 1962).
Sa
démission prendrait effet le 30 septembre, ou plus tôt si l'on trouvait
rapidement son successeur.
C'était
la fin de la grande époque du studio. La Fox s'était laissé dépasser. Alors que
les autres majors s'étaient concentrés sur la distribution de films produits
ailleurs, elle s'était obstinée à vouloir produire la plupart des siens.
Marilyn
fut invitée chez les Lawford, pour un dîner en l’honneur de Robert Kennedy.
Celui-ci
arrivait de Boulder, Colorado, où il s'était adressé aux directeurs de prisons,
avant de venir à Los Angeles.
Les
Lawford et Robert Kennedy passèrent chez elle tôt dans la soirée; elle les
avait conviés à venir visiter sa maison. De là, ils allèrent dîner chez les
Lawford et dans la soirée, ce fut le chauffeur de Robert Kennedy qui ramena
Marilyn chez elle.
Le jeudi 28 juin :
Depuis
Paris où il terminait son film « Le jour le plus long », Darryl
Zanuck jeta un pavé dans la mare : « Le conseil d'administration se
compose majoritairement d'industriels de haut niveau, parfaitement compétents
dans leur domaine, mais hélas, totalement dépourvus pour la plupart
d'expérience pratique de l'industrie cinématographique. Ils n'ont qu'un nombre
négligeable de parts. En revanche, je possède à moi seul plus de parts que
l'ensemble de ces membres. Il y a trop longtemps que je n'ai pas fait entendre
ma voix. Aujourd'hui, en tant qu'actionnaire privé majoritaire, je compte bien
m'exprimer sur tous les sujets d'importance ».
Marilyn
eut rendez-vous à la Fox avec Peter Levathes, pour discuter des conditions de
sa reprise du travail sur le tournage. Pour ce rendez-vous, Agnes Flanagan vint
la coiffer et Whitey Snyder la maquiller.
Le
numéro du magazine Life du 22 juin
avait suscité un grand mouvement de curiosité publique, et il était maintenant
de l'intérêt du studio, comme de celui de Marilyn, de mener « Something's
got to give » à son terme.
Mais
la Fox avait également besoin de vérifier que Marilyn acceptait ses « conditions ».
Parmi
ses nombreuses revendications, la Fox exigeait notamment que Marilyn n'ait plus
son mot à dire sur le choix du metteur en scène, du caméraman et des autres
têtes d'affiche. Elle devrait par ailleurs, renoncer à consulter le scénario, à
exiger des prises supplémentaires, à visionner les rushes, à se faire
accompagner sur le plateau par sa répétitrice ou tout autre assistant sans la
permission de la direction.
La
Fox espérait revenir sur toutes les concessions majeures pour lesquelles
Marilyn s'était battue lors de la signature de son contrat le 31 décembre
1955. Elle demandait à la star d'abandonner tout contrôle. Pire,
Marilyn devait faite des excuses publiques.
Le
studio accepta de lever les poursuites engagées contre les Marilyn Monroe
Productions, de renégocier son contrat pour un million de dollars, avec un
bonus si le film était achevé à la date prévue, une nouvelle comédie musicale
« What a way to go » produite par Arthur Jacobs, avec 500
000$ en plus pour Marilyn. La Fox accepta même de reprendre le scénario initial
de Nunnally Johnson et de remplacer Cukor par Jean Negulesco, avec qui elle
avait tourné « How
to marry a millionnaire? » en 1953.
Spyros
Skouras se rapprocha de Darryl Zanuck : avec les 98 000 actions qu'il
possédait, il était un allié de poids.
Zanuck,
pour sa part, en détenait 110 000.
Du mercredi 20 juin au dimanche 15 juillet Marilyn fit une
contre-offensive tous azimuts dans la presse, accordant de nombreuses
interviews et de nombreuses séries de photos dans Vogue, Life, Redbook et Cosmopolitan.
Elle
fit venir Pat Newcomb et lui dicta des télégrammes adressés aux acteurs et aux
techniciens de « Something’s got to give », en déplorant la décision
de la Fox de mettre fin au tournage.
Du vendredi 29 juin au dimanche 1er juillet, Marilyn fit une
séance de photos avec le photographe George Barris, sur la plage de Santa
Monica (
,
,
,
,
,
) et dans la maison de
Tim Leimert (
)à North
Hollywood Hills (
,
) pour le magazine Cosmopolitan.
Sa
coiffeuse Agnes Flanagan (
,
,
,
,
,
), son maquilleur Allan
Snyder (
,
) et son attachée de
presse Pat Newcomb
(
,
) étaient présents
lors de la séance photo.
Le mercredi 4 juillet :
Peter
Lawford organisa un barbecue pour la fête de l’indépendance des Etats-Unis.
Marilyn
et Robert Kennedy y assistèrent. Ce dernier devait se rendre dans le Nevada où
il devait rencontrer Maxwell Taylor (président des chefs d’état major) et
assister au premier essai de la bombe hydrogène sur le continent américain.
Le mercredi 4 juillet: Marilyn accorda ce qui sera sa dernière
interview au magazine Life, dans une série de conversations dirigées par
Richard Meryman et qui
eurent lieu à Helena Drive. La rencontre dura 6 heures.
