FOX
Logo :
Histoire :
Wihelm Fried, un immigrant
hongrois avait lancé une galerie de boutiques bon marché à Brooklyn au début du
siècle.
A la fin de la Première
Guerre Mondiale, il avait pris le nom de William Fox, fondé une société
cinématographique et s'était installé dans l'ouest, où il produisait, louait et
montrait des films, à Hollywood.
Parmi les stars qui
travaillaient pour lui il y avait Theda Bara, l'archétype de la femme fatale,
Annette Kellerman, la championne de natation, le cow-boy Tom Mix, la douce et
fragile Janet Gaynor (qui obtint le premier Academy Award de la meilleure
actrice), et au début des années 30, la
petite Shirley Temple.
En 1935,
un grave accident, conjugué aux effets de la Dépression, le contraignit à
déposer le bilan.
1935 : la Twentieth Century Fox vit le jour grâce à la
fusion de Fox Film Corporation (fondée par le hongrois William Fox) et de
Twentieth Century Pictures (fondé en 1933
par Joe Schenck
et Darryl
F.Zanuck).
Joe Schenck devient le
président du conseil d'administration de la Twentieth Century Fox, et Darryl
Zanuck le vice-président, chargé de la production.
Zanuck y fut le directeur de
la production jusqu'en 1956; Spyros Skouras
en demeura le Président de 1942 à 1962.
En 1946
la Fox était la principale compagnie de production à Hollywood et à l'apogée de
son histoire.
Des succès récents, comme « Laura », « The house on 92nd Street »,
« A tree
grows in Brooklyn »,
« The keys of the kingdom » et «
Leave her to heaven » avaient rapporté
plus de 22 millions de dollars.
Le studio devait son succès à
de brillantes comédies musicales, des films policiers bien écrits, des drames
émouvants et une liste impressionnante de stars :
Don Ameche, Anne Baxter, Alice Faye, Henry Fonda, Betty Grable, Carmen
Miranda, Gregory Peck, Tyrone Power, Gene Tierney et Loretta Young.
Parmi les metteurs en scène,
Henry Hathaway, Elia
Kazan, Anatole Litvak, Joseph L.Mankiewicz et Otto Preminger.
La Fox conservera sa position
dominante pendant vingt ans, introduisant le Cinémascope (procédé de projection
sur écran large) pour prévenir la concurrence avec la télévision.
Lien avec
Marilyn
Premier bout d'essai de Marilyn :
Premier article :
Badge entrée de la Fox :
Courrier du 8 décembre 1946, annonçant la "naissance" de Marilyn Monroe :
Le chef de publicité, Harry Brand
et son équipe concoctèrent à Marilyn une biographie édulcorée, faisant
officiellement d'elle une orpheline, en passant sa mère sous silence; ils
inventèrent aussi une histoire selon laquelle Marilyn aurait été découverte un
jour qu'elle faisait du baby-sitting chez un découvreur de talents.
Photos
publicitaires années 40 :
Avec les enfants :
En studio :
Maillot de bain :
corde à sauter
base-ball
parasol
plage
ski
Promenade à la Fox :
jupe
short
Marilyn tourna pour la Fox,
vingt et un de ses vingt-neuf films.
Pour son premier rôle elle
incarna une lycéenne dans un film de série B « Scudda hoo! Scudda hey »
(1948).
Photos
publicitaires
bord de la piscine
bord de mer
en studio
Son deuxième film fut « Dangerous years » (1948) mais fut le premier à sortir.
En 1948 elle apparait dans "Sitting Pretty" mais n'est pas créditée au générique:
,
,
Ses deux films ne furent pas des succès, aussi le studio ne lui prolongea pas son contrat
(
). Elle continua à poser
comme modèle; elle se lia avec Lucille Ryman et avec le
co-fondateur de la Fox, Joe Schenck.
Une année à la Columbia
lui valut son troisième film et lui fit rencontrer Natasha Lytess, professeur d'art
dramatique. Elle rencontra aussi Johnny Hyde qui donna l'impulsion
nécessaire à sa carrière pour revenir à la Fox. Il réussit à faire tourner
Marilyn dans trois films de la Fox qui
sortirent en 1950 : « A ticket to Tomahawk »,
« The fireball », « All about Eve ».
Pour « All
about Eve », elle obtint un contrat (
) le temps de la durée du
tournage, du 11 mai au 7 juin 1950.
Photos publicitaires pour Thanksgiving, du 10 novembre 1950 :
En mars
1951, la Fox lui proposa un contrat de sept ans, 500$ par semaine, son
salaire étant garanti sur 40 semaines dans l'année, qu'elle tournât ou pas.
