MILLER Arthur
Arthur Asher Miller.
Asher est le nom hébreu de l'une des douze tribus d'Israël.
Date de naissance : 17 octobre 1915, à New York.
Date de décès : 10 février 2005, à Roxbury, Connecticut.
Portrait
enfant
jeune homme
adulte
Lieux d'habitation
:
45 West
110th Street, New York.
1350 East
Third Street, Brooklyn.
411 North State Street, Ann
Arbor:
.
122 North
Thayer Street, Ann Arbor.
34 East
74th Street, Manhattan.
18,
Schermerhorn Street à Brooklyn.
62 Montague Street à Brooklyn Heights, avec sa femme et ses deux enfants.
1950-1953 : Willow Street, Brooklyn Heights
(New York City), avec sa femme et ses
deux enfants:
.
Studio au Chelsea Hotel, 222 West 23rd Street, à New York :
Roxbury (Connecticut) en 1956.
Amagansett en 1957.
Hiver 1957 achat d'une
maison, toujours à Roxbury.
Histoire
Ses parents : Isadore et Augusta Miller.
Son père, fabricant de vêtements, fut ruiné par la crise du 24 octobre 1929.
Il fit ses débuts en écrivant une pièce de théâtre alors
qu'il était étudiant à
l'université du Michigan; il y obtiendra un prix en composition dramatique:
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En 1940, il se maria avec une étudiante Mary Grace Slattery, rencontrée à l'université du Michigan; ils eurent deux enfants, Jane et Robert :
Mary travaillera ensuite comme correctrice chez Harper's, une maison d'édition à New York.
Il s'affirma comme l'un des meilleurs auteurs dramatiques de son époque, écrivant des pièces réalistes (« The man who had all the luck », « Focus » une pièce sur l'anti-sémitisme), et devint célèbre avec « All my sons » (1947), couronnée meilleure pièce de l'année par le New York Drama Critic's Circle, puis avec « Death of a salesman » (1948) qui obtint le prix Pulitzer en 1949.
Avec Tennessee Williams et Eugene O'Neill, il était considéré comme l'un des plus talentueux dramaturge américain.
Bien qu'engagé dans la défense de certaines thèses sociales, il faisait du sport, aimait vivre au grand air, jardiner et travailler le bois plutôt que de passer des heures à parler de théorie esthétique.
Il fut réformé au moment de la Seconde Guerre Mondiale, en raison d'une blessure.
En 1947, le FBI, surveillant Miller depuis 1944, trouva éminemment suspecte sa participation à un séminaire hebdomadaire organisé par la vénérable maison d'édition Simon Shuster où les écrivains se réunissaient pour essayer de contre-attaquer la propagande ultraconservatrice diffusée par les médias. En fait Miller assista seulement à deux ou trois réunions d'auteurs communistes.
Quant à son oeuvre théâtrale, elle n'était pas faite non plus pour rassurer le FBI. Son premier succès à Broadway « All my sons » (1947) racontait l'histoire d'un fabricant de moteurs qui vendait à dessein des pièces défectueuses à l'US Air Force, pièce dénoncée comme s'inscrivant dans la ligne de propagande du parti par le FBI.
En 1948 un pamphlet intitulé "Contre-attaque", qualifiait Miller de communiste et simultanément, le FBI condamnait son soutien au nouvel Etat d'Israël.
La preuve la plus probable de l'adhésion de Miller au Parti
Communiste, fut la Cultural and
Scientific Conference for World Peace, à laquelle il assista le 25 mars 1949 à New York au Waldorf Astoria:
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Parmi les parrains, il y avait Albert Einstein et Eleanor Roosevelt. Parmi les participants, on trouvait des scientifiques, des enseignants, des compositeurs et des écrivains.
En 1949, il écrivit une nouvelle pièce, « The hook », dont la première épreuve fut terminée en mai 1949.