Au
départ Marilyn ne souhaitait pas que des photos soient prises : elle ne
voulait pas que les gens voient l’endroit où elle vivait. Elle accepta
néanmoins et les photos furent prises par le photographe Allan Grant (
,
,
,
,
).
A cette occasion, Agnes Flanagan et Whitey Snyder s'occupèrent de son look.
Dimanche, 8 Juillet : DiMaggio lui rendit visite.
Au cours de ses visites, ils partagèrent des dîners simples, assis sur le sol de
la salle à manger (la livraison des meubles mexicains avait été
retardée) ; ils louèrent des vélos au marchand de cycles Hans Ohrt de
Brentwood (
) et descendirent
sur le San Vicente Boulevard en direction de l’océan ; ils firent aussi
des courses ensemble.
Il
l’accompagna lorsqu'elle s’acheta une nouvelle garde-robe complète à Beverly
Hills, chez Saks Fifth Avenue et chez
Jax : des pulls en cachemire,
des blouses, deux robes du soir et des chaussures à talons hauts (
).
Le lundi 9 juillet :
Dernière
séance photo avec le photographe Allan Grant, pour accompagner sa dernière
interview, réalisée par Richard Meryman pour Life , qui sortira le 3 août.
Meryman
lui apporta une transcription de leurs entretiens.
Cette
interview était un démenti soigneusement préparé face à ceux qui
décrivaient sa carrière comme étant compromise.
Le jeudi 12 juillet, Marilyn eut
rendez-vous à la Fox ; elle fut coiffée par Agnes Flanagan et maquillée
par Whitey Snyder pour ce rendez-vous.
Le vendredi 13 juillet : ce matin là,
Marilyn appela Elisabeth Courtney, l’assistante du couturier Jean-Louis, qui
devait passer chez elle pour les
derniers essayages d’une nouvelle robe du soir qu’il avait créée pour elle,
pour la soirée du 6 septembre à laquelle elle devait assister à
Washington.
L’après-midi,
elle se rendit à sa séance chez le Dr
Greenson, puis rentra chez elle, et passa de nombreux coups de fil, appelant
notamment un fleuriste, son marchand de vin local et un traiteur.
Mi-juillet :
Marilyn
rencontra aussi Sidney Skolsky, qu’elle n’avait pas vu depuis un an, pour un
projet qui leur tenait à cœur depuis longtemps, un film sur la vie de Jean Harlow, « The Jean Harlow
story » et dont il serait le producteur et Marilyn la vedette.
Mais
ils devaient d’abord s’assurer de la coopération de la mère de Jean Harlow.
Le dimanche 15 juillet : Sidney Skolsky et Marilyn se
rendirent à Indio, petite ville au sud est de Palm Springs.
La
vieille dame excentrique et charmante vivait entourée de reliques photos et
souvenirs de sa chère « baby Jean ».
L’accord
de « Mama » Jean Bello ne se fit pas attendre.
Tous
trois convinrent de se revoir le dimanche 5 août à 16 heures, pour travailler
ensemble sur le projet.
Après
avoir pris le thé ensemble, Skolsky et Marilyn rentrèrent à Los Angeles.
La
Fox comptait reprendre le tournage de « Something’s got to give » la troisième
semaine de juillet. Milton Rudin garda le contrat de Marilyn avec la
Fox non signé sous le coude, Marilyn attendant le coup d’éclat de Zanuck qui
devait lancer sa grande offensive lors d’une réunion le mercredi 25 juillet.
De début juillet jusqu’au 4 août, les comptes
indiquent que Marilyn vit le Docteur Greenson vingt-sept fois en trente-cinq
jours, et treize fois le Docteur
Engelberg (
). Les dossiers montrent qu’elle reçut des injections au cours de
ces visites.
Elle
fut de nouveau opérée de l’endomètre au Cedars of Lebanon Hospital de Los
Angeles, par le Dr Leon Krohn,
pour soulager son endométrite chronique.
Le mercredi 25 juillet :
Zanuck
sortit victorieux de la réunion avec la direction de la Fox : il devint
président de la Fox et Spyros Skouras remplaça Samuel Rosenman, démissionnaire
du poste de président du conseil d’administration.
Deux
de ses adversaires les plus importants démissionnèrent. L'élection de Zanuck
suspendit tout à la Fox, y compris les discussions entre Marilyn et les
précédents administrateurs.
Beaucoup
de gens attribuaient à Zanuck la splendeur passée de la Fox et certains anciens
du studio prédirent, à tort, qu'elle allait connaître avec lui un « nouvel
âge d'or ».
Peter
Levathes se rendit personnellement chez Marilyn à Brentwood et lui annonça que
son retour était effectif ; non seulement la Fox allait abandonner le
procès engagé contre elle, mais elle allait être réembauchée avec un salaire
plus élevé. Le tournage de « Something’s got to give » devait donc
reprendre et Marilyn était ainsi sûre de signer son contrat d’un million de $.
Elle
sembla heureuse de revenir sur le tournage et revirent ensemble le
scénario auquel elle apporta quelques modifications.
Milton
Rudin, son avocat, entreprit de travailler sur les détails contractuels de son
retour sur le plateau.