Si le studio lui renouvelait
son contrat, elle passerait à 750$ la deuxième année, 1250$ la troisième année,
1500$ la quatrième année, 2000$ la cinquième année, 2500$ la sixième année et
3500$ la septième année.
Le studio avait le droit de
résilier le contrat à la fin de chaque année sans donner de raison, et elle ne
pouvait travailler que pour la Fox, à moins que le studio ne la prête à une
autre production. Il lui était aussi interdit de chercher un emploi dans tout
autre média sans l'accord du studio; outre les clauses standard, elle demanda
et obtint que le studio emploie Natasha Lytess.
En 1951-1952
elle apparut dans sept films et son nom commença à grimper tout doucement en
tête d'affiche. Elle joua dans « Love nest ».
Fin 1951, la Fox la prêta à la RKO pour « Clash
by night » de Fritz
Lang (premier rôle dramatique).
En 1952,
elle figura dans cinq films :
Juin : « Clash by night »
Juillet : « We're
not married », « Don't bother to knock »
Septembre : « Monkey
business »
Octobre : « O'Henry's
full house ».
1953 : l'année Marilyn. « Niagara » confirma son succès au box-office.
11 mai 1953, augmentation de salaire :
.
1953 : tournage de « How to marry a millionnaire » :
Photos publicitaires :
1953 : tournage de «
River of no return ». Elle commença à se sentir frustrée par les rôles qu'on lui attribuait et les
maigres sommes d'argent qu'elle gagnait.
Après « River of no return »,
le studio voulut la placer dans « Pink tights », mais Frank Sinatra qui devait jouer avec elle,
gagnait alors 5000$ par semaine alors qu'elle ne devait en toucher que 1500$.
Elle se mit en grève, seule : elle ne se montra pas le premier jour du
tournage. Elle ignora les menaces du studio de la suspendre (remplacée par
Sheree North). Insouciante elle partit passer Noël à San Francisco avec DiMaggio.

Photos
publicitaires années 50
« Don't bother to knock » :
Robe noire et blanche :
Sac de pommes de terre :
1954 : en ce début d'année elle se maria avec DiMaggio et était en lune de miel lorsque la Fox la suspendit
(
). Confrontée au risque de perdre son atout majeur, la
Fox céda, et accepta de tirer un trait sur « Pink tights », à
condition qu'elle accepte un second rôle dans « There's
no business like show business ». En
guise d'encouragement, la Fox lui promit le rôle principal dans le projet de Billy Wilder
« The seven year itch ».
Ses demandes d'augmentation furent prises en compte dans un nouveau contrat qui
prit effet en août 1954 : contrat de sept
ans, avec une prime de 100 000$ pour le film de Wilder.
Eté 1954 : elle se rendit à New York pour tourner « The seven year itch »; ce tournage
marqua la rupture avec DiMaggio; mais elle rencontra aussi en secret Milton Greene
pour mettre sur pied sa propre compagnie de production, et exercer enfin un
véritable contrôle sur la bourse et sur les rôles.
.
Janvier 1955 : conférence de presse avec Milton Greene pour
annoncer la naissance des Marilyn
Monroe Productions.
Dès que la nouvelle fut
apprise au studio, la Fox la suspendit, alors qu'elle devait revenir à Los
Angeles ce même mois pour finir le tournage de « The
seven year itch ».
Pendant toute l'année 1955 les avocats de Milton Greene (Frank Delaney
et Irving Stein)
ainsi que la MCA, la nouvelle agence de Marilyn,
croisèrent le fer avec la Fox.
La Fox maintint que Marilyn
s'était engagée par contrat à travailler exclusivement pour elle les quatre
années suivantes. Mais plus l'année s'écoulait, plus il était évident que
Milton Greene ne pourrait trouver assez de fonds pour que Marilyn Monroe
Productions survive assez longtemps pour produire effectivement un film.
31 décembre
1955 : les Marilyn Monroe Productions et
la Fox signèrent un nouveau contrat qui portait
sur sept ans et quatre films, 100 000$ par film et un pourcentage sur
les recettes. Le droit pour elle de contrôler le genre de films qu'elle voulait
tourner, approuver ou non le scénariste, le réalisateur et le directeur de la
photographie (pouvoir sans précédent chez un acteur). Elle avait le droit de
tourner un film indépendant chaque année, et de se produire dans six émissions
de télévision ou de radio. Elle reçut aussi une avance annuelle de 100 000$,
ainsi qu'un salaire annuel versé par Greene de 75 000$.
