Ici s'achève mon chemin...


  •          ACCUEIL
  • BIOGRAPHIE
  • FICHES
  • OUVRAGES
  • LIENS
  • COMMENTAIRES
  • S

GREENSON Ralph

 

Romeo Samuel Greenschpoon.

 

Date de naissance : 20 septembre 1911, à Brooklyn.

Date de décès : 24 novembre 1979.

 

Portrait : 

,,,,,

 

Lieu d'habitation : 902 Franklin Street, Santa Monica : 

,,,,,
   

,,-;

 

Adresse de son cabinet : 436 North Roxbury Drive, Beverly Hills,CR 14050  (après 1962, associé à Hyman Engelberg).

 

Aurait eu un cabinet au 405 North Bedford Drive, partagé avec le Dr Milton Wexler (psychanalyste), avant 1962.

 

Exercice :

Psychiatre et psychanalyste de Marilyn.

Membre fondateur de la Société psychanalytique de Los Angeles

Professeur de psychiatrie clinique à la faculté de médecine de l'UCLA.

Membre du Conseil médical de la Reiss-Davis clinic.

Auteur de dizaines de publications scientifiques.

 

Histoire  

D'origine russe.

Il fut élevé à Brooklyn. Son père était médecin.

Il était l'aîné de quatre enfants. Sa soeur jumelle, Juliet, devint une grande pianiste de concert.

Il fit ses études à la Columbia University, puis à l'université de Berne (Suisse).

A Berne il rencontra sa femme Hildegard (Hildi) Troesch qu'il épousa en 1935.

Ils eurent deux enfants, Daniel et Joan (Greenson Famille).

Peu avant la guerre, il étudia la psychologie freudienne à Vienne (Autriche) où il se lia avec Sigmund Freud.

Son beau-frère était Milton Rudin, mari d'Elizabeth, sa plus jeune soeur.

De 1934 à 1936 : il fut interne au Cedars of Lebanon Hospital de Los Angeles.

1937 : il prit officiellement le nom de Greenson.

1938 : il rentra aux Etats-Unis  avec sa famille. Il suivit une analyse freudienne avec Otto Fenichel (Hanna Fenichel).

A partir de novembre 1942, il commença son service militaire dans le service de santé, à l'hôpital d'anciens combattants de Canandaigua (New York).

L'hôpital régional de l'armée de l'air de Scott Field (Illinois) le libéra de ses obligations militaires, faisant état d'un incident sérieux survenu à Canandaigua le 13 décembre 1943. Greenson avait déclaré avoir été blessé à la tête (sans doute suite à une collision) pendant un trajet en ambulance : temporairement inconscient, il fut atteint d'une légère amnésie. Depuis cet accident (précisait le rapport), Greenson avait perdu le sens de l'odorat, souffrait de crises occasionnelles et manifestait une déficience nerveuse (parfois très marquée) de la partie gauche du visage. Il avait de mauvais réflexes et une insuffisante coordination du bras droit.

Rendu inapte au service militaire à l'étranger il fut nommé chef du service de neuropsychiatrie de l'hôpital de convalescence de l'armée de l'air, à Fort Logan (Colorado). Promu capitaine, il dirigea ensuite la section spécialisée en « fatigue opérationnelle ».

1945 : il demanda à être libéré de ses obligations militaires pour exercer la psychiatrie en privé à Los Angeles (lettre du 5 décembre 1945 aux autorités militaires de Washington). Il s'y trouvait une communauté d'anciens combattants, désireux de suivre un traitement psychiatrique. Mais il n'obtint pas satisfaction.

1946 : rendu à la vie civile, il s'installa comme psychiatre à Los Angeles et fut nommé professeur de psychiatrie clinique à l'université de Californie.

1947 : il acheta une maison au 902 Franklin Street, à Santa Monica. Il acheta la maison, dont la construction venait de s'achever, à John et Eunice Murray, qui n'avaient pas les moyens de rembourser leur emprunt, pour 16 500$.