Marilyn
invita Agnes Flanagan et Allan Snyder pour fêter la nouvelle avec elle.
Le samedi 28 et dimanche 29 juillet :
Elle
fut invitée par Peter Lawford à passer le week-end au Cal-Neva Lodge, près du lac
Tahoe qui appartenait à Frank Sinatra (
,
,
,
).
Elle
prévoyait de voir Dean Martin qui se produisait au Celebrity Room du Cal Neva
Lodge, non seulement pour le remercier de son soutien pendant la crise de juin
avec la Fox, mais aussi pour discuter d’un projet de film qu’Arthur Jacobs
voulait produire pour les deux acteurs, une comédie appelée « I love
Louisa ». La semaine suivante, sur la suggestion d'Arthur Jacobs, elle
comptait aller voir des films du metteur en scène J.Lee Thompson.
Le samedi soir : elle apparut au tour de chant de
Frank Sinatra.
Celui-ci
l’invita officiellement pour célébrer son nouveau contrat avec la Fox et
discuter du prochain film (la comédie musicale « What a way to go »)
dont ils devaient tous deux partager la vedette.
Le
nom de Marilyn n’apparaît pas sur les registres de l’hôtel, mais ce fut le
bungalow n° 52, qui faisait partie d’un ensemble de bungalows réservés aux
invités de marque de Sinatra, qui lui fut attribué.
Le dimanche 29 juillet : elle rentra à Los Angeles
avec les Lawford.
Le lundi 30 juillet :
Marilyn
visionna des extraits des films de Thompson dans la salle de projection
d’Arthur Jacobs, et décida sur le champ de l’accepter comme metteur en scène de
« I love Louisa », dont le tournage devait commencer début 1963.
Jacobs l'informa également que Jule Styne, qui avait écrit « Diamonds are
a girl’s best friends » pour « Gentlemen prefer
blonds », acceptait de lui écrire de nouvelles chansons pour ce film.
Elle
joignit Milton Rudin, lui faisant part de son désir de refaire son testament.
Elle
reçut aussi un courrier de sa secrétaire à la Fox, Cherie Redmond, qui
l'informa du fait que c’était désormais Eunice Murray qui s’occuperait de son
courrier à la Fox et à sa boîte postale privée.
Le mardi 31 juillet :
Marilyn appela son ami new-yorkais Henry Rosenfeld pour discuter avec lui d’un voyage de trois jours à New York qu’elle devait effectuer début septembre. Le jeudi 6 septembre, elle devait se rendre à une soirée théâtrale à Washington et souhaitait que Rosenfeld l’accompagne à la première de « Mr President », dirigée par Joshua Logan au National Theater, à laquelle John et Jackie Kennedy devaient également assister.
Ce
soir-là, elle invita Whitey Snyder et sa fiancée, Marjorie Plecher (
) : ils fêtèrent
leur prochain mariage et la reprise du tournage de « Something’s got to
give », prévue pour octobre. Ils trouvèrent Marilyn pleine
d’enthousiasme et d’optimisme.
Contre
toute évidence, le Dr Greenson affirmait que Marilyn allait beaucoup mieux,
poussé peut-être par le nécessité de soulager sa conscience, car il savait que
son absence avait abouti au renvoi de la star.
Il
envisageait de repartir en Europe dès le mois suivant. Quand il avait
interrompu ses vacances, il avait annulé par la même occasion la visite qu'il
comptait faire à son éditeur en s'arrêtant à New York sur le chemin du retour.
Maintenant, il comptait s'y rendre en août, en septembre ou en octobre.
Il
avançait lentement dans la rédaction de « Technique et pratique de la
psychanalyse » dans la mesure où il consacrait la plupart de son temps et
de son énergie à Marilyn. Il ferait en sorte de coordonner son voyage et
l'arrivée prochaine d'Anna Freud
aux Etats-Unis et espérait être invité à la rejoindre à la Menninger Clinic de
Topeka, au Kansas.
Même
s'il tenait à la diriger dans « Macbeth » sur la scène de son
nouveau théâtre, l'Actors Studio Theater, Lee Strasberg ne s'intéressait
apparemment plus autant à Marilyn.
AOUT :
La
première semaine d’août, de nombreux magazines avec Marilyn parurent, notamment
Life, avec l'interview réalisée par Richard Meryman.
Le mercredi 1er août :
Avec
l’accord du réalisateur Jean Negulesco,
tout était en place pour commencer le tournage en octobre.
La
Fox signa officiellement avec Marilyn son nouveau contrat pour un salaire de 250 000$ (deux fois et
demi la somme prévue dans son premier contrat).
Apprenant
la nouvelle, son amie et doublure Evelyn Moriarty l’appela et la trouva en
grande forme, très heureuse de reprendre le travail. Elles discutèrent du
scénario et du nouveau réalisateur. Marilyn lui annonça ses autres projets, le
film que produirait Arthur Jacobs « I love Louisa » pour la Fox, et
« The Jean Harlow story ».
Elle passa l’après-midi à la Fox pour
discuter de la reprise de « Something’s got to give ».
Eunice
Murray annonça à Marilyn qu’elle allait partir faire un voyage en Europe à
partir du lundi
6 août avec sa sœur et son beau-frère. Pour pallier à l’absence
d’Eunice, Marilyn appela à plusieurs
reprises Florence Thomas, une ancienne employée de maison qu'elle avait eu à New York.