La participation d'Elia Kazan à une pièce, garantissait la production de celle-ci; Kazan avait un contrat non exclusif de six films avec les studios de la Twentieth Century Fox : il pouvait donc mettre en scène la pièce ou le film qu'il souhaitait. On lui avait proposé la pièce de Tennessee Williams « The rose tattoo » mais il préféra « The hook » et décida de le réaliser avec un grand studio.
Miller et Elia Kazan arrivèrent à Los Angeles en janvier 1951, et le 16 janvier ils eurent rendez-vous avec Charles Feldman, qui produisait le dernier film de Kazan, « A streetcar named Desire ».
Il y a plusieurs versions sur la rencontre d'Arthur avec Marilyn. Mais le seul témoin de leur rencontre fut Elia Kazan.
Abe Lastfogel de la William
Morris Agency et agent de Kazan, accompagna Kazan et Miller à un
rendez-vous avec Darryl
Zanuck, le directeur des studios. Celui-ci avait déjà lu « The
hook » et l'avait refusé. Lastfogel tenta alors sa chance à la Warner,
le studio qui distribuait « A streetcar named Desire ».
Tant qu'ils étaient à la Fox, Kazan en profita pour voir Harmon Jones, réalisateur de son précédent film, qui tournait alors « As young as you feel » (1951).
C'est à cette occasion qu'ils rencontrèrent Marilyn qui avait un petit rôle dans le film.
Charles Feldman décida d'organiser une party en l'honneur d'Arthur, le 26 janvier 1951.
Marilyn fut invitée à cette soirée en tant petite amie de Kazan.
A cette époque Arthur venait de commencer une psychanalyse avec Rudolf Loewenstein (cf. Marianne Kris).
Le lendemain, Miller, Kazan et Marilyn rencontrèrent Harry Cohn, patron de la Columbia, pour lui proposer une pièce écrite par Miller et que Kazan voulait réaliser sous le titre « Un homme doit mourir ». Le scénario racontait l'histoire de dockers de Brooklyn luttant contre une bande d'escrocs qui les exploitent; ce script fut abandonné après des protestations formulées par les syndicats, accusant l'intrigue de développer des sentiments anti-américains.
Lors de leur première rencontre, elle était une starlette dont la carrière n'avait pas encore commencée; lui avait 35 ans et était de dix ans son aîné.
Ils se trouvèrent séparés pendant cinq ans avant de se retrouver.
Miller retourna à New York; Marilyn fit encadrer sa photo et la mit dans son appartement. Elle lui écrivit, évoquant l'absence dans sa vie d'un homme à admirer, faisant figure de père. Miller lui conseilla d'admirer par exemple Abraham Lincoln et d'acheter la biographie écrite par Carl Sandburg. Elle acheta le livre sur le champ, ainsi qu'un portrait encadré de Lincoln, qu'elle conserva toujours précieusement.
En 1952, Miller se rendit à Salem dans le Massachusetts, pour faire des recherches en vue de sa nouvelle pièce. Il voulait écrire quelque chose sur l'hystérie qu'il y avait contre les Communistes. Il étudia « The devil in Massachusetts » de Marion Starkey et vit un parallèle entre le procès des sorcières de Salem en 1692 et la chasse aux communistes telle qu'elle se déroulait aux Etats-Unis.
Miller prépara à Broadway sa nouvelle pièce, « The
crucible » (« Les sorcières de Salem »). C'était sa première
pièce originale depuis « Death of a salesman ». Miller avait remplacé
Elia Kazan par Jed Harris,
qui mit la pièce en scène:
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Condamnation de la Commission des activités anti-américaines et du sénateur McCarthy, « Les sorcières de Salem » étaient une pièce courageuse et d'actualité sur le plan politique. Mais à Broadway, la pièce fut un échec tant critique que commercial.
Marilyn partit vivre à New York en 1955 mais on sait peu de choses sur leur relation entre 1951 et 1955.
En 1954, Miller soupçonna pour la première fois ce qui l'attendra quelques années après : on lui refusa un passeport pour qu'il se rende en Belgique pour aller assister à la première des « Sorcières de Salem ».
Début 1955 : après l'arrivée de Marilyn à New York, ils se retrouvèrent.