Parmi les psychanalystes agrées et diplômés en médecine qui exerçaient dans le comté de Los Angeles en 1950, figurait le Dr Ralph Greenson, fondateur d'un groupe freudien connu sous le nom de Société Psychanalytique de Los Angeles. Ladite société entretenait des liens étroits avec Anna Freud à Londres et avec ses collègues européens et new-yorkais.

Marianne Kris, amie de Greenson, le recommanda à Marilyn lorsqu'elle fut à Los Angeles pour le tournage de « Let's make love » en février 1960.

Pendant les années 50, il avait une clientèle florissante : dans son cabinet de Beverly Hills affluaient de nombreuses célébrités ainsi que les personnes fortunées de l'ouest du comté.

Par ailleurs il enseignait la psychiatrie à l'école de médecine de  l'UCLA et passait pour un conférencier populaire auprès des spécialistes comme des profanes. Il était analyste (formateur et contrôleur) de la Société de Psychanalyse de Los Angeles.

En dehors de l'aide qu'il a pu apporter à sa clientèle privée, il s'était fait au sud de la Californie, une réputation d'orateur sachant captiver son auditoire.

Comme beaucoup de ses confrères de l'époque, il comptait beaucoup sur l'utilisation de drogues, associées à la psychothérapie. Il avait l'habitude de prescrire à ses patients (personnellement ou par l'intermédiaire de leur médecin traitant) des barbituriques ou des tranquillisants en vogue. Il cherchait ainsi à soulager leurs crises et à leur faciliter la vie.

De tous les centres d'intérêt de Greenson, le poids de la célébrité est celui qui semble avoir le plus compté pour lui, ainsi que pour les personnalités qu'il soignait.

Il se spécialisa dans le traitement des stars. Il eut même sa propre expérience de l'écran; il avait contribué à l'écriture d'un roman où il racontait ses souvenirs de guerre, roman qui fut porté à l'écran sous le titre de "Capitaine Newman, médecin" (1946). Gregory Peck en interprétait le rôle principal, et Greenson gagna 12.5% des recettes brutes.

1955 : il fit une crise cardiaque.

Dans les années 60 ses patients étaient Peter Lorre, Céleste Holm, Vincente Minelli,Vivien Leigh, Inger Stevens, Frank Sinatra (devenu son patient sur les conseils de son avocat Mickey Rudin, beau -frère de Greenson, après sa tentative de suicide suite à sa séparation d'avec Ava Gardner).

Il figurait sur la liste des analystes recommandés aux membres du Parti Communiste.

A partir de 1960 (date où il eut Marilyn comme patiente) il devint l'un des agents les plus importants du Komintern.

Les versions concernant leur première rencontre divergent :

Rencontre avec Marilyn en 1960 au Beverly Hills Hotel.

Il fut recommandé à Marilyn par son avocat Michael Rudin (beau-frère de Greenson).

Ou par Frank Taylor, un ami d'Arthur Miller.

Ou en août 1961 par le Dr Marianne Kris (psychanalyste de Marilyn à New York), quand Marilyn fut hospitalisée à Los Angeles pendant le tournage de « The misfits ».

Pendant la post-production de ce film, Marilyn alla le voir tous les jours à son cabinet.

Elle lui écrivit lors de son hospitalisation au Columbia Presbyterian Hospital, le 2 mars 1961.

La presse fit des commentaires mitigés sur lui. Bien que personne ne mît en doute son dévouement vis à vis de Marilyn, ses méthodes étaient peu orthodoxes, et pour certains biographes, ses motivations étaient fallacieuses. On l'a décrit comme assoiffé de reconnaissance, ne s'intéressant qu'aux gens célèbres, tendant à vulgariser les sujets sérieux dans le seul but d'être apprécié et d'attirer l'attention.

Il fut impliqué dans les dissimulations entourant la mort de Marilyn, et fut même accusé de complicité de meurtre.

Après son retour à Los Angeles, Marilyn effectua des visites quotidiennes au cabinet de Greenson pour obtenir des conseils.

Ralph Roberts, ami, chauffeur et masseur de Marilyn, l’emmena, pendant la seconde moitié de 1961 tous les jours pour son rendez-vous de 16h avec Greenson.