Le jeudi 2 août : le matin, Marilyn se rendit chez le
Dr Greenson pour une séance de psychanalyse.
Il
la verra une autre fois dans l’après-midi chez elle (d’après ses honoraires).
Marilyn demanda à Eunice Murray de la conduire à Beverly Hills et West
Hollywood pour faire quelques courses.
Elle
passa quatre heures chez « Franks nurseries & florists » à Santa
Monica où elle commanda des citronniers et un choix de plantes à fleurs
pour son jardin. Elle alla ensuite acheter une tapisserie murale et une petite
table chez « The Mart » qui devaient être livrés le samedi 4 août.
Le
soir, elle fut invitée à dîner chez les Lawford.
Le vendredi 3 août :
Robert
et Ethel Kennedy et leurs quatre enfants arrivèrent à San Francisco (
).Robert
Kennedy devait prendre la parole à la Bar Association Conference (congrès du
barreau des avocats), le lundi 6 août, et comptait passer le week-end
chez son ami John Bates, au Bates
Ranch, à Gilroy (à environ 130 kilomètres au sud de San Francisco, 560 Km au
nord de Los Angeles, dans les hauteurs de Santa Cruz).
Les
Bates rendaient une invitation aux Kennedy, qui les avaient invités à Hickory
Hill, propriété de Robert Kennedy en Virginie.
Marilyn
se réveilla tôt et reposée, car elle n’avait pas pris de somnifères la veille.
Elle
passa ensuite une heure et demi chez le Dr Greenson.
De
retour chez elle, elle trouva le Dr Engelberg qui l’attendait, apparemment à la
demande de Greenson. Il lui fit une injection (de « vitamines ») et
lui rédigea une ordonnance pour 25 comprimés de Nembutal. Ils vinrent s’ajouter
à une provision d’hydrate de chloral, prescrite par le Dr Greenson, pour sevrer
Marilyn des barbituriques.
Elle
avait aussi deux ordonnances de Nembutal de quantité inconnue rédigées par le Dr
Seigel, médecin de la Fox, datées du 25 juillet et du 3 août.
Elle
alla ce même jour chercher les comprimés de Nembutal prescrits par Engelberg à
la pharmacie San Vicente
(
), non
loin de chez elle.
Elle
appela les Rosten à Brooklyn, pour leur demander leur avis concernant l’article
paru dans Life sous le titre
« Marilyn dit ce qu’elle pense de la célébrité »; elle les invita à
la soirée du 6
septembre,
pour la création de la pièce « Mr President », à laquelle elle devait
assister.
Elle
appela ensuite Elizabeth Courtney (l’assistante du couturier Jean-Louis), et
lui demanda si sa nouvelle robe pouvait être livrée pour un dernier essayage le
lendemain; mais se souvenant que c’était le week-end, elle la rappela et
fixa le rendez-vous au lundi suivant.
Pour
ce voyage à New York, Marilyn avait aussi d’autres projets : elle avait
accepté d’accorder une longue interview au magazine Esquire dont elle
ferait la couverture, et il y avait diverses soirées prévues, dont l’une avec
les Strasberg, qui avaient déjà acheté les billets de théâtre.
(
).
Marilyn
lui proposa alors de venir se détendre
dans le solarium d'Helena Drive
Pat
Newcomb accepta la proposition et arriva chez Marilyn après sa journée de
travail.
Marilyn
se réveilla tôt; apparemment , elle n'avait pas beaucoup
dormi. Pat Newcomb, malade, dormait encore dans la chambre des invités. Eunice Murray arriva vers 8 heures, pour ce qui sera sa dernière journée de travail. Elle avait laissé sa voiture en
révision au garage voisin d’Henry D’Antonio qui devait la déposer chez Marilyn; il la lui
rapporta dans l’après-midi.
A son arrivée, elle ne vit ni Marilyn, ni Pat Newcomb.
Vers 9 heures, Marilyn apparut; elle ne prit pas de petit déjeuner, juste un verre de jus de pamplemousse.
Elle
traversa la pelouse pour lui parler au niveau de la zone de parking .Elle
marqua au crayon gras les photos qu’elle retint et celles qu’elle rejeta.
Mais
se posant des questions sur l’opportunité de paraître en couverture, où elle
serait de nouveau réduite à une femme objet, ils décidèrent d’en reparler le
lundi suivant. Schiller serait en ville et ils pourraient en reparler à ce
moment là.
Dans la
matinée,elle
s’entretint au téléphone avec Sidney Skolsky au sujet de leur projet « The
Jean Harlow story ».
Ils avaient rendez-vous le lendemain, 5 août à 16
heures, avec la mère de Jean Harlow.
Elle
réceptionna la table de chevet qu’elle avait commandé chez Mart.
Pat Newcomb se leva avant midi; elle se reposa tandis que Marilyn vaquait à ses occupations domestiques, et passa l’après-midi dans le solarium, sous la lampe à bronzer, pour soigner sa bronchite; des voisins l'avaient entendu tousser tout l'après-midi.