Les biographes ne sont pas d'accord sur les noms des intermédiaires; on cite quelquefois Norman et Hedda Rosten, des amis communs; d'autres fois Paula Strasberg.
Arthur et Norman Rosten avaient étudié ensemble à l'université du Michigan, et leurs femmes respectives, Hedda et Mary, y avaient partagé une chambre.
A l'époque où il retrouva Marilyn, il écrivait « A view from the bridge ».
En août 1955, les répétitions de « A view from the bridge » commencèrent à New York.
Fin août il partit en tournée avec « A view from the bridge », et l'autre pièce en un acte qui l'accompagnait, « Souvenir de deux lundis ».
Le 22 août eut lieu la première représentation au théâtre d'été de Falmouth, dans le Massachusetts.
Le 29 septembre 1955 Marilyn assista à la première de la pièce, « A view from the bridge », au Coronet Theater, à New York. C'est ce soir là qu'elle rencontra pour la première fois les parents d'Arthur.
Les biographes sont unanimes sur l'existence de difficultés dans le couple Mary Grace-Arthur, au moment où il tomba amoureux de Marilyn.
Mary découvrit l'aventure de son mari avec Marilyn. Elle le mit à la porte de chez eux, peu après le 17 octobre 1955 (date des 40 ans d'Arthur). Il s'installa provisoirement au Chelsea Hotel (23ème rue Ouest). Bien que son aventure avec Marilyn soit officiellement secrète, Marilyn et Arthur se montraient de plus en plus ensemble en présence d'amis, surtout avec les Rosten.
En janvier 1956, il annonça son divorce avec Mary Grace Slattery.
Arthur et Marilyn passèrent les deux premiers mois de cette année à New York, flânant dans les rues de Brooklyn Heights ; leur ami le photographe Sam Shaw les prit en photo.
Miller lui fit visiter les endroits fréquentés par les artistes et les écrivains célèbres en lui racontant des anecdotes sur son enfance.
Miller entrait dans une phase difficile de sa carrière d'auteur dramatique, alors que Marilyn s'apprêtait à faire un retour fracassant à l'écran. Une situation malaisée qui avait des points communs avec ce qu'elle avait vécu avec Joe DiMaggio. De plus, à l'instigation de certains journalistes et avec la bénédiction du gouvernement, certains groupes de pression ultraconservateurs s'apprêtaient à porter leurs plus mauvais coups à Miller qui comptait plusieurs ennemis parmi les écrivains de droite.
Quand Marilyn retourna sur la côte ouest début 1956 pour le tournage de « Bus stop », Miller l'appelait tous les jours.
Quand elle parlait de lui elle disait « Mr A. »; pendant leur liaison elle l'appelait « Daddy », « Papa » ou « Pa », ou encore « Art », « Poppy » et « Arturo »; Miller l'appelait « Penny Dreadful » (roman à quatre sous), « Sugar Finney » et « Gramercy 5 ».
En avril 1956, Miller partit à Reno, Nevada pour y résider pendant les deux mois légaux afin d'obtenir le divorce d'avec Mary Grace Slattery.
Il vécut alors au Guest Ranch à Pyramid Lake.
Marilyn fut hospitalisée au St Vincent Hospital de Los Angeles, pour une maladie virale, contractée pendant le tournage de « Bus stop ».
Malgré son assignation à résidence, Miller prit le risque d'aller régulièrement à Los Angeles pour la voir. Ils se téléphonaient tout le temps.
Le 25 mai 1956, il
écrivit une lettre à Marilyn:
.
Il devait comparaître le 2 juin 1956 devant la Commission sur les activités anti-américaines.
Le 11 juin 1956, le lendemain de son divorce, Arthur était de retour à New York :
Photos
Battery Park
Long Island
Promenade à pied
Promenade en voiture
Queensboro bridge
Départ pour le Connecticut
La première annonce du mariage fut faite par Miller devant
la Commission sur
les activités anti-américaines le 21
juin 1956 : quand on lui demanda pourquoi il avait demandé un passeport,
il répondit qu'il projetait d'aller en Angleterre pour accompagner la femme qui
serait alors son épouse.