D'un point de vue professionnel, il avait ses défenseurs et ses adversaires. Il était très prolixe, écrivait des articles, donnait des conférences et était estimé d'Anna Freud (à une époque il avait traité son frère, Ernst Freud).

Il préconisait les traitements psychothérapiques en association avec des médicaments, comme les barbituriques et les tranquillisants, chose courante à cette époque.

Mais sa façon de mêler ses patients à sa vie quotidienne fut un aspect particulièrement peu orthodoxe de sa pratique. Il fit de son foyer une famille de substitution pour Marilyn dans le seul but de mettre en place de nouvelles approches de la psychanalyse.

Dans l'un de ses articles il exhorta ses collègues à « s'impliquer émotionnellement dans la vie de leur patients, s'ils souhaitaient établir une relation thérapeutique digne de confiance ».

La thèse de Greenson, ainsi qu'il l'aurait déclaré à sa famille, était que la thérapie traditionnelle freudienne ne fonctionnait pas avec Marilyn.

Il fallait qu'elle fasse l'expérience d'une famille traditionnelle et stable, pour être capable d'en fonder une elle-même. En agissant ainsi, il semble avoir oublié l'une des règles de  base de sa profession : la nécessité absolue d'une distance critique.

En même temps que lui-même, il entraînait sa propre famille dans l'expérience.

Octobre 1961 : il demanda à Marilyn de renvoyer Ralph Roberts à New York car elle était très dépendante de lui. Quelques jours après, il lui envoya Eunice Murray.

1961 : il rédigea son ouvrage « Technique et pratique de la psychanalyse ». Il était déterminé à l'avoir terminé avant la fin de l'année universitaire, et ne tenait pas à consacrer trop de temps à ses patients.

Il démissionna donc de son poste de doyen de l'école de formation et de président du conseil des enseignants du Los Angeles Institute for Psychoanalysis et limita ses interventions professionnelles.

Il n'hésita néanmoins pas à prendre en charge la cure de Marilyn.

Fin 1961 Marilyn dînait avec les Greenson trois ou quatre fois par semaine, appelait à toute heure du jour et de la nuit pour des questions même mineures concernant sa vie et débarquait chez eux quelquefois même la nuit.

Elle passa son dernier Noël avec « Romey » comme elle l'appelait (on l'appelait Roméo à la maison), bien que DiMaggio ait pris l'avion  pour la rejoindre.


Il exerça une influence dans tous les domaines de la vie de Marilyn, dont la dépendance s'accrut.

Il lui suggéra de se remettre au travail et la persuada d'accepter le tournage de « Something's got to give », où il obtint le poste de conseiller spécial de Marilyn.

A sa demande elle engagea Eunice Murray pour le poste de gouvernante, d'abord dans son appartement de Doheny Drive, puis au 5th Helena Drive.

En raison de la tension qui régnait sur le plateau de « Something's got to give », Marilyn lui rendait visite deux  fois par jour. Ses rendez-vous furent les seuls qu'elle n'annula pas pendant une absence de deux semaines sur le tournage, alors qu'elle souffrait d'une sinusite chronique.

Le 10 mai 1962 Greenson et sa femme quittèrent Los Angeles pour un voyage de cinq semaines en Israël et en Suisse. Après une période de dépendance complète, Marilyn se retrouva soudain seule, avec pour unique réconfort des boîtes de Dexamyl.

Ce fut le moment où les tensions avec la Fox atteignirent leur paroxysme, et où Marilyn fut suspendue. Elle rappela Greenson, celui-ci prit la situation en main et déclara aux dirigeants de la Fox que Marilyn se préparait à retourner au travail.

A cette époque Marilyn aurait confié à ses amis que sa dépendance à l'égard de Greenson l'inquiétait et qu'elle craignait même qu'elle ne fût néfaste. La façon dont Greenson la coupait des gens qu'elle aimait la préoccupait également. Ralph Roberts, l'un des amis de Marilyn contre qui Greenson l'avait mise en garde, confia à Donald Spoto :

« Elle était profondément irritée par sa façon de l'utiliser...Il avait essayé de se débarrasser de la plus grande partie de son entourage, qui était relativement réduit. Mais lorsqu'il essaya de la mettre en garde contre Joe DiMaggio, elle commença à reconsidérer toute l'affaire ».