Le Dr Greenson passa voir Marilyn vers 17h15; il l'a trouve un peu groggy (elle avait dû prendre des comprimés régulièrement dans la journée) mais il ne la votait pas non plus passer la nuit dans l'état dans lequel il la trouva. N'ayant pas de médicaments à sa disposition, il appelle son confrère le Dr Engelberg (entre 17h45 et 18h30), afin qu'il vienne faire une injection de sédatifs à Marilyn. Mais celui-ci, en pleine crise conjugale (il était en train de se séparer de son épouse) refusa de venir.
Vers 18h30,
Greenson sortit
de la chambre de Marilyn. Pat Newcomb quitta Helena Drive, le Dr
Greenson lui ayant dit que cela ne servait à rien qu'elle
reste.
Greenson demanda à Eunice Murray de rester,
exceptionnellement pour la nuit.
Il partit vers 19 heures.
Marilyn ne souhaitait pas dîner et dit à Mrs Murray qu'elle voulait seulement se reposer.
Elle
se déshabilla et se mit au lit. Il était environ 20h00. Eunice Murray était dans le salon, regardant la
télévision ou lisant.
Il
demanda à une opératrice de couper la communication mais on lui répondit que le
téléphone était décroché.
S'inquiétant
de son état, il appela son avocat, Milton Ebbins vers 20h15
.Celui-ci appela l'avocat de Marilyn, Milton Rudin et tomba sur son
service de messagerie. Il apprit que Rudin
assistait à une soirée chez Mildred Allenberg, veuve de
l’agent de Sinatra;
Ebbins réussit à le joindre là bas.
Alors
que Rudin retournait à son cocktail et Lawford avec ses invités, Eunice Murray
se demanda pourquoi diable l’avocat de Marilyn avait appelé pour s’enquérir de
l’état de celle ci.
Officiellement
Mrs Murray déclara s'être rendue vers la chambre de
Marilyn vers minuit, puis elle a décalé son discours de 3
heures.
Mais
le décès de Marilyn étant situé au plus
tard à 22h00, Mrs Murray a dû aller vérifier si
Marilyn allait bien après l'appel de Rudin.
Il
est plutôt probable qu'elle ait ouvert la porte de la chambre de
Marilyn alors qu'elle était encore en ligne avec Rudin.
Elle
se
rendit donc de nouveau à la porte de la chambre, appela
doucement Marilyn, et
n’obtient pas de réponse. La lumière de la
chambre étant toujours allumée
et voyant le fil du téléphone passant sous la porte (
),
Eunice Murray ouvrit la
porte : c’est là qu’elle découvrit
l’actrice décédée ou inconsciente; gisant
à plat ventre sur son lit, le combiné
téléphonique à la main.
Paniquée, elle chercha à joindre Greenson qui était sorti et laissa un message
sur sa messagerie (ou demanda aux enfants de celui-ci de transmettre à leur
père) lui demandant de se rendre au plus vite au 5th Helena Drive pour une
urgence.
Elle
appela alors le Dr Engelberg qui arriva rapidement.
Le
corps de Marilyn fut probablement mis sur le dos par le Dr Engelberg mais il
était trop tard.
Greenson
a dû arriver un peu plus tard, après qu’il ait eu connaissance du message
d’alerte d’Eunice.
Marilyn
est morte au plus tard à 22h00, probablement entre 21h et 21h30.
Arthur
Jacobs reçut un appel de Milton Rudin l’informant de la mort de Marilyn. Jacobs
demanda aux LeRoy de raccompagner Natalie Trundy chez elle, et se rendit à
Helena Drive.
Pat
Newcomb n’apprit la nouvelle
qu’à 5 heures du matin.
Vers
22h30, la
soirée chez Lawford était terminée. Après le départ de ses amis, il eut plus de
temps pour réfléchir à l’étrange appel de Marilyn quelque deux heures plus tôt.
Quoique que Milton Rudin ait pu en dire, elle n’était quand même pas bien.
Il fut rapidement informé de la mort de Marilyn par Milton Ebbins.
Tout cela prit beaucoup de temps, et l’heure de la découvert du corps dû être
déplacé plus tard dans la nuit : minuit, puis 2h00, enfin 3h30 (version de
Mrs Murray à la police).
Le
corps fut remis sur le ventre, dans la position dans laquelle il avait
été trouvé.
Afin
de fournir une explication au délai, l’histoire de
la porte de la chambre de Marilyn fermée à clé et
le fait que le Dr Greenson ait dû briser la fenêtre
pour
s’y introduire devint le scénario officiel.
Officiellement, Mrs
Murray voyant la lumière sous la porte et le fil du
téléphone, tenta d’ouvrir
la porte de la chambre de Marilyn qui était fermée
à clé. Elle se rendit dehors, regarda
à travers la fenêtre fermée et découvrit
Marilyn allongée sur le ventre, dans
une position qui ne plus parut pas normale. Elle revint dans la maison,
appela Greenson qui arriva, prit le tisonnier de la cheminée,
brisa la
fenêtre et pénètra dans la chambre :
c’est là qu’il découvrit Marilyn morte,
le
combiné du téléphone dans la main. Il le lui
ôta et replaça le combiné sur le
récepteur.
Le Dr Engelberg, arrivé entre temps, déclara Marilyn
officiellement décédée à 3 heures 35.