De nombreux commentateurs ont affirmé que le soutien de
Marilyn à Miller le sauva d'investigations plus approfondies de la part de la
Commission dans ses activités politiques, dont la réalité de son adhésion au
parti communiste. Il était sous surveillance depuis qu'il était étudiant, le FBI ayant réuni un
important dossier à son sujet et suivant toutes ses activités.
En raison de sa liaison avec Miller, dont l'oeuvre avait été
condamnée par le FBI pour "dénigrement du mode de vie américain",
Marilyn eut également un dossier.
Pendant le procès, elle prit l'avion pour Washington afin de
tenir compagnie à Miller; ils habitèrent chez les Rauh, l'avocat de Miller:
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Marilyn déclara publiquement son amour pour lui et sa foi en son innocence, malgré la venue à New York de Spyros Skouras, l'un des patrons de la Fox, qui tenta de faire pression pour qu'elle persuade Miller de donner le nom des suspects à la Commission. Elle fit passer ses convictions avant sa carrière et ignora les menaces que Skouras fit peser sur elle.
Le 22 juin 1956, ils annoncèrent officiellement leur mariage à la presse.
Photos
dans le hall de l'immeuble
avec les journalistes
Arthur et Marilyn
Visite aux parents de Miller
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Le 24 juin 1956 : départ pour Roxbury
Le 25 juin 1956, apparition à la presse avant le dîner chez le cousin d'Arthur, Morton Miller
Le 29 juin 1956, ils tinrent une conférence de presse où ils annoncèrent leur mariage imminent.
conférence de presse
avec Milton Greene
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La cérémonie civile eut lieu discrètement au Palais de Justice de White
Plains (comté de Westchester, Etat de New York)
:
Elle fut célébrée par le juge Seymour Rabinowitz; elle débuta à 19h20 et dura quatre minutes.
Les invités qui y assistèrent furent Milton Greene, Lee et Paula Strasberg, John Moore, et du côté d'Arthur Miller, son cousin Morton Miller avec sa femme Florence :
Marilyn fut profondément affectée par la mort de la journaliste Mara Scherbatoff dans un accident de voiture, alors qu'elle suivait Arthur et Marilyn sur les routes de campagne, roulant en direction de leur maison dans le Connecticut. Marilyn considéra cet événement comme un mauvais présage.
Le dimanche 1er juillet, Marilyn se convertit au judaïsme (le 22ème Tamouz 5716 du calendrier juif).
Son certificat de conversion
fut signé par Milton Greene, Arthur Miller et le rabbin Goldberg:
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Puis la cérémonie religieuse fut célébrée par le rabbin
Robert Goldberg dans la maison de l'agent de Miller, Kay Brown, près de Katonah (Etat
de New York):
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Ce fut Amy Greene qui aida Marilyn à s'habiller et à se maquiller; sa robe de mousseline beige fut dessinée par John Moore et Norman Norell.
Lee Strasberg conduisit Marilyn sous le dais nuptial.
Ses demoiselles d'honneur étaient Amy Greene, Hedda Rosten et Judy Kantor.
Cérémonie
Fête
à table
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pièce montée
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cocktail
En juillet, Arthur Miller obtint un passeport pour accompagner Marilyn en Angleterre, où elle devait tourner son prochain film « The prince and the showgirl ».
13 juillet 1956, départ New York
en bas de leur appartement
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à Idlewild Airport
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embarquement
14 juillet 1956, arrivée à Londres
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Conférence de presse à l'aéroport
arrivée
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assis
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avec Laurence Olivier et Vivien Leigh
Miller devait assister à la première de sa pièce « A view from the bridge », et Marilyn devait commencer le tournage de « The prince and the showgirl » avec Laurence Olivier. Ils s'installèrent dans la propriété d’Englefield Green, à Egham, non loin de Londres.
A Englefield Green
Le jour de leur arrivée
seuls
Le 15 juillet 1956