Le premier film qu'elle
tourna avec ce nouveau contrat fut « Bus stop » (1956) puis « The prince and the
showgirl » (1957) seul film produit
par les Marilyn Monroe Productions avant qu'elle ne se brouille avec Milton
Greene. Ensuite « Some like it
hot » (1959) pour lequel la Fox « prêta » Marilyn à United
Artists, et il fallut attendre « Let's
make love » (1960) pour qu'elle retravaille avec le studio.
Photos publicitaires pour « Let's make love » :
« The misfits », en 1960, fut encore un projet étranger à la Fox.
En 1961,
après l'échec de son mariage avec Arthur Miller, elle revint à Los
Angeles; elle n'avait tourné que deux des quatre films pour la Fox et son
contrat prenait fin un an plus tard.
En 1956
Darryl Zanuck
avait démissionné de son poste de chef de la production et émigré en Europe où
il travaillait en producteur indépendant. Il fut remplacé par Buddy Adler.
En 1960 après la mort d'Adler, Spyros Skouras
prit de plus en plus de responsabilités dans le domaine de la production. Le
studio était dans une situation financière périlleuse (énormes dépassements
budgétaires de « Cléopâtre » et long et lent déclin) et les patrons
de la Fox firent pression sur Skouras, qui abandonna la présidence, pour le
poste moins influent, de président du conseil d'administration.
Sur ordre du comité des
financiers basé à New York, Robert Goldstein prit brièvement la relève en tant
que directeur de la production, mais fut rapidement remplacé par Peter Levathes.
C'est dans ce climat que
débuta le tournage de « Something's got to give »,
en 1962.
Marilyn montra peu
d'enthousiasme pour le scénario plusieurs fois remanié, mais tout comme le
réalisateur George
Cukor, elle devait contractuellement des films à la Fox.
« Cléopâtre » ayant
dépassé le seuil des 30 millions de dollars, la Fox se défit de ses sociétés
immobilières, licencia du personnel et ferma les installations du studio pour
faire des économies. Levathes, soumis à une intense pression, abandonna « Something's got to give ». Il renvoya
Marilyn pour rupture de contrat, après qu'elle eut chanté pour John Kennedy
à New York, lui reprochant son manque d'assiduité sur le plateau (elle n'avait
tourné que 12 jours sur 33).
Absences de Marilyn sur le plateau :
Son avocat Milton Rudin
et le Dr
Greenson rencontrèrent les cadres de la Fox le 8 juin 1962. Greenson plaida le cas de Marilyn,
disant qu'un virus l'avait empêchée de tourner, mais qu'elle était désormais
prête et désireuse de travailler. Cela ne fit aucune impression au studio, qui
le jour même, fit savoir à Milton Rudin qu'il intentait un procès aux Marilyn
Monroe Productions et entamait des poursuites en dommages et
intérêts pour un montant de 500 000$.
La Fox qui avait cherché une
remplaçante à Marilyn, annonça que le tournage se poursuivait avec Lee Remick. Dean Martin,
le premier rôle masculin avait contractuellement un droit de regard sur le
premier rôle féminin; il refusa de travailler avec une autre actrice que
Marilyn. De son côté, Skouras qui devait encore exercer six mois ses fonctions,
envisageait de rétablir Marilyn dans le film.
Dans les coulisses, le studio
et les représentants de Marilyn entamèrent des négociations. Deux semaines
avant sa mort, Levathes lui fit savoir qu'elle allait être réengagée pour un salaire supérieur (250
000$, ou 500 000$ selon les témoignages) et que toute poursuite allait être
abandonnée.
On estime que lorsqu'elle
débuta le tournage de « Something's got to give »
ses productions précédentes avaient rapporté plus de 60 millions de
dollars à la Fox.
Avant fin 1962 Skouras fut remplacé par Zanuck, qui nomma son fils,
Richard à la vice-présidence de la production. Tous deux gardèrent le contrôle
de la compagnie jusqu'au début des années 1970.
Alan Ladd Jr la dirigea avec
succès jusqu'à la fin des années 1970; sa
production la plus mémorable fut « La guerre des étoiles ».
En 1981
la compagnie fut liquidée et en 1985 Rupert
Murdoch l'ajouta à son empire médiatique.
Bibliographie
« Marilyn at Twentieth Century Fox », Lawrence Crown, Londres,
Comet Books, 1987.
Fox Studios (en anglais)
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