Greenson
appela alors le poste de police de West Los Angeles; c’était le sergent
Jack Clemmons qui était de garde cette nuit là et qui prit l’appel à 4 heures
15. Il arriva sur les lieux à 4 heures 25 (
).
Clemmons appela du renfort : l'officier Don Marshall arriva,
fouilla la maison à la recherche d'un message attestant le
suicide, mais ne trouva rien. Il interrogea les voisins de Marilyn, Mr
et Mrs Abe Landau, qui déclarèrent n'avoir rien entendu
de suspect. L'inspecteur Robert Byron arriva également et prit
les déclarations des Dr Greenson et Engelberg, et d'Eunice
Murray
(
,
,
)
,
)
Le dimanche 5 août :
,
).
,
,
)
)
,
,
)
(
,
).
Pat Newcomb, sous le choc, eut une altercation avec les policiers et les journalistes (
,
,
,
), et finit par quitter Helena Drive avec Eunice Murray
(
,
,
,
,
)
Joe DiMaggio était à San Francisco; ce fut Milton Rudin qui l'appela et lui demanda de s'occuper des formalités pour les funérailles. Joe arriva à Los Angeles et s'installa suite 1035 du Miramar Hotel, refusant tout contact avec la presse.
Le corps de Marilyn fut ensuite transporté du Westwood Village (
,
,
) à la morgue du comté de Los Angeles (
), en vue d'une autopsie.
Le corps de Marilyn fut placé dans la crypte n° 33 de la morgue (
,
).
A 10h30 le Dr Thomas Noguchi débuta l'autopsie du corps de Marilyn.
Un premier rapport fut rendu (
), puis le certificat de décès(
), et le rapport définitif de l'autopsie sera rendu le 18 août (
,
,
,
).
) et 13 août 1962 (
).
La conclusion officielle du médecin toxicologue R.J.Abernethy
fut "Empoisonnement par barbituriques-overdose par ingestion".
Le corps de Marilyn fut ramené à Westwood Village (
,
,
,
) et fut mis à disposition de la famille dans l'après-midi du dimanche.
Ce fut Berniece Miracle, la demi-soeur de Marilyn qui vivait en Floride, autorisa la remise du corps de Marilyn à Joe DiMaggio.
Celui-ci, avec l'aide d'Inez Melson,
la conseillère financière de Marilyn, prirent les
dispositions pour les funérailles de Marilyn qui furent
prévues pour le 8 août à 13h.
Le lundi 6 août :
); les Dr Engleberg et Greenson ont
été réinterrogés par l'inspecteur Byron.
Ils s'accordaient sur le fait que le Dr Greenson avait reçu un appel
de Mrs Murray le 5 août à 3h30, lui disant que la
lumière était allumée dans la chambre de Marilyn
et qu'elle ne pouvait entrer dans la chambre. Greenson lui avait demandé
d'aller regarder pa la fenêtre et de le rappeler. Eunice Murray
s'était exécutée et l'avait rappelé à 3h35 : Marilyn
était couchée sur le lit, le téléphone dans
une
main, avec un air étrange. Le Dr Greenson se mit en route et
demanda à Mrs Murray d'appeler le Dr Engelberg. Greenson arriva
à 3h40. Il brisa la vitre, entra dans la chambre
et ôta le téléphone de la main de Marilyn. La
rigidité
cadavérique s'était installée.A 3h50, le Dr
Engelberg arriva et prononça le décès de Marilyn.
Ils
s'entretinrent tous les deux un moment et pensèrent qu'il
était environ
4h00 lorsqu'Engelberg appela la police. Après contrôle,
il s'avèra que l'appel avait été passé
à
4h25.
Le
Docteur Theodore Curphey, le coroner de Los Angeles, tint une
conférence de presse. Il révèla que Marilyn
n'était pas morte de mort naturelle, mais qu'elle avait dû
prendre une trop forte dose de somnifères. Il ajouta que ses
services enquêtaient ainsi que le Centre de Prévention du
Suicide de Los Angeles, un organisme indépendant basé
à l'UCLA.
L'équipe désignée par le Centre
était formée du Dr Robert Litman (psychiatre et
professeur à l'UCLA), du Dr Norman Farberow (éminent
psychologue) et du Dr Norman Tabaschnik :
.
Au
cours de cette conférence de presse, le Centre de
Prévention du Suicide, avec à sa tête, le Dr
Farberow, déclara qu'il allait mener des interrogatoires
exhaustifs concernant le suicide probable de Marilyn. En nommant ainsi
comme équipe d'enquête un groupe privé, Curphey
rendait ainsi l'enquête officieuse. Aucune des personnes
interrogées ne prêta serment et rien de ce qu'il fût
dit ne fût révélé au public. Curphey
annonça qu'il interrogerait en personne les médecins de
Marilyn. Mais jusqu'à ce jour, personne n'a eut accès au
rapport complet du Centre de Prévention du Suicide. Aucun
document n'indique que ce comité ait participé à
l'établissement d'un autre verdict à l'intention du
bureau du coroner.
Le Dr Greenson fut lui interrogé par cette commission. Il était en effet le mieux
placé pour connaître l'état mental de Marilyn; cela
faisait plus de 2 ans qu'elle le consultait.