Les circonstances de la mort de Marilyn sont contradictoires et controversées. Le rôle de Greenson varie énormément selon les versions.

Le 4 août 1962 il vint la voir chez elle, à sa demande à elle, soit en début d'après-midi, soit en début de soirée ou les deux. Il aurait pu passer jusqu'à 19h, avec une courte interruption, ou bien être resté avec elle pendant deux heures, jusqu'à 19h, après qu'elle se fut calmée.

Dans sa déclaration à la police, il dit qu'il rentra chez lui.

Les partisans les plus extrêmes du complot se demandent s'il est effectivement rentré chez lui.

En début de soirée, il appela pour savoir si tout allait bien ; Eunice Murray lui répondit que Marilyn était calme et se reposait dans sa chambre.

Dans sa version, celle qui fut la base de la version officielle de la mort de Marilyn, il dit que vers 3h ou 3h30 du matin, Eunice Murray l'appela, car elle avait remarqué de la lumière dans la chambre de Marilyn et que sa porte était fermée à clé. Greenson arriva et cassa la fenêtre de la chambre de Marilyn et la trouva morte.

Le Dr Hyman Engelberg arriva pour confirmer la mort de Marilyn, puis à 4h25, ils appelèrent la police.

Un grand nombre de biographes de Marilyn considèrent que l'heure de la mort de Marilyn est plus proche de 22h que de 23h, et que ce laps de temps aurait permis à Greenson d'organiser ou de participer à la dissimulation des vraies circonstances de sa mort. Certains suggèrent que Greenson fut involontairement responsable de la mort de Marilyn en lui ayant prescrit des sédatifs qui agirent avec d'autres que Marilyn avait pris en dehors de son contrôle.

Le 20 août 1962 il écrivit à Marianne Kris, lui disant que Marilyn avait souhaité arrêter sa thérapie. Elle était agaçée quand il n'était pas d'accord avec elle et en colère contre lui. Ils auraient prévu d’en reparler le dimanche matin.

 

Le 8 août 1962, il assista avec sa famille, à l'enterrement de Marilyn : ,.

 

Sa dernière note d'honoraires pour juillet et août 1962 s'élevait à 1400$ :.

Il partit ensuite pour New York, suivre une thérapie avec son ami le Docteur Max Shur (ami et médecin de Freud), qui dura sept ans.

Il revint ensuite à Los Angeles où il s'installa avec son ami Hyman Engelberg, dans un cabinet au 465 North Roxbury Drive à Beverly Hills.

Il ne reçut plus que quelques patients et se consacra à l'écriture et à l'enseignement.

Sur la fin de sa vie, il souffrit de dépression et de troubles coronariens, et fit un épisode d'aphasie.

Il mourut le 24 novembre 1979.

Jusqu'à sa mort Greenson garda un silence scrupuleux et déontologiquement indiscutable sur les confidences de ses patients célèbres.

Il se manifesta à une seule occasion, en 1973, pour contester la version des événements parus dans la biographie de Norman Mailer.

Il affirma : « Tout lien entre sa mort et tout événement politique est faux. La version de Mr Mailer est indigne. Il transforme la vérité, fait des insinuations à propos de sa vie sexuelle et prétend que ses médecins lui auraient administré des soins non conformes à la morale. C'est un tissu de mensonges ».

Depuis sa mort cependant, un certain nombre de lettres et documents ont été mis au  jour par les biographes de Marilyn.

Dans une lettre adressée au Dr Marianne Kris, deux semaines après la mort de Marilyn, Greenson écrivit : « J'étais son thérapeute, le bon père qui ne la décevait pas, qui l'aidait de ses conseils perspicaces et en tout cas lui apportait sa tendresse. J'étais devenu la personne la plus importante de sa vie. Je me sentais coupable de l'imposer à ma propre famille. Il y avait quelque chose d'attachant chez cette fille, nous l'aimions tous et elle savait être adorable ».


    

                                                                                                                                                 Retour Index Alphabétique                                                                                                                                                                      Fiche suivante

K&K- 04/2006 - Contact