Le mardi 7 août :
dans l'après-midi, Eunice Murray retrouva Inez Melson et
Berniece Miracle à Helena Drive, pour les aider à choisir
la tenue que Marilyn porterait pour ses funérailles. (
,
,
,
,
,
).
Elles choisirent une robe vert pâle de chez Pucci que Marilyn
avait porté lors de la conférence de presse à
Mexico en février 1962 (
,
,
).
Les scellés furent posés sur la porte une dernière fois (
,
).
Le matin, Whitey Snyder, le maquilleur personnel de Marilyn, vint,
comme il lui en avait fait la promesse quelques années
auparavant, procéder aux retouches du maquillage de Marilyn. A
cause des dégâts causés par l'autopsie, Agnes
Flanagan dût lui mettre une perruque, qui ressemblait à sa
coiffure dans "Something's Got to Give".
), située dans le Westwood Memorial Park Cemetery de Los Angeles.
Joe
DiMaggio avait donné l'ordre formel qu'aucun des amis
hollywoodiens de Marilyn ne soit présent, car il les rendaient
responsables de sa mort, sinon moralement, du moins,
concrètement. Quant aux journalistes et photographes, ils furent
fermement tenus à l'écart. Seul Walter Winchell, ami de Joe, fut présent (
,
).
La police mobilisa plus de 50 policiers (
) pour contrôler la foule et la circulation (
,
,
).
Des plate-formes furent construites le long du mur nord afin que la
presse puisse monter et voir l'intérieur du cimetière (
,
).
Le
service religieux eut lieu dans la plus stricte intimité et fut
célébré par le révérend A.J.Soldan (
),
un pasteur luthérien de l'église de Westwood Village. La
cérémonie commença sur les accents de la
Sixième symphonie de Tchaïkovski, et, à la demande
de Marilyn, Mrs Hockett interpréta "Over the Rainbow".
Le poète Carl Sandburg ayant, pour raisons de santé, décliné la demande de Joe DiMaggio, ce fut Lee Strasberg qui prononça l'éloge funèbre :
"Marilyn
Monroe était une légende. Pendant sa vie, Marilyn Monroe
a crée le mythe de ce qu'une pauvre fille issue d'un milileu
défavorisé peut obtenir. Pour le monde entier, elle est
devenue le symbole de l'éternel féminin. Mais je ne
trouve pas de mots pour décrire le mythe et la légende.
Je ne connaissais pas cette Marilyn Monroe là.
Nous,
rassemblés ici aujourd'hui, ne connaissons qu'une Marilyn - un
être chaleureux, impulsif et timide, sensible et craignant qu'on
la rejette, toujours affamée de vie et tendant vers son
accomplissement.
En
dépit des hauteurs et de l'éclat qu'elle avait atteints
à l'acran, elle faisait des projets d'avenir; elle attendait
avec impatience de participer à toutes ces choses excitantes
qu'elle avait prévues. A ses yeux et aux miens, sa
carrière ne faisait que commencer. Le rêve de son talent,
qu'elle avait nourri dès l'enfance, n'était pas un
mirage...
D'autres
étaient aussi belles physiquement qu'elle, mais il y avait
à l'évidence quelque chose de plus en elle, quelque chose
que les gens voyaient et reconnaissaient dans sa façon de jouer
et à quoi ils s'identifiaient. Elle irradiait un mélange de
mélancolie, de luminosité, de désir, qui faisait
d'elle un être à part, et à quoi pourtant tout le
monde aurait aimé accéder; tout le monde aurait voulu
partager sa naïveté enfantine si discrète et
pourtant si vibrante.
Maintenant
tout est fini. J'espère que sa mort éveillera la
sympathie et la compréhension pour une artiste et une femme
sensibles qui ont offert joie et plaisir au monde.
Je
ne peux dire adieu. Marilyn n'a jamais aimé les adieux, mais en
m'inspirant de la manière particulière dont elle tournait
les choses pour qui'elles soient face à la
réalité, je dirais au revoir - car le pays où elle
est partie, nous nous y rendrons tous un jour".
Pendant le service, le corps de Marilyn reposait dans un cerceuil en bronze ouvert, doublé de satin couleur champagne; dans ses mains, elle tenait un bouquet de roses thé, cadeau de Joe qui l'avait veillé la nuit précédente.
Une fois la cérémonie terminée, le cercueil fut emmené jusqu'au véhicule qui le transporta jusqu'à la crypte.
Les personnes qui portèrent le cercueil furent Allan "Whitey" Snyder, le coiffeur Sidney Guilaroff, et les membres des pompes funèbres Allan Abbott, Ronald Hast, Leonard Krisminsky et Clarence Pierce (
,
,
,
,
).
Les invités, en procession, suivirent le corbillard (
,
,
).
Puis le cercueil fut installé près du caveau (
,
).
Une courte cérémonie eut à nouveau lieu (
,
,
,
), avant que le caveau ne soit définitivement fermé (
,
;
,
,
).
Les personnes qui assistèrent aux obsèques furent Joe DIMaggio et son fils, Joe DiMaggio Jr , sa coiffeuse Agnes Flanagan
(
,
), l'un de ses avocats, Aaron Frosch (
),Lotte Goslar, son professeur de chant et de mime des années 50 (
,
), son psychiatre le Dr Ralph Greenson et sa famille (sa femme Hildi et ses enfants Joan et Don) (
,
), Sidney Guilaroff, Anne et Mary Karger (
), Rudy Kautzky (son chauffeur pendant ses derniers mois à Los Angeles)
(
,
), la soeur de Grace McKee et son mari, Enid et Sam Knebelcamp
(
,
), Inez et Pat Melson (
), Berniece Miracle sa demi-soeur, Eunice Murray (
;
), Pat Newcomb (
,
),la coiffeuse Pearl Porterfield (
;
), May Reis, sa secrétaire particulière (
,
), son ami masseur Ralph Roberts (
,
), son avocat Milton Rudin (
), Allan Snyder avec sa femme Beverly et leur fille Sherry
(
), l'ami de Joe DiMaggio, George Solotaire (
), Lee et Paula Strasberg (
,
), et Florence Thomas, l'une de ses employées à New York (
,
).
Ce fut le fleuriste Parisian Florists
qui réalisa les compositions florales. Pendant les 20
années suivantes, et sur commande de Joe DiMaggio, ils
livrèrent des roses rouges sur la tombe de Marilyn, deux fois
par semaine(
).
Après une nouvelle conférence de presse du mardi 14 août, le Centre de Prévention du Suicide tint sa dernière conférence de presse le vendredi 17 août. On ne sût jamais qui avait été interrogé, mais il semble que Natasha Lytess, Norman Rosten, Frank Sinatra et Peter Lewford ne furent jamais interrogés.
Voici la conclusion du Centre de Prévention du Suicide, déclaration du Dr Curphey, Coroner en chef du Comté de Los Angeles :
Maintenant que le rapport toxiçologique final et que les experts psychiatres ont été reçus et étudiés, je conclue que la mort de Marilyn Monroe a été causée par une overdose de médicaments, auto administrée, et que la cause du décès est un suicide probable.
Le rapport toxicologique final révèle que le barbiturique, précédemment rapporté comme dose létale, a été positivement identifié comme étant du Nembutal, une large quantité d'hydrate de chloral.
Voici le résumé du rapport de l'équipe des psychiatres qui m'a aidé dans la collecte d'information sur ce cas. Cette équipe a été dirigée par Robert Litrman M.D., Norman Farberow, Ph.D., et Norman Tabachnik, M.D. :
"Marilyn
Monroe est morte dans la nuit du 4 août, ou au petit matin du 5
août 1962. Les examens effectués par le laboratoire de
toxicologie indiquent que la mort est dûe à une overdose
auto administrée de sédatifs. On nous a demandé,
en tant que consultants, d'examiner la vie de la
décédée et de donner une opinion concernant
l'état de Miss Monroe quand elle a ingéré les
sédatifs qui ont causé sa mort.
Avec les données obtenues, les points suivants sont les plus importants et les plus pertinents.
Miss Monroe a souffert de troubles psychiatriques depuis longtemps.
Elle a connu de graves peurs et de fréquentes
dépressions. Ses changements d'humeur étaient
brusques et imprévisibles. Parmi les symptômes de
désorganisation, les troubles du sommeil étaient les plus
importants, pour lesquels elle prenait des sédatifs depuis de
nombreuses années.
Elle était ainsi habituée et expérimentée
dans l'utilisation de ces médicaments et consciente de leurs
dangers.
Récemment, un des principaux objectifs de son traitement
psychiatrique avait été la réduction de sa
consommation de médicaments. Cela avait partiellement
réussi pendant les deux derniers mois. On sait qu'elle suivait
les directives de ses médecins dans son usage de
médicaments; et la quantité de médicaments
trouvés à son domicile lors de sa mort n'était pas
inhabituelle.
Dans notre enquête, nous avons appris que Miss Monroe avait
souvent exprimé le souhait d'abandonner son travail, de se
retirer, et même de mourir. A plus d'une occasion dans le
passé, quand elle avait été déçue et
déprimée, elle avait tenté de se suicider en
utilisant des sédatifs. A ces occasions, elle avait
appelé à l'aide et avait été secourue.
A partir des informations collectées au sujet des
évenements du 4 août, notre opinion est que le
même comportement s'est répété,
excepté pour le sauvetage.
Cela a été notre exercice avec des informations
collectées sur d'autres cas dans le passé, de recommander
une certification pour ces décès de suicide
probable.
Les indices additionnés en faveur du suicide, fournis par des
preuves physiques, sont : (1) le taux élevé de
barbituriques et d'hydrate de chloral dans le sang, qui, avec les
autres preuves de l'autopsie, indiquent la probable ingestion d'une
large quantité de médicaments durant un laps de temps
très court; (2) le flacon vide de Nembutal, la prescription pour
laquelle il a été rempli la veille de l'ingestion des
médicaments , et (3) la porte fermée, ce qui était
inhabituel.
Sur la base de toutes ces informations obtenues, notre opinion est que dans ce cas-là, c'est un suicide probable".
NB : concernant le décès de Marilyn, une seule réference à lire, le livre de David Marshall, "The DD Group - An online Investigation into the Death of Marilyn Monroe", malheureusement, seulement disponible en anglais.
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